Dépravation humaine et grâce divine

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Dépravation humaine et grâce divine

L’Éternel sentit une odeur agréable, et l’Éternel dit en son cœur : Je ne maudirai plus la terre, à cause de l’homme, parce que les pensées du cœur de l’homme sont mauvaises dès sa jeunesse ; et je ne frapperai plus tout ce qui est vivant, comme je l’ai fait.
(Genèse 8:21)

 

 

L’apôtre Pierre nous dit que l’arche de Noé et le baptême sont des figures du salut. Il les présente comme des illustrations de la façon par laquelle nous sommes sauvés (1Pierre 3:18-22). Noé ne fut pas sauvé par l’état de réforme graduelle du monde, et par sa restauration à l’innocence primitive, mais une sentence de condamnation a été prononcée; la mort, l’ensevelissement et la résurrection s’ensuivirent. Noé doit entrer dans l’arche et devenir mort au monde. Les inondations doivent descendre du ciel et s’élever des fontaines secrètes de la terre, l’arche doit être submergée de nombreuses eaux, ce qui représente l’ensevelissement. Et alors, après un temps, Noé et sa famille doivent ressortir dans un monde totalement renouvelé par une vie de résurrection.

 

C’est la même chose concernant la figure du baptême. La personne qui est baptisée, si elle est déjà morte avec Christ, est ensevelie – pas purifiée et améliorée, mais enterrée sous les vagues. Et quand elle se relève, elle professe qu’elle jouit d’une nouveauté de vie. Le baptême expose ce que l’arche de Noé a exposé, que le salut passe par la mort et l’ensevelissement. Vous devez être mort au monde. La chair doit être morte avec Christ, ensevelie avec Christ; pas améliorée, ni rendue meilleure, mais totalement mise de côté sans amélioration possible, comme inutilisable, morte, comme une chose à être enterrée et oubliée. Et nous devons ressortir en vie de résurrection, confiants qu’il se trouve de nouveaux cieux au-dessus de nous, et une nouvelle terre sous nos pieds, où se trouve la droiture, en constatant que nous sommes de nouvelles créatures en Jésus-Christ.

 

Il serait très instructif de s’attarder sur chaque point de la ressemblance entre la délivrance de Noé et le salut de chacun des élus. Noé entre dans l’arche : il y a un moment où nous entrons distinctement en relation avec Christ et faisons un avec Lui. Noé fut enfermé dans l’arche afin qu’il ne puisse en ressortir avant que Dieu ne lui ouvre la porte. Il y a une période où chaque enfant de Dieu est enfermé, où la foi et la pleine assurance lui fournissent une preuve qu’il est devenu un avec Christ de façon indissoluble. Saisi par la main de Christ de façon à ce que personne ne puisse l’en arracher, caché dans les reins de Christ afin que nul ne puisse le séparer de l’amour de Dieu.

 

Alors vient le déluge. Il y a une saison, dans l’expérience du chrétien, où il découvre sa propre dépravation. Il est sauvé, il est dans l’arche, mais il est toujours un pécheur, encore sujet à des convoitises innées. De façon soudaine, toutes ces corruptions font irruption, elles s’abattent sur son arche, elles assaillent sa foi, elles s’efforcent, si possible, de noyer son âme dans le péché, mais il n’est pas détruit par elles, car par la grâce de Dieu, il est là où les autres hommes ne sont pas. Il est là où il ne peut être submergé par le péché : il est en Jésus-Christ. Il s’élève à mesure que le courant s’amplifie. Plus il saisit la profondeur de sa dépravation, plus il admire la plénitude du sacrifice d’expiation. Plus la tentation est terrifiante, plus la consolation en Jésus-Christ est réjouissante. Alors, il se dirige en sainte communion vers son Dieu. Alors vient le vent, type du souffle de l’Esprit sacré, par lequel les flots de la corruption sont calmés, et la paix intérieure vient régner, et l’âme chante, “Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ.” (Romains 5:1)

 

Alors les cimes des montagnes apparaissent; la sanctification prend place dans une partie de l’homme. Il y a des grâces reluisantes qui ressortent de l’inondation de corruption généralisée. Il y a des points de son état de nouveau-né qui scintillent au milieu de l’inondation. Son arche a touché terre et s’est arrêtée. Il ne flotte plus, pour ainsi dire, malmené avec une foi vacillante, combattant l’incrédulité; mais il réalise que, comme Jésus-Christ est assis pour toujours à la droite de Dieu, lui, en Jésus-Christ, est entré dans le repos. L’arche s’est échouée sur le sommet du mont Ararat; de même, l’expérience du croyant parvient à un état stable. Il n’est plus inquiété par des craintes et des interrogations, mais il se réjouit dans l’attente de la gloire de Dieu.

 

Il envoie ses pensées, à la recherche d’une preuve de son salut complet, et il envoie probablement aussi certaines de ses attentes charnelles et ignorantes, tout comme Noé envoya le corbeau. Ces imaginations ignorantes sur ce qu’est l’œuvre de l’Esprit vont de l’avant et ne reviennent plus, parce qu’aucun enfant impur du vieil Adam ne peut discerner le monde nouveau. Alors, il envoie la colombe; de saints désirs et des prières sincères vont et viennent. Bientôt, ceux-ci reviennent avec un gage de la main de Dieu, une branche d’olivier symbolisant une paix assurée; et le croyant sait, avec certitude, non seulement qu’il est en Christ, non seulement qu’il est fondé sur Christ, mais aussi que toutes les eaux sont apaisées, que tout péché s’est retiré, que le danger a été enlevé et que toute mort a été détruite.

 

Alors survient une période où Dieu ouvre le porte. Christ avait été une sorte de prison pour le chrétien jusque ce moment, la croix avait été un fardeau, il ne se réjouissait pas dans la liberté. Mais Dieu le Père vient maintenant avec l’Esprit et ouvre la porte, et le croyant est en pleine liberté dans le monde nouveau. Le premier geste de l’âme sauvée est, comme Noé, de bâtir un autel à Dieu et comme sacrificateur, de lui offrir un sacrifice qui, en s’élevant vers le ciel, est accepté parce qu’il est un mémorial de Christ. Le Seigneur hume un doux arôme, et bien que l’homme croyant soit toujours pécheur et ait dès sa jeunesse une imagination perverse, il entend la voix de l’alliance qui dit, “Je ne maudirai plus, je ne frapperai plus”. Il entend la promesse alliancielle qui confirme à jamais la fidélité de Dieu, et il se réjouit de pouvoir hériter, comme Noé, d’un monde nouveau où habite la droiture.

 

Je n’insiste pas sur ces interprétations, mais je sais que concernant Hagar et Sarah, l’apôtre dit, “ces choses sont allégoriques”, et je crois que le livre de la Genèse est un livre de vérité dispensationnelle, et que s’il était lu de juste façon, non avec un œil curieux, mais avec un cœur d’étudiant qui a été rendu sage pour discerner les choses profondes de Dieu, une grande part de l’enseignement divin et saint y serait découvert. Mais j’en arrive maintenant au texte lui-même.

 

Nous avons premièrement ici un fait très triste et douloureux : “les pensées du cœur de l’homme sont mauvaises dès sa jeunesse”. (Genèse 8:21) Nous avons, en second lieu, le raisonnement le plus extraordinaire de Dieu, “Je ne maudirai plus la terre, à cause de l’homme, parce que les pensées du cœur de l’homme sont mauvaises.” Puis, troisièmement, nous avons des déductions moins extraordinaires, mais pratiques pour nous, provenant du texte.

 

  1. Pour commencer, avec le texte, nous avons ici UN FAIT TRÈS PÉNIBLE : la nature de l’homme est incurable. “Les pensées du cœur de l’homme sont mauvaises dès sa jeunesse.” Vous vous rappellerez qu’avant le déluge, au cinquième verset du sixième chapitre, il est écrit, “Dieu vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal.” Après le déluge, rien n’a changé. La description dans le sixième chapitre s’applique à toute la race antédiluvienne.

 

On aurait espéré qu’après un jugement si terrible, où seulement quelques-uns, un groupe sélectionné et particulier de huit personnes, furent sauvés par l’eau, que puisque que l’humanité partait à neuf avec une meilleure matière première, les vieux sarments, qui étaient flétris et pourris, ayant été émondés – que la nature de l’homme aurait été meilleure; il n’en fut rien. Le même Dieu qui, regardant à l’homme, déclara que les pensées de son cœur étaient mauvaises, avant le déluge, prononça le même verdict sur eux ensuite. Oh! combien désespérée est la nature humaine! Comme il est impossible que l’esprit charnel puisse être réconcilié avec Dieu! Combien il est nécessaire que tu nous donnes de nouveaux cœurs et des esprits droits, voyant que la vieille nature est si méchante que même les déluges de tes jugements ne peuvent la guérir de ses mauvaises pensées!

 

J’aimerais que vous portiez une grande attention aux mots utilisés dans ces deux passages – les verdicts antédiluvien et post-diluvien. Dans le verset cinq du chapitre six, Dieu vit non seulement le péché visible (qui était grand et multiple, et qui en appelait à Lui pour avoir la vengeance), Il vit le péché dans les fils de l’homme, descendants de Caïn. Bien pire, Il vit la traîtrise et l’éloignement de Dieu dans les fils de l’élu, les fils de Seth s’étant eux aussi égarés. Les fils de Dieu virent que les filles des hommes étaient belles, et les deux races se mêlèrent pour produire des monstres d’iniquité. Mais encore pire, Il vit que les pensées du cœur des hommes étaient perverses : l’homme ne peut penser sans être immoral.

 

Non, et bien plus, les réflexions se trouvant en deçà de la pensée, non formées, les embryons de pensée, appelés ici “les pensées de leur cœur”, la conception initiale, les mouvements infantiles de l’âme – Il les a tous trouvés mauvais. Mais voyez, Il dit qu’ils sont portés “uniquement vers le mal”. Pas une trace de bien, pas d’or au milieu des scories, pas de lueur au sein des ténèbres, ils “n’étaient que mauvais”. Puis Il ajoute ce mot, “uniquement”.

 

Quoi! Jamais aucune repentance? Jamais aucune aspiration au bien? Pas une goutte de sainteté ici ou là? Non, jamais. “Toutes les pensées”, remarquez ce mot. Le verset entier est très clair, comme une vadrouille qui dénude l’homme de toute vantardise. “Toutes les pensées” : quand quand il était à son mieux, quand il se tenait devant l’autel de Dieu, quand il s’efforçait d’être juste, même alors les pensées de son cœur étaient empreintes de péché. Dr Dick dit que “toutes les pensées de l’Homme, tous ses désirs, tous ses buts sont méchants, expressément ou implicitement, parce que le sujet de ceux-ci est le péché, ou parce qu’ils ne sont pas le résultat d’un principe saint, et ne sont pas dirigés vers un but approprié.

 

Il n’est pas occasionnel que l’âme humaine soit ainsi sous l’influence de la dépravation, mais c’est plutôt son habitude et son état. Il semble impossible de construire une phrase qui exprimerait plus clairement sa corruption totale que celle-ci. Regardez cet autre passage, qui est notre texte. Vous voyez, il montre un aspect différent du même péché, mais il ne le diminue aucunement : c’est toujours que “toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal”, c’est toujours le personnage intérieur, le noyau, la moelle de l’Homme dont Dieu parle. Ce n’est pas le ruisseau qui vient de l’homme qui est fautif, c’est la fontaine de l’homme, la source la plus intérieure de la fontaine – les pensées de son cœur sont mauvaises; et on nous dit, ici, ce que l’on ne nous dit pas dans l’autre texte, que les pensées de son cœur sont mauvaises dès sa jeunesse, c’est-à-dire dès sa plus tendre enfance.

 

Et elles ne seraient pas mauvaises dès son enfance dans chaque cas si certaines semences de méchanceté n’avaient été semées auparavant, et donc nous pouvons aller plus loin et confesser avec vérité, dans les mots douloureux des Saintes Écritures, “Voici, je suis né dans l’iniquité, et ma mère m’a conçu dans le péché” (Psaume 51:7). Dès la période la plus initiale dans laquelle la nature humaine existât, elle est une chose souillée, une chose corrompue, et digne du dégoût de Dieu. Et si ce n’était qu’Il hume une bonne odeur dans le sacrifice de Christ, Il dirait, comme Il l’a fait dans le sixième chapitre, “L’Éternel se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre, et il fut affligé en son cœur. J’exterminerai de la face de la terre l’homme que j’ai créé.” (Genèse 6:6-7)

 

J’ai ainsi fait ressortir ce douloureux fait devant vous, je l’espère, de façon distincte; il est exact, aussi bien avant le déluge qu’après. Si vous avez besoin de preuves du fait qu’il soit vrai aujourd’hui, allez consulter la pléiade de passages de l’Écriture qui le prouvent. Je crois, toutefois, que si le temps était limité comme il l’est ce matin, je préférerais vous mentionner le troisième chapitre de l’épître de Paul aux Romains. C’est là la description la plus rapide de la dépravation humaine qui ait jamais été écrite.

 

Je lirai les versets neuf à dix-neuf : “Quoi donc? Sommes-nous supérieurs? Pas en tous points. Car nous avons déjà porté cette accusation : tous, Juifs et Grecs, sont sous le péché, ainsi qu’il est écrit : Il n’y a pas de juste, pas même un seul ; il n’y en a pas un qui soit intelligent, il n’y en a pas un qui recherche Dieu. Tous se sont égarés, ensemble ils se sont pervertis, il n’y en a pas un qui fasse le bien, il n’y en a pas même un seul. Leur gosier est un sépulcre ouvert, ils rusent avec leur langue, ils ont sous leurs lèvres un venin d’aspic, leur bouche est pleine de malédiction et d’amertume. Ils ont les pieds agiles pour répandre le sang, la destruction et le malheur sont sur leur chemin, ils n’ont jamais connu le chemin de la paix, il n’y a pas de crainte de Dieu devant leurs yeux. Or nous savons que tout ce que dit la loi, elle le dit à ceux qui sont sous la loi, afin que toute bouche soit fermée et que le monde entier soit coupable devant Dieu.” (Romains 3:9-19)

 

Jonathan Edwards a écrit, à propos de ce passage : “Si les mots que l’apôtre utilise ici (Romains 3:10-19) ne parlent pas clairement, et de façon déterminée, d’une universalité, aucun mot utilisé, dans la Bible ou ailleurs, ne peut suffire pour le faire. Je pourrais défier qui que ce soit de montrer un paragraphe dans l’Écriture, du début à la fin, où il y ait une telle répétition et une accumulation de termes utilisés aussi fortement, de façon emphatique et méticuleuse, pour exprimer l’universalité la plus parfaite et absolue, ou quelque autre endroit auquel le comparer. Quel exemple y a-t-il dans les Écritures, ou, même dans tout autre écrit, où le sens n’est que la plus grande partie, où ce sens est démontré de telle manière en répétant des expressions telles que “ils sont tous”, “ils sont tous ensemble”, “chacun d’eux”, “tous dans le monde”, juxtaposées à de multiples termes négatifs pour démontrer une universalité sans exception? Dire “il n’y a aucune chair”, “il n’y en a aucune”, quatre fois, outre l’ajout de “pas même un seul” une fois encore… De sorte que si cette question [de la dépravation universelle] n’est pas ici exposée clairement, expressément et pleinement, ce doit être parce qu’il n’existe pas de mots qui puissent y arriver. Et ce n’est pas dans la puissance du langage, ou de quelque autre sorte de termes et de phrases (quand bien même artificiels et entassés les uns sur les autres), que l’on démontrera une telle chose.

 

J’ajouterai que pour rendre cela plus éloquent, l’apôtre insiste sur le fait que la pollution n’est pas que dans une partie d’un homme, mais il additionne les différentes parties et capacités du corps, avec l’intention de démonter ainsi les passions et les qualités de l’âme. Il y a les pieds, la bouche, les yeux et les mains, tous dépravés, souillés et avilis. Si on ne peut voir la doctrine ici, il est probable qu’on ne la verra jamais nulle part. Et nous avons en nous-mêmes, dans notre aveuglement, une preuve certaine de cette vérité.

 

Des passages tels que ceux-ci peuvent renforcer vos esprits, quand Job dit, au quatorzième chapitre, quatrième verset : “Qui peut faire sortir le pur de l’impur? Personne.” Et aussi, “Qu’est-ce que l’homme, pour qu’il soit pur? Celui qui est né de la femme peut-il être juste?” (Job 15:14) La fontaine de laquelle nous jaillissons est, de toute évidence, pécheresse. Aucun de nous n’a eu une mère parfaite ou un père parfait. Et comment pourrions-nous espérer qu’une chose pure puisse sortir d’une chose impure? David dit, dans le quatorzième Psaume, “Le Seigneur, du ciel, se penche sur les êtres humains, pour voir s’il y a quelqu’un qui ait du bon sens, qui cherche Dieu. Tous se sont égarés, ensemble ils se sont corrompus; il n’en est pas un qui agisse bien, pas même un seul.” (Psaume 14:2-3, Nouvelle Bible Segond) Vous connaissez sa description de lui-même dans le cinquante-deuxième Psaume, je n’ai pas besoin d’y faire référence. Son fils Salomon, puissant prédicateur, dit de l’homme dans Ecclésiaste 9:3, “le cœur des fils de l’homme est plein de méchanceté, et la folie est dans leur cœur pendant leur vie.”

 

Vous n’avez pas oublié la triste description dans le premier chapitre d’Ésaïe, “La tête entière est malade, et tout le cœur est souffrant. De la plante du pied jusqu’à la tête, rien n’est en bon état : ce ne sont que blessures, contusions et plaies vives.” (Esaïe 1:5-6) Ce passage dans Jérémie se démarque également de façon évidente : “Le cœur est tortueux par-dessus tout, et il est méchant : qui peut le connaître?” (Jérémie 17:9) Et notre Sauveur a exprimé, dans un très fort langage, sa propre vision du cœur humain dans Matthieu 15:19 : “Car c’est du cœur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les impudicités, les vols, les faux témoignages, les calomnies.”

 

Peut-être que, après tout, une des descriptions plus fortes est celle de Paul, où il dit, “Romains 8:7 car l’affection de la chair est inimitié contre Dieu [n’est pas réconciliée avec Dieu], parce qu’elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qu’elle ne le peut même pas.” (Romains 8:7) Et Jacques, qui a un sens pratique, dit, “Il désire jusqu’à l’envie, l’Esprit qu’il a fait habiter en nous.” (Jacques 4:5, NBS) Je n’ai recueilli ici qu’un ou deux passages de la masse de versets. Si un homme était déterminé à virer sens dessus dessous l’Écriture pour pervertir la vérité, il pourrait contourner la doctrine de la dépravation totale de la race humaine, mais si on prend la Bible telle quelle, on peut affirmer que si elle n’enseigne pas que l’homme est foncièrement mauvais, alors elle n’enseigne rien du tout, et ce livre est sans signification. L’homme est foncièrement mauvais, le cœur est mauvais du tout au tout, de façon profonde et dans son essence; il est infecté par le péché et la haine de Dieu.

 

Souvenons-nous des confessions du peuple de Dieu. On n’entendait jamais un saint à genoux dire au Seigneur qu’il avait une bonne nature, qu’il n’avait nul besoin d’être renouvelé. Les saints, en grandissant dans la grâce, ressentent de plus en plus intensément la méchanceté de leur vieille nature. Vous constaterez que ceux qui sont les plus semblables à Christ ont la meilleure connaissance de leur propre dépravation, et sont très humbles quand ils confessent leur état de pécheur. Ces hommes qui ne connaissent pas leur propre cœur peuvent s’enorgueillir, mais ce n’est alors que de l’ignorance, car si vous prenez les biographies de n’importe quelles personnes qui sont estimées parmi nous pour leur sainteté, et pour leur connaissance des choses de Dieu, vous les retrouverez fréquemment en pleurs sous l’effet de leur sens charnel intérieur et de leur péché.

 

Si je puis retourner à l’Écriture, je ne peux m’empêcher de citer David : “Voici, je suis né dans l’iniquité, et ma mère m’a conçu dans le péché.” (Psaumes 51:7) C’est une chose très vilaine que des gens essaient de calomnier la mère de David, et supposent qu’il y ait eu quelque chose d’anormal concernant sa naissance pour le faire parler de la sorte, alors qu’il ne peut y avoir la moindre imputation sur cette femme admirable. David lui-même parle d’elle avec un immense respect et dit, “sauve le fils de ta servante!” ( Psaumes 86:16), comme s’il ne ressent aucun discrédit dans le fait d’être le fils d’une telle femme. Elle était, sans aucun doute, parmi l’excellence de la terre, mais aussi excellente fût-elle, il n’en fut pas autrement que son fils avait été conçu dans le péché.

 

Ne tentons pas d’échapper à la force de ce que David affirme. Il n’utilise aucune expression exagérée; il n’y a pas de signe d’hyperbole dans le Psaume tout entier. Il est un homme au cœur brisé, sur ses genoux. Il confesse son propre péché avec Bath-Schéba, et ne s’apprête aucunement à porter des accusations contre sa propre mère, ou à utiliser des termes exagérés. Bien-aimés, il en est ainsi. Chacun d’entre nous, les meilleurs d’entre nous, nous devons porter avec nous les traces de l’impureté dont nous sommes issus.

 

Prenons encore Paul. Ne vécut-il jamais un homme qui en sache plus sur ce que signifie la sainteté de nature, ou qui fut amené plus près de l’image de Christ, et pourtant il s’écrie, “Misérable que je suis! Qui me délivrera du corps de cette mort?” (Romains 7:24) Et il ne trouve plus de plaisir jusqu’à ce qu’il puisse dire, “Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur!” (Romains 7:25)

 

Cependant, je pense que nous avons une autre preuve, à savoir, notre propre observation. Nous avons vécu assez longtemps pour observer de nos propres yeux, et par notre propre lecture des faits que le péché est la maladie universelle de l’humanité. N’est-il pas évident, selon notre observation, que le cœur de l’homme est mauvais? On racontait de jolies fables à propos de la charmante innocence des hommes qui habitaient dans les tonnelles boisées des forêts primitives, non teintées par les vices de la civilisation, non polluées par les inventions du commerce et de l’art. Une telle innocence ne fut trouvée nulle part sur notre terre.

 

Des voyageurs ont récemment pénétré le centre de l’Afrique, où on pourrait s’attendre à trouver la nature dans son excellence primitive; mais quel est le rapport qui nous en est fait? C’est la nature dans sa méchanceté primitive, c’est tout. Laissons d’abominables tyrans tels que messieurs Grant et Speke nous décrire, nous indiquer ce qu’est l’homme quand il est laissé dans son état primitif, sans aucune teinte de civilisation – il est, tout simplement, un plus grand démon – il est nu et n’en a pas honte. En cela seulement, il est semblable à nos parents avant la chute; vous pourriez tout autant faire confiance à l’élégant et rusé tigre de la jungle[1].

 

“Oui, mais encore,” me dira-t-on, “nous devons regarder les enfants, parce que le péché peut entrer en nous à travers l’éducation; regardons les enfants.” Très bien, je suis prêt à regarder les enfants, et je ne veux pas que qui que ce soit dise un mot qui soit dur ou sévère contre la nature des enfants. Mais je dirai que tout homme qui affirme que les enfants naissent parfaits n’a jamais été père. S’il regardait seulement son propre enfant, non seulement quand cet enfant est entouré de ses jouets, et est satisfait et joyeux, mais aussi quand son tempérament est bousculé, il percevrait rapidement la méchanceté faisant son nid. Votre enfant sans péché! Vous voulez dire, vous sans vos yeux!

 

Si seulement vous regardez et écoutez, vous découvrirez vite, s’il n’y en a pas d’autre, cette faute : “Les méchants sont pervertis dès le sein maternel, les menteurs s’égarent au sortir du ventre de leur mère.” (Psaumes 58:4) Un des premiers vices des enfants, qui doit être corrigé avec une rigueur sage et constante, est la tendance pour le mensonge. Les gens ont beau parler de l’innocence des enfants, mais j’aimerais les voir s’ils devaient prendre la charge de l’une des écoles maternelles comme celles de Manchester, où les enfants sont laissés pendant que les mères sont au travail dans les moulins; ils découvriraient rapidement, alors que les enfants se tirent les cheveux et se griffent les yeux, et autres petites diversions et monstruosités du genre, qu’ils ne sont pas du tout les doux enfants de l’innocence qu’ils sont censés être.

 

“Bien,” me dit quelqu’un, “malgré tout, la nature humaine peut avoir en elle du bien spirituel. Voyez les hommes qui ont marqué l’histoire de façon illustre; regardez Socrate, par exemple : la religion n’a rien accompli pour lui, pourtant, quel beau personnage il était.” Qui vous a dit cela? Je me risquerai à dire que le personnage du philosophe ne supporterait pas une description dans une assemblée décente. Nous savons de source sûre que les plus purs philosophes se sont parfois livrés à la bestialité et à des saletés; Solon et Socrate n’y firent pas exception. Quand des infidèles élèvent ces sages comme des modèles de ce que la nature humaine pourrait devenir, ils ont l’Histoire contre eux.

 

“La tête entière est malade, et tout le cœur est souffrant… rien n’est en bon état.” (Esaïe 1:5,6) Et ceci, qu’on s’en rappelle, est sans exception dans la longue histoire de l’humanité, depuis six mille ans. Nul n’a pu échapper à la contamination, personne n’est venu dans ce monde étant pur, personne n’ose aller au barreau de son Créateur pour dire, “Grand Dieu, je n’ai jamais péché, j’ai obéi à ta loi dès ma jeunesse.”

 

  1. Maintenant, je veux que vous remarquiez une chose extraordinaire; quand je l’ai moi-même remarquée hier, j’étais surpris et submergé par une admiration reconnaissante : le RAISONNEMENT EXTRAORDINAIRE DE DIEU.

 

Bon raisonnement, mais surtout extraordinaire. Il dit, “Je ne maudirai plus la terre, à cause de l’homme, parce que les pensées du cœur de l’homme sont mauvaises dès sa jeunesse.” (Genèse 8:21) Étrange logique! Dans le sixième chapitre, Il a dit que l’homme était mauvais, et Il l’a donc détruit. Dans le huitième chapitre, Il dit que l’homme est mauvais dès sa jeunesse, et donc il ne le détruira pas. Étrange raisonnement!

 

Étrange raisonnement, à être pris en compte avec la petite circonstance au début du verset, “L’Éternel sentit une odeur agréable”. Il y avait là un sacrifice, ce qui fait toute la différence. Quand Dieu voit le péché sans sacrifice, la Justice dit, “Frappe, frappe, maudis, détruis!” Mais lorsqu’il y a un sacrifice, Dieu voit le péché avec un regard de grâce; et même si sa Justice dit “frappe”, Il dit “Non, j’ai frappé mon cher Fils. Je L’ai frappé, et j’épargnerai le pécheur.”

 

La miséricorde cherche à trouver une échappatoire, quelque chose à utiliser comme excuse pour épargner l’humanité. La dépravation naturelle est-elle alors une excuse pour le péché? Dieu l’utilise-t-il ainsi? Non, bien-aimés, que notre cœur soit mauvais est une aggravation de la bassesse de nos actions plutôt qu’une excuse. Pourtant, il y a une chose certaine : nous sommes nés pécheurs, et Dieu voit là une sorte d’échappatoire. À juste titre, selon les termes de la justice, il n’y a aucune raison concevable pour qu’Il use de miséricorde envers nous, mais la grâce invente une raison.

 

Oh, que Dieu m’aide, alors que je tenterai de vous montrer où se trouve, selon moi, le fondement de la miséricorde. Les démons ont chuté individuellement; nous avons toutes les raisons de croire que chacun des anges déchus a péché de lui-même, qu’il est tombé, et il est très probable qu’à ce compte il n’y avait aucune possibilité de restauration, comme on le sait; chacun des esprits déchus a été voué à jamais aux chaînes, aux ténèbres et aux flammes. Mais les hommes n’ont pas chuté séparément et individuellement. Notre cas en est un différent de celui des anges déchus. Nous avons tous chuté sans notre propre consentement, sans en fait y avoir mis le doigt. Nous avons chuté par le truchement de notre tête d’alliance; c’est en conséquence de notre chute en Adam que notre cœur devient mauvais dès notre jeunesse.

 

Maintenant, il me semble que la miséricorde de Dieu a compris cela. Il semble avoir dit, “Mes créatures ont, selon Mon arrangement de fédération, chuté représentativement. Donc, je peux les sauver représentativement. Ils ont péri en un seul, Adam, je vais les sauver par un autre. Ils n’ont pas chuté par leur propre action manifeste, bien qu’en fait leurs propres actions manifestes s’y soient ajoutées et méritent Ma colère, mais leur première chute n’était pas par eux-mêmes. Ils sont pécheurs dès leur enfance.”

 

“Donc”, dit-Il, “Je vais les délivrer par un autre, tout comme ils ont chuté par un autre.” Je ne sais pas si je peux clarifier cela. Je ne pense pas que c’était là une raison, devant la justice, pour laquelle Dieu devait nous sauver, car je crois qu’Il aurait pu condamner en entier la race adamique sur la base du péché d’Adam et de leur propre culpabilité, mais je crois que cela était une échappatoire bénie par laquelle Sa grâce pouvait parvenir équitablement aux fils des hommes. “Voilà,” dit-Il, “j’en ai fait non des individus distincts, mais une race. Ils ont chuté en tant que race, ils s’élèveront en tant que race élue; “Comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ” (1 Corinthiens 15:22). “Car, comme par la désobéissance d’un seul homme beaucoup ont été rendus pécheurs, de même par l’obéissance d’un seul beaucoup seront rendus justes.” (Romains 5:19)”

 

Je pense que vous saisissez, donc. Le statut de pécheur de l’Homme est, dans la logique de la justice, une raison pour le châtiment. Que l’homme soit pécheur dès sa jeunesse en héritage de sa tête d’alliance (note du traducteur: Adam) devient, par grâce, une raison pour laquelle la grâce souveraine devrait illuminer les hommes alors que les anges déchus sont livrés à la perdition éternelle. Oh! Je bénis Dieu de ne pas avoir chuté le premier. Je bénis le jour où j’ai chuté en Adam, car s’il n’en avait pas été ainsi, j’aurais chuté en moi-même, et j’aurais alors dû être, comme les anges déchus, exclu à jamais de la présence de Dieu, et souffrir dans les flammes de l’enfer.

 

L’un des vieux saints avait l’habitude de dire du péché d’Adam, “Beata culpa”, ou “Heureuse Faute”! Je n’ose pas le dire, mais dans un sens je le dirai : faute bénie qui qui me permet de m’élever! Outil de ruine béni qui rend possible que la voie bénie du salut soit amenée; le salut par substitution, le salut par sacrifice. Le salut par une nouvelle tête d’alliance, qui fut offerte afin que Dieu puisse sentir un doux arôme, et puisse nous délivrer!

 

J’espère que personne ne comprendra mal ce que j’ai dit, et ne dira que j’enseigne que la dépravation humaine est une excuse pour pécher – Dieu m’en garde! Ce n’est qu’aux yeux de la grâce que’elle devient la porte de la miséricorde. Vous savez si votre enfant a commis une offense, vous ne voulez pas le châtier, et pourtant vous sentez qu’il le mérite. Comment tentez-vous, si vous êtes un parent aimant, de trouver un moyen de l’épargner? Il n’y a pas de raison, vous le savez. Si vous le traitez en termes de justice, il n’y a aucune raison pour que, ayant péché, il ne soit pas puni pour cela. Mais vous continuez à chercher une excuse; peut-être est-ce l’anniversaire de sa mère, et vous le laissez partir pour cela. Ou il y avait une circonstance adoucissant l’offense, circonstance pour laquelle vous l’excusez.

 

Je ne sais pas si l’histoire est vraie, mais on dit de la Reine Victoria qu’alors qu’elle n’était que reine (toute une fille), on lui demanda de signer un arrêt de mort pour une personne qui, par une cour martiale, avait été condamnée à mourir, et elle aurait dit au duc, “Ne pouvez-vous trouver quelque raison pour laquelle cet homme devrait être pardonné?” Le duc lui répondit, “Non, c’était une offense très sérieuse. Il doit être puni.” “Mais était-il un bon soldat?” Le duc dit que c’était un soldat honteusement mauvais, qu’il avait toujours été remarqué ainsi.  “Bien, ne pourriez-vous inventer pour moi une raison?” “Bien,” dit-il, “j’ai toutes les raisons de croire, à partir de témoignages, qu’il était un homme bon, bien que mauvais soldat.” “Cela suffira”, dit-elle, et elle inscrivit sur le document, “pardonné”; non parce que l’homme le méritait, mais parce qu’elle voulait une raison pour avoir de la miséricorde.

 

Alors mon Dieu semble regarder l’Homme, et après l’avoir examiné, ne pouvant voir quoi que ce soit, Il dit finalement, “Il est mauvais dès sa jeunesse”, et Il écrit, “PARDONNÉ”. Il sent d’abord l’odeur agréable, puis Son cœur se tourne vers le pauvre rebelle. Alors Il se tourne vers lui avec miséricorde et le bénit.

 

III. Maintenant, avec votre permission et votre patience, je vais devoir vous conduire à quelques déductions utiles à partir de la doctrine de la dépravation de l’homme.

 

Si le cœur est si mauvais, il nous est donc impossible d’entrer au ciel dans cet état. Nous ne pouvons pas supposer que ces saints portails contiendront ceux dont l’imagination et les pensées sont mauvaises de façon continue. Non, si c’est là l’endroit où rien qui soit souillé n’entre, alors nul homme qui est tel qu’il fut dans sa première naissance ne pourra y demeurer. Une autre étape.

 

Alors, il est très clair que si je veux entrer au ciel, aucune réforme extérieure ne sera suffisante, car si je lave mon visage, cela ne change pas mon cœur, et si j’abandonne tous mes péchés apparents et deviens extérieurement ce que je devrais être, s’il est vrai que mon cœur est la vilaine chose que l’Écriture dit qu’il est, alors ma réforme extérieure ne peut changer cela, et je suis toujours exclu du ciel.

 

Je vais donc un peu plus loin et je constate que je dois avoir une nouvelle nature; pas seulement de nouvelles pratiques, mais une nouvelle nature. Pas de nouvelles pensées ou de mots nouveaux, mais une nouvelle nature pour devenir un homme totalement nouveau. Et quand je retiens l’inférence, j’ai l’Écriture pour me soutenir, car que dit Jésus à Nicodème? “Tu dois naître de nouveau.” Mais qu’est-ce que naître de nouveau? Tout ce que je suis par nature, je le dois à ma première naissance. Je dois obtenir une seconde naissance, à laquelle je devrai tout ce que je serai quand j’entrerai au paradis.

 

Des multitudes de personnes ont dit, “Qu’est-ce donc que la régénération?” Ils ont écrit des centaines de brochures, dont il n’y en a pas deux qui s’entendent sur ce qu’est la régénération, à l’exception qu’elles disent qu’un homme peut être régénéré et non converti. Voilà une chose extraordinaire! Un inconverti qui est régénéré! Une personne qui est ennemie de Dieu, et qui pourtant a en elle-même une nouvelle nature! Elle est née de nouveau, mais elle n’est pas convertie à Dieu! Oh, quelle régénération, qui ne convertit pas, une régénération, en fait, qui laisse les hommes où ils étaient auparavant!

 

Mais pour tout enfant en Christ, le mot régénéré est aussi simple que possible : il n’a pas besoin de définition, de description. “Être né de nouveau? Bien,” dit-il, “je comprends que c’est d’être refait, une nouvelle créature en Jésus-Christ. Ma première naissance fait de moi une créature, ma seconde naissance fait de moi une nouvelle créature, et je deviens ce que je n’ai jamais été auparavant.” Je dois me rappeler que ce qu’on attend de moi n’est pas de faire ressortir et développer ce qui est bon en moi, car selon la Parole de Dieu, dans le sixième chapitre de Genèse, il n’y a rien qui soit bon, tout n’est que mauvais. La grâce n’entre pas pour éduquer les germes de sainteté en moi, car il n’y a aucun germe de bonté en l’homme, il se porte “uniquement vers le mal”. Je dois donc mourir au péché. Ma vieille nature doit être vaincue, elle ne peut être réparée. Elle est trop mauvaise, trop pourrie être rapiécée : elle doit mourir. Par la mort de Jésus, elle doit être détruite. Elle doit être ensevelie avec Christ, et je dois me lever en vie de résurrection, en conformité avec mon Seigneur Jésus.

 

Alors donc, avançant d’un pas – il est clair que si je dois être cela avant de pouvoir entrer au ciel, je ne puis me donner une nouvelle nature. Un pommier sauvage ne peut se transformer en pommier; si je suis un loup, je ne peux me métamorphoser en mouton. L’eau peut atteindre son propre niveau, mais elle ne peut aller au-delà sans pression. Je dois avoir, donc, quelque chose qui est forgé en moi, plus que je ne peux le faire en moi-même, et c’est effectivement une bonne doctrine de l’Écriture. “Ce qui est né de la chair”, qu’est-ce donc? Quand la chair a fait de son mieux, qu’est-elle? “Ce qui est né de la chair est chair” (Jean 3:6); elle est malpropre, pour commencer, et la saleté en ressort. Ainsi, “ce qui est né de l’Esprit est esprit; ne t’étonne pas que je t’aie dit : Il faut que vous naissiez de nouveau.” (Jean 3:6,7)

 

Mon âme doit venir sous la main de l’Esprit, tout comme un morceau d’argile est sur la tour du potier, fait pour tourner, et est touché par ses doigts et façonné en ce qu’il souhaite qu’il soit; ainsi je dois me tenir passivement dans les mains de l’Esprit de Dieu, et Il doit instaurer en moi le vouloir et le faire pour Son propre plaisir. Alors seulement, je commencerai à travailler à mon propre salut avec peur et tremblement, mais jamais, jamais jusque là. Je dois avoir plus que ce que la nature peut me donner, plus que ce que mon père et ma mère m’ont donné, plus que la chair et le sang peuvent produire dans les circonstances les plus favorables. Je dois avoir l’Esprit du Dieu du ciel.

 

Vient alors ce questionnement, “L’ai-je bien reçu? Quelle en est la meilleure évidence?” La meilleure évidence est ceci : est-ce que je me repose sur Jésus-Christ seul pour mon salut? Sur les vases de potier, on trouve habituellement une certaine marque permettant de savoir qui les a fabriqués. Je dois savoir si je suis un vase propice à l’utilisation du Maître, formé par Ses mains et modelé par Son Esprit. Tout un chacun des vases qui viennent des mains de Dieu a une croix sur lui. Avez-vous la croix sur vous? Vous reposez-vous sur l’expiation sanglante de Christ opérée au Calvaire? Est-Il pour votre âme le seul rocher de refuge, votre seul espoir? Pouvez-vous dire aujourd’hui,

 

“Rien dans mes mains à apporter

Je m’accroche simplement à Ta croix

Nu, venant à Toi pour être vêtu

Désemparé, m’attendant à Toi pour la grâce

Noirci, je vole vers la fontaine

Lave-moi, Sauveur, sinon je meurs” ?

 

Ainsi, mon frère, vous avez un cœur nouveau et un esprit nouveau; vous êtes une nouvelle créature en Jésus-Christ, car la simple foi en Christ est ce que le vieil Adam n’a jamais pu atteindre. La simple foi en Jésus est la grande et sûre marque de l’œuvre de l’Esprit-Saint dans votre âme, par lequel vous êtes fait pour être participant à l’héritage des saints dans la lumière. “Quiconque croit que Jésus est le Christ, est né de Dieu.” (1 Jean 5:1) Croyez-vous que Jésus est le Christ? Le voyez-vous comme l’oint de Dieu pour vous? Vous confiez-vous en Lui afin qu’il plaide pour vous, qu’Il œuvre pour vous, qu’Il accomplisse la loi pour vous, qu’Il offre l’expiation pour vous?

 

Si c’est le cas, si Jésus est le Christ à vos yeux, vous êtes né de Dieu. L’Esprit qui est en vous va chasser la vieille nature, la tuer complètement, en couper la racine et la branche, et vous porterez un jour l’image du céleste, comme vous avez jusqu’à présent porté l’image du terrestre. Que Dieu bénisse mes paroles, pour le bien de vos âmes.

 

“Esprit éternel, nous confessons

Et chantons les merveilles de Ta grâce.

Ta puissance transmet nos bénédictions

De Dieu le Père et le Fils.

 

Éclairées par ton rayon céleste,

Nos ombres et ténèbres deviennent jour.

Tes enseignements intérieurs nous font connaître

Notre danger et notre refuge.

 

Ta puissance et Ta gloire travaillent en nous

Et brisent les chaînes du péché dominant

Quand nos convoitises absolues dominent,

Et reforment nos cœurs misérables.

 

La conscience troublée connaît Ta voix,

Tes paroles encourageantes éveillent nos joies.

Tes paroles apaisent le vent orageux,

Et calment les tensions de l’esprit.”

 

 

 

                                                                                                                                                                                      

Sermon de C.H. Spurgeon #615, at the Metropolian Tabarnacle, Newington, February 19,1965, Traduit de l’anglais par Danny Therrien, octobre 2018.

La plupart des références bibliques n’étant pas incluses dans le texte original, nous les avons ajoutées.

[1]    Note de l’éditeur : Ce sermon fut livré dans un contexte d’Angleterre impérialiste; comme le texte original contenait des affirmations qui seraient difficilement acceptables de nos jours, nous les avons retirées.