{"id":126,"date":"2018-08-16T12:41:51","date_gmt":"2018-08-16T12:41:51","guid":{"rendered":"http:\/\/sauvepargrace.com\/?p=126"},"modified":"2020-04-11T13:37:28","modified_gmt":"2020-04-11T13:37:28","slug":"le-peche-de-lincredrudilite-charles-h-spurgeon","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/sauvepargrace.com\/es\/sermons\/le-peche-de-lincredrudilite-charles-h-spurgeon\/","title":{"rendered":"Le p\u00e9ch\u00e9 de l&rsquo;incr\u00e9drudilit\u00e9 (Charles H. Spurgeon)"},"content":{"rendered":"<p>Un capitaine, sur la main duquel le roi s&rsquo;appuyait, r\u00e9pondit a l&rsquo;homme de Dieu : Quand m\u00eame l\u2019\u00c9ternel ferait des ouvertures aux cieux, cela arriverait-il? \u2014 Et \u00c9lis\u00e9e dit : Voil\u00e0, tu le verras de tes yeux, mais tu n&rsquo;en mangeras point. (2 Rois 8.2)<\/p>\n<p>Un sage peut sauver une ville enti\u00e8re ; un juste peut d\u00e9livrer des multitudes. Les croyants sont le sel de la terre : gr\u00e2ce \u00e0 leur pr\u00e9sence au milieu des m\u00e9chants, ceux-ci sont \u00e9pargn\u00e9s. Si les enfants de Dieu n&rsquo;agissaient comme un pr\u00e9servatif sur les masses, la race humaine ne subsisterait plus. Dans la ville de Samarie, o\u00f9 nous transporte notre texte, il se trouvait un juste : c&rsquo;\u00e9tait \u00c9lis\u00e9e, homme de Dieu. La pi\u00e9t\u00e9 avait compl\u00e8tement disparu de la cour. Le roi Joram \u00e9tait un p\u00e9cheur plong\u00e9 dans les vices les plus noirs ; ses iniquit\u00e9s \u00e9taient criantes et inf\u00e2mes. Il suivait le train d&rsquo;Achab son p\u00e8re et servait publiquement les faux dieux. Comme leur monarque, les habitants de Samarie avaient \u00e9t\u00e9 infid\u00e8les. Ils avaient abandonn\u00e9 J\u00e9hovah , et mis en oubli le saint d&rsquo;Isra\u00ebl. L&rsquo;antique devise de Jacob : L&rsquo;\u00c9ternel ton Dieu est le seul \u00c9ternel (Deut. 6.1), n&rsquo;\u00e9tait plus pour eux qu&rsquo;une lettre morte, et ils ployaient un genou idol\u00e2tre devant les divinit\u00e9s abominables des pa\u00efens. C&rsquo;est pourquoi le Dieu des arm\u00e9es livra Isra\u00ebl aux mains de ses oppresseurs; il permit que Samarie f\u00fbt investie par une arm\u00e9e \u00e9trang\u00e8re, en m\u00eame temps que d\u00e9sol\u00e9e par la plus affreuse famine, en sorte que les mal\u00e9dictions prononc\u00e9es sur la montagne d&rsquo;H\u00e9bal s&rsquo;accomplirent \u00e0 la lettre et que l&rsquo;on vit bient\u00f4t dans les murs de Samarie la femme la plus tendre et la plus d\u00e9licate, qui n&rsquo;aurait point essay\u00e9 de mettre la plante de son pied sur la terre par d\u00e9licatesse et par mollesse, regarder d&rsquo;un \u0153il d&rsquo;envie ses propres enfants, et, rendue f\u00e9roce par la faim, d\u00e9vorer le fruit de ses entrailles (Comparez Deut. 28.56-58 \u00e0 2 Rois 6.21-29).<\/p>\n<p>Toutefois, dans cette \u00e9pouvantable conjoncture, le proph\u00e8te du Tr\u00e8s-Haut devint un instrument de salut pour la coupable cit\u00e9. Il fut le sel que Dieu employa pour conserver Samarie; il fut le lib\u00e9rateur de tout un peuple assi\u00e9g\u00e9. \u00c0 cause d&rsquo;\u00c9lis\u00e9e, en effet, et par son organe, Dieu promit solennellement que, d\u00e8s le lendemain, les vivres, qu&rsquo;on ne pouvait plus obtenir au poids de l&rsquo;or seraient vendus \u00e0 vil prix aux portes m\u00eames de la ville. Repr\u00e9sentez-vous, mes amis, la joie de la multitude en entendant cette pr\u00e9diction sortir de la bouche du saint homme. Chacun reconnaissait en lui un proph\u00e8te de l&rsquo;\u00c9ternel; ses titres de cr\u00e9ance \u00e9taient marqu\u00e9s du sceau divin; tout ce qu&rsquo;il avait pr\u00e9dit auparavant s&rsquo;\u00e9tait r\u00e9alis\u00e9 : aussi ne pouvait-on douter que dans cette occasion encore il ne parl\u00e2t au nom de J\u00e9hovah. S\u00fbrement les yeux du monarque durent \u00e9tinceler de joie et la foule affam\u00e9e dut bondir d&rsquo;all\u00e9gresse, \u00e0 la perspective d&rsquo;une si prochaine d\u00e9livrance. \u00ab D\u00e8s demain, durent-ils s&rsquo;\u00e9crier tous ensemble, d\u00e8s demain notre faim sera assouvie! D\u00e8s demain, nous serons abondamment rassasi\u00e9s !&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Mais au milieu du bonheur g\u00e9n\u00e9ral, une voix fit entendre des paroles d&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9. Cette voix \u00e9tait celle du capitaine sur qui le roi s&rsquo;appuyait. Il ne nous est pas dit, remarquons-le en passant, qu&rsquo;un seul homme du commun peuple accueillit la pr\u00e9diction d&rsquo;\u00c9lis\u00e9e avec m\u00e9fiance ; mais un haut personnage osa le faire. C&rsquo;est une chose \u00e9trange, mes chers auditeurs, mais c&rsquo;est un fait incontestable que Dieu choisit rarement les grands de ce monde ; il semble, en v\u00e9rit\u00e9, que l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation et la foi en Christ ne puissent que difficilement s&rsquo;accorder. \u00ab Impossible ! \u00bb s&rsquo;\u00e9cria l&rsquo;officier de la cour; et \u00e0 l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 unissant l&rsquo;ironie, il ajouta : \u00ab Quand m\u00eame l&rsquo;\u00c9ternel ferait des ouvertures aux cieux, cela arriverait-il? \u00bb Voici donc quel fut son p\u00e9ch\u00e9 : il ne crut point \u00e0 la d\u00e9claration du proph\u00e8te, bien que les miracles pr\u00e9c\u00e9demment op\u00e9r\u00e9s par celui-ci t\u00e9moignassent de la mani\u00e8re la plus \u00e9clatante qu&rsquo;il \u00e9tait l&rsquo;envoy\u00e9 de Dieu.<\/p>\n<p>Sans doute, le capitaine de Samarie avait assist\u00e9 \u00e0 la merveilleuse d\u00e9route de Moab; sans doute aussi on lui avait rapport\u00e9 comment \u00c9lis\u00e9e avait d\u00e9couvert les secrets de Ben-Hadad ; comment il avait frapp\u00e9 d&rsquo;\u00e9blouissement les soldats envoy\u00e9s pour le prendre ; comment il les avait men\u00e9s \u00e0 leur insu jusque dans les murs de Samarie. On ne peut supposer non plus que la r\u00e9surrection du fils de la Sunamite, ou l&rsquo;histoire de cette veuve, dont l&rsquo;huile, miraculeusement augment\u00e9e par l&rsquo;homme de Dieu, avait suffi pour payer la dette, ne fussent parvenus \u00e0 sa connaissance ; et quant \u00e0 la gu\u00e9rison de Naaman, elle avait certainement d\u00fb faire le sujet de tous les entretiens de la cour (Voyez 2 Rois chap. 3, 4, 5, 6.). Et cependant, en pr\u00e9sence d&rsquo;une telle accumulation d&rsquo;\u00e9vidence, en face de ces preuves irr\u00e9cusables de la mission divine du proph\u00e8te, le capitaine n&rsquo;ajouta point foi \u00e0 sa parole : bien plus, il la tourna en ridicule. Ce fut alors que le Seigneur, par la bouche de celui-l\u00e0 m\u00eame qui venait de proclamer la d\u00e9livrance, lui fit entendre son arr\u00eat de condamnation : Tu le verras de tes yeux, mais tu n\u2019en mangeras point. Et la Providence, qui prend toujours soin d&rsquo;accomplir la proph\u00e9tie, aussi fid\u00e8lement que le papier reproduit les caract\u00e8res qu&rsquo;on y imprime \u2014 la Providence, disons-nous, fit mourir cet homme. Foul\u00e9 aux pieds dans les rues de Samarie, il p\u00e9rit aux portes de la ville, ayant contempl\u00e9 de ses propres yeux l&rsquo;abondance promise, mais n&rsquo;en ayant point profit\u00e9. Les circonstances qui occasionn\u00e8rent celte mort tragique nous sont inconnues : peut-\u00eatre les mani\u00e8res hautaines et insultantes du malheureux exasp\u00e9r\u00e8rent-elles le peuple; peut-\u00eatre voulut-il essayer d&rsquo;arr\u00eater la foule avide qui se pr\u00e9cipitait vers les portes; peut-\u00eatre aussi fut-il renvers\u00e9 par un simple accident (comme on s&rsquo;exprime dans le monde); quoi qu&rsquo;il en soit, une chose demeure certaine : c&rsquo;est qu&rsquo;il v\u00e9cut assez pour voir la proph\u00e9tie justifi\u00e9e par l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement, mais non point assez pour jouir des bienfaits annonc\u00e9s par cette proph\u00e9tie.<\/p>\n<p>Je me propose, mes chers auditeurs, d&rsquo;appeler aujourd&rsquo;hui votre attention sur deux points&nbsp;principaux : sur le p\u00e9ch\u00e9 dont le seigneur d&rsquo;Isra\u00ebl se rendit coupable, et sur le ch\u00e2timent que ce p\u00e9ch\u00e9 lui attira. Il se peut qu&rsquo;en traitant mon sujet, je ne fasse plus que rarement allusion \u00e0 l&rsquo;homme dont je viens de vous rappeler la saisissante histoire ; n\u00e9anmoins, j&rsquo;esp\u00e8re que son cas particulier m&rsquo;aidera \u00e0 mieux faire ressortir les v\u00e9rit\u00e9s g\u00e9n\u00e9rales que je vais vous pr\u00e9senter.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>I<\/strong><\/p>\n<p>Et d&rsquo;abord, disons encore une fois que le p\u00e9ch\u00e9 de cet homme fut l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9. Il n&rsquo;ajouta point foi \u00e0 la parole de Dieu; il douta, soit de la v\u00e9racit\u00e9, soit de la puissance du Tr\u00e8s-Haut : en d&rsquo;autres termes, il crut, ou bien que le Seigneur ne tiendrait pas sa promesse, ou bien que la chose promise \u00e9tait en dehors des limites du possible.<\/p>\n<p>Rien n&rsquo;est complexe comme l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9; elle a plus de phases que la lune et plus de nuances que le cam\u00e9l\u00e9on. Suivant une croyance populaire, le diable se montrerait tant\u00f4t sous une forme et tant\u00f4t sous une autre. Ce qui est faux quant \u00e0 Satan en personne est parfaitement vrai quant \u00e0 l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9, cette fille a\u00een\u00e9e de Satan. On peut dire d&rsquo;elle en toute v\u00e9rit\u00e9 que son nom est L\u00e9gion, car ses formes sont plusieurs. Tant\u00f4t, l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 m&rsquo;appara\u00eet d\u00e9guis\u00e9e en ange de lumi\u00e8re; elle se couvre du nom d&rsquo;humilit\u00e9 et parle \u00e0 peu pr\u00e8s en ces termes : \u00ab Dieu me garde de la pr\u00e9somption ! Dieu me garde d&rsquo;affirmer que le Seigneur me pardonne ; je suis un trop grand p\u00e9cheur pour oser compter sur sa gr\u00e2ce. \u00bb Souvent, les chr\u00e9tiens eux-m\u00eames se laissent prendre \u00e0 cette ruse de Satan, et b\u00e9nissent Dieu de voir une \u00e2me anim\u00e9e de si bons sentiments ; mais pour ma part, bien loin de b\u00e9nir Dieu, je g\u00e9mis au sujet de cette \u00e2me; car sous ce manteau emprunt\u00e9, je reconnais le d\u00e9mon du doute.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres fois, l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 met en question la fid\u00e9lit\u00e9 de Dieu : \u00ab Il est vrai que le Seigneur m&rsquo;a aim\u00e9, se dit-on ; mais qui sait s&rsquo;il ne me rejettera pas dans la suite? Il est vrai qu\u2019hier il m&rsquo;a secouru, et je me place encore \u00e0 l&rsquo;ombre de ses ailes; mais qui sait si demain il ne m&rsquo;abandonnera pas? Qui sait s&rsquo;il se souviendra toujours de son alliance et n\u2019oubliera point d\u2019avoir compassion?&nbsp;\u00bb D&rsquo;autres fois encore, l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 inspire des doutes sur la puissance de Dieu. On rencontre chaque jour sur sa route de nouvelles entraves, on est enlac\u00e9 dans un filet de difficult\u00e9s, et on pense dans son c\u0153ur : \u00ab&nbsp;S\u00fbrement le Seigneur ne saurait nous d\u00e9livrer. \u00bb On cherche alors \u00e0 se d\u00e9barrasser soi-m\u00eame de son fardeau, et parce qu&rsquo;on ne peut y parvenir, on s&rsquo;imagine que le bras de Dieu est aussi court que le n\u00f4tre et que sa force est aussi faible que la force humaine.<\/p>\n<p>Mais si ces diverses formes d&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 sont dangereuses au plus haut degr\u00e9, puisqu&rsquo;elles retiennent tant d&rsquo;\u00e2mes loin de J\u00e9sus, et qu&rsquo;elles les portent \u00e0 douter de sa puissance ou de son amour, que dire de cette incr\u00e9dulit\u00e9 hideuse, avou\u00e9e, r\u00e9voltante entre toutes, qui, marchant le front haut et sous ses v\u00e9ritables couleurs, blasph\u00e8me contre Dieu et nie effront\u00e9ment son existence ? Le d\u00e9isme, le scepticisme et l&rsquo;ath\u00e9isme : tels sont les fruits arriv\u00e9s \u00e0 maturit\u00e9 de l&rsquo;arbre empoisonn\u00e9 du doute; telles sont les plus terribles \u00e9ruptions du volcan de l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9. Oui, l&rsquo;on peut dire v\u00e9ritablement qu&rsquo;elle a atteint sa parfaite stature, qu&rsquo;elle est parvenue \u00e0 son apog\u00e9e, cette incr\u00e9dulit\u00e9 qui, jetant tout masque et mettant de c\u00f4t\u00e9 tout d\u00e9guisement, parcourt insolemment la terre en poussant ce cri de r\u00e9volte : il n&rsquo;y a point de Dieu! Qui levant le bras contre J\u00e9hovah, essaie d&rsquo;\u00e9branler le tr\u00f4ne de la divinit\u00e9, et dans son inconcevable folie, semble n&rsquo;aspirer \u00e0 rien de moins qu&rsquo;\u00e0 faire la loi \u00e0 Dieu lui- m\u00eame. Toutefois, mes amis, remarquez-le bien, l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 se manifeste sous des formes plus ou moins grossi\u00e8res, plus ou moins adoucies, sa nature n&rsquo;en demeure pas moins la m\u00eame : la s\u00e8ve est une, quoique les branches soient vari\u00e9es \u00e0 l&rsquo;infini.<\/p>\n<p>Il est dans le monde certaines gens bien \u00e9tranges, pour dire le moins, qui soutiennent que l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 n&rsquo;est pas un p\u00e9ch\u00e9. Et ce qu&rsquo;il y a de plus inexplicable, c&rsquo;est que des personnes dont les croyances religieuses sont d&rsquo;ailleurs fort saines tombent dans cette erreur. Je connais un jeune homme qui entra un jour dans une r\u00e9union d&rsquo;amis et de ministres de l&rsquo;\u00c9vangile, au moment o\u00f9 l&rsquo;on discutait tr\u00e8s s\u00e9rieusement cette question : \u00ab Est-ce un p\u00e9ch\u00e9 de la part de l&rsquo;homme que de ne pas croire \u00e0 l&rsquo;\u00c9vangile? \u00bb \u00c9tonn\u00e9 au plus haut degr\u00e9, le jeune homme prit la parole et dit : \u00ab Messieurs, suis-je oui ou non en pr\u00e9sence de chr\u00e9tiens ? croyez-vous \u00e0 la Bible, ou n&rsquo;y croyez-vous pas? \u00bb&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u2014 \u00ab Il va sans dire que nous sommes chr\u00e9tiens, \u00bb r\u00e9pondirent tout d&rsquo;une voix les assistants. \u2014 \u00ab Alors, reprit le jeune homme, pourquoi ces discussions ? L&rsquo;\u00c9criture ne dit-elle pas express\u00e9ment que le monde sera convaincu de p\u00e9ch\u00e9, parce qu&rsquo;il n&rsquo;aura pas cru en Christ? Et ne d\u00e9nonce-t-elle pas la condamnation \u00e0 tout p\u00e9cheur qui refuse de croire au Fils de Dieu? \u00bb<\/p>\n<p>Ce raisonnement, mes fr\u00e8res, ne vous para\u00eet-il pas aussi simple que concluant? Quant \u00e0 moi, je l&rsquo;avoue, je ne puis comprendre que des hommes qui pr\u00e9tendent avoir du respect pour la Parole inspir\u00e9e, n&rsquo;acceptent pas implicitement ce qu&rsquo;elle enseigne. Je ne puis comprendre que sous pr\u00e9texte de faire accorder la v\u00e9rit\u00e9 avec je ne sais quelles donn\u00e9es de la raison humaine, on ait la hardiesse de s&rsquo;inscrire en faux contre les d\u00e9clarations divines. La v\u00e9rit\u00e9 est une forte tour qui n&rsquo;a pas besoin d&rsquo;\u00eatre \u00e9tay\u00e9e par l&rsquo;erreur. La Parole de Dieu saura bien rester debout, malgr\u00e9 les attaques de ses ennemis et sans les sophismes de ses pr\u00e9tendus amis. Puis donc que l&rsquo;\u00c9criture d\u00e9clare en propres termes que voici la cause de la condamnation : c&rsquo;est que la lumi\u00e8re est venue dans le monde et que les hommes ont mieux aim\u00e9 les t\u00e9n\u00e8bres que la lumi\u00e8re; puisque j&rsquo;y lis des paroles telles que celles- ci : Celui qui ne croit point est d\u00e9j\u00e0 condamn\u00e9, parce qu&rsquo;il n&rsquo;a pas cru au nom du Fils unique de Dieu; je ne crains pas d&rsquo;affirmer de la mani\u00e8re la plus positive, avec la Parole de mon Ma\u00eetre, que l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 est un p\u00e9ch\u00e9 ! Et de bonne foi, mes chers auditeurs, est-il besoin de longs arguments pour d\u00e9montrer cette v\u00e9rit\u00e9? Ne se prouve-t-elle pas d&rsquo;elle-m\u00eame \u00e0 tout esprit rationnel et sans pr\u00e9ventions? Quoi? N&rsquo;est-ce point une chose \u00e9norme, qu&rsquo;une cr\u00e9ature ose mettre en doute la Parole de Celui qui la forma? N&rsquo;est-ce point un crime et une insulte \u00e0 la Divinit\u00e9 que moi, mis\u00e9rable atome, grain de poussi\u00e8re perdu dans l&rsquo;immensit\u00e9, je donne le d\u00e9menti au Tout-Puissant ? N&rsquo;est-ce point le comble de l&rsquo;arrogance et de l&rsquo;orgueil, qu&rsquo;un enfant d&rsquo;Adam dise en son c\u0153ur : \u00ab Dieu ! je doute de ta gr\u00e2ce, je doute de ton amour, je doute de ta puissance !&nbsp;\u00bb Oh! mes fr\u00e8res, croyez-moi ; quand m\u00eame il vous serait possible d&rsquo;amalgamer, pour ainsi dire, les plus honteux forfaits; quand m\u00eame vous prendriez le meurtre, le blasph\u00e8me, la convoitise, l&rsquo;adult\u00e8re, la fornication, en un mot, tout ce qu&rsquo;il y a de plus vil, de plus immonde, de plus r\u00e9voltant sur la terre, et que de tous ces crimes r\u00e9unis, vous pussiez ne faire qu&rsquo;un seul crime monstrueux, \u2014 cette masse hideuse de corruption et de souillure le c\u00e9derait encore au p\u00e9ch\u00e9 de l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9. Sans contredit, c&rsquo;est le p\u00e9ch\u00e9-roi ; c&rsquo;est la quintessence de tout ce qui est mal, le principe et le venin de tout vice, la lie de toute m\u00e9chancet\u00e9, le chef-d\u2019\u0153uvre de Satan.<\/p>\n<p>Mais pour mieux vous faire comprendre l&rsquo;excessive malignit\u00e9 de ce p\u00e9ch\u00e9, permettez-moi, mes fr\u00e8res, d&rsquo;entrer dans quelques d\u00e9veloppements. Et d&rsquo;abord, observez que l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 peut \u00eatre appel\u00e9e, \u00e0 juste titre, la m\u00e8re de tous les autres p\u00e9ch\u00e9s. En effet, il n&rsquo;est pas de crime qu&rsquo;elle ne puisse enfanter. C&rsquo;est \u00e0 elle que doit \u00eatre imput\u00e9e en grande partie la chute de nos premiers parents. <em>Quoi?<\/em> demande le Tentateur \u00e0 \u00c8ve, <em>Dieu aurait-il dit : Vous ne mangerez point de tout arbre du jardin ?<\/em> Il insinue habilement un doute dans son \u00e2me. \u00ab <em>Est-il bien certain qu&rsquo;une telle d\u00e9fense vous ait \u00e9t\u00e9 faite?<\/em> \u00bb semble-t-il lui dire. L&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 fut comme la partie la plus affil\u00e9e de la lame meurtri\u00e8re que Satan introduisit dans le c\u0153ur d&rsquo;\u00c8ve; ce fut elle qui ouvrit passage \u00e0 la curiosit\u00e9, \u00e0 la convoitise et \u00e0 toutes sortes de mauvaises pens\u00e9es. Et depuis le jour \u00e0 jamais lamentable, o\u00f9 le p\u00e9ch\u00e9 entra dans le monde, et par le p\u00e9ch\u00e9 la mort, qui pourrait dire les iniquit\u00e9s sans nombre, auxquelles l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 a donn\u00e9 naissance? Tout incr\u00e9dule est capable de commettre le plus noir des crimes qui ait jamais souill\u00e9 la terre. L&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9, mes fr\u00e8res? C&rsquo;est elle qui endurcit le c\u0153ur de Pharaon, elle qui d\u00e9cha\u00eena la langue blasph\u00e9matrice de Rabs\u00e7ak\u00e9, elle enfin qui devint d\u00e9icide et crucifia le Roi de gloire! Et n&rsquo;est-ce pas l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 qui chaque jour encore aiguise le couteau du suicide, pr\u00e9pare la coupe empoisonn\u00e9e, conduit \u00e0 la potence des milliers de criminels, et fait descendre dans une tombe ignominieuse le p\u00e9cheur audacieux qui s&rsquo;\u00e9lance \u00e0 la rencontre de son juge, les mains encore teintes de sang? Dites-moi qu&rsquo;un homme est incr\u00e9dule ; assurez-moi qu&rsquo;il m\u00e9prise la Parole de Dieu, qu&rsquo;il n&rsquo;ajoute foi ni \u00e0 ses promesses ni \u00e0 ses menaces; et ces pr\u00e9misses pos\u00e9es, je ne craindrai pas de conclure qu&rsquo;\u00e0 moins qu&rsquo;une puissance pr\u00e9ventive extraordinaire ne soit exerc\u00e9e sur cet homme, il se rendra coupable un jour ou l&rsquo;autre des exc\u00e8s les plus honteux. L&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 est le B\u00e9elz\u00e9bub des p\u00e9ch\u00e9s ; comme le prince des d\u00e9mons, elle ne marche jamais seule, mais quand elle p\u00e9n\u00e8tre dans un c\u0153ur, elle y entra\u00eene toujours \u00e0 sa suite un long cort\u00e8ge de mauvais esprits. En elle sont renferm\u00e9s le germe de tous les vices, la semence de toute iniquit\u00e9; en un mot, il n&rsquo;est rien d&rsquo;odieux, de vil, de d\u00e9gradant au monde, qui ne soit comme sous-entendu dans ce seul mot : l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9.<\/p>\n<p>Et c&rsquo;est ici le lieu de dire que l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 qui se glisse par moments dans le c\u0153ur de l&rsquo;enfant de Dieu, est absolument de la m\u00eame nature que celle de l&rsquo;inconverti. Sans doute, ses cons\u00e9quences finales seront bien diff\u00e9rentes, car l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 du chr\u00e9tien lui sera pardonn\u00e9e&#8230; que dis-je? elle lui est d\u00e9j\u00e0 pardonn\u00e9e! Elle a \u00e9t\u00e9 mise, avec toutes ses transgressions, sur la t\u00eate de Celui dont le bouc \u00e9missaire \u00e9tait le type ; par cons\u00e9quent, elle a \u00e9t\u00e9 expi\u00e9e et effac\u00e9e \u00e0 tout jamais. N\u00e9anmoins, je le r\u00e9p\u00e8te, quant \u00e0 sa nature, elle ne diff\u00e8re en rien de toute autre incr\u00e9dulit\u00e9. Je dis plus : s&rsquo;il peut exister un p\u00e9ch\u00e9 plus odieux encore que l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 du mondain, assur\u00e9ment ce doit \u00eatre l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 de l&rsquo;enfant de Dieu. Qu&rsquo;un rachet\u00e9 doute de la Parole de son Ma\u00eetre, que celui qui a re\u00e7u des t\u00e9moignages sans nombre de son amour, des gages r\u00e9it\u00e9r\u00e9s de sa mis\u00e9ricorde, \u00e9prouve de la d\u00e9fiance envers son P\u00e8re c\u00e9leste, oh ! n&rsquo;est-ce pas l\u00e0, je le demande, une iniquit\u00e9 \u00e0 nulle autre pareille?<\/p>\n<p>Et chez le chr\u00e9tien non moins que chez le mondain, le manque de foi est la racine de toute sorte de mal. Lorsque je serai parfait dans la foi, je serai parfait \u00e0 tout autre \u00e9gard. J&rsquo;ob\u00e9irais toujours aux pr\u00e9ceptes de Dieu si je croyais toujours \u00e0 ses promesses. Je p\u00e8che, parce que ma foi est faible. Que je sois pauvre, accabl\u00e9 de soucis, d\u00e9nu\u00e9 de tout, si je puis avec confiance \u00e9lever mes mains en haut et dire : L\u2019\u00c9ternel y pourvoira, on ne me verra jamais recourir \u00e0 des moyens iniques pour am\u00e9liorer ma position; mais si, au contraire, je n&rsquo;ajoute point foi aux promesses divines, qu&rsquo;arrivera-t-il ? Peut-\u00eatre d\u00e9roberai-je, ou commettrai-je une action d\u00e9loyale pour \u00e9chapper aux poursuites de mes cr\u00e9anciers, ou me plongerai-je dans des habitudes d&rsquo;intemp\u00e9rance pour noyer mes anxi\u00e9t\u00e9s. \u00d4tez-moi la foi, et mon \u00eatre moral n&rsquo;a plus de frein : or, comment ma\u00eetriser sans frein ni mors un coursier indocile? Tel que la fable nous repr\u00e9sente le char du soleil conduit par Pha\u00e9ton, tels serions-nous sans la foi : errant \u00e0 l&rsquo;aventure et courant droit \u00e0 notre perte. Il est donc vrai de dire que l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 est la m\u00e8re de tous les vices ; c&rsquo;est le p\u00e9ch\u00e9 par excellence, car il porte dans son sein tous les autres.<\/p>\n<p>Mais ce n&rsquo;est pas tout. Non seulement l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 enfante le p\u00e9ch\u00e9, mais encore elle le nourrit et l&rsquo;entretient. Vous \u00eates-vous jamais demand\u00e9, mes chers auditeurs, comment il se fait que les hommes continuent \u00e0 vivre selon que leur c\u0153ur les m\u00e8ne, tout en entendant gronder \u00e0 leurs oreilles les tonnerres de Sina\u00ef? Comment se fait-il, par exemple, que lorsqu&rsquo;un Boanerges (C&rsquo;est-\u00e0-dire fils du tonnerre. Marc 3.17.), soutenu par la gr\u00e2ce de Dieu, \u00e9l\u00e8ve la voix et crie du haut de la chaire de v\u00e9rit\u00e9 : maudit est quiconque ne pers\u00e9v\u00e8re pas dans toutes les choses qui sont \u00e9crites au livre de la loi pour les faire (Gal. 3.10. Deut. 27.26); comment, dis-je, se fait-il que le p\u00e9cheur \u00e9coute sans trembler les terribles menaces de la justice divine, qu&rsquo;il reste dans son endurcissement et ne change rien \u00e0 ses mauvaises voies? Je vais vous le dire, mes amis : c&rsquo;est tout simplement parce que l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 est au fond de son c\u0153ur; c&rsquo;est elle qui emp\u00eache les menaces de Dieu d&rsquo;avoir aucune prise sur son \u00e2me. Lorsque nos sapeurs et nos mineurs \u00e9taient \u00e0 l\u2019\u0153uvre devant S\u00e9bastopol, ils n&rsquo;auraient pu, vous le comprenez tous, travailler \u00e0 d\u00e9couvert en face des remparts de la ville; aussi, que faisaient-ils? Ils avaient soin tout d&rsquo;abord d&rsquo;\u00e9lever des retranchements derri\u00e8re lesquels ils pouvaient d\u00e9fier le feu de l&rsquo;ennemi et poursuivre sans danger leurs travaux souterrains. Il en est de m\u00eame de l\u2019inconverti. Son retranchement, \u00e0 lui, c&rsquo;est l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9. Satan lui donne cet abri, afin que les traits de la loi n&rsquo;atteignent point sa conscience. Ah! p\u00e9cheur, qui aujourd&rsquo;hui t&rsquo;enveloppes dans une superbe indiff\u00e9rence, si jamais le Saint-Esprit daigne renverser ton incr\u00e9dulit\u00e9, s&rsquo;il s&rsquo;adresse enfin \u00e0 toi avec une d\u00e9monstration d&rsquo;esprit et de puissance, avec quelle force la Parole de Dieu saisira alors ton \u00e2me ! Du jour o\u00f9 les hommes seraient fermement persuad\u00e9s que la loi est sainte et que le commandement est saint, juste et bon, qui pourrait assigner des bornes \u00e0 la puissance de l\u2019\u00c9criture sur leurs c\u0153urs ? Ils se croiraient constamment suspendus au-dessus de l&rsquo;enfer, ils prendraient au s\u00e9rieux les menaces divines. Alors il n&rsquo;y aurait plus dans la maison de pri\u00e8re ni indiff\u00e9rents, ni dormeurs, ni auditeurs inattentifs ; alors, apr\u00e8s avoir \u00e9cout\u00e9 la Parole, on n&rsquo;oublierait pas aussit\u00f4t quel on est. Oui, je dis ceci avec une pleine conviction&nbsp;: sans l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9, pas un seul des traits lanc\u00e9s par les redoutables batteries de la loi ne manquerait son but, et grand serait le nombre de ceux qui seraient tu\u00e9s par L\u2019\u00c9ternel (\u00c9sa\u00efe 66.16)!<\/p>\n<p>De m\u00eame, comment se fait-il que les hommes puissent entendre les douces, les touchantes invitations de la croix du Calvaire, sans venir \u00e0 Christ? Comment se fait-il que lorsque les pr\u00e9dicateurs de l\u2019\u00c9vangile essaient de vous retracer les souffrances inexprimables de J\u00e9sus, lorsqu&rsquo;ils vous parlent de sa passion et de son agonie, et qu&rsquo;ils terminent par vous dire \u00e0 tous de la part de Dieu : Il y a encore de la place; venez, car tout est pr\u00eat \u2014 dites, mes chers auditeurs, comment se fait-il que vos c\u0153urs ne soient pas bris\u00e9s au-dedans de vous? Pourquoi ne vous \u00e9criez-vous pas en vous frappant la poitrine :<\/p>\n<blockquote><p><em><strong>\u00ab <\/strong>O Christ, ta charit\u00e9 profonde<\/em><\/p>\n<p><em>Touche, p\u00e9n\u00e8tre notre c\u0153ur ;<\/em><\/p>\n<p><em>Tu meurs pour les p\u00e9ch\u00e9s du monde,<\/em><\/p>\n<p><em>Toi seul es notre Dieu Sauveur<\/em><a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><strong>[1]<\/strong><\/a><em>\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>Et pourtant il me semble que la sc\u00e8ne du Calvaire est assez \u00e9mouvante pour attendrir le marbre le plus dur! Il me semble que le lugubre drame de Golgotha ferait pleurer les pierres m\u00eame, et devrait arracher des larmes de p\u00e9nitence et d&rsquo;amour au mis\u00e9rable le plus endurci ! Mais voici : nous vous disons et nous vous redisons ces choses ; et o\u00f9 sont-ils, ceux qui s&rsquo;en affligent? O\u00f9 sont-ils, ceux qui pleurent?&#8230; Oh! mes fr\u00e8res, les rocs eux-m\u00eames se fendirent en voyant mourir J\u00e9sus; et vous, qui chaque jour le contemplez, pour ainsi dire, crucifi\u00e9 de nouveau sous vos yeux, vous assistez \u00e0 ce spectacle avec autant d&rsquo;insouciance que s&rsquo;il ne vous concernait en rien! Oh ! vous tous passants, regardez et voyez; cela ne vous touche-t-il point que J\u00e9sus soit mort? \u2014 \u00ab Non, cela ne nous touche point \u00bb, semblez-vous r\u00e9pondre pour la plupart. Pourquoi en est-il ainsi, mes amis? Ah! c&rsquo;est parce qu&rsquo;entre vous et la croix de mon Sauveur, il y a des pens\u00e9es d&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9. Si le voile \u00e9pais du doute ne vous d\u00e9robait pas la figure divine de J\u00e9sus, ses regards d&rsquo;amour fondraient la glace de vos c\u0153urs. Mais l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 neutralise, en quelque sorte, la puissance de l\u2019\u00c9vangile; elle l&#8217;emp\u00eache d&rsquo;agir sur l&rsquo;\u00e2me; et ce n&rsquo;est que lorsque le Saint-Esprit a chass\u00e9 cette incr\u00e9dulit\u00e9, ce n&rsquo;est que lorsqu&rsquo;il a port\u00e9 un coup mortel au scepticisme naturel au c\u0153ur humain, que le p\u00e9cheur peut s&rsquo;approcher de J\u00e9sus et mettre en lui sa confiance.<\/p>\n<p>Une troisi\u00e8me consid\u00e9ration bien propre \u00e0 nous faire comprendre combien l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 est odieuse, c&rsquo;est qu&rsquo;elle rend incapable de toute bonne \u0153uvre. Ces paroles de l&rsquo;ap\u00f4tre : \u00ab&nbsp;Tout ce que l&rsquo;on ne fait pas avec foi est un p\u00e9ch\u00e9\u00bb (Rom. 14. 23.), sont vraies dans plus d&rsquo;un sens. \u00c0 Dieu ne plaise que je d\u00e9pr\u00e9cie jamais la moralit\u00e9! \u00c0 Dieu ne plaise que je parle jamais de la probit\u00e9, de la temp\u00e9rance ou de toute autre vertu humaine, autrement qu&rsquo;avec \u00e9loges et respect ! Mais apr\u00e8s avoir rendu \u00e0 ces choses un l\u00e9gitime hommage, savez-vous ce que j&rsquo;ajouterai? Le voici. Toutes les vertus purement humaines, vous dirai-je, sont semblables \u00e0 ces petits coquillages qui servent de monnaie dans certaines parties de l&rsquo;Indoustan<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. Ils ont cours parmi les Indiens, mais en Europe ils sont sans valeur. De m\u00eame, les vertus humaines peuvent passer comme monnaie courante ici-bas, mais l\u00e0-haut elles n&rsquo;ont pas cours. Si vous n&rsquo;avez quelque chose de plus excellent que votre propre excellence, vous n&rsquo;entrerez jamais au ciel. Sans doute, si je devais passer ma vie au milieu des peuplades indiennes dont je viens de parler, je m&rsquo;accommoderais fort bien des coquillages; mais si je dois me trouver un jour en pays civilis\u00e9, une autre monnaie m&rsquo;est n\u00e9cessaire. Ainsi, la probit\u00e9, la temp\u00e9rance et autres choses semblables sont tr\u00e8s bonnes pour la terre, et plus vous les poss\u00e9derez, mieux cela vaudra. Toutes les choses qui sont justes, pures, aimables et de bonne r\u00e9putation, je vous exhorte, mes fr\u00e8res, \u00e0 les rechercher et \u00e0 les pratiquer ; mais en m\u00eame temps, je vous le d\u00e9clare, il vous faut plus que cela pour entrer au ciel. Sans la foi, toutes ces choses r\u00e9unies ne sont d&rsquo;aucun prix devant Dieu. Les vertus, sans la foi, sont des p\u00e9ch\u00e9s blanchis au-dehors, et rien de plus. L&rsquo;ob\u00e9issance sans la foi (en admettant qu&rsquo;elle f\u00fbt possible) ne serait qu&rsquo;une d\u00e9sob\u00e9issance d\u00e9guis\u00e9e. L&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 annule tout bien. C&rsquo;est la mouche qui g\u00e2te le parfum (\u00c9ccl. 10.1); c&rsquo;est l&rsquo;herbe v\u00e9n\u00e9neuse qui empoisonne le pot (2 Rois 4.38-41). Poss\u00e9da-t-on tout ensemble la puret\u00e9 la plus aimable, la philanthropie la plus g\u00e9n\u00e9reuse, la sympathie la plus d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e, le g\u00e9nie le plus noble, le patriotisme le plus d\u00e9vou\u00e9, l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 la plus consciencieuse, si l&rsquo;on n&rsquo;a pas la foi, on n&rsquo;a rien. <em>Sans la foi<\/em>, dit l&rsquo;ap\u00f4tre, <em>il est impossible de plaire \u00e0 Dieu<\/em>.<\/p>\n<p>Et cette impuissance pour le bien, ins\u00e9parable de l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9, se retrouve chez le chr\u00e9tien lui-m\u00eame, pour peu que sa foi d\u00e9faille. \u2014 Permettez-moi, mes fr\u00e8res, de vous raconter une simple histoire, un fait rapport\u00e9 dans l\u2019\u00c9vangile. Un certain homme avait un fils poss\u00e9d\u00e9 d&rsquo;un malin esprit. J\u00e9sus \u00e9tait sur le mont Thabor, au milieu des gloires de la transfiguration. Ne pouvant arriver jusqu&rsquo;au Ma\u00eetre, le malheureux p\u00e8re conduit son fils aux disciples. Le premier mouvement de ceux-ci est de s&rsquo;\u00e9crier : \u00ab Oui, nous chasserons le d\u00e9mon ! \u00bb et aussit\u00f4t ils imposent les mains au jeune homme.<\/p>\n<p>Mais soudain, un doute surgit dans leur esprit. \u00ab Se peut-il bien que nous r\u00e9ussissions? \u00bb se demandent-ils les uns aux autres avec inqui\u00e9tude. Bient\u00f4t, le poss\u00e9d\u00e9 commence \u00e0 \u00e9cumer; il grince des dents, il se roule par terre, il se d\u00e9bat dans d&rsquo;effroyables convulsions. \u00c9videmment, l&rsquo;esprit malin est toujours l\u00e0. En vain les disciples redoublent-ils d&rsquo;efforts : semblable \u00e0 un lion dans sa caverne, le d\u00e9mon semble les d\u00e9fier. \u00ab Esprit impur! sors de cet homme! \u00bb crient-ils avec une nouvelle \u00e9nergie ; mais il ne sort point. \u00ab Esprit de t\u00e9n\u00e8bres! retourne en ton lieu! \u00bb r\u00e9p\u00e8tent-ils ; mais il n&rsquo;ob\u00e9it point. Les l\u00e8vres incr\u00e9dules des disciples ne peuvent troubler le Malin, qui \u00e0 bon droit aurait pu leur dire : \u00ab Je connais la foi et je connais J\u00e9sus, mais je ne sais d&rsquo;o\u00f9 vous \u00eates. \u00bb Si les disciples avaient eu de la foi seulement comme un grain de moutarde, ils auraient pu chasser le d\u00e9mon; mais leur foi s&rsquo;\u00e9tait \u00e9vanouie; c&rsquo;est pourquoi ils furent impuissants.<\/p>\n<p>Voyez encore ce qui arriva \u00e0 l&rsquo;ap\u00f4tre Pierre. Pierre crut \u00e0 la parole de J\u00e9sus, et il marcha sur les flots. Marche admirable, et que pour ma part je suis souvent tent\u00e9 d&rsquo;envier \u00e0 l&rsquo;ap\u00f4tre ! Si sa foi n&rsquo;e\u00fbt pas faibli, qui peut dire jusqu&rsquo;o\u00f9 Pierre serait all\u00e9? Avec la foi pour le soutenir, il e\u00fbt pu traverser l&rsquo;Atlantique, et atteindre le Nouveau-Monde! Mais voici, au bout d&rsquo;un moment, Pierre aper\u00e7oit une vague mena\u00e7ante qui vient droit sur lui, et il se demande avec effroi : \u00ab Ne va-t-elle pas m&rsquo;engloutir? \u00bb Puis, il pense : \u00ab Quelle pr\u00e9somption n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 la mienne d&rsquo;oser m&rsquo;aventurer ainsi sur les flots?&nbsp;\u00bb Aussit\u00f4t, Pierre s&rsquo;enfonce. La foi \u00e9tait la ceinture qui le maintenait au-dessus de l&rsquo;eau; c&rsquo;\u00e9tait son charme, c&rsquo;\u00e9tait son talisman. Avec elle, son pas est ferme; sans elle, il perd pied. Il en sera toujours de m\u00eame pour chacun de nous, mes bien-aim\u00e9s. Tous, tant que nous sommes, nous avons \u00e0 marcher sur les flots. Qu&rsquo;est-ce, en effet, que votre vie ou la mienne, sinon une marche constante au milieu des vagues furieuses? Voulez-vous donc rester debout au sein de la mer en tourmente? Ayez la foi en Dieu. Du moment o\u00f9 vous cesserez de croire, les eaux de l&rsquo;affliction entreront dans votre \u00e2me, et vous enfoncerez. Et pourquoi donc doutez-vous encore, \u00f4 gens de peu de foi?<\/p>\n<p>La foi d\u00e9veloppe toute bonne pens\u00e9e, tout bon sentiment; l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9, au contraire, les tue. Que de milliers de pri\u00e8res n&rsquo;a-t-elle pas \u00e9touff\u00e9es d\u00e8s leur naissance ! Que de saintes aspirations n&rsquo;a-t-elle pas frapp\u00e9es de mort, avant m\u00eame qu&rsquo;elles eussent vu le jour ! Que d&rsquo;accents de louange, qui seraient all\u00e9s grossir les ch\u0153urs c\u00e9lestes, ont \u00e9t\u00e9 refoul\u00e9s par le souffle impie du doute? Que de nobles entreprises, con\u00e7ues dans le c\u0153ur, ont tristement avort\u00e9 par suite de l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9! Tel homme serait peut-\u00eatre un missionnaire d\u00e9vou\u00e9, tel autre un hardi pr\u00e9dicateur de l\u2019\u00c9vangile, si l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 n&rsquo;\u00e9tait venue glacer leur g\u00e9n\u00e9reux \u00e9lan. Rendez un g\u00e9ant spirituel incr\u00e9dule : aussit\u00f4t, il devient un nain. La foi est pour le chr\u00e9tien ce qu&rsquo;\u00e9tait pour Samson sa chevelure : enlevez-la-lui, et vous pourrez lui crever les yeux et le r\u00e9duire \u00e0 une compl\u00e8te impuissance.<\/p>\n<p>Observons encore, mes chers auditeurs, que le p\u00e9ch\u00e9 de l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 doit \u00eatre d&rsquo;une nature particuli\u00e8rement odieuse puisque, de tout temps, le Seigneur l&rsquo;a s\u00e9v\u00e8rement puni. Pour nous convaincre de ce fait, ouvrons l\u2019\u00c9criture ! \u2014 Je vois un monde tout rayonnant de beaut\u00e9 et de splendeur; ses montagnes rient au soleil, et ses vallons se baignent dans une atmosph\u00e8re d&rsquo;or. Des vierges dansent sous les ombrages; des jeunes gens chantent en ch\u0153ur. \u00d4 ravissante vision! Mais soudain, un vieillard \u00e0 l&rsquo;aspect, grave et v\u00e9n\u00e9rable appara\u00eet sur la sc\u00e8ne. Il l\u00e8ve sa main et crie : \u00abBient\u00f4t, un d\u00e9luge va fondre sur la terre ; les fontaines du grand ab\u00eeme se rompront, les eaux couvriront toutes choses. Voyez cette arche : pendant 120 ann\u00e9es, j&rsquo;ai travaill\u00e9 de mes propres mains \u00e0 la construire. H\u00e2tez-vous, cherchez-y un refuge, et vous serez sauv\u00e9s ! \u00bb \u2014 \u00ab&nbsp;Ah ! vieillard morose et cr\u00e9dule, qu&rsquo;y a-t-il entre nous et toi ? lui r\u00e9pondent des voix railleuses. Laisse-nous jouir en paix de la vie. Il sera temps de penser au d\u00e9luge quand le d\u00e9luge sera venu. Mais il ne viendra pas, nous le savons; \u00e0 d&rsquo;autres tes vaines pr\u00e9dictions ! \u00bb Et la foule insouciante reprend ses chants et ses danses&#8230;. \u2014 Mais \u00e9coutez, incr\u00e9dules ! Entendez-vous ce bruit sourd et \u00e9trange? Les entrailles de la Terre commencent \u00e0 s&rsquo;\u00e9mouvoir; ses vastes flancs sont d\u00e9chir\u00e9s par de terribles convulsions int\u00e9rieures. C\u00e9dant enfin \u00e0 une tension \u00e9norme, les voil\u00e0 qui \u00e9clatent, et des amas d&rsquo;eaux, qui depuis le jour o\u00f9 Dieu les avait recel\u00e9s dans le sein du globe, n&rsquo;avaient point paru au-dehors, s&rsquo;\u00e9chappent de toutes parts, en torrents imp\u00e9tueux. Et la vo\u00fbte du ciel! Elle est fendue en deux. Il pleut, non des gouttes d&rsquo;eau, mais des nuages tout entiers. Une cataracte, bien autrement puissante que celle de Niagara, se pr\u00e9cipite du firmament avec une \u00e9pouvantable clameur. Les deux ab\u00eemes \u2014 l&rsquo;ab\u00eeme de dessous et l&rsquo;ab\u00eeme de dessus \u2014 se rencontrent et se donnent la main. O\u00f9 \u00eates-vous maintenant, \u00f4 incr\u00e9dules? Je regarde, je cherche ; et je ne vois plus qu&rsquo;un homme, qu&rsquo;un seul, debout sur une pointe de rocher, qui s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve solitaire au-dessus des eaux. Longtemps sa femme s&rsquo;est tenue cramponn\u00e9e \u00e0 son corps; mais, vains efforts! elle vient d&rsquo;\u00eatre entra\u00een\u00e9e. Lui-m\u00eame perd bient\u00f4t pied. L&rsquo;eau atteint sa poitrine. Entendez son dernier cri! Il succombe, il se noie, il est emport\u00e9 par le courant&#8230; Alors No\u00e9, regardant de l&rsquo;arche, ne voit rien, plus rien. Partout le vide, partout le chaos, partout le n\u00e9ant ! Les monstres marins g\u00eetent et s&rsquo;\u00e9battent dans les palais des rois. Tout est renvers\u00e9, submerg\u00e9, englouti. Quelle est donc la cause de cette \u00e9pouvantable catastrophe? Mes fr\u00e8res, vous l&rsquo;avez dit : c&rsquo;est l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 ! Par la foi, No\u00e9 fut sauv\u00e9. Par l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9, le monde p\u00e9rit.<\/p>\n<p>Ouvrons encore l\u2019\u00c9criture. Voici deux grands serviteurs de Dieu, Mo\u00efse et Aaron. Ils ont re\u00e7u mission d&rsquo;introduire le peuple d&rsquo;Isra\u00ebl dans la terre de Canaan; mais, chose \u00e9trange, ils n&rsquo;y entrent point eux-m\u00eames. D&rsquo;o\u00f9 vient cela? La Parole de Dieu va nous le dire. Ils n&rsquo;honor\u00e8rent point l\u2019\u00c9ternel devant le peuple, aux eaux de contestation; ils frapp\u00e8rent le rocher avec un geste d&rsquo;impatience; en un mot, ils furent incr\u00e9dules; et le Seigneur les condamna \u00e0 mourir sans entrer dans la terre promise, dans ce bon pays apr\u00e8s lequel ils avaient tant soupir\u00e9, et pour lequel ils avaient tant souffert (Nomb. 20.1-13)!<\/p>\n<p>Un autre exemple. Laissez-moi vous conduire, mes fr\u00e8res, dans ces contr\u00e9es sauvages et d\u00e9sol\u00e9es que parcoururent Mo\u00efse et Aaron. Comme le B\u00e9douin nomade, devenons les fils du d\u00e9sert. Voyageurs fatigu\u00e9s, errons dans les sables br\u00fblants de l&rsquo;Arabie. L\u00e0 g\u00eet un squelette blanchi par le soleil ; ici, j&rsquo;en vois un second ; plus loin, un troisi\u00e8me; plus loin encore, d&rsquo;autres en grand nombre. Que sont ces ossements dess\u00e9ch\u00e9s? D&rsquo;o\u00f9 viennent tant de restes humains? Qui m&rsquo;expliquera leur pr\u00e9sence en ce lieu? S\u00fbrement, le vent du d\u00e9sert ou le fer de l&rsquo;ennemi a fait p\u00e9rir ici en une seule nuit une imposante arm\u00e9e. \u2014 Non ! ces os sont les os d&rsquo;Isra\u00ebl ; ces restes sont ceux des antiques tribus de Jacob. Elles ne purent entrer dans le pays de la promesse, \u00e0 cause de leur incr\u00e9dulit\u00e9. Elles n&rsquo;eurent point confiance en Dieu. Les espions ayant d\u00e9clar\u00e9 que la conqu\u00eate de Canaan \u00e9tait impossible, le peuple les crut plut\u00f4t que J\u00e9hovah (Nombres 13). Voil\u00e0 pourquoi les corps morts de cette g\u00e9n\u00e9ration tomb\u00e8rent dans ces solitudes. Ce ne furent pas les descendants de Hanak qui d\u00e9truisirent Isra\u00ebl; le souffle embras\u00e9 du d\u00e9sert ne consuma point ses gens d&rsquo;\u00e9lite et les eaux du Jourdain ne mirent point obstacle \u00e0 leur entr\u00e9e dans Canaan; ni les H\u00e9viens ni les J\u00e9busiens ne les extermin\u00e8rent : l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 seule fut la cause de leur perte. Oh ! malheureux Isra\u00ebl ! Apr\u00e8s quarante ann\u00e9es de p\u00e9nibles marches dans le d\u00e9sert, te voir exclu de la terre promise, en punition de ton incr\u00e9dulit\u00e9!<\/p>\n<p>Et si je ne craignais de multiplier outre mesure les exemples, que de faits du m\u00eame genre la Bible ne me fournirait-elle pas! Voyez Zacharie, le p\u00e8re du Pr\u00e9curseur : il douta, vous le savez, et aussit\u00f4t l&rsquo;ange le frappa de mutisme; sa langue fut li\u00e9e, \u00e0 cause de son manque de foi. Mais voulez-vous, mes chers amis, contempler sous leurs plus sombres couleurs les terribles suites de l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 ; voulez-vous savoir de quelle mani\u00e8re le Seigneur ch\u00e2tie une nation qui ne croit point, venez assister avec moi au si\u00e8ge de J\u00e9rusalem, \u00e0 cet \u00e9pouvantable massacre, sans pareil dans les fastes de l&rsquo;histoire ! Voyez les Romains rasant les murailles de la sainte Cit\u00e9; voyez-les faisant passer au fil de l&rsquo;\u00e9p\u00e9e ou vendant comme esclaves sur les march\u00e9s publics tous les habitants qu&rsquo;ils trouvent dans la ville. Relisez l&rsquo;histoire \u00e9mouvante de la destruction de J\u00e9rusalem, accomplie par Titus. Arr\u00eatez-vous au r\u00e9cit tragique de la mort de ces Juifs d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s, qui, plut\u00f4t que de tomber \u00e0 la merci des Romains, se poignard\u00e8rent les uns les autres ! Mais qu&rsquo;avons-nous besoin de regarder au pass\u00e9? Les jugements de Dieu ne p\u00e8sent-ils pas encore sur son peuple ? Aujourd&rsquo;hui encore, Isra\u00ebl n&rsquo;est-il pas dispers\u00e9 sur la surface de la terre, errant, exil\u00e9, sans nationalit\u00e9 et sans patrie? Il a \u00e9t\u00e9 retranch\u00e9, comme un sarment est retranch\u00e9 d&rsquo;un cep. Et savez-vous pourquoi? C&rsquo;est en punition de son incr\u00e9dulit\u00e9 ! L\u00e0, et pas ailleurs, est la cause des calamit\u00e9s inou\u00efes qui ont fondu sur ce peuple. Aussi, chaque fois que vous rencontrerez un Juif, au regard sombre et triste, chaque fois que vous le verrez, lui, fils d&rsquo;une terre lointaine foulant, comme un proscrit, un sol \u00e9tranger, rentrez en vous-m\u00eames et vous dites :&nbsp;\u00ab C&rsquo;est l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9, \u00f4 Isra\u00ebl, qui t&rsquo;a fait devenir le meurtrier de Christ ; c&rsquo;est elle qui t&rsquo;a dispers\u00e9 parmi les nations; et ce n&rsquo;est que la foi, la foi au Nazar\u00e9en crucifi\u00e9, qui pourra te faire rentrer dans ta patrie et lui rendre son antique splendeur. \u00bb<\/p>\n<p>Oh ! oui, Dieu hait l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 d&rsquo;une haine toute particuli\u00e8re. Comme Ca\u00efn, il l&rsquo;a marqu\u00e9e au front du signe de sa col\u00e8re. Il l&rsquo;a frapp\u00e9e de rudes coups dans le pass\u00e9, et il l&rsquo;\u00e9crasera compl\u00e8tement \u00e0 la fin. L&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 d\u00e9shonore le Seigneur. Tout autre crime ne touche, pour ainsi dire, qu&rsquo;\u00e0 son territoire, mais celui-ci ose attaquer sa divinit\u00e9 m\u00eame; il s&rsquo;inscrit en faux contre sa v\u00e9racit\u00e9, nie sa mis\u00e9ricorde, insulte \u00e0 ses attributs, d\u00e9nature son caract\u00e8re. C&rsquo;est pourquoi, je le r\u00e9p\u00e8te, il n&rsquo;est aucun p\u00e9ch\u00e9 aussi abominable aux yeux de Dieu que le p\u00e9ch\u00e9 de l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9, sous quelque forme qu&rsquo;il se produise.<\/p>\n<p>Enfin, pour clore cette partie de mon sujet, je vous ferai remarquer, mes amis, que l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 est un p\u00e9ch\u00e9 irr\u00e9missible. L\u2019\u00c9vangile nous parle d&rsquo;un p\u00e9ch\u00e9 pour lequel Christ n&rsquo;est point mort : c&rsquo;est le p\u00e9ch\u00e9 contre le Saint-Esprit; mais il en existe un autre dont J\u00e9sus n&rsquo;a jamais fait l&rsquo;expiation : c&rsquo;est celui de l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9. Nommez-moi l&rsquo;un apr\u00e8s l&rsquo;autre tous les crimes qui figurent dans le catalogue du mal, et je vous citerai des personnes \u00e0 qui ces crimes ont \u00e9t\u00e9 pardonn\u00e9s ; mais demandez-moi si un homme qui meurt incr\u00e9dule peut \u00eatre sauv\u00e9, je vous r\u00e9pondrai sans h\u00e9siter : \u00ab Non, il n&rsquo;y a point de pardon, il n&rsquo;y a point de salut possible pour cet homme! \u00bb Sans doute, l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 de l&rsquo;enfant de Dieu a \u00e9t\u00e9 expi\u00e9e, parce qu&rsquo;elle n&rsquo;est que temporaire; mais pour ce qui est de l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 finale, de l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 dont on ne se repent point, jamais, je le r\u00e9p\u00e8te, il n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 fait d&rsquo;expiation pour elle. Examinez la Bible d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre ; partout vous trouverez que l&rsquo;homme qui meurt sans avoir la foi n&rsquo;a rien \u00e0 attendre que la condamnation \u00e9ternelle. Il est en dehors de la gr\u00e2ce divine. Se fut-il rendu coupable de tout autre p\u00e9ch\u00e9, s&rsquo;il avait poss\u00e9d\u00e9 la foi, il eut \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9; mais il ne la poss\u00e9dait point : par cons\u00e9quent, il est condamn\u00e9&#8230; D\u00e9mons, il vous appartient ! Esprits infernaux, pr\u00e9cipitez-le dans l&rsquo;ab\u00eeme ! Il n&rsquo;a point cru, et c&rsquo;est pour des h\u00f4tes tels que lui que l&rsquo;enfer a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9. L&rsquo;enfer est le lot des incr\u00e9dules ; c&rsquo;est leur h\u00e9ritage, leur patrimoine, la prison qui de tout temps leur a \u00e9t\u00e9 destin\u00e9e. Les cha\u00eenes \u00e9ternelles sont marqu\u00e9es \u00e0 leur nom, et ils reconna\u00eetront \u00e0 tout jamais la v\u00e9rit\u00e9 de cette parole de Christ : Celui qui ne croit point sera condamn\u00e9!<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>II.<\/strong><\/p>\n<p>Ceci nous conduit naturellement \u00e0 aborder la seconde partie de notre sujet. Nous venons d&rsquo;appeler votre attention sur la nature et sur quelques-uns des principaux caract\u00e8res du p\u00e9ch\u00e9 dont le capitaine de Samarie se rendit coupable; il nous reste \u00e0 constater quel fut son ch\u00e2timent. \u00ab&nbsp;Tu le verras de tes yeux, mais tu n&rsquo;en mangeras point \u00bb; telle fut la sentence qu&rsquo;\u00c9lis\u00e9e pronon\u00e7a contre lui de la part du Seigneur.<\/p>\n<p>\u00c9coutez cette sentence, \u00f4 incr\u00e9dules, car, si vous ne vous convertissez, elle sera aussi la v\u00f4tre! Oui, vous aussi vous verrez de vos yeux, mais vous ne mangerez point. Et ceci peut m\u00eame s&rsquo;appliquer, en certaines circonstances, aux enfants de Dieu. Lorsque leur foi est languissante, ils contemplent les merveilles de la gr\u00e2ce divine, mais ils ne peuvent s&rsquo;en nourrir. Ainsi, par exemple, l&rsquo;on peut dire qu&rsquo;en cette terre d&rsquo;\u00c9gypte, il y a maintenant du bl\u00e9 en abondance; n\u00e9anmoins, il est beaucoup de chr\u00e9tiens qui le dimanche, en entrant dans la maison de Dieu, se disent avec tristesse : \u00ab Je ne sais en v\u00e9rit\u00e9 si le Seigneur sera avec moi aujourd&rsquo;hui. \u00bb D&rsquo;autres encore, en entendant le pr\u00e9dicateur, pensent en eux-m\u00eames : \u00ab Certainement l&rsquo;\u00c9vangile est fid\u00e8lement annonc\u00e9, mais je ne sais s&rsquo;il p\u00e9n\u00e9trera dans les c\u0153urs. \u00bb Ces chr\u00e9tiens sont toujours \u00e0 douter et \u00e0 craindre, \u00e0 craindre et \u00e0 douter. Aussi demandez-leur, en sortant du culte divin, si leurs \u00e2mes ont trouv\u00e9 la nourriture qu&rsquo;il leur fallait : \u2014 \u00ab Non, vous r\u00e9pondront-ils en soupirant; il n&rsquo;y avait rien qui nous conv\u00eent. \u00bb Eh! c&rsquo;est tout simple, mon fr\u00e8re. Tu as vu de tes yeux le pain de vie, mais tu n&rsquo;as pu le manger, parce que tu n&rsquo;avais point de foi. Si tu avais apport\u00e9 dans la maison de Dieu un c\u0153ur simple et confiant, tu aurais fait un bon repas. Je connais des chr\u00e9tiens qui sont devenus si extr\u00eamement d\u00e9licats et raffin\u00e9s, que si la viande spirituelle qu&rsquo;on leur pr\u00e9sente (passez-moi l&rsquo;expression) n&rsquo;est pas d\u00e9coup\u00e9e \u00e0 leur fantaisie, ou servie avec la plus grande recherche, ils n&rsquo;en veulent point. Que ne se passent-ils alors de toute nourriture? Et, qu&rsquo;ils y prennent garde, c&rsquo;est ce qu&rsquo;ils devront faire tr\u00e8s probablement, s&rsquo;ils continuent \u00e0 se montrer aussi difficiles. Ou bien les herbes am\u00e8res de l&rsquo;affliction stimuleront leur app\u00e9tit blas\u00e9, ou bien Dieu les obligera \u00e0 je\u00fbner pendant quelque temps : apr\u00e8s quoi, ils s&rsquo;estimeront trop heureux de recevoir la nourriture la plus ordinaire et la plus simplement servie. Or, o\u00f9 chercher la cause secr\u00e8te de cet esprit m\u00e9content et critique qui emp\u00eache ainsi les enfants de Dieu de profiter de la pr\u00e9dication de l&rsquo;\u00c9vangile, si ce n&rsquo;est dans l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9? Si vous croyiez, mes bien-aim\u00e9s, n&rsquo;entendissiez-vous qu&rsquo;une seule promesse de Dieu, cela vous suffirait. Ne vous adressa-t-on qu&rsquo;une bonne parole du haut de la chaire, vos \u00e2mes en seraient restaur\u00e9es, car ce n&rsquo;est pas ce que nous entendons, mais bien ce que nous nous approprions par une foi r\u00e9elle et vivante qui profite \u00e0 notre \u00e2me.<\/p>\n<p>Mais c&rsquo;est surtout aux inconvertis que s&rsquo;applique cette terrible menace : Tu le verras de tes yeux, mais tu n&rsquo;en mangeras point. En effet, les enfants du si\u00e8cle voient s&rsquo;accomplir sous leurs yeux les \u0153uvres magnifiques du Seigneur, tout en y restant compl\u00e8tement \u00e9trangers. Aujourd&rsquo;hui m\u00eame, une grande multitude est venue dans ce lieu de culte pour entendre la pr\u00e9dication de la Parole, mais combien, h\u00e9las! qui s&rsquo;en retourneront l&rsquo;\u00e2me aussi vide qu&rsquo;en entrant! L&rsquo;homme ne peut pas plus nourrir son \u00e2me au moyen de ses oreilles que son corps au moyen de ses yeux. Et pourtant le plus grand nombre de nos auditeurs viennent dans la maison de Dieu par pure curiosit\u00e9. \u00ab Allons entendre ce discoureur, disent-ils; allons voir ce roseau agit\u00e9 du vent. \u00bb Aussi, ils viennent et reviennent; ils voient, ils voient, ils voient encore, mais ne re\u00e7oivent aucun bien. Autour d&rsquo;eux, il y a peut-\u00eatre des personnes qui se convertissent. Ici, une \u00e2me est appel\u00e9e par la gr\u00e2ce souveraine de Dieu; l\u00e0, un pauvre p\u00e9cheur fond en larmes dans le sentiment de sa culpabilit\u00e9 ; plus loin, un c\u0153ur contrit implore la gr\u00e2ce divine, et ailleurs une voix r\u00e9p\u00e8te la pri\u00e8re du p\u00e9ager : \u00d4, Dieu, sois apais\u00e9 envers moi qui suis p\u00e9cheur. Mais quant \u00e0 eux, rien ne les touche : ils restent froids et impassibles. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;au moment o\u00f9 je vous parle, une belle \u0153uvre se poursuit dans ce troupeau ; mais le plus grand nombre d&rsquo;entre vous n&rsquo;en savent rien, ne s&rsquo;y int\u00e9ressent pas, car aucune \u0153uvre ne se fait dans leurs propres c\u0153urs. Et comment en serait-il autrement, mes amis? Vous jugez cette \u0153uvre impossible; vous doutez de la puissance de Dieu; vous ne croyez point \u00e0 son action r\u00e9g\u00e9n\u00e9ratrice; en d&rsquo;autres termes, vous \u00eates incr\u00e9dules. De l\u00e0 vient que dans ces temps de glorieux r\u00e9veil et d&rsquo;effusion de la gr\u00e2ce, le Seigneur, qui n&rsquo;a jamais promis d&rsquo;agir en faveur de ceux qui ne l&rsquo;honorent point, permet que vos \u00e2mes demeurent sans repentance, sans vie et sans salut : vous voyez de vos yeux, mais vous ne mangez point.<\/p>\n<p>Mais ce n&rsquo;est pas tout, \u00f4 p\u00e9cheurs ! Le plus terrible accomplissement de cette sentence est encore \u00e0 venir. On dit que l&rsquo;illustre pr\u00e9dicateur Whitefield levait parfois ses deux mains vers le ciel, en criant de toutes ses forces \u2014 et comme je voudrais qu&rsquo;il me f\u00fbt donn\u00e9 de crier en cet instant m\u00eame : \u00ab La col\u00e8re \u00e0 venir ! La col\u00e8re \u00e0 venir! \u00bb Qu&rsquo;est-ce, en effet, que la col\u00e8re du temps pr\u00e9sent, compar\u00e9e \u00e0 celle qui fondra sur vous ci-apr\u00e8s? Oh! c&rsquo;est alors v\u00e9ritablement que vous verrez de vos yeux, mais que vous ne mangerez point!\u2026<\/p>\n<p>Il me semble que le grand jour du jugement est arriv\u00e9. Le temps n&rsquo;est plus; j&rsquo;ai entendu vibrer son glas fun\u00e8bre; sa derni\u00e8re heure a sonn\u00e9 ; l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 a pris sa place. La mer est en \u00e9bullition ; ses vagues \u00e9tincellent d&rsquo;un \u00e9clat surnaturel. Je vois un arc-en-ciel, une nu\u00e9e qui traverse l&rsquo;espace. Sur cette nu\u00e9e est un tr\u00f4ne, et sur ce tr\u00f4ne est assis quelqu&rsquo;un semblable au Fils de l&rsquo;Homme. Oui, c&rsquo;est lui, je le reconnais! Dans sa main, il tient la balance de la justice divine; devant lui sont les livres : le livre de vie, le livre de mort, le livre de m\u00e9moire. Je vois sa splendeur, et je m&rsquo;en r\u00e9jouis; je contemple la pompe de son av\u00e8nement, et je tressaille d&rsquo;all\u00e9gresse de ce qu&rsquo;il est enfin venu pour \u00eatre admir\u00e9 de tous ses saints. Mais j&rsquo;aper\u00e7ois, dans le fond du tableau, une foule d&rsquo;infortun\u00e9s, tremblants, \u00e9perdus, saisis d&rsquo;horreur. Ils courbent leurs fronts jusque dans la poussi\u00e8re ; ils essaient de se d\u00e9rober \u00e0 tous les regards. \u00ab Rochers, tombez sur nous ! s&rsquo;\u00e9crient-ils; montagnes, cachez-nous de devant sa face ! \u00bb Sa face? Quelle est donc cette face qui leur cause tant d&rsquo;effroi? \u2014 \u00ab&nbsp;C&rsquo;est la face de J\u00e9sus, de celui qui a \u00e9t\u00e9 mort, et qui maintenant revient pour juger le monde. \u00bb Mais c&rsquo;est en vain, \u00f4 p\u00e9cheurs, que vous cherchez \u00e0 fuir la pr\u00e9sence du Fils de l&rsquo;Homme; il faut que vous contempliez Celui que vous avez perc\u00e9. Vous ne vous assoirez point \u00e0 la droite du Seigneur, v\u00eatus de robes \u00e9clatantes, mais vous serez t\u00e9moins de sa gloire; et lorsque le cort\u00e8ge triomphal de J\u00e9sus para\u00eetra sur les nu\u00e9es du ciel, vous ne pourrez vous y joindre, mais vous le verrez de vos yeux ! Oh ! je crois le voir en cet instant m\u00eame, le puissant R\u00e9dempteur, remontant vers le ciel, sur son char de victoire! Entendez-vous ce bruit \u00e9clatant? Ce sont les pas de ses ardents coursiers qui r\u00e9sonnent sur les collines \u00e9ternelles. Un cort\u00e8ge v\u00eatu de blanc vient apr\u00e8s lui, et aux roues de son char sont li\u00e9s Satan, la mort et l&rsquo;enfer. Voyez comme ses rachet\u00e9s frappent des mains; entendez leurs cris de joie. Tu es mont\u00e9 en haut, disent-ils; tu as men\u00e9 captifs les prisonniers (Ps. 68.18). Admirez la splendeur de leur apparence; observez les couronnes qui ceignent leurs fronts; voyez leurs robes d&rsquo;une blancheur de neige; consid\u00e9rez la b\u00e9atitude qui respire sur leurs traits. \u00c9coutez ! ils entonnent un chant sublime : <em>All\u00e9luia! le Seigneur Dieu tout-puissant est entr\u00e9 dans son r\u00e8gne <\/em><em>(<\/em>Apoc. 14.6)<em> !<\/em> Et la voix de l&rsquo;\u00c9ternel leur r\u00e9pond : <em>Je me r\u00e9jouirai \u00e0<\/em> <em>cause de toi d&rsquo;une grande joie; je me r\u00e9jouirai \u00e0 cause de toi avec un chant de triomphe, car je t&rsquo;ai<\/em> <em>\u00e9pous\u00e9e pour moi \u00e0 toujours <\/em>(Soph 3.17 et Os\u00e9e 2.19)!<\/p>\n<p>Et o\u00f9 \u00eates-vous pendant ce temps, \u00f4 incr\u00e9dules? Voil\u00e0 la multitude des rachet\u00e9s : mais o\u00f9 \u00eates- vous? H\u00e9las! vous voyez de vos yeux, mais vous ne pouvez manger! Le banquet des noces est pr\u00eat ; le fruit de la vigne est vers\u00e9; les convives prennent place \u00e0 la table du Roi; mais vous, malheureux et affam\u00e9s, vous ne pouvez go\u00fbter au festin \u00e9ternel. Oh! il me semble que je vous vois, tordant vos mains de d\u00e9sespoir ! Si du moins il vous \u00e9tait possible de vous nourrir, comme les chiens, des miettes qui tombent sous la table du Ma\u00eetre ; mais non, cela m\u00eame vous est interdit !<\/p>\n<p>Une pens\u00e9e encore, et je termine. P\u00e9cheur imp\u00e9nitent, je t&rsquo;aper\u00e7ois attach\u00e9 \u00e0 un roc dans les profondeurs de l&rsquo;enfer, l&rsquo;\u00e2me d\u00e9chir\u00e9e par le cruel vautour du remords. Tu \u00e9l\u00e8ves les yeux et tu reconnais Lazare, couch\u00e9 dans le sein d&rsquo;Abraham. \u00ab Est-ce bien possible? t&rsquo;\u00e9cries-tu. Quoi? Ce mendiant qui \u00e9tait couch\u00e9 sur mon fumier, ce mis\u00e9rable dont les chiens venaient l\u00e9cher les ulc\u00e8res, le voil\u00e0 dans le ciel, tandis que moi je suis dans les tourments ! Quoi? Ce Lazare, qui ne poss\u00e9dait rien pendant sa vie, est maintenant dans la gloire, tandis que moi, riche dans le temps, suis en enfer pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 !&#8230; P\u00e8re Abraham, aie piti\u00e9 de moi, et envoie Lazare afin qu&rsquo;il trempe dans l&rsquo;eau le bout de son doigt, pour me rafra\u00eechir la langue. \u00bb Mais ta requ\u00eate est vaine, \u00f4 p\u00e9cheur, et s&rsquo;il peut y avoir en enfer une souffrance plus aigu\u00eb que toute autre, ce sera celle que tu \u00e9prouveras en voyant les saints jouir d&rsquo;une f\u00e9licit\u00e9 \u00e0 laquelle lu ne pourras jamais avoir part. Oh! jeune homme, regarde : voil\u00e0 ta m\u00e8re dans le ciel, tandis que tu es jet\u00e9 dehors! Voil\u00e0 ton fr\u00e8re, celui qui dormit dans le m\u00eame berceau que toi, qui joua autour du m\u00eame foyer \u2014 voil\u00e0, dis-je, ton propre fr\u00e8re, \u00e9lev\u00e9 dans la gloire, tandis que tu es abaiss\u00e9 jusque dans l&rsquo;ab\u00eeme! Mari, voil\u00e0 ta femme dans le s\u00e9jour des bienheureux, et toi, tu es au nombre des damn\u00e9s ! P\u00e8re, voil\u00e0 ton enfant debout devant le tr\u00f4ne, et toi, maudit de Dieu et maudit des hommes, tu es dans le feu \u00e9ternel! Oh ! qui pourrait dire ce qui se passera dans le c\u0153ur du damn\u00e9, lorsqu&rsquo;il verra ses parents, ses amis, rassasi\u00e9s de d\u00e9lices ineffables, et qu&rsquo;il sentira que lui-m\u00eame en est priv\u00e9 pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9?<\/p>\n<p><em>Tu le verras de tes yeux, mais tu n&rsquo;en mangeras point!\u2026<\/em> Et maintenant, je vous en conjure, mes chers auditeurs, par la mort de Christ, par son agonie et sa sueur sanglante, par sa croix et par sa passion, par tout ce qu&rsquo;il y a de plus sacr\u00e9 sur la terre, de plus saint dans le ciel, de plus solennel dans le temps et dans l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9, par les horreurs indicibles de l&rsquo;enfer, par les joies inexprimables du paradis \u2014 je vous en conjure, prenez ces choses au s\u00e9rieux, et souvenez-vous que, si votre \u00e2me est perdue, ce sera l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 qui aura \u00e9t\u00e9 sa perte. Oui, si vous p\u00e9rissez, ce sera parce que vous aurez refus\u00e9 de croire en J\u00e9sus-Christ, et la goutte la plus am\u00e8re de votre douleur sera la pens\u00e9e que vous n&rsquo;aurez point voulu vous confier en ce Sauveur charitable qui dit \u00e0 tous par sa Parole : J<em>e ne mettrai point dehors celui qui viendra \u00e0 moi<\/em>!<\/p>\n<p><strong>FIN<\/strong><\/p>\n<p>Traduit de l\u2019anglais pour \u00ab&nbsp;La Soci\u00e9t\u00e9 des Livres Religieux&nbsp;\u00bb, Deuxi\u00e8me \u00e9dition, 1860, r\u00e9\u00e9dit\u00e9 par Danny Therrien et Hugo Lacasse<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a>Chants chr\u00e9tiens.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a>Relatif aux langues indo-aryennes parl\u00e9es en Inde du Nord.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un capitaine, sur la main duquel le roi s&rsquo;appuyait, r\u00e9pondit a l&rsquo;homme de Dieu : Quand m\u00eame l\u2019\u00c9ternel ferait des ouvertures aux cieux, cela arriverait-il? \u2014 Et \u00c9lis\u00e9e dit : Voil\u00e0, tu le verras de tes yeux, mais tu n&rsquo;en mangeras point. (2 Rois 8.2) Un sage peut sauver une ville enti\u00e8re ; un juste [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":127,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,2],"tags":[22,21],"class_list":["post-126","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-charles-h-spurgeon","category-sermons","tag-sermon","tag-spurgeon"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/126","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=126"}],"version-history":[{"count":6,"href":"http:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/126\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":460,"href":"http:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/126\/revisions\/460"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/media\/127"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=126"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=126"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=126"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}