{"id":106,"date":"2018-07-27T11:45:45","date_gmt":"2018-07-27T11:45:45","guid":{"rendered":"http:\/\/sauvepargrace.com\/?p=106"},"modified":"2020-04-11T13:35:46","modified_gmt":"2020-04-11T13:35:46","slug":"lavignesterile_chspurgeon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/sermons\/lavignesterile_chspurgeon\/","title":{"rendered":"La vigne st\u00e9rile (Charles H. Spurgeon)"},"content":{"rendered":"<p><em>La parole de l\u2019\u00c9ternel me fut adress\u00e9e, et il me dit&nbsp;:<\/em><\/p>\n<p><em>Fils d\u2019homme, que vaut le bois de la vigne plus que les autres bois, et les sarments plus que les branches des arbres des for\u00eats\u2009?<\/em> (\u00c9z\u00e9ch. 15.1,2)<\/p>\n<p>Rien n\u2019\u00e9galait la pr\u00e9somption et l\u2019arrogance de la nation juive. Lorsqu\u2019elle p\u00e9chait contre son Dieu, elle se flattait qu\u2019en consid\u00e9ration soit de la haute saintet\u00e9 de ses anc\u00eatres, soit d\u2019une certaine saintet\u00e9 qu\u2019elle s\u2019attribuait \u00e0 elle-m\u00eame, le pardon lui \u00e9tait acquis \u00e0 l\u2019avance, quelque grave, d\u2019ailleurs, que f\u00fbt son p\u00e9ch\u00e9. Tant de fois la mis\u00e9ricorde infinie de J\u00e9hovah s\u2019\u00e9tait d\u00e9ploy\u00e9e en sa faveur ; tant de fois sa main puissante l\u2019avait retir\u00e9e des dangers les plus imminents, que cette nation orgueilleuse en \u00e9tait venue \u00e0 s\u2019imaginer, qu\u2019enfant ch\u00e9ri de la Providence, elle ne serait jamais rejet\u00e9e. C\u2019est pourquoi le Seigneur, afin d\u2019humilier sa fiert\u00e9, lui fait entendre par l\u2019organe du proph\u00e8te \u00c9z\u00e9chiel qu\u2019elle ne peut se vanter d\u2019aucune sup\u00e9riorit\u00e9 sur toute autre nation de la terre, et il lui demande ironiquement ce qu\u2019il y a en elle qui puisse la recommander \u00e0 la bienveillance divine. <em>\u00ab&nbsp;Il est vrai, \u00f4 maison d\u2019Isra\u00ebl, semble dire le Tr\u00e8s-Haut, il est vrai que je t\u2019ai souvent appel\u00e9e ma vigne ; je t\u2019ai plant\u00e9e sur un coteau dans un lieu gras ; je t\u2019ai cultiv\u00e9e, je t\u2019ai entour\u00e9e de mes soins ; mais tu ne me rapportes aucun fruit : pourquoi donc continuerais-je \u00e0 t\u2019avoir pour agr\u00e9able? Si tu crois que par toi-m\u00eame tu vaux mieux que tout autre peuple, tu t\u2019abuses \u00e9trangement. Que vaut le bois de la vigne plus que les autres bois, et les sarments plus que les branches des arbres des for\u00eats?&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Et ici, remarquons, mes fr\u00e8res, que ces paroles ne portent nullement atteinte \u00e0 la grande v\u00e9rit\u00e9 de la souveraine et immuable \u00e9lection de Dieu ; car le peuple d\u2019Isra\u00ebl, vous le savez, n\u2019\u00e9tait pas choisi en vue du salut \u00e9ternel, mais il \u00e9tait choisi dans ce sens qu\u2019il jouissait de privil\u00e8ges particuliers&nbsp;: son \u00e9lection, en tant que peuple, n\u2019\u00e9tait qu\u2019une ombre et une image de cette \u00e9lection personnelle et inviolable que Christ a exerc\u00e9e envers les siens. De sa v\u00e9ritable \u00c9glise \u00e9lue, Dieu ne retirera jamais son amour ; mais quant \u00e0 l&rsquo;\u00c9glise visible et ext\u00e9rieure, il lui cache souvent sa face. \u00c0 son peuple particulier et qui lui appartient en propre, il donnera toujours des gages de son affection ; mais quant aux chr\u00e9tiens de nom, \u00e0 ceux qui font simplement profession d&rsquo;\u00eatre ses disciples, il peut leur retirer\u2026 que dis-je? Il leur retirera infailliblement toute marque de sa faveur. \u2014 Mais pour en revenir \u00e0 Isra\u00ebl, le Seigneur, je le r\u00e9p\u00e8te, l&rsquo;humilie par la parabole contenue dans mon texte, en lui rappelant qu&rsquo;il n&rsquo;est en rien sup\u00e9rieur \u00e0 aucun autre peuple ; bien plus, il lui d\u00e9clare qu&rsquo;en soi il est une nation ch\u00e9tive, m\u00e9prisable, indigne d&rsquo;\u00eatre mise de pair avec le c\u00e8dre de Babylone ou avec le ch\u00eane de Samarie, et que s&rsquo;il ne porte point de fruit, il n&rsquo;est bon \u00e0 rien, il est absolument sans valeur.<\/p>\n<p>Mes bien-aim\u00e9s, cette parabole adress\u00e9e primitivement \u00e0 Isra\u00ebl, nous allons essayer, avec le secours de Dieu, de nous l&rsquo;appliquer \u00e0 nous-m\u00eames. Deux grands enseignements me semblent en ressortir d&rsquo;une mani\u00e8re \u00e9vidente. Le premier s&rsquo;adresse aux vrais enfants de Dieu, et peut se r\u00e9sumer en deux mots : soyez humbles. Le second s&rsquo;adresse \u00e0 tous ceux qui font profession de pi\u00e9t\u00e9, et peut se formuler ainsi : EXAMINEZ-VOUS VOUS-M\u00caMES.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>I.<\/strong><\/p>\n<p>SOYEZ HUMBLES : tel est, avons-nous dit, le grand enseignement que donne notre texte \u00e0 ceux qui ont d\u00e9j\u00e0 go\u00fbt\u00e9 combien le Seigneur est bon. Que vaut le bois de la vigne plus que les autres bois, et les sarments plus que les branches des arbres des for\u00eats?<\/p>\n<p>En observant les diverses allusions faites \u00e0 la vigne dans l&rsquo;\u00c9criture, il semble qu&rsquo;une sorte de pr\u00e9\u00e9minence lui soit attribu\u00e9e sur tout le monde v\u00e9g\u00e9tal; \u2014 t\u00e9moin, par exemple, l&rsquo;antique parabole de Jotham, o\u00f9 les arbres sont repr\u00e9sent\u00e9s comme s&rsquo;inclinant devant la vigne, en lui disant : viens et r\u00e8gne sur nous (Juges 9.8-15). Toutefois, si nous consid\u00e9rons la vigne, ind\u00e9pendamment de sa fertilit\u00e9, il est certain que nous ne verrons rien en elle qui lui donne droit \u00e0 aucune distinction, encore moins \u00e0 une royaut\u00e9 quelconque sur les autres arbres. Sous les divers rapports de la grosseur, de la forme, de la beaut\u00e9, de l&rsquo;utilit\u00e9, le cep de vigne, en effet, leur est infiniment inf\u00e9rieur. Il n&rsquo;est propre \u00e0 aucun usage. En prendra-t-on du bois pour en faire quelque ouvrage, ou en prendra-t-on une cheville pour y pendre quelque chose (\u00c9z. 15.3)? \u00c0 part sa fertilit\u00e9, la vigne est donc \u00e0 peu pr\u00e8s inutile. Nous l&rsquo;admirons, il est vrai, lorsque nous la voyons tapisser de son riche feuillage les murs de nos demeures; et, en Orient surtout, o\u00f9 les plus grands soins \u00e9taient apport\u00e9s \u00e0 sa culture, elle atteignait le plus haut degr\u00e9 de luxuriance. Mais qu&rsquo;on prenne la vigne \u00e0 son \u00e9tat de nature, qu&rsquo;on la laisse \u00e0 elle-m\u00eame, elle est, sans contredit, un des arbrisseaux les moins int\u00e9ressants et les plus inutiles qui croissent sous le soleil.<\/p>\n<p>Or, mes bien-aim\u00e9s, il en est de m\u00eame de l&rsquo;\u00c9glise de Dieu, et voil\u00e0 pourquoi l&rsquo;humilit\u00e9 est pour elle un imp\u00e9rieux devoir. Les croyants sont appel\u00e9s \u00ab&nbsp;la vigne du Seigneur&nbsp;\u00bb; mais par nature, que valent-ils plus que leurs fr\u00e8res en Adam? Ils ne sont pas meilleurs que leurs semblables; il est m\u00eame des hommes du monde qui leur sont infiniment sup\u00e9rieurs, soit par l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation de leurs sentiments, soit par l&rsquo;excellence de leurs qualit\u00e9s. Sans doute, par la gr\u00e2ce de Dieu, les chr\u00e9tiens sont devenus des sarments fertiles; ils ont \u00e9t\u00e9 plant\u00e9s dans un bon terroir; le Seigneur a \u00e9tendu leurs rameaux sur les murailles du sanctuaire, et maintenant ils portent du fruit \u00e0 sa gloire. Mais, \u2014 j&rsquo;en appelle \u00e0 leur propre t\u00e9moignage \u2014 que seraient-ils sans la mis\u00e9ricorde de leur Dieu? Que deviendraient-ils sans l&rsquo;influence continue du Saint-Esprit qui seule f\u00e9conde leurs \u00e2mes? Ne sont-ils pas les derniers parmi les fils des hommes, les plus m\u00e9prisables entre ceux qui sont n\u00e9s de femme? Consid\u00e8re ceci, \u00f4 croyant! Avant ta conversion, qu&rsquo;y avait-il en toi qui put te rendre agr\u00e9able aux yeux de Dieu? Que dis-je? Maintenant m\u00eame, qu&rsquo;y a-t-il en toi dont tu aies sujet de te glorifier? Ta conscience ne t&rsquo;accuse-t-elle point sans cesse? Est-il un seul jour de ta vie dans lequel tu n&rsquo;offenses point le Seigneur, et tes infid\u00e9lit\u00e9s, tes \u00e9garements sans nombre ne te disent-ils pas que tu es indigne d&rsquo;\u00eatre appel\u00e9 son fils? La faiblesse de ton intelligence, la fragilit\u00e9 de ton sens moral, ton incr\u00e9dulit\u00e9 toujours renaissante, tes chutes r\u00e9it\u00e9r\u00e9es, en un mot, tes mis\u00e8res de tous genres ne t&rsquo;obligent-elles pas \u00e0 reconna\u00eetre que tu es moins que le moindre de tous les saints? Et s&rsquo;il a plu \u00e0 Dieu de faire de toi quelque chose, ne dois-tu pas avouer que c&rsquo;est uniquement par un effet de sa gr\u00e2ce, de sa gr\u00e2ce libre et souveraine, que tu es ce que tu es? \u2014 Ah! s&rsquo;il y avait dans ce moment devant moi une \u00e2me qui, tout en se consid\u00e9rant comme \u00e9lue de Dieu, ne fut pas pr\u00eate \u00e0 s&rsquo;associer \u00e0 ces aveux, mais se persuad\u00e2t qu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 choisie en consid\u00e9ration de quelque m\u00e9rite ou de quelque bon sentiment qui lui \u00e9tait propre; \u2014 que cette \u00e2me sache bien qu&rsquo;elle n&rsquo;a encore rien compris aux premiers \u00e9l\u00e9ments de la gr\u00e2ce, et qu&rsquo;elle est dans les t\u00e9n\u00e8bres par rapport \u00e0 l&rsquo;\u00c9vangile. Tout homme qui a re\u00e7u la v\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;une mani\u00e8re efficace doit \u00eatre pr\u00eat \u00e0 confesser en toutes rencontres qu&rsquo;il est le plus vil des p\u00e9cheurs, le rebut de toute la terre ; \u2014 que par nature il \u00e9tait perdu, souill\u00e9, indigne, \u2014 ou plut\u00f4t digne de la condamnation, digne de l&rsquo;enfer; et que s&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 choisi dans le monde et rendu diff\u00e9rent de ses semblables, c&rsquo;est uniquement \u00e0 la gr\u00e2ce toute gratuite, \u00e0 l&rsquo;amour spontan\u00e9 et imm\u00e9rit\u00e9 de son Dieu qu&rsquo;il en est redevable. O chr\u00e9tien, toi qui es aujourd&rsquo;hui grand par ta foi et grand par tes oeuvres, tu ne serais grand que par tes p\u00e9ch\u00e9s, si ce n&rsquo;\u00e9tait la gr\u00e2ce de Dieu ! O toi, vaillant soldat de la v\u00e9rit\u00e9, tu serais non moins vaillant \u00e0 combattre pour Satan, si une influence divine n&rsquo;avait agi sur ton c\u0153ur! Un tr\u00f4ne de gloire t&rsquo;est r\u00e9serv\u00e9 dans le ciel ; mais tu n&rsquo;aurais eu \u00e0 attendre qu&rsquo;une cha\u00eene d&rsquo;obscurit\u00e9 en enfer, si l&rsquo;Esprit-Saint ne t&rsquo;e\u00fbt transform\u00e9. Maintenant, tu exaltes l&rsquo;amour de ton Sauveur ; mais une chanson licencieuse serait peut-\u00eatre sur tes l\u00e8vres, si la gr\u00e2ce ne t&rsquo;avait lav\u00e9 dans le sang de J\u00e9sus. Maintenant, tu es sanctifi\u00e9, vivifi\u00e9, justifi\u00e9 ; mais, je te le demande, que serais-tu en cet instant m\u00eame, si la main du Tr\u00e8s-Haut n&rsquo;\u00e9tait intervenue en ta faveur? Il n&rsquo;est point de crime dont tu n&rsquo;eusses pu te rendre coupable ; il n&rsquo;est point d&rsquo;exc\u00e8s, point de vice dans lequel tu n&rsquo;eusses pu tomber : peut-\u00eatre, \u00e0 cette heure, serais-tu un meurtrier, si la gr\u00e2ce pr\u00e9ventive de Dieu n&rsquo;e\u00fbt retenu ta main. Un jour, tu seras rendu semblable aux anges ; mais tu aurais \u00e9t\u00e9 semblable aux d\u00e9mons, si la gr\u00e2ce n&rsquo;e\u00fbt fait de toi une nouvelle cr\u00e9ature. C&rsquo;est pourquoi, \u00f4 chr\u00e9tien, ne t&rsquo;\u00e9l\u00e8ve jamais par orgueil. Souviens-toi que tous tes v\u00eatements te&nbsp;viennent d&rsquo;en haut : des haillons \u00e9taient ton seul h\u00e9ritage. Souviens-toi que la somptueuse demeure, l&rsquo;in\u00e9puisable tr\u00e9sor qui t&rsquo;attendent pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9, sont un don de ton P\u00e8re c\u00e9leste : il fut un temps o\u00f9 tu ne pouvais dire que rien f\u00fbt \u00e0 toi, si ce n&rsquo;est tes p\u00e9ch\u00e9s et ta mis\u00e8re. Maintenant, la pr\u00e9cieuse justice de ton Sauveur te couvre, et rev\u00eatue de la robe sans tache du Bien-Aim\u00e9, ton \u00e2me est accept\u00e9e de Dieu ; mais n&rsquo;oublie pas que tu serais encore comme enseveli sous des montagnes de p\u00e9ch\u00e9s, et envelopp\u00e9 dans les haillons souill\u00e9s de l&rsquo;iniquit\u00e9, si Dieu n&rsquo;avait eu piti\u00e9 de ton lamentable \u00e9tat. Et toi, \u00f4 mon fr\u00e8re, tu pourrais t&rsquo;enorgueillir? Tu pourrais ne pas marcher avec les humbles? Oh! \u00e9trange myst\u00e8re, inexplicable contradiction! Quoi? Tout ce que tu as est emprunt\u00e9, et tu oserais te glorifier! Tu ne poss\u00e8des rien qui t&rsquo;appartienne en propre, tu ne vis que d&rsquo;aum\u00f4nes \u2014 et tu serais orgueilleux! Mis\u00e9rable indigent, d\u00e9nu\u00e9 de toute ressource, tu d\u00e9pends enti\u00e8rement de la munificence de ton Sauveur \u2014 et tu serais vain! Pauvre \u00e2me fragile et languissante, tu as une vie qui ne peut \u00eatre aliment\u00e9e que par les ruisseaux vivifiants dont J\u00e9sus est la source \u2014 et tu serais fi\u00e8re! Va, mon bien-aim\u00e9, d\u00e9fais-toi \u00e0 tout jamais de ton orgueil ; d\u00e9pouille-t&rsquo;en au plus t\u00f4t ; pends-le \u00e0 un gibet aussi haut que celui d&rsquo;Haman ; laisse-l&rsquo;y tomber en poussi\u00e8re, et ex\u00e8cre sa m\u00e9moire jusque dans l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 ; car, en v\u00e9rit\u00e9 je te le dis, parmi toutes les choses dignes d&rsquo;\u00eatre maudites, ha\u00efes et m\u00e9pris\u00e9es, l&rsquo;orgueil d&rsquo;un chr\u00e9tien occupe le premier rang! L&rsquo;enfant de Dieu a dix mille fois plus de motifs que tout autre de marcher en humilit\u00e9 devant son Dieu, et de se montrer doux, indulgent et d\u00e9bonnaire envers ses semblables. Croyant, re\u00e7ois donc instruction de mon texte, et n&rsquo;oublie jamais que la vigne ne vaut pas plus que tous les autres arbres, si ce n&rsquo;est \u00e0 cause de la fertilit\u00e9 que Dieu lui a d\u00e9partie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>II.<\/strong><\/p>\n<p>Mais si mon texte donne aux fid\u00e8les en particulier une le\u00e7on d&rsquo;humilit\u00e9, il donne aussi \u00e0 tous ceux qui se r\u00e9clament du nom de Christ un bien s\u00e9rieux avertissement. Examinez-vous vous-m\u00eames, semble-t-il nous dire ; car ainsi qu&rsquo;une vigne st\u00e9rile est d\u00e9nu\u00e9e de toute valeur, ainsi l&rsquo;homme qui fait profession de pi\u00e9t\u00e9 sans porter les fruits convenables \u00e0 la pi\u00e9t\u00e9 est l&rsquo;\u00eatre le plus inutile et le plus m\u00e9prisable qui soit au monde.<\/p>\n<p>\u00c9tudions ce grave sujet, mes chers amis. Et tandis que je parlerai, puissent mes paroles p\u00e9n\u00e9trer dans chacune des \u00e2mes ici pr\u00e9sentes, en sorte que tous ensemble, ministres et la\u00efques, anciens de l&rsquo;\u00c9glise et simples auditeurs, nous soyons port\u00e9s \u00e0 sonder nos coeurs et nos reins, afin de reconna\u00eetre si r\u00e9ellement nous sommes dans la foi ou bien si notre pr\u00e9tendu pi\u00e9t\u00e9 ne serait pas un vain et st\u00e9rile formalisme.<\/p>\n<p>En abordant notre sujet, quatre questions se pr\u00e9sentent naturellement \u00e0 l&rsquo;esprit. En premier lieu : o\u00f9 trouve-t-on la vigne st\u00e9rile, c&rsquo;est-\u00e0-dire le chr\u00e9tien formaliste? Ou, ce qui revient \u00e0 peu pr\u00e8s au m\u00eame : comment peut-on le reconna\u00eetre? En second lieu : d&rsquo;o\u00f9 vient qu&rsquo;il soit st\u00e9rile? En troisi\u00e8me lieu : quel est le cas que Dieu fait de lui? El en quatri\u00e8me lieu : quelle sera sa fin? Reprenons successivement chacune de ces questions.<\/p>\n<p>Et d&rsquo;abord : o\u00f9 trouve-t-on le chr\u00e9tien formaliste? Je r\u00e9ponds : partout. Oui, mes chers amis, partout : en bas et en haut, dans les chaires et sur les bancs, dans l&rsquo;\u00c9glise et dans le monde. Il n&rsquo;est pas d&rsquo;assembl\u00e9e de croyants o\u00f9 se glisse quelque faux fr\u00e8re. Ne nous pr\u00e9occupons donc pas des autres communions religieuses, mais disons-nous qu&rsquo;il y a des formalistes dans notre \u00c9glise, qu&rsquo;il y en a dans cette assembl\u00e9e. \u00c0 quelque portion de la vigne du Seigneur que vous apparteniez, soyez s\u00fbr qu&rsquo;elle renferme dans son sein plus d&rsquo;un sarment st\u00e9rile ; et qui vous dit que vous n&rsquo;en \u00eates pas un vous-m\u00eame? Le formaliste se rencontre dans toutes les positions, dans tous les rangs de la soci\u00e9t\u00e9. Tant\u00f4t, il est riche ; il nage dans l&rsquo;opulence ; Dieu lui a donn\u00e9 une grande part des biens de la terre, et peut-\u00eatre l&rsquo;\u00c9glise \u00e0 laquelle il se rattache, oubliant que Dieu a choisi les pauvres de ce monde, est fi\u00e8re de le compter parmi ses membres. Elle l&rsquo;honore d&rsquo;une fa\u00e7on particuli\u00e8re ; et pourtant, que re\u00e7oit-elle de lui, en retour des hommages qu&rsquo;elle lui prodigue? Rien, ou presque rien. Ses pauvres sont encore dans le d\u00e9nuement ; ses ressources ne sont pas augment\u00e9es par les tr\u00e9sors de l&rsquo;homme riche ; ou si elle re\u00e7oit un peu de son or, du moins n&rsquo;est-elle ni soutenue par ses pri\u00e8res ni honor\u00e9e par la saintet\u00e9 de sa vie, car il marche dans la voie des p\u00e9cheurs et se plonge dans les volupt\u00e9s, ne se servant de la religion que comme d&rsquo;une sorte d&rsquo;uniforme sous lequel il esp\u00e8re cacher sa conduite indigne. \u2014 Mais s&rsquo;il faut souvent aller chercher le formaliste parmi les riches, il se trouve souvent aussi parmi les pauvres. Combien de personnes appartenant \u00e0 la classe indigente qui se sont jointes \u00e0 telle ou telle \u00c9glise et qui ont re\u00e7u de la part des fid\u00e8les l&rsquo;accueil le plus cordial! On se f\u00e9licitait de voir la pauvret\u00e9 et la gr\u00e2ce se donner la main ; on se r\u00e9jouissait \u00e0 la pens\u00e9e que la pi\u00e9t\u00e9 allait embellir la cabane du pauvre, et faire de son humble demeure une demeure de paix. Mais, h\u00e9las! bient\u00f4t, on a d\u00e9couvert que ce pauvre se d\u00e9gradait lui-m\u00eame en s&rsquo;adonnant \u00e0 des habitudes vicieuses, et d\u00e9shonorait son Dieu, en se conduisant d&rsquo;une mani\u00e8re indigne de sa profession : il \u00e9tait buveur, jureur ou paresseux, en sorte que bien loin d&rsquo;\u00eatre un membre utile de l&rsquo;\u00c9glise, il \u00e9tait pour elle un fardeau et un opprobre.<\/p>\n<p>Tant\u00f4t, l&rsquo;on trouve des formalistes dans ces hommes de grand savoir et de haute intelligence, dans ces th\u00e9ologiens \u00e9rudits qui m\u00e8nent, pour ainsi dire, l&rsquo;avant-garde de l&rsquo;arm\u00e9e de Dieu ; dont la parole est \u00e9loquente et persuasive, dont l&rsquo;opinion fait loi, qui parlent comme des proph\u00e8tes et qu&rsquo;on regarde presque comme inspir\u00e9s. Ils ont sans nul doute port\u00e9 des fruits de science, de popularit\u00e9 ou de philanthropie ; mais leurs c\u0153urs n&rsquo;\u00e9tant pas droits devant Dieu, leurs \u0153uvres, excellentes en elles-m\u00eames, n&rsquo;ont rien de commun avec la sanctification ; c&rsquo;est pourquoi la fin de ces hommes ne saurait \u00eatre la vie \u00e9ternelle (Rom. 6.22). C&rsquo;est en vain qu&rsquo;on chercherait en eux les fruits de l&rsquo;Esprit ; car ils ne sont point des sarments vivants de ce cep divin duquel seul proc\u00e8de toute vie. \u2014 Mais si d&rsquo;une part il y a des formalistes parmi les sages et les intelligents, de l&rsquo;autre il y en a parmi les petits et les illettr\u00e9s : gens modestes et sans pr\u00e9tention qui parlent peu et dont personne ne parle, ils se glissent r\u00e9guli\u00e8rement chaque dimanche dans la maison de Dieu, s&rsquo;assoient \u00e0 leur place accoutum\u00e9e, \u00e9coutent le sermon, puis s&rsquo;en vont, persuad\u00e9s que par le seul fait de leur pr\u00e9sence au culte divin, ils ont rempli leurs devoirs religieux. En g\u00e9n\u00e9ral, ils sont silencieux, r\u00e9serv\u00e9s, et se plaisent dans l&rsquo;isolement. Paresseux et \u00e9go\u00efstes, ils se replient sur eux-m\u00eames et ne font rien pour autrui ; vigne st\u00e9rile, ils occupent inutilement la terre. Et de m\u00eame qu&rsquo;il y a des formalistes dans toutes les conditions sociales, de m\u00eame il y en a dans toutes les conditions spirituelles. C&rsquo;est ainsi, par exemple, qu&rsquo;on peut en trouver parmi ces \u00e2mes qui sont toujours \u00e0 craindre et \u00e0 douter. Comme le croyant faible et mal affermi, ils r\u00e9p\u00e8tent souvent : h\u00e9las ! mon c\u0153ur tremblant se demande sans cesse : \u00ab Suis-je au monde ou suis-je au Seigneur? \u00bb Ils expriment constamment la crainte de ne pas aimer J\u00e9sus. Et en v\u00e9rit\u00e9, ce n&rsquo;est pas sans raison qu&rsquo;ils ont des craintes \u00e0 cet \u00e9gard ; car s&rsquo;ils ne portent point de fruit, s&rsquo;ils ne s&rsquo;\u00e9tudient point \u00e0 affermir leur vocation et leur \u00e9lection, ils t\u00e9moignent hautement par l\u00e0 que, malgr\u00e9 leur simulacre de religion, ils n&rsquo;ont aucune part en Christ. \u2014 Mais, d&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, il faut souvent aller chercher le formaliste parmi ceux qui ne doutent jamais. Aussi haut que qui que ce soit, il dira, sans rougir et sans h\u00e9siter : \u00ab Je sais en qui j&rsquo;ai cru ; je sais que je suis chr\u00e9tien ; que d&rsquo;autres aient des doutes, c&rsquo;est possible ; quant \u00e0 moi, je suis certain que mes p\u00e9ch\u00e9s ne peuvent pas plus me condamner que ma justice ne saurait me sauver. Quoi qu&rsquo;il en soit, et quoi que je fasse, je suis au Seigneur&#8230; \u00bb Ah! pauvre \u00e2me aveugl\u00e9e, Dieu veuille dissiper ta funeste illusion et te faire reconna\u00eetre que malgr\u00e9 ta confiance, tu ne vaux pas plus que celui qui doute toujours et ne croit jamais!<\/p>\n<p>Il y a tel formaliste qui, invit\u00e9 \u00e0 prier dans une r\u00e9union fraternelle, s&rsquo;excuse toujours sous un pr\u00e9texte ou sous un autre, qui n\u00e9glige le culte de famille, et probablement aussi ses d\u00e9votions particuli\u00e8res. Mais par contre, il y a tel autre formaliste qui se l\u00e8ve avec empressement et qui prie pendant un quart d&rsquo;heure avec une abondance remarquable. Il a beaucoup de paroles, mais point de fond ; beaucoup de feuilles, mais point de fruits ; il poss\u00e8de le don de bien parler, mais non celui de bien vivre ; il s&rsquo;exprime bien, mais agit mal ; il est pieux dans son langage, mais non dans sa conduite ; il sait discourir des choses saintes, mais il ne sait pas marcher saintement avec son Dieu et le servir avec joie. Mes chers auditeurs, je ne connais pas chacun de vous individuellement ; j&rsquo;ignore quels sont votre caract\u00e8re, votre r\u00e9putation,vos habitudes, votre moralit\u00e9 ; mais je sais une chose : c&rsquo;est que quelque consid\u00e9r\u00e9s que vous soyez dans le monde, quelque confiance que vous inspiriez \u00e0 l\u2019\u00c9glise elle-m\u00eame, vous n&rsquo;\u00eates nullement en droit de conclure, sans vous \u00eatre pr\u00e9alablement examin\u00e9s avec soin, que votre pi\u00e9t\u00e9 est autre chose qu&rsquo;un froid et vain formalisme. Sachez-le bien, il est tr\u00e8s facile de se s\u00e9duire soi-m\u00eame. Tous les arbres st\u00e9riles ne croissent pas dans le d\u00e9sert du monde ; il en est, h\u00e9las! un trop grand nombre qui \u00e9tendent leurs rameaux sans s\u00e8ve et sans vie au centre m\u00eame du jardin de Dieu. Je le r\u00e9p\u00e8te, les formalistes se trouvent partout : il y en a de tout genre et de tout caract\u00e8re ; il y en a de tout rang et de toute condition ; il y en a parmi les grands comme parmi les petits ; parmi les savants comme parmi les ignorants ; parmi les riches comme parmi les pauvres ; parmi les membres les plus timides, les moins connus d&rsquo;un troupeau, comme parmi ceux qui se mettent le plus en \u00e9vidence. \u00c0 chacun donc de s&rsquo;examiner soi-m\u00eame!<\/p>\n<p>Mais dois-je essayer de vous d\u00e9crire le formaliste avec plus de d\u00e9tails encore? \u2014 Voyez cet homme qui n\u00e9glige la pri\u00e8re du cabinet et qui ne marche point devant Dieu en public ; cet homme qui rend \u00e0 son Cr\u00e9ateur un culte hypocrite, et qui, tout en affectant le plus grand respect pour ses devoirs religieux, use de d\u00e9loyaut\u00e9 dans les affaires, et de fraude dans son commerce ; cet homme enfin qui, semblable aux pharisiens orgueilleux dont le Seigneur disait qu&rsquo;ils d\u00e9voraient les maisons des veuves, cache habilement ses iniquit\u00e9s, puis va, le front haut, se pr\u00e9senter devant Dieu, en s&rsquo;\u00e9criant : <em>O Dieu! je te rends gr\u00e2ces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes!<\/em> Voil\u00e0 un formaliste, mes fr\u00e8res! Voil\u00e0 un sarment st\u00e9rile! Il fait profession de christianisme, c&rsquo;est vrai, mais il ne porte aucun fruit qui vienne \u00e0 maturit\u00e9.<\/p>\n<p>Voyez encore cet homme qui se fait gloire de sa moralit\u00e9 et de son excellence ; il se confie dans ses \u0153uvres et se flatte d&rsquo;\u00eatre sauv\u00e9 par ses m\u00e9rites ; il s&rsquo;approche de Dieu, et lui demande son pardon ; mais un mensonge est dans sa main droite, et ses l\u00e8vres sont des l\u00e8vres trompeuses, car il apporte avec lui sa propre justice et il ne croit point avoir besoin de la gr\u00e2ce qu&rsquo;il sollicite. Lui aussi est un formaliste, lui aussi est un sarment st\u00e9rile, car il n&rsquo;a de la religion que les dehors et l&rsquo;apparence.<\/p>\n<p>Et qu&rsquo;est-il de plus qu&rsquo;un formaliste, cet homme si rigide, si inflexible sous le rapport de la doctrine, mais si rel\u00e2ch\u00e9, si accommodant sous le rapport de la vie? Il est tr\u00e8s-orthodoxe en th\u00e9orie, mais il l&rsquo;est fort peu en pratique. Il fait grand bruit de ses croyances, mais il les d\u00e9savoue par sa conduite. Il est le premier \u00e0 chanter : c&rsquo;est pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 que le Seigneur nous aime ; mais \u00e9videmment il n&rsquo;a jamais eu de part \u00e0 l&rsquo;amour de Christ, puisqu\u2019au lieu d&rsquo;aimer et de servir son Ma\u00eetre, il continue \u00e0 p\u00e9cher afin que la gr\u00e2ce abonde.<\/p>\n<p>Mais que fais-je ici en m&rsquo;effor\u00e7ant de vous d\u00e9masquer, O hypocrites? Puisse le Seigneur lui-m\u00eame vous d\u00e9masquer en cet instant devant vos propres consciences. Ah! que d&rsquo;arbres st\u00e9riles, que de chr\u00e9tiens purement ext\u00e9rieurs, que de membres indignes de l&rsquo;\u00c9glise n&rsquo;y a-t-il pas dans cet auditoire! Oh! qu&rsquo;elles sont nombreuses les \u00e2mes auxquelles pourrait justement s&rsquo;adresser la mal\u00e9diction prononc\u00e9e contre M\u00e9roz : Maudissez M\u00e9roz, a dit l\u2019ange de l&rsquo;\u00c9ternel; maudissez, maudissez ses habitants ! Car ils ne sont point venus au secours de l&rsquo;\u00c9ternel, au secours de l&rsquo;\u00c9ternel, avec les hommes puissants (Juges 5.23) ! &nbsp;Combien parmi vous, en effet, qui se contentent de manger le plus gras du pays, et de boire le vin doux (N\u00e9h. 8.10), sans porter aucun fruit \u00e0 la gloire du Seigneur ? Paresseux Issacars, vous vous tenez couch\u00e9s, comme un \u00e2ne gros et fort, entre deux jougs (Gen. 49.14), sans rien faire pour votre Ma\u00eetre ; vous traversez la vie, sans parler de Christ, sans prier pour Christ, sans donner \u00e0 Christ, sans vivre pour Christ! Vous avez la r\u00e9putation d&rsquo;\u00eatre vivants, mais vous \u00eates morts ; vous vous drapez dans une profession ext\u00e9rieure de pi\u00e9t\u00e9, mais vous ignorez absolument ce que c&rsquo;est que de se consacrer \u00e0 Dieu et de s&rsquo;offrir tout entier \u00e0 lui en sacrifice vivant et saint. \u2014 Jugez vous-m\u00eames de ce que je dis, mes fr\u00e8res ; si, en cet instant, vous \u00e9tiez pass\u00e9s au crible, combien d&rsquo;entre vous sortiraient purs de cette \u00e9preuve? N&rsquo;est-il pas vrai qu&rsquo;il y a dans nos \u00c9glises un grand nombre de soi-disant chr\u00e9tiens aux pr\u00e9tentions \u00e9lev\u00e9es, qui volent haut, mais ne font rien ; qui sont empress\u00e9s \u00e0 parler de l&rsquo;\u00c9vangile, mais lents \u00e0 vivre selon l&rsquo;\u00c9vangile ; qui se plaisent peut-\u00eatre \u00e0 entendre annoncer la v\u00e9rit\u00e9, mais qui ne pratiquent pas cette v\u00e9rit\u00e9, en servant leur Dieu et en honorant sa sainte cause? \u00c0 de tels chr\u00e9tiens, je dis hautement : vous \u00eates les \u00eatres les plus inutiles, les plus destitu\u00e9s de valeur, qui existent dans le monde ! Comme la vigne, vous seriez honorables si vous portiez du fruit ; mais de m\u00eame qu&rsquo;un cep improductif est m\u00e9prisable, de m\u00eame vous n&rsquo;\u00eates bons \u00e0 rien qu&rsquo;\u00e0 \u00eatre jet\u00e9s dehors et br\u00fbl\u00e9s au feu.<\/p>\n<p>Et maintenant, je passe \u00e0 la seconde question : d&rsquo;o\u00f9 vient que les \u00e2mes dont nous parlons soient st\u00e9riles? La r\u00e9ponse est bien simple : parce que leur pi\u00e9t\u00e9 n&rsquo;a point de racines. Oui, il n&rsquo;est que trop vrai, beaucoup de membres de nos \u00c9glises n&rsquo;ont pas la moindre racine en eux-m\u00eames. Il se peut qu&rsquo;ils aient de beaux dehors, et que de loin leur aspect s\u00e9duise ; mais encore une fois, les racines leur manquent. Ne vous souvient-il pas de ce jeu de votre enfance, alors que vous cueilliez quelques fleurs et que vous enfonciez leurs tiges dans la terre? Vous appeliez ce parterre improvis\u00e9 \u00ab votre jardin&nbsp;\u00bb ; puis le lendemain, vous couriez le visiter, mais toutes les fleurs \u00e9taient fan\u00e9es et mortes. Ainsi en est-il de beaucoup de pr\u00e9tendus chr\u00e9tiens : jolie fleur mise en terre sans racine, n&rsquo;ayant aucune adh\u00e9rence au sol, et par cons\u00e9quent ne puisant en lui aucun suc nourricier, leur pi\u00e9t\u00e9 se fl\u00e9trit et meurt sans avoir port\u00e9 aucun fruit agr\u00e9able \u00e0 Dieu. \u2014 Tu t&rsquo;es trop h\u00e2t\u00e9, \u00f4 mon fr\u00e8re! Tu as dit \u00e0 ton pasteur : \u00ab Je d\u00e9sire \u00eatre re\u00e7u dans l&rsquo;\u00c9glise \u00bb. Celui-ci t&rsquo;interroge, s&rsquo;assure que tu connais la v\u00e9rit\u00e9 ; tu lui affirmes solennellement que ton c\u0153ur est en paix avec Dieu. Alors, il te baptise<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, te re\u00e7oit au nombre des enfants de Dieu ; mais h\u00e9las, la vie religieuse n&rsquo;avait point de racines ; aussi, qu&rsquo;est-il arriv\u00e9? Apr\u00e8s un temps, elle a s\u00e9ch\u00e9. Les ardeurs du soleil l&rsquo;ont br\u00fbl\u00e9e, ou bien elle va s&rsquo;\u00e9tiolant de jour en jour, sans porter aucun fruit. Et comment aurait-il pu en \u00eatre autrement, puisqu&rsquo;elle n&rsquo;avait aucune racine? C&rsquo;est \u00e0 la racine, mon fr\u00e8re, que tu aurais d\u00fb songer tout d&rsquo;abord ; puis les branches auraient cr\u00fb d&rsquo;elles-m\u00eames ; mais c&rsquo;est le contraire que tu as fait : de l\u00e0 provient ta st\u00e9rilit\u00e9.<\/p>\n<p>Et ici, j&rsquo;\u00e9prouve le besoin de m&rsquo;adresser tout particuli\u00e8rement aux jeunes gens de mon troupeau. Le dirai-je? Je tremble souvent en pensant \u00e0 eux, car je crains que, dans bien des cas, ils ne prennent pour une v\u00e9ritable conversion ce qui n&rsquo;est que le r\u00e9sultat de l&rsquo;entra\u00eenement ou d&rsquo;une excitation passag\u00e8re. Ils ont peut-\u00eatre \u00e9prouv\u00e9 pendant un temps un certain travail dans leur conscience ; toutefois, ce travail n&rsquo;\u00e9tait pas assez profond, assez r\u00e9el pour \u00eatre divin ; aussi ne saurait-il durer. Mais alors m\u00eame que toute trace de pi\u00e9t\u00e9 int\u00e9rieure s&rsquo;est \u00e9vanouie, malheureusement la profession ext\u00e9rieure reste, et ils se font de cette profession m\u00eame un oreiller de s\u00e9curit\u00e9. \u00ab Nous sommes membres de l&rsquo;\u00c9glise, se disent-ils ; nous n&rsquo;avons donc rien \u00e0 craindre. \u00bb Avertissez-les solennellement; insistez sur le devoir de s&rsquo;examiner soi-m\u00eame&nbsp;: vos paroles ne les touchent point. Ils sont baptis\u00e9s, admis \u00e0 la c\u00e8ne ; ils ont en quelque sorte franchi le Rubicon qui s\u00e9pare le monde de l&rsquo;\u00c9glise : que leur faut-il de plus? Oh! je ne saurais dire combien je tremble pour ces jeunes \u00e2mes! Sans doute, je g\u00e9mis \u00e0 cause de l&rsquo;endurcissement des incr\u00e9dules ; mais je g\u00e9mis bien plus am\u00e8rement encore \u00e0 cause du fatal aveuglement de ces pauvres coeurs abus\u00e9s ; car, comment faire impression sur eux, puisqu&rsquo;ils se croient dans le meilleur \u00e9tat possible, tandis qu&rsquo;en r\u00e9alit\u00e9 ils sont dans un fiel tr\u00e8s-amer et dans les liens de l&rsquo;iniquit\u00e9? Mes jeunes amis, je ne voudrais d\u00e9courager aucun de vous d&rsquo;entrer dans les voies de la pi\u00e9t\u00e9 ; mais voici ce que je vous dis : examinez-vous vous-m\u00eames avant de faire profession d&rsquo;appartenir \u00e0 Dieu. Je ne voudrais en aucune mani\u00e8re emp\u00eacher ceux d&rsquo;entre vous qui aiment le Seigneur J\u00e9sus de confesser franchement leur Ma\u00eetre et de se joindre \u00e0 l&rsquo;\u00c9glise ; mais encore une fois, je vous en supplie, sondez vos c\u0153urs et \u00e9prouvez vos reins. Que de personnes qui se sont crues converties sans l&rsquo;\u00eatre r\u00e9ellement! Que de milliers d&rsquo;\u00e2mes qui ont ressenti une fois ou l&rsquo;autre des impressions s\u00e9rieuses, \u00e9prouv\u00e9 pendant plus ou moins de temps une sorte de changement, un certain malaise int\u00e9rieur, mais chez qui toutes ces impressions se sont ensuite \u00e9vanouies comme un songe! Permettez-moi de vous citer un fait qui vient \u00e0 l&rsquo;appui de ce que j&rsquo;avance.<\/p>\n<p>Il y a peu de jours, je re\u00e7us la visite d&rsquo;un excellent homme, qui est aujourd&rsquo;hui, je le crois, un v\u00e9ritable enfant de Dieu, et qui venait me dire qu&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment convaincu de p\u00e9ch\u00e9 par le moyen de ma pr\u00e9dication. Il me raconta en peu de mots quel avait \u00e9t\u00e9 son pass\u00e9 religieux. \u00ab Je suis n\u00e9 dans la Nouvelle-Angleterre, me dit-il, et fus baptis\u00e9 dans mon enfance. J&rsquo;\u00e9tais encore bien jeune lorsqu&rsquo;un r\u00e9veil se manifesta dans mon village natal. C&rsquo;est \u00e0 peine s&rsquo;il y eut un jeune gar\u00e7on ou une jeune fille qui ne donn\u00e2t pas des signes de conversion ; moi-m\u00eame, je fus vivement impressionn\u00e9. Il n&rsquo;y avait point assur\u00e9ment, dans tout le village, un coeur aussi endurci que le mien ; toutefois, mon p\u00e9ch\u00e9 me trouva \u00e0 la fin. Je me souviens que je pleurais abondamment devant Dieu et le priais avec ferveur. J&rsquo;allai trouver le pasteur, je lui dis que j&rsquo;\u00e9tais converti ; je le trompai, et fus admis dans l&rsquo;\u00c9glise. Peu de temps apr\u00e8s, j\u2019\u00e9tais plong\u00e9 dans les vices les plus noirs et j&rsquo;avais renonc\u00e9 \u00e0 toute profession de pi\u00e9t\u00e9. Apr\u00e8s avoir fini mes \u00e9tudes, mon inconduite devint si criante que je fus excommuni\u00e9, et jusqu&rsquo;\u00e0 ces derniers temps, j&rsquo;ai v\u00e9cu dans une compl\u00e8te incr\u00e9dulit\u00e9, sans donner une seule pens\u00e9e \u00e0 mes int\u00e9r\u00eats \u00e9ternels. \u00bb<\/p>\n<p>Vous le voyez, mes chers amis, il est facile de se faire illusion. Prenez donc garde, je vous en conjure. Bien des personnes s&rsquo;\u00e9lancent dans la pi\u00e9t\u00e9 sans plus de r\u00e9flexion que si elles s&rsquo;\u00e9lan\u00e7aient dans un bain ; mais le plus souvent, elles en ressortent aussi vite qu&rsquo;elles y sont entr\u00e9es, car leur c\u0153ur appartient encore au monde. Peut-\u00eatre ces personnes croyaient-elles sinc\u00e8rement s&rsquo;\u00eatre donn\u00e9es au Seigneur, mais l&rsquo;\u00e9difice de leur foi p\u00e9chait par sa base; aussi, t\u00f4t ou tard, il s&rsquo;\u00e9croule. Oh! je ne saurais trop le redire : ce qui fait que nos \u00c9glises comptent tant de membres st\u00e9riles et morts, c&rsquo;est parce qu&rsquo;on ne se pr\u00e9occupe pas assez des premiers commencements ; on ne prend pas assez garde au point de d\u00e9part ; on ne tient pas assez compte des premi\u00e8res lueurs de l&rsquo;aube du jour ; on confond trop ais\u00e9ment le p\u00e2le et vacillant lumignon de ses propres esp\u00e9rances avec les premi\u00e8res clart\u00e9s du soleil de justice ; et, parce que la loi a bless\u00e9 la surface de la conscience, on se figure que la main du Seigneur a port\u00e9 le coup de mort \u00e0 l&rsquo;homme naturel, tandis qu&rsquo;on est encore compl\u00e8tement \u00e9tranger \u00e0 l&rsquo;oeuvre bien autrement puissante, profonde et efficace de l&rsquo;Esprit de Dieu. Ne nous reposons pas trop, mes fr\u00e8res, sur nos exp\u00e9riences, sur nos sensations, sur nos bons d\u00e9sirs eux-m\u00eames ; ne nous h\u00e2tons pas de poser en fait que nous sommes enfants de Dieu, sans nous \u00eatre assur\u00e9s avec soin que nous avons droit \u00e0 ce titre. Revenons souvent en arri\u00e8re, et recommen\u00e7ons comme tout de nouveau notre course ; allons continuellement \u00e0 Christ, en lui disant comme au premier jour : <em>Je viens \u00e0 tes pieds, les mains vides ; tout mon espoir est en ta croix!<\/em><\/p>\n<p>Car, ne l&rsquo;oublions pas, mes bien-aim\u00e9s : toute pinte qui n&rsquo;a pas eu de bons commencements, \u2014 c&rsquo;est-\u00e0-dire qui a commenc\u00e9 ailleurs qu&rsquo;au pied de la croix de Christ \u2014 ne saurait \u00eatre que st\u00e9rile et vaine.<\/p>\n<p>Quel est le cas que Dieu fait du formaliste? Telle est la troisi\u00e8me question que nous nous sommes pos\u00e9e. Je ne demande pas, remarquez-le, quel cas il fait de lui-m\u00eame ; car, en g\u00e9n\u00e9ral, le formaliste a une si haute opinion de son m\u00e9rite, qu&rsquo;en v\u00e9rit\u00e9, celui-l\u00e0 ferait bien vile fortune qui l&rsquo;ach\u00e8terait \u00e0 sa v\u00e9ritable valeur, pour le revendre ensuite au prix auquel il s&rsquo;estime. Je ne demande pas non plus ce que pensent du formaliste ceux qui le connaissent superficiellement. Il est possible que l&rsquo;\u00c9glise \u00e0 laquelle il vient de se rattacher le tienne en haute estime ; pasteur et fid\u00e8les le louent \u00e0 l&rsquo;envi. Peut-\u00eatre est-ce un homme haut plac\u00e9 ; on est flatt\u00e9 de sa seule pr\u00e9sence dans le lieu de culte, on s&#8217;empresse de le rev\u00eatir de la dignit\u00e9 d&rsquo;ancien. De ces sortes d&rsquo;appr\u00e9ciations, je n&rsquo;ai point \u00e0 m&rsquo;occuper ; c&rsquo;est l&rsquo;appr\u00e9ciation de Celui qui sonde les c\u0153urs et les reins que je tiens \u00e0 constater. Or, voici ce que Dieu pense de tout homme qui fait profession d&rsquo;\u00eatre pieux sans \u00eatre sinc\u00e8re : il n&rsquo;est rien au monde de plus inutile qu&rsquo;un tel homme!<\/p>\n<p>Et, chose remarquable, ce jugement que le Seigneur porte sur le formaliste devient, \u00e0 mesure qu&rsquo;il est mieux connu, celui de tout le monde. En voulez-vous des preuves? Interrogeons le troupeau dont il fait partie depuis des ann\u00e9es. \u00ab \u00c0 quoi vous a servi ce formaliste? Quel bien ne vous a-t-il jamais fait? Membres de l&rsquo;\u00c9glise, r\u00e9pondez! Vous soulage-t-il dans vos d\u00e9tresses? Vous console-t-il dans vos afflictions? Lorsque votre pasteur est lass\u00e9, soutient-il par la pri\u00e8re ses mains d\u00e9faillantes? Lorsque l&rsquo;heure du combat a sonn\u00e9, marche-t-il \u00e0 la t\u00eate des soldats de Christ? Quel service vous a-t-il rendu? Quel service vous rend-il encore? \u00bb Membres de l&rsquo;\u00c9glise! Je vous entends vous \u00e9crier tout d&rsquo;une voix : \u00ab Arri\u00e8re de nous, le formaliste! Il n&rsquo;est bon \u00e0 rien, il n&rsquo;est propre \u00e0 aucun usage. Loin de servir l&rsquo;\u00c9glise, il lui fait tort, car sa vie est en contradiction avec ses principes. Sarment st\u00e9rile, qu&rsquo;on le retranche du milieu de nous! \u00bb<\/p>\n<p>Ainsi chass\u00e9 de l&rsquo;\u00c9glise, o\u00f9 se r\u00e9fugie le formaliste? Dans le monde. Et quel accueil y re\u00e7oit-il? \u00c9coutons. \u00ab Enfants du monde, que pensez-vous de cet homme? Il fait profession de pi\u00e9t\u00e9 : quel cas en faites-vous?&nbsp;\u00bb \u2014 \u00ab&nbsp;Arri\u00e8re de nous les gens de son esp\u00e8ce!&nbsp;\u00bb nous r\u00e9pondent-ils avec d\u00e9dain ; \u00ab&nbsp;cet homme n&rsquo;a aucune consistance, il tourne \u00e0 tous les vents : aujourd&rsquo;hui, il prend les airs d&rsquo;un saint ; demain, il se conduira comme l\u2019un des n\u00f4tres. Qu&rsquo;il aille o\u00f9 bon lui semble! Nous ne voulons point de sa compagnie. \u00bb<\/p>\n<p>Quoi? Le monde comme l&rsquo;\u00c9glise repousse le malheureux! Mais s\u00fbrement sa famille du moins lui rendra un meilleur t\u00e9moignage. Demandons \u00e0 son fils. \u00ab Jeune homme, \u00e0 quoi t&rsquo;a servi la pi\u00e9t\u00e9 de ton p\u00e8re? Que lui dois-tu? \u2014 Ce que je lui dois? r\u00e9pond le fils ; absolument rien. Il est vrai que mon p\u00e8re demande \u00e0 Dieu avec une apparente ferveur de me convertir ; mais il se l\u00e8ve de ses genoux pour donner carri\u00e8re \u00e0 son humeur irascible. Il est violent et emport\u00e9. Que de fois ne m&rsquo;a-t-il pas frapp\u00e9 avec col\u00e8re, sans aucune provocation de ma part? Le dimanche, il va r\u00e9guli\u00e8rement au culte, et il exige que ses enfants l&rsquo;y accompagnent ; mais nous savons ce qu&rsquo;il fait le lundi : il s&rsquo;enivre, ou jure, ou se met en col\u00e8re&#8230; il m&rsquo;a fait prendre le christianisme en aversion, il m&rsquo;a rendu incr\u00e9dule : voil\u00e0 tout ce que je lui dois. \u00bb<\/p>\n<p>Du fils, passons \u00e0 l&rsquo;\u00e9pouse. \u00ab Que pensez-vous de votre mari? lui dirons-nous ; il y a longtemps qu&rsquo;il fait profession de pi\u00e9t\u00e9 : qu&rsquo;y avez-vous gagn\u00e9?&nbsp;\u00bb &#8212; \u00ab&nbsp;H\u00e9las! r\u00e9pond la pauvre femme, il ne me sied pas, je le sais, de mal parler de mon mari, mais la v\u00e9rit\u00e9 m&rsquo;oblige \u00e0 dire qu&rsquo;il m&rsquo;a rendue la plus malheureuse des femmes. Je crois que je serais aujourd&rsquo;hui une v\u00e9ritable chr\u00e9tienne, si je n&rsquo;avais eu sous les yeux le triste spectacle de ses incons\u00e9quences. Il m&rsquo;a scandalis\u00e9e, il m&rsquo;a bris\u00e9 le c\u0153ur. Il a toujours \u00e9t\u00e9 une pierre d&rsquo;achoppement pour moi&#8230; \u00bb<\/p>\n<p>Mais poursuivons notre interrogatoire. Que la servante comparaisse \u00e0 son tour devant nous. \u00ab Jeune fille, que pensez-vous de votre ma\u00eetre? Il se donne pour un homme religieux : qu&rsquo;avez-vous \u00e0 dire sur son compte? \u2014 Avant de me placer chez lui, r\u00e9plique la servante, je me figurais que les chr\u00e9tiens \u00e9taient de dignes gens, avec lesquels on devait s&rsquo;estimer heureux d&rsquo;avoir affaire; mais si tous les chr\u00e9tiens ressemblent \u00e0 mon ma\u00eetre, j&rsquo;avoue que je pr\u00e9f\u00e9rerais gagner moiti\u00e9 moins et servir un homme du monde : voil\u00e0 tout ce que je puis dire. \u00bb<\/p>\n<p>Mais notre formaliste est peut-\u00eatre \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;un grand commerce, d&rsquo;une industrie consid\u00e9rable. Il jouit de la consid\u00e9ration publique ; il passe pour un homme excellent. N&rsquo;a-t-il pas fait un don g\u00e9n\u00e9reux en vue de la construction de telle \u00e9glise? Ne contribue-t-il pas annuellement \u00e0 l&rsquo;entretien de telle \u00e9cole? Toutefois, ne nous en tenons pas \u00e0 ces vagues renseignements ; questionnons ses commis, ses ouvriers. Demandons-leur, \u00e0 eux aussi, ce qu&rsquo;ils pensent de leur patron. \u00ab Ce que nous en pensons, r\u00e9p\u00e8tent-ils ironiquement, c&rsquo;est qu&rsquo;il est le plus mauvais payeur de la paroisse, et qu&rsquo;il est bien dur d&rsquo;\u00eatre \u00e0 sa merci. \u2014 Mais sa pi\u00e9t\u00e9? \u2014 Sa pi\u00e9t\u00e9! C&rsquo;est une indigne com\u00e9die, et rien de plus! Autrefois, nous fr\u00e9quentions le culte divin ; mais nous sommes droits, nous sommes sinc\u00e8res, et nous avons pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 ne plus y assister que de nous y trouver en face d&rsquo;un mis\u00e9rable hypocrite tel que lui.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Mes fr\u00e8res, les portraits que je trace ne sont pas fictifs, ils sont r\u00e9els ; et, sans aller bien loin, je pourrais, je n&rsquo;en doute pas, trouver des hommes qui ressemblent fort \u00e0 ces portraits.<\/p>\n<p>Et maintenant, je r\u00e9it\u00e8re ma question : que valent de tels hommes? \u00c0 quoi sont-ils bons? S&rsquo;ils disaient franchement : \u00ab Je ne suis pas chr\u00e9tien \u00bb, ils agiraient du moins en \u00eatres sens\u00e9s et rationnels. Car, en d\u00e9finitive, si Baal est Dieu, il est juste que Baal soit servi, et si le monde vaut la peine qu&rsquo;on l&rsquo;adore, il est juste qu&rsquo;on l&rsquo;adore loyalement, de tout c\u0153ur, sans faire tort \u00e0 Satan d&rsquo;une seule parcelle de ce qui lui est d\u00fb. Mais si Dieu est Dieu, si l&rsquo;\u00c9ternel est l&rsquo;\u00c9ternel, que dire de l&rsquo;homme qui vit dans le p\u00e9ch\u00e9, tout en affectant de le servir et en parlant de sa gr\u00e2ce? Le Seigneur le repousse loin de lui avec horreur ; il le d\u00e9savoue, il le regarde comme un objet vil et indigne entre tous! Semblable \u00e0 la vigne qui ne porte point de fruit, ce soi-disant chr\u00e9tien vaut moins que rien ; il occupe la terre en pure perte, car il ne se conduit pas d&rsquo;une mani\u00e8re digne de l&rsquo;\u00c9vangile. Mes chers amis, je ne voudrais rien avancer qui p\u00fbt vous para\u00eetre exag\u00e9r\u00e9 ou imprudent, mais croyez bien que je dis ceci de sang-froid et apr\u00e8s m\u00fbre r\u00e9flexion. S&rsquo;il se trouvait quelqu&rsquo;un parmi vous qui fit profession de pi\u00e9t\u00e9, mais dont la conduite prouv\u00e2t que cette profession n&rsquo;est que feinte et mensonge, je l&rsquo;engage fortement (et je le r\u00e9p\u00e8te, je dis ceci en pesant la port\u00e9e de mes paroles), je l&rsquo;engage \u00e0 renoncer compl\u00e8tement aux formes de la religion et \u00e0 se montrer tel qu&rsquo;il est. Oui, mes chers auditeurs, je vous en supplie, ayez au moins le m\u00e9rite de la franchise. Ne boitez pas des deux c\u00f4t\u00e9s. Ne jouez pas double jeu. Si Dieu est Dieu, servez-le, et servez-le sans r\u00e9serve, sans partage. Si Baal est Dieu, si Satan est un bon ma\u00eetre, si vous d\u00e9sirez vivre \u00e0 son service et gagner son salaire, libre \u00e0 vous ; servez-le : mais, au nom de votre \u00e2me, ne m\u00ealez pas le service de Dieu et le service de Satan! Soyez ou tout l&rsquo;un, ou tout l&rsquo;autre : chr\u00e9tien ou mondain, enfant de lumi\u00e8re ou enfant de t\u00e9n\u00e8bres. Renoncez \u00e0 votre hypocrite formalisme et ayez le courage de vous d\u00e9clarer hautement serviteur du diable ; ou bien gardez votre profession de pi\u00e9t\u00e9 et vivez comme un serviteur de Dieu : encore une fois, soyez ou tout l&rsquo;un ou tout l&rsquo;autre. Mes fr\u00e8res, je vous exhorte solennellement \u00e0 choisir d\u00e8s aujourd&rsquo;hui qui vous voulez servir. C&rsquo;est en vain, sachez-le, que vous essaieriez de faire de la conciliation en pareille mati\u00e8re : nul ne peut servir deux ma\u00eetres ; vous ne pouvez servir Dieu et Mammon (Matt. 6.24). Et maintenant, il ne me reste plus qu&rsquo;\u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 cette question : quelle sera la fin de la vigne st\u00e9rile? Le proph\u00e8te nous dit qu&rsquo;elle sera consum\u00e9e par le feu. Et en effet, quand un vieux cep ne porte plus de fruit, que devient-il? Le vigneron l&rsquo;arrache, le jette de c\u00f4t\u00e9 avec le bois mort et les mauvaises herbes, puis il est br\u00fbl\u00e9. Tout autre arbre serait du moins r\u00e9serv\u00e9 pour le feu du ma\u00eetre; mais le cep est tellement m\u00e9prisable qu&rsquo;il est mis au rebut pour \u00eatre employ\u00e9 \u00e0 des usages vils. L&rsquo;antique et robuste ch\u00eane des for\u00eats est br\u00fbl\u00e9, lui aussi, il est vrai ; mais ses fun\u00e9railles sont dignes de sa grandeur pass\u00e9e ; il tombe en cendre avec honneur et il y a de l&rsquo;\u00e9clat dans sa flamme. Mais quant \u00e0 la vigne st\u00e9rile, on la traite avec m\u00e9pris ; on la laisse se consumer lentement et ignominieusement, au milieu de d\u00e9bris de toutes sortes ; en un mot, sa fin est mis\u00e9rable au plus haut degr\u00e9. Il en sera de m\u00eame du formaliste. Sans doute, tout homme qui n&rsquo;aime pas Dieu p\u00e9rira ; mais celui qui pr\u00e9tend l&rsquo;aimer, sans l&rsquo;aimer r\u00e9ellement, p\u00e9rira avec une double mesure d&rsquo;ignominie. Non seulement il ne sera pas enseveli dans le s\u00e9pulcre des rois, mais encore ce qui est dit d&rsquo;un ancien roi d&rsquo;Isra\u00ebl peut lui \u00eatre appliqu\u00e9 dans un certain sens : il sera enseveli de la s\u00e9pulture d&rsquo;un \u00e2ne, il sera tra\u00een\u00e9 et jet\u00e9 hors des portes de J\u00e9rusalem (2 Chron. 21.20, J\u00e9r. 22.19). Oui, j&rsquo;en suis convaincu : la damnation d&rsquo;un formaliste sera le spectacle \u00e0 la fois le plus terrible, le plus ignoble, le plus effroyable que l&rsquo;enfer ne puisse jamais voir! Lorsque Satan, plein d&rsquo;une haine diabolique contre son Cr\u00e9ateur, fut pr\u00e9cipit\u00e9 du ciel, il y eut du moins une sorte de grandeur dans sa chute, comme il y avait eu quelque chose de hideusement sublime dans son p\u00e9ch\u00e9. De m\u00eame, quand un hardi blasph\u00e9mateur, quand un impie audacieux est lanc\u00e9 en enfer, il y a dans leur perdition un certain caract\u00e8re de grandeur et de majest\u00e9, et cela, parce qu&rsquo;ils ont eu le courage de se montrer tels qu&rsquo;ils \u00e9taient. Mais lorsqu&rsquo;un homme qui s&rsquo;est fait un masque de la pi\u00e9t\u00e9 sera envoy\u00e9 en son lieu, qui pourrait dire le surcro\u00eet de honte, d&rsquo;opprobre, de confusion, d&rsquo;amertume incomparable qui accompagnera son supplice? Il me semble que je vois l&rsquo;incr\u00e9dule avou\u00e9 soulevant ses cha\u00eenes de feu, saluer par un sifflement ironique le ministre hypocrite qui arrive en enfer. \u00abAha! Aha! dira-t-il, te voici donc au milieu de nous! Tu me reprenais autrefois \u00e0 cause de mes blasph\u00e8mes, \u00e0 cause de mes d\u00e9bauches, et maintenant te voici dans l&rsquo;enfer des d\u00e9bauch\u00e9s et des blasph\u00e9mateurs! \u00bb \u2014 \u00ab Aha! reprendra un autre damn\u00e9, je te reconnais, aust\u00e8re et rigide pharisien! Te souvient-il du jour o\u00f9 tu me d\u00e9claras que je p\u00e9rirais si je demeurais incr\u00e9dule ; et toi, qu&rsquo;as-tu gagn\u00e9, je te prie, \u00e0 jouer le croyant? Va! Tu es le plus vil d&rsquo;entre nous! Je suis perdu comme toi, mais du moins je n&rsquo;ai pas rougi de servir mon ma\u00eetre, tandis que, l\u00e2che hypocrite, tu n&rsquo;as eu le courage de bien servir ni Dieu ni Satan !\u00bb<\/p>\n<p>Et une autre voix hurlera du fond de l&rsquo;ab\u00eeme : \u00ab Ministre de l&rsquo;\u00c9vangile! Chante-nous maintenant un de ces cantiques que jadis tu avais toujours sur les l\u00e8vres ; cite-nous quelque passage de la Bible ; parle-nous d&rsquo;\u00e9lection, de gr\u00e2ce, de saintet\u00e9&#8230; \u00bb Et d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre de l&rsquo;enfer retentiront des sifflements, des injures, des cris d&rsquo;indignation et de rage \u00e0 l&rsquo;adresse de celui qui se disait chr\u00e9tien, qui m\u00eame enseignait les autres, mais dont le c\u0153ur n&rsquo;\u00e9tait pas droit devant Dieu!\u2026 Pour ma part, mes fr\u00e8res, je vous le d\u00e9clare, il n&rsquo;est aucune r\u00e9probation qui me semble plus \u00e0 redouter que la r\u00e9probation r\u00e9serv\u00e9e aux hypocrites apostats, \u00e0 ces hommes sans pudeur ni conscience qui pr\u00e9tendent aimer le Seigneur, glosent sur des sujets religieux, d\u00e9fendent avec chaleur le christianisme, participent \u00e0 la sainte c\u00e8ne, parlent des heureux effets d&rsquo;une bonne communion, se l\u00e8vent pour prier dans les assembl\u00e9es fraternelles, et expriment l&rsquo;assurance qu&rsquo;ils seront exauc\u00e9s \u00e0 cause de leur foi, mais qui tout en se couvrant ainsi du manteau de la religion, commettent des choses abominables ; opprimant le ch\u00e9tif, faisant tort \u00e0 l&rsquo;orphelin et pratiquant toutes sortes d&rsquo;iniquit\u00e9s! Oh! en v\u00e9rit\u00e9, j&rsquo;estime que la condamnation particuli\u00e8re qui fondra sur de tels hommes sera deux fois plus redoutable, deux fois plus \u00e9crasante, que celle de toute autre classe de p\u00e9cheurs. Il me semble qu&rsquo;en enfer il y aura comme un autre enfer, o\u00f9 les damn\u00e9s les plus coupables seront comme damn\u00e9s une seconde fois ; et l\u00e0 seront jet\u00e9s les hypocrites, tous ceux qui ont \u00e9t\u00e9 avec nous, mais qui n&rsquo;\u00e9taient pas des n\u00f4tres, qui pr\u00e9tendaient appartenir \u00e0 Christ, mais qui n&rsquo;\u00e9taient que de vils imposteurs!\u2026 Oh! formalistes qui m&rsquo;\u00e9coutez, je vous en supplie : si vous ne voulez pas aggraver votre condamnation, si vous ne voulez pas attiser vous-m\u00eames le feu qui ne s&rsquo;\u00e9teint point, si vous ne voulez pas que vos cha\u00eenes soient rendues plus pesantes, votre rage plus hideuse, vos impr\u00e9cations plus d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es, je vous en supplie, quittez, quittez sans d\u00e9lai cette profession de pi\u00e9t\u00e9 dont vous \u00eates indignes! Ou bien d\u00e9cidez-vous pour le Seigneur; sortez de cette enceinte contrits et humili\u00e9s et, rentr\u00e9s chez vous, ployez le genou devant Dieu en lui demandant de vous sonder, de vous \u00e9prouver, de vous rendre int\u00e8gres et droits devant sa face. Prenez la ferme r\u00e9solution de renoncer \u00e0 ce honteux syst\u00e8me de duplicit\u00e9 et de fourberie que vous avez suivi trop longtemps. Ne vous drapez plus dans les robes de la saintet\u00e9 ext\u00e9rieure pour cacher les souillures qui couvent en dessous. Soyez vrais, soyez sinc\u00e8res. Si, \u00e0 vos risques et p\u00e9rils, vous voulez continuer \u00e0 vivre loin de Dieu, soyez des p\u00e9cheurs qui se donnent pour ce qu&rsquo;ils sont, et non de vils et rampants hypocrites. Que vaut le bois de la vigne plus que tous les autres bois? Sans contredit, il vaut beaucoup moins ; c&rsquo;est pourquoi si la vigne ne porte pas de bons fruits, sa fin sera la plus terrible, la plus infamante, la plus lamentable qui se puisse imaginer.<\/p>\n<p>Mes chers auditeurs, cela ne vous \u00e9meut-il point? Cela n&rsquo;\u00e9branle-t-il point vos consciences?&#8230; Ah! vous tremblez probablement, vous qui n&rsquo;avez point sujet de trembler ; mais quant \u00e0 ceux que ces dures v\u00e9rit\u00e9s devraient transpercer jusqu&rsquo;au fond de l&rsquo;\u00e2me, h\u00e9las! je le crains, ils demeurent impassibles. L&rsquo;avertissement que le Seigneur vient de vous faire entendre retentira dans le c\u0153ur des vrais enfants de Dieu, comme le cri du proph\u00e8te (Allusion \u00e0 J\u00e9r\u00e9mie 48): Hurlez, hurlez, \u00e0 cause de Moab! Mais, h\u00e9las! Moab lui-m\u00eame ne hurlera point! Vous g\u00e9mirez sur Kir-H\u00e9r\u00e8s, mais Kir-H\u00e9r\u00e8s ne g\u00e9mira point sur elle-m\u00eame! Vous pleurerez sur les hypocrites de votre connaissance, mais quant \u00e0 eux, ils se retireront dans leurs demeures, tranquilles et satisfaits, en se disant les uns aux autres : \u00ab Discours \u00e9nergique aujourd&rsquo;hui, mais qui ne nous concernait en rien. \u00bb Puis, ils iront, avec une froide pr\u00e9somption, avec une inconcevable assurance, prendre d&rsquo;une main la coupe du p\u00e9ch\u00e9, et de l&rsquo;autre la coupe du Seigneur ; chanter un soir des chansons profanes, et le lendemain :<em> J\u00e9sus , refuge de mon \u00e2me<\/em> ; se rencontrer ici avec Christ, et l\u00e0 avec le diable ; et, le nom de Dieu encore sur les l\u00e8vres, applaudir \u00e0 toutes les \u0153uvres t\u00e9n\u00e9breuses de Satan! Ah! p\u00e9cheurs, p\u00e9cheurs, p\u00e9cheurs! Prenez garde, prenez garde, je vous en conjure! Que chacun de nous interroge son c\u0153ur, pour s&rsquo;assurer si, jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, il ne s&rsquo;est point s\u00e9duit lui-m\u00eame. Et veuille le Seigneur illuminer notre entendement, afin que nous soyons parfaitement au clair sur cet important sujet! Disons-lui tous ensemble : O Dieu fort, sonde-moi et consid\u00e8re mon coeur ; \u00e9prouve-moi, et consid\u00e8re mes discours ; et regarde s&rsquo;il y a en moi aucun mauvais dessein, et conduis-moi par la voie du monde (Ps. 139.23-24).<\/p>\n<p>Je termine ; mais auparavant, il faut que je te dise aussi un mot, \u00e0 toi, mon cher auditeur, qui en cet instant m\u00eame te dis avec une joie maligne : \u00ab \u00c0 la bonne heure! Les faux d\u00e9vots ont eu leur compte aujourd&rsquo;hui! Quant \u00e0 moi, je suis hors de cause ; je ne fais point profession de pi\u00e9t\u00e9 ; nul ne pourrait me traiter d&rsquo;hypocrite. \u00bb J&rsquo;en suis fort aise, mon ami, et je t&rsquo;en f\u00e9licite. Toutefois, ne va pas t&rsquo;imaginer que tu sois beaucoup plus avanc\u00e9 pour cela. Supposons que deux hommes soient conduits devant la justice, et que l&rsquo;un d&rsquo;eux, feignant la juste indignation de la vertu calomni\u00e9e, s&rsquo;\u00e9crie : \u00ab Je suis un honn\u00eate homme, je proteste de mon innocence! \u00bb N\u00e9anmoins, malgr\u00e9 ses d\u00e9n\u00e9gations, on acquiert la certitude qu&rsquo;il est coupable du crime dont on l&rsquo;accusait, et on le condamne. Vient le tour du second inculp\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab Monsieur le juge, commence-t-il, je reconnais que je suis coupable ; j&rsquo;ai toujours \u00e9t\u00e9 un sc\u00e9l\u00e9rat et le serai toujours ; je n&rsquo;ai aucune pr\u00e9tention \u00e0 la vertu. \u00bb Penses-tu, mon cher auditeur, que le juge fasse gr\u00e2ce \u00e0 ce dernier, en raison de son effronterie? Assur\u00e9ment non. De m\u00eame, si tu dis en ton c\u0153ur : \u00ab Je n&rsquo;ai aucune pr\u00e9tention \u00e0 la pi\u00e9t\u00e9, donc je n&rsquo;ai rien \u00e0 craindre \u00bb, sache que tu t&rsquo;abuses \u00e9trangement ; et permets-moi de te dire que si c&rsquo;est une chose terrible que de vouloir se faire passer pour chr\u00e9tien alors qu&rsquo;on ne l&rsquo;est pas, c&rsquo;est une chose non moins terrible que de vivre, le sachant et le voulant, en dehors de toute pi\u00e9t\u00e9. \u00c0 ton tour, prends donc garde de ne pas te faire illusion. Ce qu&rsquo;il nous faut \u00e0 tous, sans exception, c&rsquo;est un nouveau c\u0153ur et un esprit droit ; sinon, que nous soyons formalistes ou que nous ne le soyons pas, nous p\u00e9rirons infailliblement.<\/p>\n<p>Oh! puisse Dieu nous accorder la gr\u00e2ce, aux uns et aux autres, de crier \u00e0 lui et d&rsquo;implorer son pardon! Puisse-t-il nous aider \u00e0 nous repentir de nos p\u00e9ch\u00e9s et \u00e0 placer notre confiance simplement et enti\u00e8rement en notre Seigneur J\u00e9sus-Christ! Alors, nous serons sauv\u00e9s d\u00e8s ici-bas, et sauv\u00e9s pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>FIN<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> On sait que le R\u00e9v. Spurgeon appartient i l&rsquo;\u00c9glise Baptiste, et que dans cette \u00c9glise nul ne peut recevoir les eaux du bapt\u00eame ou participer \u00e0 la c\u00e8ne sans avoir fait une profession de foi individuelle.<\/p>\n<p><em>The Fruitless Vine ;<\/em> traduit de l\u2019anglais pour la \u00ab&nbsp;Soci\u00e9t\u00e9 des Livres Religieux&nbsp;\u00bb, 1860, r\u00e9\u00e9dit\u00e9 par Danny Therrien et Hugo Lacasse<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La parole de l\u2019\u00c9ternel me fut adress\u00e9e, et il me dit&nbsp;: Fils d\u2019homme, que vaut le bois de la vigne plus que les autres bois, et les sarments plus que les branches des arbres des for\u00eats\u2009? (\u00c9z\u00e9ch. 15.1,2) Rien n\u2019\u00e9galait la pr\u00e9somption et l\u2019arrogance de la nation juive. Lorsqu\u2019elle p\u00e9chait contre son Dieu, elle se [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":154,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,2],"tags":[22,21],"class_list":["post-106","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-charles-h-spurgeon","category-sermons","tag-sermon","tag-spurgeon"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/106","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=106"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/106\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":463,"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/106\/revisions\/463"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/media\/154"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=106"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=106"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=106"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}