{"id":115,"date":"2018-08-02T14:58:42","date_gmt":"2018-08-02T14:58:42","guid":{"rendered":"http:\/\/sauvepargrace.com\/?p=115"},"modified":"2020-04-11T13:36:12","modified_gmt":"2020-04-11T13:36:12","slug":"leffusion-de-sang-par-charles-h-spurgeon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/sermons\/leffusion-de-sang-par-charles-h-spurgeon\/","title":{"rendered":"L&rsquo;effusion de Sang (Charles H. Spurgeon)"},"content":{"rendered":"<p>Sans effusion de sang, il ne se fait point de r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s. (H\u00e9b. 9 22)<\/p>\n<p>Mes chers auditeurs, voulez-vous voir trois fous? Je vais vous les montrer. L&rsquo;un est ce soldat qui vient de tomber sur le champ de bataille. Il est bless\u00e9, gri\u00e8vement bless\u00e9. Le chirurgien accourt, et le soldat l&rsquo;interroge. \u00c9coutez-le et jugez de sa folie. L\u00e8ve-t-il les yeux avec une ardente anxi\u00e9t\u00e9 et demande-t-il si sa blessure est mortelle, si l&rsquo;habilet\u00e9 du praticien parviendra \u00e0 la gu\u00e9rir, ou si l&rsquo;on a sous la main tous les secours, tous les rem\u00e8des n\u00e9cessaires? &#8230; Non; aucune question semblable ne sort de ses l\u00e8vres. Chose \u00e9trange, il dit : \u00ab Pourriez-vous m&rsquo;apprendre quel est le sabre qui m&rsquo;a bless\u00e9, quel est le Russe qui m&rsquo;a si cruellement mutil\u00e9? Je tiens beaucoup, ajoute-t-il, \u00e0 conna\u00eetre jusque dans les plus minutieux d\u00e9tails l&rsquo;origine de ma blessure. \u00bb \u2014 \u00ab Mais s\u00fbrement le malheureux est en d\u00e9lire! vous \u00e9criez-vous; son cerveau est malade. De telles questions, dans un tel moment, prouvent jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence qu&rsquo;il est priv\u00e9 de l&rsquo;usage de sa raison. \u00bb<\/p>\n<p>Voici maintenant un second fou. La temp\u00eate gronde; le navire, pouss\u00e9 par un vent arri\u00e8re, vole sur les flots avec une effrayante rapidit\u00e9; les lames inondent le pont; les m\u00e2ts craquent, les voiles sont en lambeaux et l&rsquo;ouragan semble redoubler de fureur. Pendant ce temps, o\u00f9 est le capitaine? Est-il \u00e0 donner ses ordres \u00e0 l&rsquo;\u00e9quipage? Affronte-t-il noblement le danger, ou cherche-t-il, par des man\u0153uvres habiles, \u00e0 d\u00e9jouer la rage des \u00e9l\u00e9ments? Non. Il s&rsquo;est retir\u00e9 dans sa cabine, et l\u00e0, absorb\u00e9 dans une profonde r\u00eaverie, il se livre \u00e0 mille conjectures sur l&rsquo;endroit probable o\u00f9 la temp\u00eate a pris naissance.&nbsp;&nbsp; \u00ab Curieux ph\u00e9nom\u00e8ne que ce vent! se dit-il \u00e0 lui-m\u00eame; personne encore n&rsquo;a pu d\u00e9couvrir d&rsquo;o\u00f9 il vient. \u00bb Et sans se pr\u00e9occuper du sort de son vaisseau, du salut des passagers ou de sa propre vie, cet homme \u00e9trange continue, heure apr\u00e8s heure, \u00e0 chercher \u00e0 r\u00e9soudre des probl\u00e8mes insolubles&#8230;<\/p>\n<p>\u00ab Mais il est hors de sens! vous \u00e9criez-vous encore; qu&rsquo;on retire au plus t\u00f4t le gouvernail de sa main; il n&rsquo;a plus une lueur de raison! Et si jamais il touche terre, qu&rsquo;il soit enferm\u00e9 comme un ali\u00e9n\u00e9 incurable! \u00bb<\/p>\n<p>Quant au troisi\u00e8me fou, mes chers amis, il est probable que je n&rsquo;aurai pas de peine \u00e0 le trouver parmi vous. Voici un homme qui est malade, bless\u00e9 par le p\u00e9ch\u00e9, expos\u00e9 au terrible ouragan de la vengeance divine; et cependant, la question qu&rsquo;il voudrait me proposer est celle-ci: \u00ab Quelle est l&rsquo;origine du mal? \u00bb \u2013 Mais tu es fou, mon fr\u00e8re, spirituellement fou! m&rsquo;\u00e9crierais-je \u00e0 mon tour; s\u00fbrement si tu \u00e9tais de sens rassis, tu t&rsquo;enquerrais de toute autre chose. Tu demanderais, non pas: \u00ab Comment le p\u00e9ch\u00e9 est-il entr\u00e9 dans le monde? \u00bb mais bien plut\u00f4t: \u00ab Comment en serai-je d\u00e9livr\u00e9?\u00bb Non pas:&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab Comment se fait-il que le feu du ciel descende sur Sodome? \u00bb, mais bien plut\u00f4t: \u00ab Comment puis-je m&rsquo;\u00e9chapper comme Lot? \u00bb Non pas: \u00ab D&rsquo;o\u00f9 vient que je sois malade? \u00bb, mais bien plut\u00f4t: \u00ab Y a-t-il un rem\u00e8de capable de me gu\u00e9rir? Existe-t-il un m\u00e9decin qui puisse rendre la sant\u00e9 \u00e0 mon \u00e2me&nbsp;&nbsp;&nbsp; malade? \u00bb Ah! que de temps ne perdons-nous pas apr\u00e8s de vaines subtilit\u00e9s, tandis que nous n\u00e9gligeons des certitudes! Il n&rsquo;est pas de sujet au monde, j&rsquo;en suis convaincu, qui ait soulev\u00e9 autant de questions que l&rsquo;origine du mal. Les hommes ont creus\u00e9 leur cerveau et mis leur esprit \u00e0 la torture afin de comprendre (ce que l&rsquo;intelligence humaine ne comprendra jamais) comment le mal est entr\u00e9 dans le monde, et comment son entr\u00e9e peut se concilier avec la bont\u00e9 divine. Mais, je le demande, \u00e0 quoi bon ces discussions ? L&rsquo;existence du mal est un fait, un fait patent, av\u00e9r\u00e9, incontestable. Au lieu donc de nous perdre en vaines sp\u00e9culations, ne serait-il pas plus rationnel que chacun de nous se dise s\u00e9rieusement \u00e0 lui-m\u00eame: \u00ab Que dois-je faire pour \u00e9chapper \u00e0 la col\u00e8re \u00e0 venir, suite naturelle de cette grande maladie morale qui a envahi toute \u00e2me d&rsquo;homme ? \u00bb<\/p>\n<p>Or, c&rsquo;est ici qu&rsquo;intervient la parole de l&rsquo;\u00c9criture que j&rsquo;ai prise pour mon texte. Semblable \u00e0 l&rsquo;ange arm\u00e9 d&rsquo;une \u00e9p\u00e9e, qui jadis arr\u00eata Balaam sur sa route vers Balak, cette d\u00e9claration solennelle, \u00ab&nbsp;sans effusion de sang, il ne se fait point de r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s&nbsp;\u00bb, vient se dresser devant la conscience du p\u00e9cheur r\u00e9veill\u00e9. Sentant que son iniquit\u00e9 doit \u00eatre ou punie ou pardonn\u00e9e, il se demande avec inqui\u00e9tude comment il pourra obtenir le pardon; et voil\u00e0 que sa demande se rencontre face \u00e0 face avec cette r\u00e9ponse cat\u00e9gorique: sans effusion de sang, il ne se fait point de r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s!&nbsp; Et n&rsquo;allez pas dire, mes chers amis, que c&rsquo;est l\u00e0 une maxime purement juive: c&rsquo;est, au contraire, une v\u00e9rit\u00e9 vaste comme le monde et immuable comme l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Elle concerne les Gentils, non moins que les H\u00e9breux. Jamais en aucun temps, jamais en aucun lieu, jamais pour aucune \u00e2me la r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 obtenue autrement que par l&rsquo;effusion du sang. Il y a plus: j&rsquo;affirme que cette grande v\u00e9rit\u00e9 est empreinte jusque dans les entrailles de la nature humaine; c&rsquo;est une loi essentielle du gouvernement moral de Dieu, un de ces principes fondamentaux qui, en d\u00e9pit de toutes les attaques, resteront toujours debout, une r\u00e8gle qui n&rsquo;a jamais souffert et qui ne souffrira jamais d&rsquo;exception. Toujours et partout la m\u00eame, cette doctrine subsistera d&rsquo;\u00e2ge en \u00e2ge: Sans effusion de sang, il ne se fait point de r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s. Sous l&rsquo;\u00e9conomie mosa\u00efque, il en \u00e9tait ainsi; pour les Juifs, point de r\u00e9mission sans effusion de sang. Il existait certains cas, il est vrai, o\u00f9 l&rsquo;eau et le feu suffisaient pour rendre net; mais toutes les fois qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une violation positive de la loi, la purification ne pouvait avoir lieu que moyennant un sacrifice sanglant: Dieu ayant voulu enseigner par l\u00e0 \u00e0 son peuple que le sang et le sang seul efface les p\u00e9ch\u00e9s. Et, chose remarquable, les pa\u00efens eux-m\u00eames semblent avoir entrevu confus\u00e9ment cette v\u00e9rit\u00e9 capitale. Que me disent leurs couteaux ruisselants du sang des victimes? Que me disent les lugubres histoires d&rsquo;holocaustes, de sacrifices, d&rsquo;immolations humaines qui, des points les plus recul\u00e9s du globe, parviennent de temps \u00e0 autre \u00e0 mes oreilles? Que me disent toutes ces choses, je le demande, sinon qu&rsquo;au fond de toute poitrine humaine, ancien comme l&rsquo;existence m\u00eame de l&rsquo;homme, retentit comme un \u00e9cho affaibli de cette loi divine: sans effusion de sang, il ne se fait point de r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s? Et pour ne parler que de vous-m\u00eames, mes chers auditeurs, je suis assur\u00e9 que dans les replis de vos coeurs et de vos consciences il y a comme un secret instinct qui vous dit \u00e0 tous que pour r\u00e9concilier l&rsquo;\u00e2me coupable avec un Dieu saint et juste, il faut que le sang coule, qu&rsquo;une victime soit immol\u00e9e. C\u2019est l\u00e0, je le r\u00e9p\u00e8te, la grande v\u00e9rit\u00e9 du christianisme, et c&rsquo;est cette v\u00e9rit\u00e9 que je voudrais essayer de fixer dans votre m\u00e9moire, en demandant \u00e0 Dieu de la faire p\u00e9n\u00e9trer lui-m\u00eame dans vos \u00e2mes.<\/p>\n<p><em>Sans effusion de sang, il ne se fait point de r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s.<\/em> Avant de d\u00e9velopper mon texte, je dois tout d&rsquo;abord r\u00e9pondre \u00e0 une question qui se pr\u00e9sente naturellement \u00e0 l&rsquo;esprit. De quelle effusion de sang est-il ici parl\u00e9? L&rsquo;ap\u00f4tre n&rsquo;avait-il point en vue un sacrifice particulier lorsqu&rsquo;il \u00e9crivait ces paroles? Oui, mes fr\u00e8res. Un sang d&rsquo;un prix infini a \u00e9t\u00e9 r\u00e9pandu, et c&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;effusion de ce sang que je voudrais vous faire assister. Il ne s&rsquo;agit plus ici de meurtres ou de massacres; il ne s&rsquo;agit plus de brebis ou de boucs \u00e9gorg\u00e9s sur les autels. Il y eut une fois un sacrifice aupr\u00e8s duquel tous les autres ne sont rien: c&rsquo;\u00e9tait un homme, c&rsquo;\u00e9tait un Dieu qui versa alors son sang. Venez et voyez. Nous sommes dans un jardin \u00e0 l&rsquo;aspect triste et morne. Il est minuit. Le sol, durci par la gel\u00e9e, craque sous les pas. Parmi ces oliviers, au sombre feuillage, je vois un homme; je l&rsquo;entends exhaler son \u00e2me dans la pri\u00e8re. Anges, \u00e9coutez! \u00c9coutez, \u00f4 fils des hommes! \u00e9coutez et soyez \u00e9tonn\u00e9s! C&rsquo;est le Sauveur qui offre sa vie avec de grands cris et avec larmes. Approchez. Consid\u00e9rez son front&#8230; \u00d4 prodige! Des grumeaux de sang d\u00e9coulent de son visage et de son corps tout entier! Chacun de ses pores est ouvert, et une sueur s&rsquo;en \u00e9chappe; mais ce n&rsquo;est pas la sueur d&rsquo;un homme qui travaille pour son pain, c&rsquo;est la sueur d&rsquo;un Dieu qui travaille pour le ciel: il sue une sueur sanglante! La voil\u00e0, cette effusion de sang, sans laquelle il ne se fait point de r\u00e9mission de p\u00e9ch\u00e9s!<\/p>\n<p>Mais suivons l&rsquo;Homme-Dieu. Des mains sacril\u00e8ges l&rsquo;ont tra\u00een\u00e9 de ce jardin t\u00e9moin de sa pri\u00e8re et de son agonie jusqu&rsquo;au pr\u00e9toire de Pilate. On le fait asseoir et on l&rsquo;insulte; on le rev\u00eat d\u00e9risoirement d&rsquo;un manteau de pourpre, on ceint son front d&rsquo;une couronne d&rsquo;\u00e9pines, et soudain (\u00f4 anges du ciel! que d\u00fbtes-vous \u00e9prouver \u00e0 cette vue?&#8230;) \u2014 soudain, deux lignes ensanglant\u00e9es sillonnent sa face divine! Ensuite on le d\u00e9pouille du manteau royal, on d\u00e9couvre ses \u00e9paules: elles sont teintes de sang! Esprits infernaux, dites-moi, oh! dites-moi qui a ainsi bless\u00e9 mon Sauveur? Les soldats se chargent de me r\u00e9pondre: ils reprennent leurs verges encore sanglantes; ils le flagellent de nouveau, ils d\u00e9chirent ses chairs, ils font ruisseler son sang jusqu&rsquo;en terre! La voil\u00e0 encore cette effusion de sang, en dehors de laquelle il ne se fait point de r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s!<\/p>\n<p>Mais ce n&rsquo;est pas tout. On entra\u00eene J\u00e9sus au lieu du supplice; on l\u2019\u00e9tend sur le sol, on cloue ses mains et ses pieds au bois transversal; puis on dresse la croix, on l&rsquo;assujettit dans le soubassement pr\u00e9par\u00e9 pour la recevoir: maintenant elle est debout, et sur elle est suspendu le Christ de Dieu. \u00d4 d\u00e9chirant spectacle! Du sang de sa t\u00eate, du sang de ses mains, du sang de ses pieds! Et avec son sang, sa vie s&rsquo;\u00e9coule dans une inexprimable agonie! Et son \u00e2me s&rsquo;\u00e9puise en angoisses sans pareilles! <em>Elo\u00ef, Elo\u00ef, lamma sabachthani!<\/em> Enfin, il expire\u2026<\/p>\n<p>Mais voyez encore: on lui perce le c\u00f4t\u00e9 avec une lance, et aussit\u00f4t il en jaillit du sang et de l&rsquo;eau. Voil\u00e0 l&rsquo;effusion du sang, p\u00e9cheurs et saints! Voil\u00e0 cette grande, cette solennelle aspersion, ce sacrifice sanglant et expiatoire, sans lequel, ni pour vous individuellement, ni pour la race humaine en g\u00e9n\u00e9ral, il ne saurait y avoir de r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s. Oui, c&rsquo;est l\u00e0 l&rsquo;effusion de sang dont parle l&rsquo;ap\u00f4tre. Oh! mon Dieu, comment se fait-il que des hommes puissent \u00e9couter une telle histoire, les yeux secs? Je l&rsquo;ai mal racont\u00e9e, direz-vous. Il est vrai, mes amis, et je me bl\u00e2me tout le premier. Mais sachez-le: alors m\u00eame que la sc\u00e8ne sanglante du Calvaire vous serait d\u00e9crite par la langue la plus malhabile, si vos coeurs \u00e9taient ce qu&rsquo;ils devraient \u00eatre, ils se fondraient en larmes de sang! Oh! quel crime, quel meurtre que celui-l\u00e0! C&rsquo;\u00e9tait plus qu&rsquo;un r\u00e9gicide, plus qu&rsquo;un fratricide, plus qu&rsquo;un parricide: c&rsquo;\u00e9tait&#8230;. la langue humaine n&rsquo;avait point de mot pour d\u00e9signer un tel crime, il a fallu en inventer un, \u2014 c&rsquo;\u00e9tait un d\u00e9icide! Le meurtre d&rsquo;un Dieu! Le meurtre de celui qui s&rsquo;est incarn\u00e9 pour nous sauver! Ah! si nos c\u0153urs \u00e9taient seulement aussi mall\u00e9ables que le fer, nous pleurerions! S&rsquo;ils \u00e9taient aussi tendres que le marbre des montagnes, nos yeux se changeraient en ruisseaux d&rsquo;eau! Mais ces coeurs sont plus durs que la pierre, m\u00eame qu&rsquo;une pi\u00e8ce de la meule de dessous (Allusion \u00e0 Job 41.15); c&rsquo;est pourquoi nous oublions les douleurs de Celui qui \u00e0 cause de nous est mort d&rsquo;une mort pleine d&rsquo;ignominie et d&rsquo;amertume; nous ne plaignons pas ses souffrances; nous ne consid\u00e9rons pas que c&rsquo;est pour nous, pour nous proprement qu&rsquo;il a tout endur\u00e9, tout accompli &#8230;.<\/p>\n<p>Mais pour en revenir \u00e0 notre texte, redisons que le grand principe qu&rsquo;il \u00e9tablit est celui-ci: <em>sans<\/em> <em>effusion de sang, il ne se fait point de r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s<\/em>. Cette proposition me semble \u00eatre \u00e0 la fois n\u00e9gative et affirmative. J&rsquo;y trouve d&rsquo;abord une n\u00e9gation formelle: \u00ab Point d&rsquo;effusion de sang, point de r\u00e9mission \u00bb; et ensuite, une affirmation implicite qui ressort de la n\u00e9gation m\u00eame, et qu&rsquo;on peut formuler ainsi: \u00ab Par l&rsquo;effusion du sang, il y a r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s. \u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>I.<\/strong><\/p>\n<p>En premier lieu, ai-je dit, mon texte exprime une n\u00e9gation formelle. Point de r\u00e9mission en dehors du sang de J\u00e9sus: voil\u00e0 ce qu&rsquo;il nous enseigne de la mani\u00e8re la plus nette. Et veuillez consid\u00e9rer, mes fr\u00e8res, que cette assertion est d&rsquo;autorit\u00e9 divine. En la pronon\u00e7ant aujourd&rsquo;hui devant vous, je ne fais que r\u00e9p\u00e9ter les paroles m\u00eames de Dieu. Ce n&rsquo;est pas une chose que vous puissiez croire ou rejeter \u00e0 votre choix; vous devez la croire, vous devez l&rsquo;admettre, sinon vous vous inscrivez en faux contre l&rsquo;\u00c9criture et vous donnez le d\u00e9menti au Tout-Puissant.<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre m&rsquo;arrive-t-il quelquefois d&rsquo;\u00e9mettre certaines id\u00e9es qui n&rsquo;ont gu\u00e8re d&rsquo;autre base que mes propres raisonnements ou mon interpr\u00e9tation particuli\u00e8re, ce qui, j&rsquo;en conviens, est bien peu de chose; mais ici, je ne viens pas simplement \u00e9tayer une opinion personnelle par des passages emprunt\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00c9criture: je cite textuellement les paroles sorties des l\u00e8vres de Dieu lui-m\u00eame. Prenez et lisez: \u00ab <em>Point<\/em> <em>de r\u00e9mission<\/em>! \u00bb C&rsquo;est \u00e9crit en toutes lettres dans la Parole inspir\u00e9e; donc, cette doctrine est divine. Il est possible que vous soyez dispos\u00e9s \u00e0 regimber contre elle; mais rappelez-vous qu&rsquo;en le faisant, vous vous r\u00e9voltez, non pas contre moi, mais contre Dieu. Je ne veux point perdre mon temps en vaines disputes de mots; Dieu me garde de n\u00e9gliger la belle mission de proclamer l&rsquo;\u00c9vangile pour contester avec les hommes! Je me pr\u00e9sente \u00e0 vous en ce moment, le d\u00e9cret irr\u00e9vocable de Dieu \u00e0 la main, et je vous dis \u00e0 tous: <em>sans effusion de sang, il ne se fait point de r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s<\/em>. Sans doute, vous n&rsquo;\u00eates pas tenus de recevoir comme article de foi tout ce que vous enseigne le pr\u00e9dicateur; mais souvenez-vous que si vous ne croyez point ceci, c&rsquo;est au p\u00e9ril de vos \u00e2mes! Car, encore une fois, la v\u00e9rit\u00e9 que je vous annonce \u00e9mane directement de Dieu; or, quand Dieu parle, oseriez-vous le contredire? Non, vous ne l&rsquo;oseriez! Car ce serait le comble de l&rsquo;impi\u00e9t\u00e9. Inclinez-vous donc devant la solennelle n\u00e9gation de mon texte et profitez du s\u00e9rieux enseignement qu&rsquo;elle vous donne.<\/p>\n<p>Mais on objecte que la mani\u00e8re dont Dieu a sauv\u00e9 les hommes, c&rsquo;est-\u00e0-dire par l&rsquo;effusion de sang, est cruelle, injuste, inhumaine &#8230;. que sais-je encore! \u00c0 ceux qui raisonnent ainsi, je n&rsquo;ai qu&rsquo;un mot \u00e0 r\u00e9pondre. Votre opinion \u00e0 cet \u00e9gard me touche peu, leur dirai-je; les faits sont l\u00e0; Dieu a jug\u00e9 bon de faire reposer tout le plan du salut sur le sacrifice de son Fils. Si votre Cr\u00e9ateur vous semble avoir eu tort, attendez de vous trouver en sa pr\u00e9sence pour lui demander raison de sa conduite. Mais r\u00e9fl\u00e9chissez, je vous le conseille, avant de lui jeter le gant. Malheur au vermisseau qui voudrait lutter contre celui qui le forma, et malheur \u00e0 l&rsquo;homme assez audacieux pour oser se mesurer avec le Tr\u00e8s-Haut! Bien comprise et re\u00e7ue avec foi, la doctrine de l&rsquo;expiation est pleine de douceur, car elle est la manifestation d&rsquo;un amour sans bornes, d&rsquo;une bont\u00e9 incommensurable et d&rsquo;une justice infinie. Mais, je le sais, cette doctrine, si pr\u00e9cieuse pour le croyant, a toujours \u00e9t\u00e9 en scandale aux gens du dehors. Que vous dirai-je, \u00f4 incr\u00e9dules? Vous ha\u00efssez ce qui seul pourrait vous sauver; vous m\u00e9prisez la gr\u00e2ce qui vous est offerte; encore une fois, je ne veux point perdre mon temps \u00e0 discuter avec vous; je me borne \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter au nom de mon Ma\u00eetre: <em>sans effusion de sang, il ne se fait point de r\u00e9mission des<\/em> <em>p\u00e9ch\u00e9s<\/em>.<\/p>\n<p>Et observez, mes chers auditeurs, combien cette d\u00e9claration est absolue. \u00ab Mais ne puis-je obtenir le pardon de mes p\u00e9ch\u00e9s par mon repentir? dira l&rsquo;un; si je pleure, si je g\u00e9mis, si je prie, le Seigneur ne me pardonnera-t-il pas \u00e0 cause de mes larmes, \u00e0 cause de mes pri\u00e8res? \u00bb \u2014 <em>Point de r\u00e9mission sans<\/em> <em>effusion de sang<\/em>! r\u00e9pond mon texte. \u2014 \u00ab Mais si je ne p\u00e8che plus d\u00e9sormais, dira un autre; si je sers Dieu avec plus de fid\u00e9lit\u00e9, avec plus de z\u00e8le qu&rsquo;aucun de mes \u00ab\u00a0semblables, le Seigneur ne me pardonnera-t-il pas \u00e0 cause de mon ob\u00e9issance? \u00bb \u2014 <em>Point de r\u00e9mission sans effusion de sang<\/em>! r\u00e9pond mon texte. \u2014 \u00ab Mais si je me confie simplement en la mis\u00e9ricorde de Dieu, reprend un troisi\u00e8me, ne serai-je point pardonn\u00e9 sans que j&rsquo;aie besoin de recourir \u00e0 un sacrifice quelconque ?\u00bb \u2014 <em>Sans effusion de sang, il ne se fait point de r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s<\/em>! Telle est la r\u00e9ponse invariable de mon texte. Oh! que de fatales illusions crouleraient, si on voulait se placer en pr\u00e9sence.de ces paroles si claires, si nettes, si positives! Fils des hommes, apportez ici vos esp\u00e9rances de salut, et si elles ne sont pas fond\u00e9es dans le sang et scell\u00e9es de sang, dites-vous bien qu&rsquo;elles sont aussi chim\u00e9riques que des ch\u00e2teaux en l&rsquo;air ou que les songes de la nuit. Et pourtant, malgr\u00e9 cette d\u00e9claration si formelle, l&rsquo;on s&rsquo;obstine \u00e0 essayer de cinquante moyens diff\u00e9rents pour obtenir la r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s; tellement qu&rsquo;en v\u00e9rit\u00e9 le ministre de l&rsquo;\u00c9vangile est parfois fatigu\u00e9 d&rsquo;avoir toujours \u00e0 revenir sur les m\u00eames doctrines, toujours \u00e0 combattre les m\u00eames erreurs. Mes fr\u00e8res, je tiens \u00e0 vous le redire en termes aussi clairs que possible : faites ce que vous voudrez et dites ce qu&rsquo;il vous plaira, vous ne parviendrez jamais \u00e0 obtenir le pardon de vos p\u00e9ch\u00e9s, \u00e0 moins que vous ne placiez votre confiance dans le sang r\u00e9pandu de votre Sauveur, et uniquement dans ce sang, car hors de l\u00e0, il n&rsquo;y a point de r\u00e9mission.<\/p>\n<p>Et si mon texte est absolu dans sa nature, il est de plus universel dans son application. \u00ab Quoi? Ne puis-je point obtenir la r\u00e9mission de mes p\u00e9ch\u00e9s autrement que par l&rsquo;effusion du sang?\u00bb demande le monarque, et il s&rsquo;avance le front ceint de sa couronne royale; \u00ab ne puis-je point avec toute ma splendeur, avec toute ma puissance, avec tous mes tr\u00e9sors, payer par moi-m\u00eame la ran\u00e7on de mon \u00e2me? \u00bb Impossible! r\u00e9pond mon texte. \u2014 Vient ensuite l&rsquo;homme de science, tout charg\u00e9 de titres et de distinctions universitaires; il les \u00e9tale avec complaisance et demande \u00e0 son tour: \u00ab ne puis-je point obtenir la r\u00e9mission de mes p\u00e9ch\u00e9s en vertu de ces t\u00e9moignages de mon grand savoir?&nbsp;\u00bb Impossible, impossible! r\u00e9p\u00e8te mon texte. \u2014 Puis survient le philanthrope, l&rsquo;homme bienfaisant et lib\u00e9ral. \u00ab J&rsquo;ai r\u00e9pandu mon argent en aum\u00f4nes, dit-il; j&rsquo;ai distribu\u00e9 mon bien pour la nourriture des pauvres: cela ne m&rsquo;assure-t-il point le pardon de Dieu? \u00bb Non ! dit mon texte; <em>sans effusion de sang, il ne se fait point<\/em> <em>de r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s<\/em>. Ah! Comme ceci passe un m\u00eame niveau sur toutes les t\u00eates! Monseigneur, vous n&rsquo;\u00eates pas plus que votre cocher; ma\u00eetre, gentilhomme, vous marchez de pair avec le paysan qui laboure vos domaines. Ministre de l&rsquo;\u00c9vangile, ton office ne te place aucunement en dehors de la loi commune; ton plus humble auditeur est tout aussi bien partag\u00e9 que toi: <em>sans effusion de sang, il ne se<\/em> <em>fait point de r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s<\/em>. Pour le meilleur, comme pour le plus mauvais des hommes, il n&rsquo;y a aucun espoir de salut hors de l&rsquo;effusion du sang. Oh! que j&rsquo;aime l&rsquo;\u00c9vangile! Et savez-vous, mes amis, une des raisons qui me le font aimer? Je l&rsquo;aime parce qu&rsquo;il est un \u00c9vangile essentiellement \u00e9galitaire. Bien des gens ne veulent pas d&rsquo;un tel \u00c9vangile, et moi non plus je n&rsquo;en voudrais certes pas si j&rsquo;attachais au mot d&rsquo;\u00e9galitaire le sens qu&rsquo;on lui a trop souvent donn\u00e9. Que chacun conserve son rang, ses titres, sa fortune: rien de plus juste; mais j&rsquo;aime, je l&rsquo;avoue (et je suis s\u00fbr qu&rsquo;en ceci tout vrai chr\u00e9tien sera d&rsquo;accord avec moi), oui, j&rsquo;aime \u00e0 voir le riche et le pauvre s&rsquo;entre-rencontrer, j&rsquo;aime \u00e0. les voir plac\u00e9s c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te sous le grand niveau de l&rsquo;\u00c9vangile. \u00ab Arri\u00e8re vos sacs d&rsquo;argent! dit l&rsquo;\u00c9vangile aux riches; ils ne peuvent rien pour votre salut. \u00bb \u2014 \u00ab Reployez vos dipl\u00f4mes, dit-il aux lettr\u00e9s; ils ne peuvent rien pour votre salut. Oubliez votre ferme ou votre parc, dit-il \u00e0 ceux qui poss\u00e8dent; ces choses ne peuvent rien pour votre salut. Couvrez votre \u00e9cusson, dit-il aux nobles; toutes les armoiries du monde ne peuvent rien pour votre salut. Venez, vous pauvres, mendiants, d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s du monde; venez, vous rebuts et balayures de la terre: avancez. Quoique votre esprit soit sans culture et vos mani\u00e8res peu polic\u00e9es, le salut est pour vous tout autant que pour le riche, le titr\u00e9, le puissant, l&rsquo;homme entour\u00e9 d&rsquo;hommages et d&rsquo;honneur. \u00bb Mon texte s&rsquo;adresse indistinctement \u00e0 toutes les classes de la soci\u00e9t\u00e9; tous nous sommes \u00e9gaux sur ce terrain: <em>sans effusion de sang, il ne se fait<\/em> <em>point de r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s<\/em>.<\/p>\n<p>Remarquez en outre, mes chers auditeurs, que ces paroles sont d&rsquo;une application perp\u00e9tuelle. Paul les a dites; je dois r\u00e9p\u00e9ter son t\u00e9moignage, et si dans mille ans d&rsquo;ici l&rsquo;\u00c9vangile est encore pr\u00each\u00e9, les ministres de Dieu le r\u00e9p\u00e9teront \u00e0 leur tour. Cette v\u00e9rit\u00e9 ne changera jamais. Dans l&rsquo;autre monde comme dans celui-ci, il sera toujours vrai que <em>sans effusion de sang, il ne se fait point de r\u00e9mission<\/em> <em>des p\u00e9ch\u00e9s<\/em>. On peut chercher \u00e0 vous faire accroire le contraire, mes bien-aim\u00e9s; on peut vous dire, par exemple, que vos oeuvres, ou vos p\u00e9nitences, ou votre argent vous assureront le pardon de Dieu; mais repoussez de toute votre force ces fables et ces mensonges, et tenez pour certain qu&rsquo;il n&rsquo;y a de r\u00e9mission possible que par le sang propitiatoire du Fils de Dieu. Non, quand vous passeriez sur vos deux genoux votre vie tout enti\u00e8re; quand vos yeux se fondraient en torrents de larmes; quand vous g\u00e9miriez et supplieriez jusqu&rsquo;\u00e0 ce que les fibres de votre c\u0153ur se rompissent au-dedans de vous; non, jamais \u2014 jamais en ce monde, jamais dans l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 \u2014 vous ne pourrez obtenir le pardon de vos p\u00e9ch\u00e9s autrement que par le sang de Christ; jamais votre conscience ne sera purifi\u00e9e que par la foi en son sacrifice! Et aussi bien, mes chers amis, \u00e0 quoi vous servirait-il de vous contenter de moins que ce qui a content\u00e9 Dieu le P\u00e8re? Vous vous s\u00e9duiriez vous-m\u00eames, voil\u00e0 tout. Rien n&rsquo;a pu satisfaire sa justice que l&rsquo;effusion du sang de son Fils, et rien ne pourra blanchir vos consciences que les m\u00e9rites de ce sang, appliqu\u00e9s \u00e0 vos \u00e2mes, par la foi.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>II.<\/strong><\/p>\n<p>Mais j&rsquo;ai dit que de la n\u00e9gation m\u00eame contenue dans mon texte ressort une affirmation; or, cette affirmation implicite est celle-ci: <em>il y a une r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s par l&rsquo;effusion du sang<\/em>. Et observez, mes fr\u00e8res, que cette r\u00e9mission est un fait accompli. Le sang ayant \u00e9t\u00e9 vers\u00e9, la r\u00e9mission est d\u00e9j\u00e0 obtenue. Je vous ai conduits au jardin de Geths\u00e9man\u00e9 et au mont Calvaire, pour vous faire assister \u00e0 l&rsquo;effusion du sang. Allons maintenant dans un autre jardin et sur un autre mont, pour contempler les grandes preuves de la r\u00e9mission acquise au prix de ce sang. Allons dans un autre jardin, ai-je dit. Et en effet, c&rsquo;est un jardin qui s&rsquo;\u00e9tend devant nous, jardin tout embaum\u00e9 de doux, de triomphants souvenirs. L\u00e0, dans un rocher, loin de l&rsquo;agitation et du bruit du monde, Joseph d&rsquo;Arimath\u00e9e s&rsquo;\u00e9tait fait tailler un s\u00e9pulcre neuf, o\u00f9 il pensait que son pauvre corps d&rsquo;argile serait bient\u00f4t d\u00e9pos\u00e9; mais le corps de J\u00e9sus y fut mis le premier.<\/p>\n<p>Les sc\u00e8nes lugubres de la crucifixion venaient d&rsquo;avoir lieu. J\u00e9sus s&rsquo;\u00e9tait constitu\u00e9 r\u00e9pondant de son peuple, et la loi avait demand\u00e9 son sang. La mort l&rsquo;avait \u00e9treint de sa main de fer, et ce tombeau \u00e9tait comme la sombre prison o\u00f9 semblait devoir \u00eatre d\u00e9tenu \u00e0 jamais Celui qui avait donn\u00e9 sa vie pour ses brebis. Comment donc se fait-il que je voie dans ce jardin un s\u00e9pulcre ouvert et inoccup\u00e9 ? Mes fr\u00e8res, je vais vous le dire. La dette est pay\u00e9e, les p\u00e9ch\u00e9s sont effac\u00e9s, la r\u00e9mission est acquise. Le grand Pasteur des brebis a \u00e9t\u00e9 ramen\u00e9 d&rsquo;entre les morts par le sang de l&rsquo;alliance \u00e9ternelle. Donc, le sacrifice a \u00e9t\u00e9 accept\u00e9, et maintenant nous avons la r\u00e9demption par son sang, savoir, la r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s (H\u00e9b. 13.20, \u00c9ph. 1.7). Voil\u00e0, mes bien-aim\u00e9s, une premi\u00e8re preuve.<\/p>\n<p>En voulez-vous une autre plus concluante encore? Venez avec moi sur le mont des Oliviers. L\u00e0, contemplez J\u00e9sus levant ses mains sur ses disciples, comme autrefois le souverain sacrificateur sur la multitude, et tandis qu&rsquo;il les b\u00e9nit, voyez-le montant majestueusement vers le ciel et disparaissant sur une nu\u00e9e de devant leurs yeux. \u00ab Mais que signifie cette glorieuse ascension? demandez-vous; o\u00f9 donc va J\u00e9sus? Pourquoi, oh! pourquoi quitte-t-il ainsi la terre? \u00bb L&rsquo;ap\u00f4tre va vous r\u00e9pondre: Christ est entr\u00e9, non point dans le sanctuaire fait de la main des hommes, mais dans le ciel m\u00eame, pour compara\u00eetre maintenant pour nous devant la face de Dieu; et il est entr\u00e9 avec son propre sang, nous ayant obtenu une r\u00e9demption \u00e9ternelle; c&rsquo;est pourquoi nous avons, par le sang de J\u00e9sus, la libert\u00e9 de nous approcher de Dieu (H\u00e9b. 9.24,12; 10.19). La r\u00e9mission est donc un fait accompli: en voil\u00e0 une seconde preuve.<\/p>\n<p>\u00d4 croyant, quelles sources abondantes de consolations n&rsquo;y a-t-il pas ici pour toi! Que pourrais-je te dire que tu ne saches pas d\u00e9j\u00e0? Aussi je te laisse \u00e0 tes douces exp\u00e9riences, mon bien-aim\u00e9, pour essayer de convaincre ceux qui n&rsquo;ont pas cru au prix infini de cette r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s, acquise par l&rsquo;effusion de sang. On raconte qu&rsquo;un pasteur \u00e9minent \u00e9tant all\u00e9 visiter un inconverti sur son lit de mort, celui-ci lui dit : \u00ab M. le pasteur, je me confie en la mis\u00e9ricorde divine; certainement, puisque Dieu est infiniment bon, il ne voudra pas vouer une \u00e2me \u00e0 la condamnation \u00e9ternelle. \u00bb Plus tard, le serviteur de Dieu revint aupr\u00e8s du malade, dont l&rsquo;\u00e9tat s&rsquo;\u00e9tait aggrav\u00e9. \u00ab Oh! M. le pasteur, s&rsquo;\u00e9cria-l-il, je n&rsquo;ai plus de confiance! Je viens de r\u00e9fl\u00e9chir que si Dieu est mis\u00e9ricordieux il est juste aussi; et que ferais-je, oh! que ferais-je, si au lieu de d\u00e9ployer sa bont\u00e9 envers moi, il ne d\u00e9ployait que sa justice? Non, je ne puis plus compter sur la seule mis\u00e9ricorde de Dieu! Oh! dites-moi ce qu&rsquo;il faut que je fasse pour \u00eatre sauv\u00e9! \u00bb Le pasteur exposa alors au moribond le plan du salut; il lui dit que Christ \u00e9tait mort \u00e0 la place du p\u00e9cheur qui se confie en lui, en sorte que Dieu est juste tout en justifiant celui qui a la foi en J\u00e9sus (Rom. 3.25). Le malade \u00e9coutait avec avidit\u00e9. \u00ab Ah! monsieur, s&rsquo;\u00e9cria-t-il enfin, voil\u00e0 justement ce qu&rsquo;il me fallait; j&rsquo;avais besoin d&rsquo;un fondement solide sur lequel je puisse b\u00e2tir mes esp\u00e9rances, et vous venez de me l&rsquo;indiquer; ailleurs je ne vois qu&rsquo;incertitude et que doute. \u00bb<\/p>\n<p>Cet homme disait vrai. Non, mes amis, il n&rsquo;y a aucune paix, aucune confiance possible hors de Christ. \u00c0 part les \u00e2mes qui se confient uniquement dans le sang de J\u00e9sus, pas un de nous, j&rsquo;ose l&rsquo;affirmer, n&rsquo;a jamais rencontr\u00e9 une seule personne qui f\u00fbt pleinement assur\u00e9e de son pardon. Voyez le musulman: il ne sait rien du pardon des p\u00e9ch\u00e9s. Voyez l&rsquo;incr\u00e9dule: il n&rsquo;est jamais s\u00fbr s&rsquo;il est pardonn\u00e9 ou non. Voyez le formaliste; il dira bien: \u00ab J&rsquo;esp\u00e8re que mes p\u00e9ch\u00e9s me seront remis \u00bb, mais il n&rsquo;ose affirmer qu&rsquo;ils le sont. Je le r\u00e9p\u00e8te, celui-l\u00e0 seul poss\u00e8de l&rsquo;assurance de son salut qui croit fermement que Christ, et Christ seul a expi\u00e9 les p\u00e9ch\u00e9s par l&rsquo;effusion de son sang.<\/p>\n<p>Mais quelles sont les \u00e2mes que Christ est venu sauver? Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question, permettez-moi de vous raconter un simple fait. Le grand pr\u00e9dicateur Whitefield avait un fr\u00e8re qui avait \u00e9t\u00e9, comme lui, un fervent chr\u00e9tien; mais il s&rsquo;\u00e9tait d\u00e9tourn\u00e9 des sentiers de la pi\u00e9t\u00e9, il avait fait des chutes graves. Or, un jour, apr\u00e8s qu&rsquo;il eut reconnu ses \u00e9garements, il \u00e9tait fort troubl\u00e9 dans son \u00e2me, car il avait entendu la veille un sermon de son fr\u00e8re qui avait bless\u00e9 sa conscience jusqu&rsquo;au vif. Le soir, au souper, il s&rsquo;\u00e9cria, comme se parlant \u00e0 lui-m\u00eame: \u00ab Je suis un homme perdu! \u00bb. Et il commen\u00e7a \u00e0 g\u00e9mir et \u00e0 pleurer, en sorte qu&rsquo;il ne pouvait prendre aucune nourriture. \u2014 \u00ab Pardon, M. Whitefield, que disiez-vous, je vous prie? \u00bb demanda lady Huntingdon qui \u00e9tait assise en face de lui<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. \u00ab Madame, r\u00e9pondit-il, je disais que je suis un homme perdu.&nbsp;\u00bb \u2014 \u00ab J&rsquo;en suis fort aise, monsieur, r\u00e9pliqua-t-elle, j&rsquo;en suis fort aise. \u00bb \u2014 \u00ab Comment, madame!.. Que voulez-vous dire ? balbutia le pauvre homme au comble de l&rsquo;\u00e9tonnement; c&rsquo;est bien cruel \u00e0 vous de vous r\u00e9jouir de ce que je sois perdu&#8230;&nbsp;\u00bb \u2014 \u00ab Je le r\u00e9p\u00e8te, monsieur, j&rsquo;en suis fort aise, en v\u00e9rit\u00e9 \u00bb reprit-elle. Il la regarda, de plus en plus surpris de son inhumanit\u00e9. \u00ab Oui, M. Whitefield, j&rsquo;en suis fort aise, continua lady Huntingdon, car il est \u00e9crit : Le Fils de l&rsquo;Homme est venu chercher et sauver ce qui \u00e9tait perdu. \u00bb A l&rsquo;ou\u00efe de ces paroles, Whitefield fondit en larmes. \u00ab Quel pr\u00e9cieux passage, madame! s&rsquo;\u00e9cria-t-il, et d&rsquo;o\u00f9 vient qu&rsquo;il s&rsquo;applique en cet instant avec tant de force \u00e0 mon \u00e2me? Oh ! je b\u00e9nis Dieu de me l&rsquo;avoir fait entendre! J\u00e9sus veut donc me sauver; je remets mon esprit entre ses mains; je suis pardonn\u00e9! \u00bb Ayant dit cela, il sortit de la maison, se sentit pris d&rsquo;un malaise soudain, tomba en arri\u00e8re et expira.<\/p>\n<p>Oui, le Fils de l&rsquo;Homme est venu chercher et sauver ce qui \u00e9tait perdu! Y a-t-il ici une \u00e2me perdue? Dieu le veuille! Homme perdu! Femme perdue! O\u00f9 \u00eates-vous? Vous sentez-vous perdus sans ressource? Oh! combien j&rsquo;en suis heureux, car c&rsquo;est pour des cr\u00e9atures telles que vous qu&rsquo;a \u00e9t\u00e9 faite la r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s par l&rsquo;effusion du sang. Pauvre p\u00e9cheur! Tes yeux sont peut-\u00eatre obscurcis par les larmes de la repentance; mais regarde au travers de tes larmes, mon fr\u00e8re. Vois-tu cet homme dans le jardin de Geths\u00e9man\u00e9? Il sue pour toi des grumeaux de sang. Vois-tu cet homme attach\u00e9 sur un bois inf\u00e2me? Il a \u00e9t\u00e9 clou\u00e9 l\u00e0 pour toi. Oh! mes amis, si pour vous sauver d&rsquo;une mort certaine, je consentais \u00e0 \u00eatre clou\u00e9 aujourd&rsquo;hui sur une croix, je sais ce que vous feriez: vous vous jetteriez \u00e0 mes pieds, vous les couvririez de baisers, vous les arroseriez de larmes d&rsquo;amour et de reconnaissance. Eh bien, p\u00e9cheur, p\u00e9cheur perdu, p\u00e9cheur qui te sens tel, J\u00e9sus est mort pour toi, pour toi proprement; et s&rsquo;il est mort pour toi, tu ne peux qu&rsquo;\u00eatre sauv\u00e9, car Christ n&rsquo;est mort en vain pour personne. La question est donc celle-ci: te reconnais-tu mis\u00e9rable et indigne? Es-tu convaincu de p\u00e9ch\u00e9 parce que tu ne crois pas en Christ? S&rsquo;il en est ainsi, mon cher auditeur, je suis charg\u00e9 par mon Ma\u00eetre d&rsquo;un message pour toi: crois en son nom, et tu seras sauv\u00e9. Mais penses-tu qu&rsquo;en d\u00e9finitive tu n&rsquo;es pas un si grand p\u00e9cheur? Oh! alors, je ne sache pas que Christ soit mort pour toi. Dis-tu que tu n&rsquo;as pas besoin de repentance? Alors je n&rsquo;ai point de Christ, point de salut \u00e0 t&rsquo;annoncer. Dis-tu que tu n&rsquo;as pas besoin d&rsquo;un Sauveur? Alors je n&rsquo;ai absolument rien \u00e0 te dire que ces trois mots: la col\u00e8re \u00e0 venir!<\/p>\n<p>La col\u00e8re \u00e0 venir! Christ n&rsquo;est pas venu pour sauver les justes, les \u00e2mes satisfaites d&rsquo;elles-m\u00eames; il est venu pour sauver les m\u00e9chants. Es-tu m\u00e9chant? Le sens-tu? Es-tu perdu? Le sais-tu? Es-tu coupable? Serais-tu pr\u00eat \u00e0 le confesser en toutes occasions? Dans ce cas, je le r\u00e9p\u00e8te, mon bien-aim\u00e9, ne crains rien. Si J\u00e9sus \u00e9tait ici en cet instant, il \u00e9tendrait vers toi ses mains sanglantes et te dirait: \u00ab Pauvre p\u00e9cheur, je suis mort pour toi; veux-tu croire en moi? \u00bb J\u00e9sus n&rsquo;est pas ici en personne, mais il a envoy\u00e9 son serviteur pour te dire de sa part: \u00ab Ne veux-tu pas croire en Celui qui est mort pour toi? \u00bb \u2014 \u00ab Oh! dis-tu peut-\u00eatre, je suis un si grand p\u00e9cheur! \u00bb &#8211; \u00ab C&rsquo;est justement \u00e0 cause de cela que je suis mort, \u00bb r\u00e9pond J\u00e9sus. \u2014 \u00ab Mais je suis indigne d&rsquo;un tel sacrifice \u00bb, objectes-tu encore. \u00ab C&rsquo;est justement \u00e0 cause de ton indignit\u00e9 que j&rsquo;ai d\u00fb me sacrifier pour toi \u00bb, dit J\u00e9sus.<\/p>\n<p>\u00ab Mais j&rsquo;ai ha\u00ef Christ, \u00bb ajoutes-tu. \u00ab Mais moi, je t&rsquo;ai toujours aim\u00e9 \u00bb, reprend J\u00e9sus. \u2014 \u00ab Mais, Seigneur, j&rsquo;ai insult\u00e9 tes ministres, j&rsquo;ai m\u00e9pris\u00e9 ta Parole&#8230; \u00bb \u2013 \u00ab Tout est pardonn\u00e9, dit J\u00e9sus; le sang qui a coul\u00e9 de mon c\u00f4t\u00e9 perc\u00e9 a effac\u00e9 toutes tes transgressions. Crois seulement; je ne te demande rien de plus; et pour cela m\u00eame je t&rsquo;aiderai: je te donnerai un coeur croyant \u00e0 la place de ton coeur incr\u00e9dule. \u00bb<\/p>\n<p>Mais quelqu&rsquo;un me dira : \u00ab Pr\u00e9dicateur de l&rsquo;\u00c9vangile, vos paroles vont s\u00fbrement au-del\u00e0 de votre pens\u00e9e. Quoi? voudriez-vous dire aux hommes et aux femmes les plus d\u00e9prav\u00e9s qui sont dans cette enceinte, que la r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s a \u00e9t\u00e9 faite pour eux? \u00bb Mon cher auditeur, je veux dire pr\u00e9cis\u00e9ment ce que je dis. La voil\u00e0, la p\u00e9cheresse, la femme de mauvaise vie, qui a entra\u00een\u00e9 bien des \u00e2mes dans le vice et envoy\u00e9 bien des \u00e2mes en enfer! La voil\u00e0! Tous ses amis l&rsquo;ont chass\u00e9e de leur maison; son p\u00e8re lui-m\u00eame rougit de l&rsquo;appeler sa fille et lui a d\u00e9fendu de jamais repara\u00eetre en sa pr\u00e9sence. Femme! Te repens-tu? Pleures-tu sur tes p\u00e9ch\u00e9s? Te reconnais-tu coupable et perdue? D\u00e9testes-tu tes \u00e9garements pass\u00e9s? S&rsquo;il en est ainsi, J\u00e9sus est mort pour te sauver, et quoi que puisse dire le monde, tu seras sauv\u00e9e! \u2014 Le voil\u00e0, l&rsquo;intemp\u00e9rant, le violateur du sabbat, l&rsquo;homme fl\u00e9tri par le vice! Je le reconnais! La nuit derni\u00e8re, j&rsquo;entendis sa voix dans les rues&nbsp;comme il regagnait sa demeure, ivre, vocif\u00e9rant des blasph\u00e8mes, jetant le trouble sur son passage. Arriv\u00e9 chez lui, il maltraita sa malheureuse femme, et quant aux impr\u00e9cations qu&rsquo;il a prononc\u00e9es, Dieu seul en sait le nombre&#8230;. Eh bien! \u00e0 toi-m\u00eame, \u00f4 homme, je dis en cet instant: sens-tu combien tu es coupable? Ha\u00efs-tu tes transgressions et d\u00e9sires-tu sinc\u00e8rement y renoncer? S&rsquo;il en est ainsi, que Dieu soit b\u00e9ni! Christ est mort pour te sauver. Crois!<\/p>\n<p>\u00ab Qu&rsquo;est-ce \u00e0 dire? s&rsquo;\u00e9criera peut-\u00eatre une autre personne; faut-il donc \u00eatre un p\u00e9cheur scandaleux pour avoir part \u00e0 la r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s acquise par l&rsquo;effusion du sang de Christ? \u00bb Assur\u00e9ment non, mon cher auditeur. J&rsquo;ai re\u00e7u il y a quelques jours une lettre d&rsquo;un jeune homme qui, comptant m&rsquo;entendre cette semaine, m&rsquo;\u00e9crivait \u00e0 peu pr\u00e8s en ces termes : \u00ab Monsieur, veuillez, je vous en prie, pr\u00eacher un sermon appropri\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de mon \u00e2me, car je suis dans une grande perplexit\u00e9. J&rsquo;ai ou\u00ef dire que chacun de nous doit s&rsquo;estimer le plus coupable des hommes, sans quoi il ne peut \u00eatre sauv\u00e9: or, je fais tous mes efforts pour me croire tel, mais, vous l&rsquo;avouerai-je, monsieur, je ne puis y parvenir. Je d\u00e9sire de tout mon c\u0153ur avoir part au salut, mais je ne sais pas me repentir assez profond\u00e9ment. \u00bb Si le jeune homme qui m&rsquo;a \u00e9crit ces lignes, ou si d&rsquo;autres personnes qui pensent comme lui, sont devant moi en cet instant, voici ce que je leur dirai. Dieu ne demande pas \u00e0 tout homme de se croire le plus grand mis\u00e9rable qu&rsquo;il y ait sur la terre, par la raison toute simple que dans bien des cas, ce serait croire une fausset\u00e9, car il est \u00e9vident qu&rsquo;il y a des hommes plus m\u00e9chants les uns que les autres. Ce que Dieu demande de nous, c&rsquo;est que nous disions, chacun pour son propre compte: \u00ab Je me connais mieux que je ne connais mon prochain; je ne sais que bien imparfaitement ce qui se passe en lui, et d\u2019apr\u00e8s ce que je vois, non seulement dans ma vie, mais dans mon coeur, je ne pense pas qu&rsquo;il puisse y avoir beaucoup de mes semblables plus mauvais que moi. Aux yeux du monde, leur conduite est peut-\u00eatre plus condamnable que la mienne, mais j&rsquo;ai eu plus de lumi\u00e8res, plus de privil\u00e8ges, plus d&rsquo;avertissements, plus d&rsquo;occasions de conna\u00eetre Dieu qu&rsquo;ils n&rsquo;en ont eu, en sorte qu&rsquo;en r\u00e9alit\u00e9, je suis plus inexcusable. \u00bb Voil\u00e0 ce que nous devrions penser, mes chers amis. Je ne vous dis pas de faire compara\u00eetre votre fr\u00e8re avec vous devant le Seigneur, en disant, comme pour vous recommander \u00e0 la faveur divine: \u00ab Je suis plus coupable que lui. \u00bb Non; je voudrais bien plut\u00f4t que vous vous pr\u00e9sentassiez seul devant Dieu, en murmurant, comme l&rsquo;enfant prodigue: \u00ab P\u00e8re, j&rsquo;ai p\u00e9ch\u00e9! \u00bb Peu importe, jeune homme, que ton fr\u00e8re ait plus ou moins p\u00e9ch\u00e9 que toi; peu importe, jeune fille, que ta s\u0153ur se soit plus ou moins \u00e9gar\u00e9e que toi; ce qui importe, c&rsquo;est que vous vous \u00e9criiez l&rsquo;un et l&rsquo;autre en vous frappant la poitrine: \u00ab \u00d4 Dieu! Sois apais\u00e9 envers moi qui suis p\u00e9cheur! \u00bb C&rsquo;est l\u00e0 tout ce que vous avez \u00e0 faire.<\/p>\n<p>Je termine. \u00d4 vous tous qui vous sentez perdus, encore une fois je vous le dis: Venez \u00e0 Christ! venez \u00e0 lui, et vous serez les bienvenus. Il n&rsquo;est pas un seul p\u00e9cheur contrit et humili\u00e9 dans le monde qui ne puisse avoir part \u00e0 la r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s que Christ a acquise au prix de son sang, et se glorifier dans l\u2019esp\u00e9rance de la gloire de Dieu. F\u00fbt-elle noire comme l&rsquo;enfer, votre \u00e2me peut devenir, dans l&rsquo;espace d&rsquo;un instant, aussi pure que le ciel. Je sais, h\u00e9las! Je sais que ce n&rsquo;est pas sans une lutte d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e que le p\u00e9cheur parvient \u00e0 saisir la promesse du salut; mais du moment qu&rsquo;il croit, toute lutte cesse; c&rsquo;est l\u00e0 sa premi\u00e8re victoire: glorieuse et sainte victoire! Oh! mes bien-aim\u00e9s, puissent les paroles de ce cantique \u00eatre en cet instant m\u00eame le langage de votre c\u0153ur; retenez-les, adoptez-les, et qu&rsquo;elles deviennent le cri habituel de vos \u00e2mes:<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab Mis\u00e9rable et perdu, sans force et sans d\u00e9fense,<\/em><\/p>\n<p><em>Je me jette, \u00f4 Christ, dans tes bras !<\/em><\/p>\n<p><em>Donne-moi saintet\u00e9, pardon et d\u00e9livrance :<\/em><\/p>\n<p><em>Tu l&rsquo;as promis, tu le feras ! \u00bb<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>FIN.<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> \u00c0 ceux de nos lecteurs qui ne conna\u00eetraient point le nom de lady Huntingdon, nous dirons que cette dame, illustre par sa naissance, par ses talents, et surtout par son \u00e9minente pi\u00e9t\u00e9, consacra au service de son divin Ma\u00eetre tous les dons qu&rsquo;elle avait re\u00e7us de lui. Elle v\u00e9cut \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque du grand r\u00e9veil religieux qui eut lieu en Angleterre le si\u00e8cle dernier, et d\u00e9pensa une fortune consid\u00e9rable, soit \u00e0 construire des lieux de culte, soit \u00e0 pourvoir aux besoins temporels des fid\u00e8les serviteurs de Dieu qui passaient leur vie \u00e0 annoncer l&rsquo;\u00c9vangile. Le c\u00e9l\u00e8bre Whitefield \u00e9tait l&rsquo;un de ses amis les plus intimes (voir pour plus de d\u00e9tails l&rsquo;int\u00e9ressant ouvrage intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Lady Huntingdon et ses amis&nbsp;\u00bb, 1858, publi\u00e9 par la Soci\u00e9t\u00e9 de Toulouse).<\/p>\n<p>Traduit pour la \u2018Soci\u00e9t\u00e9 des Livres Religieux\u2019, Toulouse, 1860, r\u00e9\u00e9dit\u00e9 par Danny Therrien et Hugo Lacasse<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sans effusion de sang, il ne se fait point de r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s. (H\u00e9b. 9 22) Mes chers auditeurs, voulez-vous voir trois fous? Je vais vous les montrer. L&rsquo;un est ce soldat qui vient de tomber sur le champ de bataille. Il est bless\u00e9, gri\u00e8vement bless\u00e9. 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