{"id":129,"date":"2018-08-16T12:48:27","date_gmt":"2018-08-16T12:48:27","guid":{"rendered":"http:\/\/sauvepargrace.com\/?p=129"},"modified":"2020-04-11T13:38:26","modified_gmt":"2020-04-11T13:38:26","slug":"solennel-avertissement-a-ceux-qui-font-profession-de-piete-charles-h-spurgeon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/sermons\/solennel-avertissement-a-ceux-qui-font-profession-de-piete-charles-h-spurgeon\/","title":{"rendered":"Solennel Avertissement (Charles H. Spurgeon)"},"content":{"rendered":"<p>Car il y en a plusieurs qui ont une telle conduite, que je vous ai dit souvent et que je vous le dis maintenant encore en pleurant, qu&rsquo;ils sont ennemis de la croix de Christ ; dont la fin sera la perdition ; qui ont leur ventre pour Dieu, qui mettent leur gloire, dans ce qui est leur confusion, et qui attachent leurs affections aux choses de la terre (Phi 3:18,19).<\/p>\n<p>MES CHERS AUDITEURS, Saint Paul nous offre le mod\u00e8le accompli d&rsquo;un ministre chr\u00e9tien. Pasteur vigilant, il se pr\u00e9occupait sans cesse du troupeau confi\u00e9 \u00e0 ses soins. Il ne se bornait pas \u00e0 pr\u00eacher l\u2019\u00c9vangile et ne croyait pas avoir rempli tout son devoir en annon\u00e7ant le salut ; mais ses yeux \u00e9taient toujours ouverts sur les \u00c9glises qu&rsquo;il avait fond\u00e9es, suivant avec un int\u00e9r\u00eat jaloux ou leurs progr\u00e8s ou leur d\u00e9clin dans la foi. Lorsqu&rsquo;il dut aller proclamer ailleurs l&rsquo;\u00c9vangile \u00e9ternel, il ne cessa point de veiller au bien-\u00eatre spirituel de ces brillantes colonies chr\u00e9tiennes de la Gr\u00e8ce et de l&rsquo;Asie Mineure, qu&rsquo;il avait sem\u00e9es au milieu des t\u00e9n\u00e8bres du paganisme, et tandis qu&rsquo;il allumait de nouvelles lampes au flambeau de la v\u00e9rit\u00e9, il n&rsquo;avait garde de n\u00e9gliger celles qui br\u00fblaient d\u00e9j\u00e0. C&rsquo;est ainsi que dans notre texte il donne \u00e0 la petite \u00c9glise de Philippes une preuve de sa sollicitude, en lui adressant des conseils et des avertissements.<\/p>\n<p>Et l&rsquo;ap\u00f4tre n&rsquo;\u00e9tait pas moins fid\u00e8le que vigilant. Lorsqu&rsquo;il voyait du p\u00e9ch\u00e9 dans les \u00c9glises, il n&rsquo;h\u00e9sitait pas \u00e0 le leur signaler. Il ne ressemblait point au plus grand nombre de nos modernes pr\u00e9dicateurs, qui se vantent de n&rsquo;avoir jamais \u00e9t\u00e9 personnels ou blessants, et qui mettent ainsi leur gloire dans ce qui est leur confusion ; car eussent-ils \u00e9t\u00e9 fid\u00e8les, eussent-ils expos\u00e9 sans m\u00e9nagements tout le conseil de Dieu, ils auraient infailliblement, une fois ou l&rsquo;autre, bless\u00e9 la conscience de leurs auditeurs. Paul agissait tout diff\u00e9remment : il ne craignait pas d&rsquo;attaquer de front les p\u00e9cheurs, et non seulement il avait le courage de d\u00e9clarer la v\u00e9rit\u00e9, mais il savait au besoin insister sur cette v\u00e9rit\u00e9 : \u00ab Je vous l&rsquo;ai dit souvent et je vous le dis maintenant encore, que plusieurs parmi vous sont ennemis de la croix de Christ. \u00bb<\/p>\n<p>Mais si, d&rsquo;une part, l&rsquo;ap\u00f4tre \u00e9tait fid\u00e8le, de l&rsquo;autre, il \u00e9tait plein de tendresse. Il aimait v\u00e9ritablement, comme tout ministre de Christ devrait le faire, il aimait v\u00e9ritablement les \u00e2mes dont il avait charge. S&rsquo;il ne pouvait souffrir qu&rsquo;aucun membre des \u00c9glises plac\u00e9es sous sa direction s&rsquo;\u00e9cart\u00e2t de la v\u00e9rit\u00e9, il ne pouvait non plus les reprendre sans verser des larmes. Il ne savait pas brandir la foudre d&rsquo;un \u0153il sec, ni d\u00e9noncer les jugements de Dieu d&rsquo;un ton froid et indiff\u00e9rent. Des pleurs jaillissaient de ses yeux, tandis que sa bouche pronon\u00e7ait les plus terribles menaces, et quand il censurait, son c\u0153ur battait si fort de compassion et d&rsquo;amour, que ceux-l\u00e0 m\u00eame auxquels il s&rsquo;adressait ne pouvaient douter de l&rsquo;affection qui lui dictait ses censures : \u00ab Je vous l&rsquo;ai dit souvent et je vous le dis maintenant encore en pleurant. \u00bb<\/p>\n<p>Mes bien-aim\u00e9s, l&rsquo;avertissement solennel que Paul adressait autrefois aux Philippiens dans des paroles de mon texte, je viens vous le faire entendre aujourd&rsquo;hui \u00e0 vous-m\u00eames. Et cet avertissement, je le crains, est non moins n\u00e9cessaire de nos jours que du temps de l&rsquo;ap\u00f4tre, car de nos jours comme alors, il y en a plusieurs dans les \u00c9glises dont la conduite t\u00e9moigne hautement qu&rsquo;ils sont ennemis de la croix de Christ. Que dis-je ? Le mal, bien loin de diminuer, me semble gagner chaque jour du terrain.<\/p>\n<p>Il y a, dans notre si\u00e8cle, un plus grand nombre de personnes qui font profession de pi\u00e9t\u00e9 que dans celui de saint Paul, mais il y a aussi plus d&rsquo;hypocrites. Nos \u00c9glises, je le dis \u00e0 leur honte, tol\u00e8rent dans leur sein des membres qui n&rsquo;ont aucun droit \u00e0 ce titre, des membres qui seraient fort bien plac\u00e9s dans une salle de festin ou dans tout autre lieu de dissipation et de folie, mais qui jamais ne devraient tremper leurs l\u00e8vres dans la coupe sacramentelle ou manger le pain mystique, embl\u00e8me des souffrances de notre Seigneur. Oui, en vain chercherait-on \u00e0 se le dissimuler, il en est plusieurs parmi nous (et si tu revenais \u00e0 la vie, \u00f4 Paul, combien ne te sentirais-tu pas press\u00e9 de nous le dire, et quelles larmes am\u00e8res ne verserais-tu pas en nous le disant !), il en est plusieurs parmi nous qui sont ennemis de la croix de Christ, et cela parce qu&rsquo;ils ont leur ventre pour Dieu, qu&rsquo;ils attachent leurs affections aux choses de la terre, et que leur conduite est en complet d\u00e9saccord avec la sainte loi de Dieu.<\/p>\n<p>Je me propose, mes fr\u00e8res, de rechercher avec vous la cause de la douleur extraordinaire de l&rsquo;ap\u00f4tre.&nbsp; Je dis : douleur extraordinaire, car l&rsquo;homme que mon texte nous repr\u00e9sente comme versant des larmes, n&rsquo;\u00e9tait pas, vous le savez, un de ces esprits faibles, d&rsquo;une sensibilit\u00e9 maladive et toujours pr\u00eats \u00e0 s&rsquo;\u00e9mouvoir. Je ne lis nulle part dans l&rsquo;\u00c9criture que l&rsquo;ap\u00f4tre pleura sous le coup de la pers\u00e9cution. Lorsque, selon l&rsquo;expression du Psalmiste, l&rsquo;on tra\u00e7ait des sillons sur son dos, lorsque les soldats romains le lac\u00e9raient de leurs verges, je ne sache pas qu&rsquo;une seule larme se soit \u00e9chapp\u00e9e de ses yeux. \u00c9tait-il jet\u00e9 en prison ? Il chantait et ne g\u00e9missait pas. Mais si jamais Paul ne pleura par suite des souffrances auxquelles il s&rsquo;exposait pour l&rsquo;amour de Christ, il pleura, nous le voyons, en \u00e9crivant aux Philippiens. La cause de ses larmes \u00e9tait triple : il pleurait, d&rsquo;abord, \u00e0 cause : DU P\u00c9CH\u00c9 de certains membres de l&rsquo;\u00c9glise ; en second lieu, \u00e0 cause DES F\u00c2CHEUX EFFETS DE LEUR CONDUITE, et enfin, \u00e0 cause du SORT qui les attendait.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>I.<\/strong><\/p>\n<p>D&rsquo;abord, avons-nous dit, Paul pleurait \u00e0 cause du P\u00c9CH\u00c9 de ces formalistes qui, bien que faisant ext\u00e9rieurement partie d&rsquo;une \u00c9glise chr\u00e9tienne, ne marchaient pas de droit pied devant Dieu, et devant les hommes. Et remarquez l&rsquo;accusation qu&rsquo;il porte contre eux : ils ont leur ventre pour Dieu, \u00e9crit-il. Leur sensualit\u00e9 : tel est donc le premier p\u00e9ch\u00e9 que leur reproche l&rsquo;ap\u00f4tre.<\/p>\n<p>Il y avait en effet, dans l&rsquo;\u00c9glise primitive, des gens qui apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre assis \u00e0 la table du Seigneur, allaient participer aux banquets des pa\u00efens, et l\u00e0 se, livraient sans contrainte aux exc\u00e8s du manger et du boire. D&rsquo;autres, s&rsquo;abandonnant aux abominables convoitises de la chair, se plongeaient dans ces plaisirs (faussement ainsi nomm\u00e9s) qui non seulement perdent l&rsquo;\u00e2me, mais qui infligent au corps lui-m\u00eame son juste ch\u00e2timent. D&rsquo;autres encore, sans tomber dans d&rsquo;aussi honteux d\u00e9bordements, se pr\u00e9occupaient beaucoup plus de la parure du dehors que de celle du dedans, de la nourriture de l&rsquo;homme ext\u00e9rieur que de la vie de l&rsquo;homme int\u00e9rieur ; en sorte que tout autant que les pr\u00e9c\u00e9dents, quoique d&rsquo;une autre mani\u00e8re, ils se faisaient un Dieu de leur ventre.<\/p>\n<p>Eh bien, mes chers auditeurs, je vous le demande&nbsp;: ce grave reproche de l&rsquo;ap\u00f4tre nous est-il moins applicable qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00c9glise de Philippes ? Nous serait-il impossible de trouver parmi les membres de nos troupeaux des personnes qui d\u00e9ifient en quelque sorte leur propre chair, qui se rendent \u00e0 elles-m\u00eames un culte idol\u00e2tre, qui s&rsquo;inclinent devant la partie la plus grossi\u00e8re, la plus mat\u00e9rielle de leur \u00eatre ? N&rsquo;est-il pas notoire, n&rsquo;est-il pas incontestable, au contraire, qu&rsquo;il est des hommes faisant profession de pi\u00e9t\u00e9 qui caressent leur chair, qui flattent leurs app\u00e9tits sensuels tout autant que des mondains d\u00e9clar\u00e9s pourraient le faire ? N&rsquo;y en a-t-il pas qui sont amateurs des plaisirs de la table, qui se d\u00e9lectent dans le bien-\u00eatre, dans le luxe, dans les volupt\u00e9s de la vie pr\u00e9sente ? N&rsquo;y en a-t-il pas qui d\u00e9pensent sans scrupule toute une fortune pour l&rsquo;ornement de leur corps p\u00e9rissable, sans songer qu&rsquo;en se parant ainsi eux-m\u00eames, ils d\u00e9parent la cause du Sauveur qu&rsquo;ils pr\u00e9tendent servir ? N&rsquo;y en a-t-il pas dont l&rsquo;affaire de tous les instants consiste \u00e0 rechercher leurs aises, et dont la chair et le sang n&rsquo;ont jamais eu lieu de se plaindre, car non seulement ils en sont les esclaves, mais encore ils en font leur Dieu ?<\/p>\n<p>Ah ! mes fr\u00e8res, il y a de grandes taches dans l&rsquo;\u00c9glise, il y a de grands scandales. Des brebis tar\u00e9es se sont introduites dans le troupeau. De faux fr\u00e8res se glissent parmi nous, comme des serpents sous l&rsquo;herbe, et le plus souvent on ne les d\u00e9couvre que lorsqu&rsquo;ils ont inflig\u00e9 une douloureuse blessure \u00e0 la religion et occasionn\u00e9 un s\u00e9rieux dommage \u00e0 la glorieuse cause de notre Ma\u00eetre. Je le r\u00e9p\u00e8te avec une profonde tristesse, mais avec une pleine conviction, il y en a plusieurs dans nos \u00c9glises &#8211; et je parle \u00e9galement des \u00c9glises dissidentes et de l\u2019\u00c9glise \u00e9tablie &#8211; ( M. Spurgeon lui-m\u00eame appartient \u00e0 une \u00c9glise dissidente) &#8211; auxquels ne s&rsquo;appliquent que trop bien ces s\u00e9v\u00e8res paroles de l&rsquo;ap\u00f4tre : ils ont leur ventre pour Dieu.<\/p>\n<p>Un second reproche que Paul adressait aux pr\u00e9tendus chr\u00e9tiens de Philippes \u00e9tait qu&rsquo;ils attachaient leurs affections aux choses de la terre.<\/p>\n<p>Mes bien-aim\u00e9s, il se peut que l&rsquo;accusation pr\u00e9c\u00e9dente n&rsquo;ait pas atteint vos consciences ; mais, en pr\u00e9sence de celle-ci, il me semble bien difficile que vous puissiez trouver un \u00e9chappatoire. Il y a plus : j&rsquo;affirme que le mal signal\u00e9 ici par l&rsquo;ap\u00f4tre a envahi de nos jours la majeure partie de l&rsquo;\u00c9glise de Christ. Pour s&rsquo;en convaincre, il suffit d&rsquo;ouvrir les yeux \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence.<\/p>\n<p>Ainsi, par exemple, c&rsquo;est une anomalie, mais c&rsquo;est un fait qu&rsquo;il existe aujourd&rsquo;hui des chr\u00e9tiens ambitieux. Le Sauveur a d\u00e9clar\u00e9, il est vrai, que celui qui veut \u00eatre \u00e9lev\u00e9 doit s&rsquo;abaisser lui-m\u00eame; aussi, pensait-on autrefois que le chr\u00e9tien \u00e9tait un homme simple, modeste, s&rsquo;accommodant aux choses basses ; mais dans notre si\u00e8cle, il n&rsquo;en est plus ainsi. Parmi les pr\u00e9tendus disciples de l&rsquo;humble Galil\u00e9en il est, au contraire, des gens qui aspirent \u00e0 parvenir au premier \u00e9chelon des grandeurs humaines, et dont l&rsquo;unique pens\u00e9e est non de glorifier Christ, mais de se glorifier eux-m\u00eames \u00e0 tout prix.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi encore (honte \u00e0 vous, \u00f4 \u00c9glises !) que nous comptons dans nos rangs des personnes qui, tout en ayant certaines apparences de pi\u00e9t\u00e9, ne sont pas moins mondaines que les plus mondains, et qui ne savent pas plus ce qu&rsquo;est l&rsquo;Esprit de Christ que les plus charnels des gens du dehors. C&rsquo;est ainsi \u00e9galement qu&rsquo;il y a des chr\u00e9tiens avares. Sans doute, c&rsquo;est encore un paradoxe : autant vaudrait parler, ce semble, de la souillure des s\u00e9raphins ou de l&rsquo;imperfection de la perfection que de l&rsquo;avarice d&rsquo;un disciple de J\u00e9sus ; et pourtant (j&rsquo;en appelle \u00e0 chacun de ceux qui m&rsquo;entendent), ne rencontre-t-on pas tous les jours des soi-disant chr\u00e9tiens dont les cordons de bourse ne se d\u00e9lient que difficilement au cri du pauvre, qui d\u00e9corent leur amour de l&rsquo;argent du nom de prudence, et qui, au lieu de faire servir leurs biens \u00e0 l&rsquo;avancement du r\u00e8gne de Christ, ne pensent qu&rsquo;\u00e0 th\u00e9sauriser ! Je vais plus loin, et je dis que si l&rsquo;on veut trouver des hommes inflexibles en affaires, avides de s&rsquo;enrichir, durs envers leurs cr\u00e9anciers, des hommes rapaces, sordides, d\u00e9loyaux, qui, \u00e0 l&rsquo;exemple des Pharisiens d&rsquo;autrefois, ne se font pas scrupule de d\u00e9vorer les maisons des veuves, je dis que si l&rsquo;on veut trouver de tels hommes, c&rsquo;est souvent au sein de nos \u00c9glises qu&rsquo;il faut aller les chercher. Mes fr\u00e8res, cet aveu, je rougis de le faire, mais je le dois, car c&rsquo;est la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Oui, parmi les membres les plus consid\u00e9r\u00e9s de nos troupeaux, parmi ceux-l\u00e0 m\u00eame qui occupent des charges eccl\u00e9siastiques au milieu de nous, vous en trouverez qui attachent leurs affections aux choses de la terre, et qui ne poss\u00e8dent absolument rien de cette vie cach\u00e9e avec Christ en Dieu, sans laquelle il n&rsquo;existe point de vraie pi\u00e9t\u00e9. Ai-je besoin de l&rsquo;ajouter, ces grands maux ne sont pas les fruits d&rsquo;une saine religion, mais bien ceux d&rsquo;un vain formalisme. Dieu en soit b\u00e9ni, le r\u00e9sidu des \u00e9lus est pr\u00e9serv\u00e9 de ces funestes tendances, mais la masse des chr\u00e9tiens de nom, qui envahit nos \u00c9glises, en est atteinte d&rsquo;une mani\u00e8re d\u00e9plorable.<\/p>\n<p>Un dernier trait par &lsquo;lequel l&rsquo;ap\u00f4tre caract\u00e9rise les faux fr\u00e8res de Philippes est celui-ci : ils mettent leur gloire dans ce qui est leur confusion. C&rsquo;est bien l\u00e0, en effet, une disposition naturelle au formaliste. Il tire vanit\u00e9 de ses p\u00e9ch\u00e9s m\u00eames ; bien plus, il les appelle des vertus. Son hypocrisie est de la droiture ; son faux z\u00e8le, de la ferveur. Les subtils poisons de Satan, il les rev\u00eat de l&rsquo;\u00e9tiquette des salutaires rem\u00e8des de Christ. Ce qu&rsquo;il nommerait vice chez les autres, il le nomme qualit\u00e9 chez lui-m\u00eame. S&rsquo;il voyait son prochain commettre la m\u00eame action qu&rsquo;il vient d&rsquo;accomplir tout \u00e0 l&rsquo;heure, si la vie de celui-ci offrait l&rsquo;image parfaite de la sienne propre, oh ! comme il tonnerait contre lui ! Son empressement \u00e0 s&rsquo;acquitter des devoirs ext\u00e9rieurs de la religion est exemplaire ; il est le plus strict des sabbatistes, le plus scrupuleux des Pharisiens, le plus aust\u00e8re des d\u00e9vots. S&rsquo;agit-il de relever la moindre faiblesse dans la conduite d&rsquo;autrui, nul ne le d\u00e9passe en habilet\u00e9 ; et tandis qu&rsquo;il caresse tout \u00e0 son aise son p\u00e9ch\u00e9 favori, il ne regarde les fautes de ses fr\u00e8res qu&rsquo;\u00e0 travers un verre grossissant. Quant \u00e0 sa conduite \u00e0 lui, elle n&rsquo;est du ressort de personne. Il peut p\u00e9cher avec impunit\u00e9 ; et si son pasteur se hasardait \u00e0 lui adresser quelques observations, il s&rsquo;indignerait et crierait \u00e0 la calomnie. Les remontrances pas plus que les avertissements ne l&rsquo;atteignent. N&rsquo;est-il pas un membre de l&rsquo;\u00c9glise ? N&rsquo;en accomplit-il pas exactement les rites et les ordonnances ? Qui oserait mettre en doute sa pi\u00e9t\u00e9 ?<\/p>\n<p>Oh ! mes fr\u00e8res, mes fr\u00e8res, ne vous faites point illusion ! Beaucoup de pr\u00e9tendus membres de l\u2019\u00c9glise seront un jour membres de l&rsquo;enfer. Beaucoup d&rsquo;hommes admis dans l&rsquo;une ou l&rsquo;autre de nos communions chr\u00e9tiennes, qui ont re\u00e7u les eaux du bapt\u00eame, qui s&rsquo;approchent de nos tables sacr\u00e9es, qui peut-\u00eatre m\u00eame ont la r\u00e9putation d&rsquo;\u00eatre vivants, n&rsquo;en sont pas moins, sous le rapport spirituel, aussi morts que des cadavres dans leurs s\u00e9pulcres. Il est si facile aujourd&rsquo;hui de se faire passer pour un enfant de Dieu ! En fait de renoncement, d&rsquo;amour pour Christ, de mortification de la chair, on est peu exigeant&nbsp;: apprenez seulement quelques cantiques, d\u00e9bitez quelques banalit\u00e9s pieuses, quelques phrases de convention, et vous en imposerez aux \u00e9lus m\u00eames. Attachez-vous \u00e0 une \u00c9glise quelconque, conduisez-vous ext\u00e9rieurement de telle sorte qu&rsquo;on puisse vous dire respectable, et si vous ne parvenez pas \u00e0 tromper les plus clairvoyants, du moins vous aurez une r\u00e9putation de pi\u00e9t\u00e9 assez bien \u00e9tablie pour vous permettre de marcher, le c\u0153ur l\u00e9ger et la conscience \u00e0 l&rsquo;aise, dans le chemin de la perdition.<\/p>\n<p>Je le sais, mes bien-aim\u00e9s, je dis des choses dures, mais ce sont des choses vraies ; c&rsquo;est pourquoi je ne puis les taire. Mon sang bouillonne quelquefois dans mes veines, lorsque je rencontre des hommes dont la conduite me fait honte, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 desquels j&rsquo;oserais \u00e0 peine m&rsquo;asseoir, et qui pourtant me traitent avec assurance de fr\u00e8re. Quoi ? ils vivent dans le p\u00e9ch\u00e9, et ils nomment un chr\u00e9tien leur (fr\u00e8re ! Je prie Dieu de leur pardonner leur \u00e9garement ; mais je le d\u00e9clare, je ne puis en aucune fa\u00e7on fraterniser avec eux ; je ne le veux m\u00eame pas, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;ils se conduisent d&rsquo;une mani\u00e8re digne de leur vocation.<\/p>\n<p>Assur\u00e9ment, tout homme qui se fait un Dieu de son ventre, et qui met sa gloire dans ce qui est sa confusion, est bien coupable ; mais lorsque cet homme se drape du manteau de la religion, lorsqu&rsquo;il conna\u00eet la v\u00e9rit\u00e9, qu&rsquo;il l&rsquo;enseigne m\u00eame au besoin, qu&rsquo;il fait ouvertement profession d&rsquo;\u00eatre un serviteur de Christ, combien n&rsquo;est-il pas plus coupable encore ! Concevez-vous, mes fr\u00e8res, un crime plus \u00e9pouvantable que celui de l&rsquo;audacieux hypocrite qui, mentant \u00e0 Dieu et \u00e0 sa conscience, d\u00e9clare solennellement qu&rsquo;il appartient au Seigneur et que le Seigneur lui appartient, puis qui s&rsquo;en va vivre comme vit le monde, marche suivant le train du pr\u00e9sent si\u00e8cle, commet les m\u00eames injustices, poursuit les m\u00eames buts, use des m\u00eames moyens que ceux qui ne se sont jamais r\u00e9clam\u00e9s du nom de Christ ? Ah! s&rsquo;il y avait dans cette assembl\u00e9e quelqu&rsquo;un qui dut s&rsquo;avouer que ce p\u00e9ch\u00e9 est le sien, qu&rsquo;il pleure, oui, qu&rsquo;il pleure des larmes de sang, car l&rsquo;\u00e9normit\u00e9 de son forfait est plus grande qu&rsquo;on ne saurait dire !<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>II.<\/strong><\/p>\n<p>Mais si l&rsquo;ap\u00f4tre pleurait, comme nous venons de le voir, \u00e0 cause du p\u00e9ch\u00e9 de ces hommes qui n&rsquo;avaient de chr\u00e9tien que le nom, il pleurait plus encore peut-\u00eatre \u00e0 cause DES F\u00c2CHEUX EFFETS DE LEUR CONDUITE, car il ajoute ce mot si \u00e9nergique dans sa bri\u00e8vet\u00e9 : ils sont ennemis de la croix de Christ. Oui, tu dis vrai, \u00f4 Paul ! Sans doute, le sceptique, l&rsquo;incr\u00e9dule sont des ennemis de la croix de ton Ma\u00eetre ; le blasph\u00e9mateur, le profane, le sanguinaire H\u00e9rode le sont aussi ; mais les ennemis par excellence de cette croix sacr\u00e9e, les soldats d&rsquo;\u00e9lite de l&rsquo;arm\u00e9e de Satan, ce sont ces chr\u00e9tiens pharisa\u00efques, blanchis au dehors d&rsquo;une couche de pi\u00e9t\u00e9, mais remplis au-dedans, de toute sorte de pourriture.<\/p>\n<p>Oh ! il me semble qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;exemple de l&rsquo;ap\u00f4tre, tout enfant de Dieu devrait verser des larmes br\u00fblantes, \u00e0 la pens\u00e9e que les plus rudes coups port\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00c9vangile lui viennent de ceux-l\u00e0 m\u00eame qui s&rsquo;en disent les disciples. Il me semble qu&rsquo;il devrait \u00e9prouver une douleur \u00e0 nulle autre pareille en voyant J\u00e9sus bless\u00e9 chaque jour par ceux qui pr\u00e9tendent \u00eatre \u00e0 lui. Regardez ! Voici :mon Sauveur qui s&rsquo;avance, les pieds et les mains ensanglant\u00e9s&#8230; Oh! mon J\u00e9sus, mon J\u00e9sus ! Qui \u00e0 fait couler de nouveau ton sang ? Que signifient ces blessures ? Pourquoi as-tu l&rsquo;air si triste ? &#8211; \u00ab J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 bless\u00e9, r\u00e9pond-il, et o\u00f9 penses-tu que j&rsquo;aie re\u00e7u le coup ? \u00bb &#8211; S\u00fbrement, Seigneur, tu as \u00e9t\u00e9 bless\u00e9 dans la maison d&rsquo;intemp\u00e9rance ou de d\u00e9bauche, tu as \u00e9t\u00e9 bless\u00e9 au banc des moqueurs ou dans l&rsquo;assembl\u00e9e des impies. &#8211; \u00ab Non, dit J\u00e9sus ; j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 bless\u00e9 dans la maison de mes amis (Za 8:6) ; ces plaies m&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 faites par des hommes qui portent mon nom, s&rsquo;assoient \u00e0 ma table et parlent mon langage. Ce sont eux qui m&rsquo;ont perc\u00e9, qui m&rsquo;ont crucifi\u00e9 de nouveau, qui m&rsquo;ont livr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ignominie\u2026<\/p>\n<p>Percer Christ, le livrer \u00e0 l&rsquo;ignominie tout en faisant profession d&rsquo;\u00eatre \u00e0 lui ! Ne semble-t-il pas, mes chers auditeurs, qu&rsquo;un p\u00e9ch\u00e9 si odieux ne devrait pas exister ? Toutefois, h\u00e9las, il est plus commun qu&rsquo;on ne pense.<\/p>\n<p>L&rsquo;histoire rapporte que C\u00e9sar, expirant sous les coups de ses meurtriers, ne perdit son empire sur lui-m\u00eame que lorsqu&rsquo;il vit son ami Brutus s&rsquo;avancer pour le frapper \u00e0 son tour. \u00ab Et toi, Brutus ! \u00bb s&rsquo;\u00e9cria-t-il alors, et se couvrant la t\u00eate de son manteau, il pleura. De m\u00eame, mes fr\u00e8res, si Christ apparaissait au milieu de cette assembl\u00e9e, ne pourrait-il pas dire \u00e0 plusieurs d&rsquo;entre vous, en se voilant la face de tristesse, ou plut\u00f4t en faisant \u00e9clater sa juste indignation : \u00ab Et toi, qui t&rsquo;es introduit dans mon \u00c9glise, et toi qui te dis mon disciple, me frappes-tu aussi ?&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Si je dois \u00eatre vaincu dans la bataille, que ce soient mes opposants qui me vainquent, mais que du moins mes alli\u00e9s, ne me trahissent pas. Si la citadelle que je suis pr\u00eat \u00e0 d\u00e9fendre jusqu&rsquo;\u00e0 mon dernier soupir doit \u00eatre prise, que l&rsquo;ennemi y entre en marchant sur mon cadavre, mais encore une fois, que mes amis ne me trahissent pas. Ah ! si le soldat qui combat \u00e0 mon c\u00f4t\u00e9 me vendait \u00e0 mes adversaires, mon c\u0153ur serait deux fois bris\u00e9 ; il le serait d&rsquo;abord par la d\u00e9faite, et ensuite par la trahison.<\/p>\n<p>Lors des guerres religieuses que nos fr\u00e8res d&rsquo;Helv\u00e9tie eurent \u00e0 soutenir pour le maintien de leurs libert\u00e9s, une poign\u00e9e de protestants d\u00e9fendaient vaillamment un d\u00e9fil\u00e9 contre un corps d&rsquo;arm\u00e9e consid\u00e9rable. Quoiqu&rsquo;ils eussent vu leurs fr\u00e8res, leurs amis, tomber \u00e0 leurs c\u00f4t\u00e9s, quoiqu\u2019eux-m\u00eames fussent \u00e9puis\u00e9s de fatigue et pr\u00eats \u00e0 d\u00e9faillir, ils n&rsquo;en continuaient pas moins \u00e0 combattre, avec une intr\u00e9pidit\u00e9 h\u00e9ro\u00efque. Mais soudain, un cri se fait entendre, un cri per\u00e7ant, un cri terrible ! L&rsquo;ennemi gravit une \u00e9minence, et va envelopper la petite bande des r\u00e9form\u00e9s. \u00c0 cette vue, leur chef fr\u00e9mit d&rsquo;indignation ; il grince des dents, il frappe du pied, car il a compris qu&rsquo;un tra\u00eetre, qu&rsquo;un l\u00e2che protestant a d\u00fb vendre ses fr\u00e8res \u00e0 leurs implacables ennemis. Se tournant alors vers ses gens : \u00ab En avant ! \u00bb s&rsquo;\u00e9crie-t-il, du ton d&rsquo;un homme qui n&rsquo;esp\u00e8re plus. Et comme des lions qui fondent sur leur proie, ces braves s&rsquo;\u00e9lancent au-devant de leurs ennemis, pr\u00eats maintenant \u00e0 mourir, puisqu&rsquo;un des leurs les a trahis.<\/p>\n<p>Mes fr\u00e8res, c&rsquo;est un sentiment de cette nature qui s&#8217;empare du courageux soldat de la croix quand il voit un de ses compagnons de service d\u00e9shonorer le drapeau de son divin Chef et trahir sa sainte cause. Pour ma part, je n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 le dire, ce que je crains, ce ne sont pas les ennemis d\u00e9clar\u00e9s, ce sont les faux amis. Qu&rsquo;il y ait mille d\u00e9mons hors de l\u2019\u00c9glise plut\u00f4t qu&rsquo;un seul dans son sein ! Ne nous inqui\u00e9tons pas des attaques de ceux du dehors ; mais prenons garde, oh ! prenons garde \u00e0 ces loups ravissants qui viennent \u00e0 nous en habits de brebis. C&rsquo;est contre eux que les ministres de la Parole doivent d\u00e9noncer avec une sainte col\u00e8re les terribles jugements de Dieu ; c&rsquo;est sur eux qu&rsquo;ils doivent verser les plus am\u00e8res de leurs larmes, car ils sont les plus dangereux ennemis de la croix de Christ.<\/p>\n<p>Mais pr\u00e9cisons davantage et indiquons sommairement quelques-uns des f\u00e2cheux effets qui r\u00e9sultent de la pr\u00e9sence des formalistes dans l\u2019\u00c9glise.<\/p>\n<p>En premier lieu, ils contristent et affligent singuli\u00e8rement le corps de Christ, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;ensemble des fid\u00e8les. Ils sont la cause, sans contredit, des g\u00e9missements les plus douloureux qui se soient jamais \u00e9chapp\u00e9s du c\u0153ur des enfants de Dieu. Qu&rsquo;un incr\u00e9dule m&rsquo;insulte et me couvre de boue dans la rue, je crois que je le remercierai de l&rsquo;honneur qu&rsquo;il me fait, si je sais qu&rsquo;il m&rsquo;injurie pour le nom de Christ ; mais si un soi-disant chr\u00e9tien faisait rejaillir sur la cause de mon Ma\u00eetre la souillure d&rsquo;une vie d\u00e9r\u00e9gl\u00e9e, mon c\u0153ur serait navr\u00e9 au-dedans de moi, car je sais que de tels scandales sont plus pr\u00e9judiciables \u00e0 l\u2019\u00c9vangile que les b\u00fbchers et les tortures. Que tout homme qui hait le Seigneur J\u00e9sus m&rsquo;accable de mal\u00e9dictions, je ne verserai pas une seule larme ; mais quand je vois un de ses pr\u00e9tendus disciples le renier et le trahir, comment pourrais-je ne pas affliger mon \u00e2me, et quel est le chr\u00e9tien qui ne s&rsquo;affligerait pas avec moi ?<\/p>\n<p>En second lieu, des faux fr\u00e8res am\u00e8nent infailliblement \u00e0 leur suite des divisions dans l\u2019\u00c9glise. Je dis ceci avec la plus enti\u00e8re persuasion&nbsp;: si l&rsquo;on remontait \u00e0 la source de nos discordes eccl\u00e9siastiques, l&rsquo;on trouverait que toutes ou presque toutes doivent \u00eatre mises sur le compte des formalistes qui, par leur conduite incons\u00e9quente, ont oblig\u00e9 les chr\u00e9tiens vivants \u00e0 se s\u00e9parer d&rsquo;eux. Il y aurait plus d&rsquo;unit\u00e9 parmi nous si des hypocrites ne se glissaient pas dans nos rangs ; il y aurait plus de cordialit\u00e9, plus d&rsquo;abandon, plus d&rsquo;amour fraternel, si ces habiles s\u00e9ducteurs ne nous avaient appris \u00e0 nos d\u00e9pens \u00e0 nous montrer r\u00e9serv\u00e9s et soup\u00e7onneux. De plus, ils sont toujours les premiers \u00e0 parler mal des v\u00e9ritables croyants, et \u00e0 semer entre eux des querelles. Et de tout temps il en a \u00e9t\u00e9 ainsi. Ce qui a fait essuyer \u00e0 l\u2019\u00c9glise de Dieu les plus graves dommages dont elle ait jamais eu \u00e0 souffrir, ce ne sont pas les traits meurtriers de ses ennemis avou\u00e9s ; non, ce sont les incendies secr\u00e8tement allum\u00e9s dans son propre camp par des hommes, par\u00e9s, il est vrai, du masque de la pi\u00e9t\u00e9, mais qui n&rsquo;en \u00e9taient pas moins des espions et des tra\u00eetres.<\/p>\n<p>Remarquons, en outre, que de telles gens font un mal incalculable aux inconvertis. Que de pauvres p\u00e9cheurs, qui commen\u00e7aient \u00e0 se tourner vers Christ, sont retenus loin de lui par le scandaleux d\u00e9saccord existant entre la conduite et les principes de certains chr\u00e9tiens ! Que de pi\u00e9t\u00e9s naissantes qui vont se briser chaque jour contre cette pierre d&rsquo;achoppement !<\/p>\n<p>Et ici, permettez-moi, mes fr\u00e8res, de vous raconter un fait qui confirme, d&rsquo;une mani\u00e8re saisissante, la v\u00e9rit\u00e9 de ce que j&rsquo;avance. J&rsquo;esp\u00e8re sentir moi-m\u00eame tout ce qu&rsquo;il a de s\u00e9rieux et je prie Dieu de vous le faire sentir \u00e9galement. Un jeune ministre, de passage dans une \u00e9glise de village, y donna une pr\u00e9dication qui parut faire une profonde impression sur l&rsquo;auditoire. Un jeune homme en particulier fut tellement remu\u00e9 par les paroles solennelles du pr\u00e9dicateur, qu&rsquo;il r\u00e9solut d&rsquo;avoir un entretien avec lui. \u00c0 cet effet, il l&rsquo;attendit \u00e0 la sortie de l&rsquo;\u00e9glise, et offrit de l&rsquo;accompagner \u00e0 la maison o\u00f9 il logeait. Chemin faisant, le ministre parla de tout, except\u00e9 de l\u2019\u00c9vangile. Grande \u00e9tait l&rsquo;angoisse du jeune homme. Il se hasarda bien \u00e0 poser \u00e0 son compagnon une ou deux questions concernant le salut de son \u00e2me, mais celui-ci y r\u00e9pondit froidement et d&rsquo;une mani\u00e8re \u00e9vasive, comme si le sujet \u00e9tait de peu d&rsquo;importance. Enfin, on arrive \u00e0 la maison ; plusieurs personnes s&rsquo;y trouvaient r\u00e9unies, et aussit\u00f4t notre pr\u00e9dicateur entame une conversation des plus l\u00e9g\u00e8res, qu&rsquo;il assaisonne de force bons mots et de force bouffonneries. Bient\u00f4t m\u00eame, encourag\u00e9 sans doute par les rires approbateurs qui ont accueilli ses premi\u00e8res fac\u00e9ties, il s&rsquo;oublie au point de prononcer des paroles qu&rsquo;on pourrait presque appeler licencieuses. Indign\u00e9, hors de lui, le jeune homme se l\u00e8ve brusquement ; il quitte sur le champ la maison, et lui, qui une heure auparavant pleurait en entendant parler du Seigneur, s&rsquo;\u00e9crie maintenant avec rage : \u00ab La religion est un mensonge ! D\u00e8s ce moment, je ne crois plus ni en Christ ni en Dieu. Si je suis damn\u00e9, que mon \u00e2me soit redemand\u00e9e \u00e0 cet homme, car c&rsquo;est lui qui l&rsquo;aura perdue ! Se conduirait-il comme il le fait, s&rsquo;il \u00e9tait convaincu lui-m\u00eame des choses qu&rsquo;il enseigne aux autres ? Non ! il est un vil hypocrite, et d\u00e9sormais je ne veux plus \u00e9couter ni lui, ni son \u00c9vangile. \u00bb Le malheureux tint parole ; toutefois, lorsque, quelque temps apr\u00e8s, il se vit couch\u00e9 sur son lit de mort, il demanda \u00e0 voir le jeune ministre. Par une co\u00efncidence remarquable, ce dernier, qui habitait d&rsquo;ordinaire une paroisse \u00e9loign\u00e9e, se trouvait actuellement dans le village, o\u00f9 Dieu l&rsquo;avait reconduit, n&rsquo;en doutons pas, afin qu&rsquo;il y re\u00e7\u00fbt la peine de son p\u00e9ch\u00e9. Sa Bible \u00e0 la main, il entre dans la chambre du moribond, et s&rsquo;appr\u00eatait \u00e0 lire et \u00e0 prier, lorsque celui-ci l&rsquo;arr\u00eate : \u00ab Je vous ai entendu pr\u00eacher une fois, Monsieur \u00bb, lui dit-il en le regardant fixement. \u00ab Dieu soit b\u00e9ni ! \u00bb r\u00e9pond le ministre, croyant sans doute avoir affaire \u00e0 une \u00e2me convertie par son moyen. \u00ab Il n&rsquo;y a pas lieu de b\u00e9nir Dieu, que je sache, continue froidement le malade ; vous souvenez-vous d&rsquo;avoir pr\u00each\u00e9 ici, tel jour, sur tel texte ? \u2013 Oui je m&rsquo;en souviens parfaitement. &#8211; Eh bien, Monsieur, je tremblais en vous \u00e9coutant ; je fr\u00e9missais, j&rsquo;\u00e9tais \u00e9perdu. Je quittai l&rsquo;\u00e9glise avec l&rsquo;intention ferme de fl\u00e9chir le genou devant Dieu et de chercher son pardon en Christ. Mais vous rappelez-vous certains propos que vous tintes, le m\u00eame soir, dans telle maison ? &#8211; Non, dit le ministre. &#8211; Il faut donc que j&rsquo;aide votre m\u00e9moire, Monsieur, reprend le moribond ; mais avant tout, notez bien ceci : \u00e0 votre conduite de ce soir-l\u00e0, mon \u00e2me doit d&rsquo;\u00eatre damn\u00e9e, et aussi vrai que j&rsquo;ai encore un souffle de vie, aussi vrai je vous accuserai devant le tribunal de Dieu d&rsquo;\u00eatre la cause de ma condamnation ! \u00bb Ayant dit cela, le malheureux ferma les yeux et mourut. Je crois, mes fr\u00e8res, qu&rsquo;il vous serait difficile de concevoir ce qui se passait dans le c\u0153ur du ministre en s&rsquo;\u00e9loignant de ce lit fun\u00e8bre&#8230; Toute sa vie, il devra tra\u00eener apr\u00e8s lui cet horrible, cet \u00e9pouvantable remords : \u00ab Il y a une \u00e2me en enfer qui m&rsquo;accuse de sa perte ! \u00bb<\/p>\n<p>Et un remords semblable, je le crains, p\u00e8sera un jour sur la conscience de bien des membres de nos \u00c9glises. Combien de jeunes gens, en effet, ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tourn\u00e9s de la s\u00e9rieuse recherche de la v\u00e9rit\u00e9 par les censures \u00e2pres et am\u00e8res de nos modernes pharisiens ! Combien d&rsquo;\u00e2mes droites et sinc\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9venues contre la saine doctrine par la conduite peu \u00e9difiante de ceux qui faisaient hautement profession d&rsquo;y adh\u00e9rer ! Ah ! malheur \u00e0 vous, scribes et pharisiens hypocrites, car, non seulement vous n&rsquo;entrez point vous-m\u00eames dans le royaume des cieux, mais vous emp\u00eachez d&rsquo;y entrer ceux qui voudraient le faire ; vous vous emparez de la clef de la connaissance, vous fermez \u00e0 double tour par vos infid\u00e9lit\u00e9s la porte du salut, et vous chassez, par votre flagrante hypocrisie, les \u00e2mes qui \u00e9taient dispos\u00e9es \u00e0 s&rsquo;en approcher !<\/p>\n<p>Un autre d\u00e9plorable effet de la conduite des chr\u00e9tiens formalistes, c&rsquo;est qu&rsquo;elle cause une grande joie au d\u00e9mon et \u00e0 son parti. Peu m&rsquo;importe ce que disent les incr\u00e9dules dans leurs livres ou leurs discours : quelque habiles qu&rsquo;ils soient (et certes, ils ont bien besoin de l&rsquo;\u00eatre pour prouver l&rsquo;absurde et donner \u00e0 l&rsquo;erreur un semblant de v\u00e9rit\u00e9), quelque habiles qu&rsquo;ils soient, je le r\u00e9p\u00e8te, peu m&rsquo;importent leurs attaques, aussi longtemps qu&rsquo;elles ne s&rsquo;appuient que sur des mensonges. Mais quand ils peuvent nous adresser des reproches m\u00e9rit\u00e9s, quand les accusations qu&rsquo;ils intentent \u00e0 l&rsquo;\u00c9glise de Dieu sont fond\u00e9es, oh ! c&rsquo;est alors qu&rsquo;ils sont \u00e0 craindre, et c&rsquo;est alors aussi que Satan triomphe. Qu&rsquo;un homme se conduise en chr\u00e9tien droit et int\u00e8gre, il d\u00e9sarmera bient\u00f4t la critique ; qu&rsquo;il m\u00e8ne une vie sainte et irr\u00e9pr\u00e9hensible, et on se lassera bient\u00f4t de rire \u00e0 ses d\u00e9pens ; mais s&rsquo;il cloche des deux c\u00f4t\u00e9s, s&rsquo;il agit tant\u00f4t en chr\u00e9tien, tant\u00f4t en mondain, qu&rsquo;il ne l&rsquo;oublie pas, il fournit des armes aux adversaires et leur donne occasion de blasph\u00e9mer contre l\u2019\u00c9vangile. Ah ! qui pourrait dire les immenses avantages que le d\u00e9mon a remport\u00e9s sur l\u2019\u00c9glise \u00e0 cause des infid\u00e9lit\u00e9s de ceux qui pr\u00e9tendaient en \u00eatre membres ? \u00ab Vous dites et ne faites point, votre vie n&rsquo;est pas en accord avec vos principes \u00bb : telle est la plus redoutable machine de guerre avec laquelle Satan bat en br\u00e8che la muraille de l\u2019\u00c9glise. Soyez donc sur vos gardes, mes chers auditeurs ; veillez constamment sur vous-m\u00eames, afin de ne pas d\u00e9shonorer la cause que vous faites profession d&rsquo;aimer.<\/p>\n<p>Et ici, je me sens press\u00e9 de m&rsquo;adresser en particulier \u00e0 ceux d&rsquo;entre vous qui, comme moi, ont des vues tr\u00e8s arr\u00eat\u00e9es sur l&rsquo;\u00e9lection de gr\u00e2ce. Vous le savez, parce que nous croyons \u00e0 un salut purement gratuit, parce que nous disons avec Saint Paul: \u00ab&nbsp;Cela ne vient pas de celui qui veut ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait mis\u00e9ricorde&nbsp;\u00bb (Ro. 9:16) ; en d&rsquo;autres termes, parce que nous exaltons la gr\u00e2ce souveraine de notre Dieu, on nous traite d&rsquo;ultra-calvinistes, d&rsquo;antinomiens, on nous regarde comme le rebut de toute la terre, on accuse nos doctrines d&rsquo;encourager le vice et l&rsquo;immoralit\u00e9. Voulons-nous donc, mes bien-aim\u00e9s, r\u00e9futer victorieusement la calomnie ? Effor\u00e7ons-nous de vivre d&rsquo;une mani\u00e8re de plus en plus digne de notre vocation ; craignons, par nos chutes et par nos faiblesses, de donner prise aux attaques de nos adversaires ; en un mot, prenons garde de ne pas jeter de la d\u00e9faveur sur ces saintes v\u00e9rit\u00e9s qui nous sont aussi ch\u00e8res que la vie, et auxquelles nous esp\u00e9rons rester fid\u00e8les jusqu&rsquo;\u00e0 la mort.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>III.<\/strong><\/p>\n<p>Mais il est temps que nous passions \u00e0 la troisi\u00e8me cause de la profonde douleur que Paul \u00e9prouvait en \u00e9crivant notre texte. Cette cause, nous vous l&rsquo;avons d\u00e9j\u00e0 dit, \u00e9tait LE SORT r\u00e9serv\u00e9 aux faux fr\u00e8res de Philippes ; c&rsquo;est ce que nous apprennent ces mots : leur fin est la perdition. Entendez-vous, mes fr\u00e8res ! La fin des formalistes sera la perdition &#8211; et j&rsquo;ose ajouter, la pire des perditions. Oui, s&rsquo;il y a en enfer des cha\u00eenes plus lourdes que les autres, s&rsquo;il y a des prisons plus sombres, des flammes plus br\u00fblantes, des angoisses plus cruelles, des tourments plus intol\u00e9rables, assur\u00e9ment ils seront le partage de ceux dont la profession de pi\u00e9t\u00e9 n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 qu&rsquo;un indigne mensonge !<\/p>\n<p>En v\u00e9rit\u00e9, pour ma part, je pr\u00e9f\u00e9rerais mourir p\u00e9cheur scandaleux, que chr\u00e9tien hypocrite. Oh ! quel r\u00e9veil que celui d&rsquo;une \u00e2me qui, apr\u00e8s avoir eu le bruit de vivre dans ce monde, est jet\u00e9e avec les menteurs dans l&rsquo;autre ; qui, apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre \u00e9lev\u00e9e jusqu&rsquo;aux cieux d&rsquo;ici-bas, se voit abaiss\u00e9e jusqu&rsquo;en enfer dans l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 !&#8230; Et plus le formaliste a r\u00e9ussi \u00e0 se s\u00e9duire lui-m\u00eame, plus terrible sera son d\u00e9sillusionnement. Il avait pens\u00e9 porter \u00e0 ses l\u00e8vres la coupe pleine de d\u00e9lices du paradis, et au lieu de cela, il se voit condamn\u00e9 \u00e0 boire jusqu&rsquo;\u00e0 la lie l&rsquo;amer breuvage de l&rsquo;enfer ! Il comptait entrer sans difficult\u00e9 par les portes de la nouvelle J\u00e9rusalem, et voil\u00e0 qu&rsquo;il les trouve ferm\u00e9es ! Il s&rsquo;imaginait que pour \u00eatre admis dans la salle des noces, il lui suffirait de crier : Seigneur, Seigneur, et voil\u00e0 qu&rsquo;il entend prononcer contre lui, non pas simplement la mal\u00e9diction g\u00e9n\u00e9rale adress\u00e9e \u00e0 la masse des p\u00e9cheurs, mais cette sentence, mille fois plus terrible et plus am\u00e8re, parce qu&rsquo;elle est plus directe et plus personnelle. \u00ab Retirez-vous de moi, je ne vous ai jamais connu ! Quoique vous ayez mang\u00e9 et bu en ma pr\u00e9sence, quoique vous soyez entr\u00e9 dans mon sanctuaire, vous, \u00eates un \u00e9tranger pour moi et je le suis pour vous ! \u00bb Mes fr\u00e8res, un tel sort, plus lugubre que le s\u00e9pulcre, plus horrible que l&rsquo;enfer, plus d\u00e9sesp\u00e9rant que le d\u00e9sespoir, un tel sort deviendra in\u00e9vitablement le partage de ces pr\u00e9tendus chr\u00e9tiens qui ont leur ventre pour Dieu, qui mettent leur gloire dans ce qui est leur confusion, et qui placent leurs affections dans les choses de la terre.<\/p>\n<p>Et maintenant, permettez-moi, avant de finir, de r\u00e9pondre \u00e0 diverses pens\u00e9es que peut vous avoir sugg\u00e9r\u00e9es ce que vous venez d&rsquo;entendre. Si je ne me trompe, quelques-uns d&rsquo;entre vous se disent en ce moment m\u00eame : \u00ab Voil\u00e0, certes, un pr\u00e9dicateur qui n&rsquo;\u00e9pargne pas les \u00c9glises, et il a raison. Il leur a fait entendre de dures v\u00e9rit\u00e9s. Quant \u00e0 moi, je partage compl\u00e8tement son avis : ces gens qui font profession de pi\u00e9t\u00e9, qui se donnent des airs de saints, sont tous des hypocrites et des imposteurs. Je l&rsquo;ai toujours cru, il n&rsquo;y en a pas un de sinc\u00e8re. \u00bb Arr\u00eatez, mon ami. \u00c0 Dieu ne plaise que j&rsquo;aie dit rien de semblable \u00e0 ce que vous avancez l\u00e0 ! Je serais bien coupable si je l&rsquo;avais fait. Il y a plus : je soutiens que le fait seul qu&rsquo;il existe des hypocrites est une preuve irr\u00e9cusable qu&rsquo;il existe aussi des chr\u00e9tiens sinc\u00e8res. \u00ab Comment cela ? \u00bb me r\u00e9pondez-vous. Eh ! c&rsquo;est bien simple, mon cher auditeur. Croyez-vous qu&rsquo;il y e\u00fbt de faux billets de banque dans le monde s&rsquo;il n&rsquo;y en avait pas de bons ? Croyez-vous qu&rsquo;on cherch\u00e2t \u00e0 mettre de la fausse monnaie en circulation, s&rsquo;il n&rsquo;y en avait de bon aloi ? \u00c9videmment non. La contrefa\u00e7on pr\u00e9suppose n\u00e9cessairement l&rsquo;existence de la chose contrefaite. Si donc il n&rsquo;existait pas de vraie pi\u00e9t\u00e9, il n&rsquo;y en aurait pas non plus de fausse. Et de m\u00eame que c&rsquo;est la valeur du billet de banque qui engage le faussaire \u00e0 le reproduire, de m\u00eame c&rsquo;est l&rsquo;excellence du caract\u00e8re chr\u00e9tien qui donne l&rsquo;id\u00e9e \u00e0 certaines gens de l&rsquo;imiter. N&rsquo;ayant pas la r\u00e9alit\u00e9, ils veulent du moins avoir l&rsquo;apparence ; n&rsquo;\u00e9tant pas de l&rsquo;or pur, ils se plaquent de fa\u00e7on \u00e0 en avoir l&rsquo;air. Je le r\u00e9p\u00e8te, et le plus simple bon sens suffit \u00e0 nous le faire comprendre : puisqu&rsquo;il y a de faux chr\u00e9tiens, il doit n\u00e9cessairement y en avoir de v\u00e9ritables.<\/p>\n<p>\u00ab Bien dit ! \u00bb pense peut-\u00eatre un autre de mes auditeurs ; \u00ab oui, gr\u00e2ce \u00e0 Dieu, il existe de sinc\u00e8res, de v\u00e9ritables chr\u00e9tiens, et j&rsquo;ai le bonheur d&rsquo;\u00eatre du nombre. Jamais je n&rsquo;ai eu ni doute ni crainte \u00e0 cet \u00e9gard; je sais que je suis un \u00e9lu de Dieu, et quoique, il est vrai, je ne me conduise pas toujours comme je pourrais le d\u00e9sirer, j&rsquo;ose d&rsquo;ire que si je ne vais pas au ciel, peu de personnes iront. Ainsi, pr\u00e9dicateur de l\u2019\u00c9vangile, \u00e0 d&rsquo;autres tes avertissements ! Depuis plus de vingt ans, je suis membre de l&rsquo;\u00c9glise ; depuis plus de dix j&rsquo;ai l&rsquo;honneur de si\u00e9ger au conseil des anciens ; je jouis de la consid\u00e9ration de mes fr\u00e8res : rien ne saurait \u00e9branler ma confiance. Quant \u00e0 mon voisin que voil\u00e0, c&rsquo;est autre chose. Je crois qu&rsquo;il fera bien de s&rsquo;assurer de la r\u00e9alit\u00e9 de sa conversion ; mais, encore une fois, pour ce qui me concerne, tout est bien je suis parfaitement tranquille. \u00bb<\/p>\n<p>Ah ! mon cher auditeur, me pardonnerez-vous si je vous dis que votre exc\u00e8s d&rsquo;assurance m&rsquo;inspire les plus graves inqui\u00e9tudes ? Si vous n&rsquo;avez jamais eu de craintes sur la valeur de votre pi\u00e9t\u00e9, je commence \u00e0 en avoir ; si vous ne doutez pas quelquefois de vous-m\u00eame, je ne puis que trembler ; car, vous le dirai-je ? j&rsquo;ai observ\u00e9 que tous les enfants de Dieu sont d&rsquo;une extr\u00eame m\u00e9fiance \u00e0 leur propre \u00e9gard, et qu&rsquo;ils craignent plus que qui que ce soit de se faire illusion. Jamais encore je n&rsquo;ai rencontr\u00e9 un vrai croyant qui f\u00fbt content de son \u00e9tat spirituel. Puis donc que vous vous d\u00e9clarez si particuli\u00e8rement satisfait du v\u00f4tre, excusez-moi, mais je ne puis en v\u00e9rit\u00e9 apposer ma signature au certificat de pi\u00e9t\u00e9 que vous vous d\u00e9livrez \u00e0 vous-m\u00eame. Il se peut que vous soyez tr\u00e8s bon ; toutefois, souffrez que je vous conseille de vous examiner pour voir si vous \u00eates dans la foi, de peur qu&rsquo;\u00e9tant enfl\u00e9 dans votre sens charnel, vous ne tombiez dans les pi\u00e8ges du malin.<\/p>\n<p>\u2018JAMAIS TROP S\u00dbR\u2019 est une devise qui convient parfaitement au chr\u00e9tien. \u00c9tudiez-vous, tant qu&rsquo;il vous plaira, \u00e0 affermir votre vocation et votre \u00e9lection; mais, de gr\u00e2ce, n&rsquo;ayez jamais une trop haute opinion de vous-m\u00eame, gardez-vous de la pr\u00e9somption. Combien d&rsquo;hommes excellents \u00e0 leurs propres yeux, qui sont des d\u00e9mons aux yeux de Dieu ! Combien d&rsquo;\u00e2mes tr\u00e8s pieuses dans l&rsquo;opinion de l&rsquo;\u00c9glise, qui ne sont que souillure devant le Saint des saints! Que chacun de nous s&rsquo;\u00e9prouve donc soi-m\u00eame, et disons avec le psalmiste : O Dieu fort ! sonde-moi et consid\u00e8re mon coeur ; regarde s&rsquo;il y a en moi aucun mauvais dessein et conduis-moi par la voie du monde (Ps. 134:34). Mes bien-aim\u00e9s, si les avertissements que vous venez d&rsquo;entendre avaient pour r\u00e9sultat de faire na\u00eetre en vous de telles pens\u00e9es, de vous inspirer une semblable pri\u00e8re, je b\u00e9nirais Dieu du fond de mon \u00e2me de m&rsquo;avoir permis de vous les adresser.<\/p>\n<p>Enfin, il y a s\u00fbrement ici quelques-uns de ces esprits l\u00e9gers et insouciants auxquels il importe peu, disent-ils, d&rsquo;appartenir ou non \u00e0 Christ. Ils comptent vivre comme par le pass\u00e9 dans l&rsquo;oubli de Dieu, m\u00e9prisant ses menaces et se moquant de son nom. Insens\u00e9s et aveugles ! Un jour viendra, sachez-le, o\u00f9 votre rire sera chang\u00e9 en pleurs, o\u00f9 vous sentirez le besoin de cette religion que vous d\u00e9daignez aujourd&rsquo;hui ! \u00c0 bord du vaisseau de la vie, naviguant sur une mer paisible, vous vous moquez \u00e0 pr\u00e9sent de la chaloupe de sauvetage ; mais attendez que la temp\u00eate gronde, et vous voudrez vous y pr\u00e9cipiter \u00e0 tout prix. Maintenant vous ne faites aucun cas du Sauveur, parce qu&rsquo;il vous semble que vous n&rsquo;avez nul besoin de lui ; mais lorsque la mort se saisira de vous, lorsque viendra l&rsquo;orage de la col\u00e8re divine, &#8211; (retenez bien ceci, \u00f4 p\u00e9cheurs !) &#8211; vous qui maintenant ne voulez pas prier Christ, vous hurlerez apr\u00e8s lui ! Vous qui maintenant refusez de l&rsquo;appeler, vous le poursuivrez alors par vos cris de d\u00e9sespoir ! Votre c\u0153ur qui maintenant n&rsquo;\u00e9prouve aucun d\u00e9sir de le poss\u00e9der, se p\u00e2mera apr\u00e8s lui, dans une inexprimable angoisse ! Retournez, retournez ! convertissez-vous ; et pourquoi mourriez-vous, \u00f4 maison d&rsquo;Isra\u00ebl.<\/p>\n<p>\u00d4 veuille le Seigneur vous amener \u00e0 lui, et faire de vous ses sinc\u00e8res, ses v\u00e9ritables enfants, en sorte que votre fin ne soit pas la perdition, mais que vous soyez sauv\u00e9s d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent, et sauv\u00e9s pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 !<\/p>\n<p>Traducteur inconnu, 1863, r\u00e9\u00e9dit\u00e9 par Danny Therrien et Hugo Lacasse<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Car il y en a plusieurs qui ont une telle conduite, que je vous ai dit souvent et que je vous le dis maintenant encore en pleurant, qu&rsquo;ils sont ennemis de la croix de Christ ; dont la fin sera la perdition ; qui ont leur ventre pour Dieu, qui mettent leur gloire, dans ce [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":130,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,2],"tags":[22,21],"class_list":["post-129","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-charles-h-spurgeon","category-sermons","tag-sermon","tag-spurgeon"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/129","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=129"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/129\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":459,"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/129\/revisions\/459"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/media\/130"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=129"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=129"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=129"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}