{"id":132,"date":"2018-08-16T12:51:09","date_gmt":"2018-08-16T12:51:09","guid":{"rendered":"http:\/\/sauvepargrace.com\/?p=132"},"modified":"2020-04-11T13:39:41","modified_gmt":"2020-04-11T13:39:41","slug":"tel-maitres-tels-disciples","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/sermons\/tel-maitres-tels-disciples\/","title":{"rendered":"Tel Ma\u00eetre, tels disciples (Charles H. Spurgeon)"},"content":{"rendered":"<p>Eux, voyant la hardiesse de Pierre et de Jean, et sachant que c&rsquo;\u00e9taient des hommes sans lettres et du commun peuple, ils \u00e9taient dans l&rsquo;\u00e9tonnement, et ils reconnaissaient qu&rsquo;ils avaient \u00e9t\u00e9 avec J\u00e9sus (Actes 4.13).<\/p>\n<p>Admirez, mes fr\u00e8res, la puissance de la gr\u00e2ce divine. Quelle merveilleuse et rapide transformation n&rsquo;accomplit-elle pas dans l&rsquo;homme ! Ce m\u00eame Pierre, qui, hier encore, suivait son Ma\u00eetre de loin et niait avec impr\u00e9cations de le conna\u00eetre, nous le voyons aujourd&rsquo;hui d\u00e9clarant hardiment, de concert avec le disciple bien-aim\u00e9, que le nom de J\u00e9sus est le seul nom par lequel les hommes puissent \u00eatre sauv\u00e9s, et pr\u00eachant la r\u00e9surrection des morts par le sacrifice de son Seigneur crucifi\u00e9. Comme on devait s&rsquo;y attendre, les Scribes et les Pharisiens ne tard\u00e8rent pas \u00e0 se demander d&rsquo;o\u00f9 leur venait cette m\u00e2le assurance. \u00c9videmment, elle ne prenait sa source ni dans le prestige de la science ni dans celui du g\u00e9nie, car Pierre et Jean \u00e9taient des hommes sans lettres. \u00c9lev\u00e9s au rude m\u00e9tier de p\u00eacheurs, leur unique \u00e9tude avait \u00e9t\u00e9 celle de la mer, et le seul art qu&rsquo;ils eussent cultiv\u00e9, celui de jeter ou de retirer leurs filets ; \u00e0 cela se bornait tout leur savoir : on ne pouvait donc attribuer au sentiment de leur valeur personnelle la hardiesse dont ils faisaient preuve. La position qu&rsquo;ils occupaient dans le monde n&rsquo;\u00e9tait pas de nature non plus \u00e0 expliquer cette hardiesse; en g\u00e9n\u00e9ral, le rang conf\u00e8re \u00e0 l&rsquo;homme une sorte de dignit\u00e9 native, et alors m\u00eame qu&rsquo;il est d\u00e9pourvu de tout m\u00e9rite propre, il lui communique un certain ton d&rsquo;autorit\u00e9 qui en impose \u00e0 bien des gens. Mais les disciples de J\u00e9sus n&rsquo;\u00e9taient point dans ce cas. <em>C&rsquo;\u00e9taient au contraire<\/em>, nous dit notre texte, <em>des hommes du commun peuple<\/em> ; leur naissance \u00e9tait humble, leur condition obscure ; ils n&rsquo;\u00e9taient rev\u00eatus d&rsquo;aucune fonction propre \u00e0 les mettre en \u00e9vidence. Or, les Scribes et les Pharisiens savaient tout cela; aussi \u00e9prouv\u00e8rent-ils d&rsquo;abord un profond \u00e9tonnement, en voyant la conduite des ap\u00f4tres ; mais bient\u00f4t, ils furent oblig\u00e9s d&rsquo;arriver \u00e0 la seule conclusion qui p\u00fbt jeter du jour sur ce myst\u00e8re : ils reconnurent qu&rsquo;ils avaient \u00e9t\u00e9 avec J\u00e9sus. Tel \u00e9tait, en effet, le secret de la mani\u00e8re d&rsquo;\u00eatre des ap\u00f4tres. Le saint et doux commerce qu&rsquo;ils avaient entretenu avec le Prince de lumi\u00e8re et de gloire, f\u00e9cond\u00e9, si je puis ainsi dire, par l&rsquo;influence de l&rsquo;Esprit du Dieu vivant, sans laquelle ce parfait exemple lui-m\u00eame aurait \u00e9t\u00e9 vain, les avait remplis d&rsquo;\u00e9lan, d&rsquo;ardeur et de courage pour la cause de leur Ma\u00eetre.<\/p>\n<p>Oh ! mes fr\u00e8res en J\u00e9sus-Christ, pl\u00fbt \u00e0 Dieu que ce beau t\u00e9moignage rendu aux ap\u00f4tres par la bouche m\u00eame de leurs ennemis p\u00fbt \u00eatre rendu \u00e0 chacun de nous ! Ah ! si nous vivions comme Pierre et Jean ; si notre conduite \u00e9tait comme la leur, une \u00e9p\u00eetre vivante, lue et connue de tous les hommes; si, en nous voyant agir, le monde \u00e9tait forc\u00e9 de reconna\u00eetre que nous avons \u00e9t\u00e9 avec J\u00e9sus, quel bonheur pour nous-m\u00eames et quelle b\u00e9n\u00e9diction pour nos alentours !<\/p>\n<p>C&rsquo;est sur ce sujet que j&rsquo;ai \u00e0 c\u0153ur, mes bien-aim\u00e9s, de vous parler aujourd&rsquo;hui. Selon la gr\u00e2ce que Dieu me donnera, je chercherai \u00e0 r\u00e9veiller, par mes avertissements, les sentiments purs que vous avez, exhortant chacun de vous \u00e0 imiter J\u00e9sus-Christ, le divin mod\u00e8le, de telle sorte que tous ceux qui vous voient discernent en vous les vrais disciples du Fils adorable de Dieu. Avant tout, j&rsquo;exposerai ce qu&rsquo;un chr\u00e9tien doit \u00eatre. Ensuite, je rechercherai successivement quand et pourquoi il doit \u00eatre tel; enfin, je dirai comment il peut devenir tel.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>I.<\/strong><\/p>\n<p>Et d&rsquo;abord : <strong>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un chr\u00e9tien doit \u00eatre ? <\/strong>\u00c0 cette question, je r\u00e9ponds : tout chr\u00e9tien doit \u00eatre une fid\u00e8le reproduction de J\u00e9sus-Christ.<\/p>\n<p>Vous avez souvent lu, je n&rsquo;en doute pas, des r\u00e9cits \u00e9loquents de la vie de J\u00e9sus, et vous avez admir\u00e9 le talent des pieux auteurs qui les ont \u00e9crits; mais la meilleure vie de J\u00e9sus, c&rsquo;est sa vivante biographie, \u00e9crite dans les paroles et les actions de son peuple. Oui, mes chers amis, si nous \u00e9tions en r\u00e9alit\u00e9 ce que nous sommes en apparence; si l&rsquo;Esprit du Seigneur remplissait le c\u0153ur de tous ses enfants, et si l\u2019\u00c9glise, au lieu de compter parmi ses membres tant de formalistes, ne se composait que d&rsquo;\u00e2mes vraiment anim\u00e9es de la vie de Dieu, tous, tant que nous sommes, nous refl\u00e9terions la glorieuse image de notre Ma\u00eetre : nous serions des portraits de Christ, et des portraits tellement conformes \u00e0 l&rsquo;original, que pour saisir la ressemblance, le monde n&rsquo;aurait pas besoin de nous consid\u00e9rer longtemps et attentivement, mais qu&rsquo;au premier coup d\u2019\u0153il jet\u00e9 sur nous, il serait contraint de s&rsquo;\u00e9crier : \u00ab Cet homme a \u00e9t\u00e9 avec J\u00e9sus! Il lui ressemble; c&rsquo;est un de ses disciples; dans ses actes de tous les jours, dans sa vie tout enti\u00e8re, on reconna\u00eet les traits divins du saint Homme de Nazareth. \u00bb<\/p>\n<p>Mais avant d&rsquo;aller plus loin, je crois utile de pr\u00e9senter une observation. En exposant ce que l&rsquo;homme est appel\u00e9 \u00e0 devenir, je m&rsquo;adresse sp\u00e9cialement aux enfants de Dieu. Non pas que je d\u00e9sire leur faire entendre le langage de la l\u00e9galit\u00e9. Gr\u00e2ce \u00e0 Dieu, nous ne sommes pas sous la loi, mais sous la gr\u00e2ce. Les vrais chr\u00e9tiens se consid\u00e8rent comme moralement oblig\u00e9s d&rsquo;observer les pr\u00e9ceptes du Seigneur ; toutefois, ce n&rsquo;est point parce que la loi les tient courb\u00e9s sous son joug de fer : c&rsquo;est parce que l&rsquo;amour de Christ les presse. Ils estiment qu&rsquo;ayant \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9s par un sang divin, ayant \u00e9t\u00e9 acquis par J\u00e9sus-Christ, ils sont tenus de garder ses commandements infiniment plus qu&rsquo;ils ne le seraient, s&rsquo;ils \u00e9taient encore sous la loi. Ils se consid\u00e8rent comme redevables \u00e0 Dieu, dix mille fois autant qu&rsquo;ils n&rsquo;auraient jamais pu l&rsquo;\u00eatre sous la dispensation mosa\u00efque. Non point par force ou par n\u00e9cessit\u00e9, ou par crainte du fouet, ou dans un esprit de servile ob\u00e9issance, mais par amour et par gratitude envers son P\u00e8re c\u00e9leste, le rachet\u00e9 de J\u00e9sus s&rsquo;offre \u00e0 lui tout entier, heureux de se d\u00e9penser \u00e0 son service et de travailler sans rel\u00e2che \u00e0 devenir un v\u00e9ritable Isra\u00e9lite, en qui il n&rsquo;y a point de fraude.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai tenu \u00e0 m&rsquo;expliquer nettement sur ce point, afin que personne ne puisse s&rsquo;imaginer que je pr\u00eache les \u0153uvres comme moyen de salut. Nous sommes sauv\u00e9s par gr\u00e2ce, par la foi; ce n&rsquo;est point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie (\u00c9ph. 2.8-9): voil\u00e0 ce que je maintiendrai toujours, envers et contre tous. Mais d&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, il est de mon devoir d&rsquo;enseigner, avec non moins de force, que la gr\u00e2ce re\u00e7ue dans le c\u0153ur doit n\u00e9cessairement produire la saintet\u00e9 dans la vie. Nous sommes tenus, mes bien-aim\u00e9s, moi, de vous exhorter incessamment aux bonnes \u0153uvres, et vous, de vous y appliquer pour les usages n\u00e9cessaires<a name=\"_ftnref2\"><\/a> (Tite 3.44).<\/p>\n<p>Encore un mot d&rsquo;explication. Lorsque je dis que l&rsquo;enfant de Dieu doit \u00eatre une copie frappante de J\u00e9sus, je ne pr\u00e9tends pas assur\u00e9ment qu&rsquo;il puisse parfaitement reproduire tous les traits de notre Seigneur et Sauveur. N\u00e9anmoins, de ce que la perfection est au-dessus de notre port\u00e9e, s&rsquo;ensuit-il que nous devions y tendre avec moins d&rsquo;ardeur ? \u00c0 Dieu ne plaise ! Sans doute, quand il peint, l&rsquo;artiste n&rsquo;ignore pas qu&rsquo;il ne deviendra jamais un Apelles<a name=\"_ftnref3\"><\/a><a href=\"#_ftn3\">[1]<\/a> ; mais cela le d\u00e9courage-t-il? Nullement. Il manie le pinceau avec d&rsquo;autant plus de soins, afin de parvenir \u00e0 ressembler au grand ma\u00eetre dans quelque humble mesure. Il en est de m\u00eame du sculpteur. Quoique certain \u00e0 l&rsquo;avance qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9clipsera jamais Praxit\u00e8les<a name=\"_ftnref4\"><\/a><a href=\"#_ftn4\">[2]<\/a>, abandonnera-t-il pour cela le ciseau? Non; il taillera le marbre avec toujours plus d&rsquo;ardeur, cherchant \u00e0 se rapprocher autant que possible du sublime mod\u00e8le qu&rsquo;il a devant lui. Ainsi doit-il en \u00eatre du chr\u00e9tien. Quoiqu&rsquo;il ne sente que trop bien, h\u00e9las ! qu&rsquo;il ne saurait s&rsquo;\u00e9lever jusqu&rsquo;aux hauteurs d&rsquo;une excellence accomplie, et que sur cette terre il n&rsquo;offrira jamais qu&rsquo;une bien faible copie de son Ma\u00eetre, cependant, il doit tenir ses yeux constamment fix\u00e9s sur cette grande image, et mesurer ses propres imperfections par la distance qui le s\u00e9pare de J\u00e9sus. \u00ab Excelsior!<a name=\"_ftnref5\"><\/a><a href=\"#_ftn5\">[3]<\/a> en avant !\u00bb, telle est la devise qui convient au chr\u00e9tien; et oubliant, comme Saint Paul, les choses qui sont derri\u00e8re lui, il doit s&rsquo;avancer vers le but, jaloux d&rsquo;\u00eatre transform\u00e9 de plus en plus \u00e0 la glorieuse ressemblance de son Seigneur.<\/p>\n<p>En premier lieu, le chr\u00e9tien doit s&rsquo;efforcer de ressembler \u00e0 Christ, dans sa hardiesse. Il faut le dire, la hardiesse est une vertu fort peu go\u00fbt\u00e9e de nos jours. On la fl\u00e9trit volontiers du nom d&rsquo;intol\u00e9rance, d&rsquo;opini\u00e2tret\u00e9, de fanatisme. Mais, quel que soit le nom qu&rsquo;on lui donne, cette vertu n&rsquo;en est pas moins pr\u00e9cieuse. Si les scribes avaient d\u00fb d\u00e9finir ce qu&rsquo;\u00e9taient Pierre et Jean, nul doute qu&rsquo;ils ne les eussent qualifi\u00e9s d&rsquo;audacieux fanatiques\u2026<\/p>\n<p>Quoi qu&rsquo;il en soit, J\u00e9sus-Christ et ses disciples \u00e9taient remarquables par leur courage. <em>Voyant la hardiesse de Pierre et de Jean , les Juifs reconnaissaient qu&rsquo;ils avaient \u00e9t\u00e9 avec J\u00e9sus<\/em>, dit mon texte. J\u00e9sus ne courtisa jamais le riche; jamais il ne courba le front devant les grands ou les nobles de la terre. Vrai homme aussi bien que vrai Dieu, il marcha au milieu de ses semblables la t\u00eate haute, dans le sentiment de sa dignit\u00e9 d&rsquo;homme : proph\u00e8te envoy\u00e9 de Dieu, il dit librement et hardiment ce qu&rsquo;il avait \u00e0 dire. N&rsquo;avez vous jamais admir\u00e9, mes fr\u00e8res, le beau trait de courage par lequel le Sauveur commen\u00e7a son minist\u00e8re? Il se trouvait dans la ville o\u00f9 il avait \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9. Il entre dans la synagogue; le livre de la loi est mis entre ses mains; il sait que nul proph\u00e8te n&rsquo;est honor\u00e9 dans son pays, mais que lui importe? Il d\u00e9roule sans crainte le volume sacr\u00e9, il lit, puis il explique ce qu&rsquo;il a lu. Et quelle est la doctrine que J\u00e9sus expose ainsi en pleine synagogue, devant un auditoire compos\u00e9 en grande partie de scribes et de Pharisiens, tout pleins de leur propre justice et tout fiers de pouvoir se dire \u00ab les enfants d&rsquo;Abraham? \u00bb S\u00fbrement, il a choisi un sujet adapt\u00e9 au go\u00fbt de ses compatriotes, un sujet qui lui fournira l&rsquo;occasion de se concilier leur bienveillance. Non, tout au contraire, J\u00e9sus pr\u00eache une doctrine qui de tout temps a \u00e9t\u00e9 m\u00e9pris\u00e9e et ha\u00efe : la doctrine de l&rsquo;\u00e9lection. \u00c9coutez-le : <em>Je vous dis, en v\u00e9rit\u00e9, qu&rsquo;il y avait plusieurs veuves en Isra\u00ebl au temps d&rsquo;\u00c9lie, lorsque le ciel fut ferm\u00e9 trois ans et six mois, tellement qu&rsquo;il y eut une grande famine par tout le pays ; n\u00e9anmoins, \u00c9lie ne fut envoy\u00e9 chez aucune d&rsquo;elles, mais chez une femme veuve de Sarepta, dans le pays de Sidon. Il y avait aussi plusieurs l\u00e9preux en Isra\u00ebl, au temps d&rsquo;\u00c9lis\u00e9e le proph\u00e8te; toutefois, aucun d&rsquo;eux ne fut gu\u00e9ri ; le seul Naaman, qui \u00e9tait syrien, le fut<a name=\"_ftnref6\"><\/a> (<\/em>Luc 4.25-27). En d&rsquo;autres termes, J\u00e9sus d\u00e9clare ouvertement que Dieu fait mis\u00e9ricorde \u00e0 qui il veut, et sauve qui il lui pla\u00eet. Ah ! comme ses auditeurs grinc\u00e8rent des dents contre lui ! Avec quelle fureur ils le tra\u00een\u00e8rent hors de la ville pour le pr\u00e9cipiter du sommet de la montagne ! N&rsquo;admirez-vous pas son h\u00e9ro\u00efsme? Il sait que leurs c\u0153urs sont pleins de haine; il entend leurs menaces; il voit leurs bouches \u00e9cumant de rage, mais il ne les craint point; il se tient au milieu d&rsquo;eux, calme et ferme, comme l&rsquo;ange qui ferma la gueule du lion. Il annonce fid\u00e8lement ce qu&rsquo;il sait \u00eatre la v\u00e9rit\u00e9 de Dieu, et en d\u00e9pit de leurs col\u00e8res, leur fait entendre cette v\u00e9rit\u00e9 jusqu&rsquo;au bout.<\/p>\n<p>Tel fut J\u00e9sus durant toute sa vie. Voit-il un scribe ou un Pharisien dans la foule? Il ne se laisse point intimider par leur pr\u00e9sence, mais les montrant du doigt, il s&rsquo;\u00e9crie : \u00ab Malheur \u00e0 vous, scribes et Pharisiens hypocrites! \u00bb Et lorsqu&rsquo;un docteur de la loi l&rsquo;interrompt en disant : \u00ab Ma\u00eetre, en disant ces choses, tu nous outrages aussi \u00bb, il se retourne et ajoute avec une nouvelle \u00e9nergie : \u00ab Malheur aussi \u00e0 vous, docteurs de la loi! Parce que vous chargez les hommes de fardeaux qu\u2019ils ne peuvent porter, et vous-m\u00eames n&rsquo;y touchez pas d&rsquo;un de vos doigts<a name=\"_ftnref7\"><\/a> (Luc 11.44-47). \u00bb Oui, en toutes occasions, J\u00e9sus agit avec droiture et courage. Jamais il ne connut la crainte de l&rsquo;homme; jamais il ne trembla devant personne. Insoucieux de gagner l&rsquo;estime du monde, il traversa la vie comme l&rsquo;\u00e9lu de Dieu, comme Celui que le P\u00e8re avait oint au-dessus de tous ses semblables. Mes chers amis, imitez Christ sous ce rapport. Tel fut le Ma\u00eetre, tels doivent \u00eatre les disciples. Ne vous contentez pas, je vous en supplie, de cette religion si fort en vogue aujourd&rsquo;hui, qui se modifie suivant les circonstances, qui a besoin pour s&rsquo;\u00e9panouir d&rsquo;une atmosph\u00e8re de serre chaude, qui s&rsquo;\u00e9tale complaisamment dans les salons \u00e9vang\u00e9liques, mais dont on ne soup\u00e7onne pas m\u00eame l&rsquo;existence en dehors d&rsquo;une certaine soci\u00e9t\u00e9. Non, si vous \u00eates des serviteurs de Dieu, soyez comme J\u00e9sus-Christ : pleins d&rsquo;une sainte audace pour la cause de votre Ma\u00eetre. Ne rougissez point de confesser votre foi. Jamais le nom de chr\u00e9tien ne vous d\u00e9shonorera : prenez garde de ne point d\u00e9shonorer ce nom. L&rsquo;amour de Christ n&rsquo;a jamais nui \u00e0 personne ; il peut, il est vrai, vous attirer quelques froissements temporaires de la part de vos amis et quelques propos calomnieux de la part de vos ennemis; mais prenez patience, et vous triompherez de tout. Prenez patience; car au jour o\u00f9 votre Ma\u00eetre appara\u00eetra dans la gloire de ses anges, pour \u00eatre admir\u00e9 de tous ceux qui l&rsquo;aiment, vous aussi serez glorifi\u00e9s, et ceux-l\u00e0 m\u00eames qui vous auront m\u00e9pris\u00e9s, ha\u00efs, insult\u00e9s ici-bas seront contraints de vous rendre hommage. Soyez donc comme J\u00e9sus, mes bien-aim\u00e9s, sans peur et sans reproche, vaillants pour votre Dieu, en sorte que, voyant votre hardiesse, le monde soit forc\u00e9 de dire : \u00ab Ils ont \u00e9t\u00e9 avec J\u00e9sus. \u00bb<\/p>\n<p>Mais de m\u00eame qu&rsquo;un seul trait ne rend pas la physionomie d&rsquo;un homme, de m\u00eame la seule vertu -du courage ne vous fera pas ressembler \u00e0 Christ. Il y a eu des chr\u00e9tiens qui ont \u00e9t\u00e9 de nobles c\u0153urs, de grands caract\u00e8res, mais qui ont port\u00e9 la hardiesse \u00e0 l&rsquo;exc\u00e8s : ils ont \u00e9t\u00e9, non le portrait de Christ, mais sa caricature. \u00c0 notre courage, il faut que nous amalgamions, pour ainsi dire, la douceur de J\u00e9sus. Que le courage soit l&rsquo;airain, que l&rsquo;amour soit l&rsquo;or; et du m\u00e9lange de ces deux \u00e9l\u00e9ments sortira un riche m\u00e9tal, digne de servir \u00e0 la construction du temple de Dieu. Que la douceur et la hardiesse soient fondues ensemble dans votre c\u0153ur. Le chr\u00e9tien courageux peut assur\u00e9ment accomplir des merveilles. John Knox<a name=\"_ftnref8\"><\/a><a href=\"#_ftn8\">[4]<\/a>&nbsp;fit beaucoup pour la cause de son Ma\u00eetre, mais peut-\u00eatre aurait-il fait davantage si, \u00e0 son admirable intr\u00e9pidit\u00e9, il avait joint un peu plus d&rsquo;amour. Luther fut un conqu\u00e9rant (honneur \u00e0 sa m\u00e9moire et paix \u00e0 ses cendres!); toutefois, il semble, \u00e0 nous qui le contemplons d&rsquo;une certaine distance, que s&rsquo;il avait parfois m\u00eal\u00e9 un peu d&rsquo;am\u00e9nit\u00e9 \u00e0 son indomptable \u00e9nergie; que si, tout en poursuivant l&rsquo;erreur jusque dans ses derniers retranchements, il avait parl\u00e9 avec un peu plus de mesure, il semble, dis-je, que Luther lui-m\u00eame aurait pu faire plus encore qu&rsquo;il n&rsquo;a fait. Appliquons-nous donc, mes bien-aim\u00e9s, \u00e0 imiter J\u00e9sus, non seulement dans son courage, mais aussi dans son aimable douceur. Voyez-le pendant son s\u00e9jour sur la terre. Un enfant vient-il \u00e0 lui ? Il le prend dans ses bras en disant : \u00ab Laissez venir \u00e0 moi les petits enfants et ne les emp\u00eachez point. \u00bb Une veuve qui a perdu son fils unique se trouve-t-elle sur son passage? Il la regarde avec une tendre sympathie, lui dit : \u00ab Ne pleure point \u00bb, et d&rsquo;un mot, lui rend son enfant. Rencontre-t-il un aveugle, un l\u00e9preux, un paralytique ? Il leur parle avec bont\u00e9, les touche et les gu\u00e9rit. Il v\u00e9cut pour les autres, non pour lui-m\u00eame. Ses travaux incessants n&rsquo;avaient qu&rsquo;un but : le bien de ceux qui l&rsquo;entouraient. Et pour couronner sa vie de d\u00e9vouement, vous savez l&rsquo;\u00e9tonnant sacrifice qu&rsquo;il daigna offrir \u00e0 son P\u00e8re. \u00d4 prodige de mis\u00e9ricorde! Il donna sa vie pour l&rsquo;homme coupable. Sur l&rsquo;arbre de la croix, au milieu des angoisses d&rsquo;une lente agonie, en proie \u00e0 des souffrances indicibles, il consentit \u00e0 mourir \u00e0 notre place, afin que nous pussions \u00eatre sauv\u00e9s. Christ est l&rsquo;amour incarn\u00e9; en lui nous voyons la plus touchante, la plus parfaite personnification de la bienveillance et de la charit\u00e9. Comme Dieu est amour, Christ est amour. \u00d4 chr\u00e9tiens ! Soyez donc amour, vous aussi. Que votre bon vouloir, votre compassion, votre b\u00e9n\u00e9ficence rayonne sur tout ce qui vous entoure. Ne dites pas \u00e0 ceux qui souffrent: \u00ab Allez en paix, chauffez-vous et vous rassasiez \u00bb, mais faites part de votre pain \u00e0 sept, et m\u00eame \u00e0 huit (Ja. 2.16 ; \u00c9cc. 11.2). Si vous ne pouvez imiter Howard<a name=\"_ftnref10\"><\/a><a href=\"#_ftn10\">[5]<\/a> et comme lui ouvrir les portes des cachots pour faire entendre aux prisonniers un message d&rsquo;esp\u00e9rance ; si vous ne pouvez p\u00e9n\u00e9trer dans les tristes demeures de la mis\u00e8re et du vice, faites du moins ce que vous pouvez, chacun dans la sph\u00e8re qui lui est propre. Que vos paroles, que vos actions respirent l&rsquo;amour. Que Christ revive pour ainsi dire en vous, par la douceur et la bont\u00e9. S&rsquo;il est une vertu qui, plus que toute autre, convient au disciple de J\u00e9sus, assur\u00e9ment c&rsquo;est cet esprit de mansu\u00e9tude et de b\u00e9nignit\u00e9, cet esprit qui le porte \u00e0 aimer le peuple de Dieu, \u00e0 aimer l\u2019\u00c9glise, \u00e0 aimer le monde, \u00e0 aimer tous les hommes. Et pourtant que de chr\u00e9tiens, \u00e0 l&rsquo;humeur difficile et chagrine, n&rsquo;y a-t-il pas dans nos \u00c9glises, qui semblent avoir dans leur temp\u00e9rament une si forte mesure de vinaigre et de fiel, qu&rsquo;en v\u00e9rit\u00e9 c&rsquo;est \u00e0 peine si l&rsquo;on peut obtenir d&rsquo;eux une bonne parole! Ils s&rsquo;imaginent qu&rsquo;il n&rsquo;est possible de d\u00e9fendre la religion autrement que par des paroles acerbes; aussi ne plaident-ils jamais la cause de leur Ma\u00eetre sans se laisser aller \u00e0 des acc\u00e8s d&#8217;emportement, et si dans leur famille, dans l\u2019\u00c9glise ou ailleurs tout ne marche pas au gr\u00e9 de leurs d\u00e9sirs, ils consid\u00e8rent comme un devoir de rendre leur face semblable \u00e0 un caillou<a name=\"_ftnref11\"><\/a> (\u00c9sa\u00efe 50.7) et de d\u00e9fier tout le genre humain. De tels chr\u00e9tiens ressemblent \u00e0 des gla\u00e7ons isol\u00e9s ; personne ne se soucie de s&rsquo;approcher d&rsquo;eux ; on les \u00e9vite, on redoute leur contact. Solitaires et oubli\u00e9s, ils flottent sur les vagues de la vie, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que le courant les ait emport\u00e9s. Et quoique sans doute, les ch\u00e8res \u00e2mes, nous serons fort heureux de les rencontrer dans le ciel, leurs esprits ont toujours \u00e9t\u00e9 si mal tourn\u00e9s que, franchement, nous ne sommes pas f\u00e2ch\u00e9s de vivre loin d&rsquo;eux sur la terre&#8230; Ne soyez point ainsi, mes bien-aim\u00e9s. Imitez Christ dans sa d\u00e9bonnairet\u00e9, dans son support, dans son amour. Qu&rsquo;il n&rsquo;y ait en vous ni aigreur ni rudesse. Parlez avec bont\u00e9, agissez avec bont\u00e9, conduisez-vous avec bont\u00e9. Alors le monde pourra dire de vous ce que les Juifs disaient autrefois des ap\u00f4tres : \u00ab Ils ont \u00e9t\u00e9 avec J\u00e9sus! \u00bb<\/p>\n<p>Un autre grand trait du caract\u00e8re de J\u00e9sus \u00e9tait sa profonde et sinc\u00e8re humilit\u00e9. A cet \u00e9gard aussi, soyons tels que notre Ma\u00eetre. \u00c0 Dieu ne plaise que nous soyons ou rampants ou serv\u00eetes! (Loin de l\u00e0; nous sommes libres; la v\u00e9rit\u00e9 nous a affranchis; nous sommes donc \u00e9gaux \u00e0 tous, inf\u00e9rieurs \u00e0 personne.) Toutefois, nous devons \u00eatre humbles de c\u0153ur, comme J\u00e9sus. \u00d4 toi, chr\u00e9tien orgueilleux (car, quelque paradoxal que cela puisse para\u00eetre, il y a des chr\u00e9tiens de cette esp\u00e8ce, on n&rsquo;en saurait douter : je ne suis pas assez peu charitable pour refuser absolument le titre de fr\u00e8re \u00e0 tout homme qui est entach\u00e9 d&rsquo;orgueil) : \u00f4 toi, dis-je, chr\u00e9tien orgueilleux, regarde \u00e0 ton Ma\u00eetre, je t&rsquo;en supplie. Vois-le se d\u00e9pouillant de la majest\u00e9 divine et daignant converser avec le genre humain; vois-le parlant \u00e0 des enfants, habitant au milieu des paysans de la Galil\u00e9e, et enfin \u2014 \u00f4 profondeur incomparable de condescendance! \u2014 lavant les pieds de ses disciples et les essuyant avec un linge. Voil\u00e0, \u00f4 chr\u00e9tiens, le Ma\u00eetre que vous pr\u00e9tendez servir ! Voil\u00e0 le Seigneur que vous faites profession d&rsquo;adorer! Et cependant, j&rsquo;en appelle \u00e0 vos consciences, combien parmi vous qui rougiraient de tendre la main \u00e0 un de leurs semblables, v\u00eatu autrement qu&rsquo;eux-m\u00eames ou moins favoris\u00e9 en biens de ce monde?&#8230; On l&rsquo;a dit avec raison : dans la soci\u00e9t\u00e9 actuelle, l&rsquo;or ne fraternise que difficilement avec l&rsquo;argent, et l&rsquo;argent \u00e0 son tour regarde la monnaie de cuivre du haut de sa grandeur; mais dans l\u2019\u00c9glise, il n&rsquo;en doit pas \u00eatre ainsi. En devenant membres de la grande famille de Christ, il faut que nous nous d\u00e9pouillions de ces pr\u00e9jug\u00e9s de caste, de rang et de fortune. Rappelle-toi, croyant, quel \u00e9tait ton Ma\u00eetre. Enfant de la pauvret\u00e9, il naquit, il v\u00e9cut au milieu des pauvres, il mangea avec eux. Et tu oserais, toi, vermisseau d&rsquo;un jour, marcher l&rsquo;air hautain et le regard superbe, te d\u00e9tournant avec m\u00e9pris des vermisseaux, tes fr\u00e8res, qui marchent \u00e0 tes c\u00f4t\u00e9s?.\u2026 Qu&rsquo;es-tu donc toi-m\u00eame, je te le demande, qu&rsquo;es-tu , si ce n&rsquo;est le plus mis\u00e9rable d&rsquo;entre eux, puisque ton or, ou ton \u00e9l\u00e9vation, ou tes v\u00eatements somptueux te rendent vain? Va, pauvre \u00e2me, tu es bien petite aux yeux de Dieu ! Christ \u00e9tait humble; il n&rsquo;avait ni fiert\u00e9 ni arrogance; il savait s&rsquo;abaisser pour servir les autres; il n&rsquo;avait point \u00e9gard \u00e0 l&rsquo;apparence des personnes. Ami des p\u00e9agers et des gens de mauvaise vie, il ne rougissait point d&rsquo;\u00eatre vu avec eux.<\/p>\n<p>Chr\u00e9tien, sois tel que ton Ma\u00eetre; comme Lui, sache t\u2019abaisser. Bien plus, sois une de ces \u00e2mes qui, estimant les autres comme plus excellentes qu\u2019elles-m\u00eames, ne croient pas s\u2019abaisser en se mettant toujours au dernier rang, qui consid\u00e8rent comme un honneur de s&rsquo;asseoir avec les plus ch\u00e9tifs des enfants de Dieu, et qui disent dans la sinc\u00e9rit\u00e9 de leur c\u0153ur : \u00ab Si mon nom est seulement \u00e9crit \u00e0 la derni\u00e8re page du livre de vie, c&rsquo;en est assez pour une cr\u00e9ature aussi indigne que moi. \u00bb Oui, applique-toi, \u00f4 mon fr\u00e8re, \u00e0 ressembler \u00e0 Christ par ton humilit\u00e9.<\/p>\n<p>Je pourrais continuer ainsi, mes chers amis, passant pour ainsi dire en revue les divers traits qui caract\u00e9risent la sainte et parfaite figure du Fils de Dieu; toutefois, je crois inutile de poursuivre cette \u00e9tude, car chacun de vous peut la faire aussi bien que moi. Pour cela, il lui suffira de contempler l&rsquo;image du Sauveur telle qu&rsquo;elle est peinte d&rsquo;apr\u00e8s nature dans son \u00c9vangile. D&rsquo;ailleurs, le temps me manquerait si je voulais vous pr\u00e9senter une esquisse tant soit peu compl\u00e8te du caract\u00e8re de J\u00e9sus. Je n&rsquo;ajouterai donc qu&rsquo;un seul mot : imitez Christ dans sa saintet\u00e9. \u00c9tait-il d\u00e9vor\u00e9 de z\u00e8le pour le service de son Ma\u00eetre? Soyez-le vous aussi. Allez de lieu en lieu en faisant le bien. Ne gaspillez point votre temps : il est trop pr\u00e9cieux pour le perdre. J\u00e9sus \u00e9tait-il anim\u00e9 d&rsquo;un esprit de renoncement, ne recherchant jamais son propre int\u00e9r\u00eat, mais ayant \u00e9gard \u00e0 celui des autres? Comme lui, renoncez \u00e0 vous-m\u00eames. \u00c9tait-il fervent d&rsquo;esprit? Comme lui, priez sans cesse. Avait-il une d\u00e9f\u00e9rence sans bornes pour la volont\u00e9 de son P\u00e8re? Comme lui, soumettez-vous sans murmure. \u00c9tait-il patient? Comme lui, apprenez \u00e0 souffrir. Par-dessus tout, \u00f4 croyant, pardonne \u00e0 tes ennemis comme Christ pardonna aux siens. Que cette sublime parole de ton Ma\u00eetre : \u00ab P\u00e8re, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu&rsquo;ils font! \u00bb retentisse toujours \u00e0 tes oreilles. Quand tu es dispos\u00e9 \u00e0 te venger toi-m\u00eame, quand tu sens l&rsquo;indignation bouillonner dans ton c\u0153ur, mets de suite un frein au fougueux coursier de la col\u00e8re et ne permets pas qu&rsquo;il t&#8217;emporte dans son imp\u00e9tueux \u00e9lan. Souviens-toi que l&#8217;emportement n&rsquo;est autre chose qu&rsquo;une folie temporaire. Pardonne comme tu esp\u00e8res \u00eatre pardonn\u00e9. Amasse des charbons de feu sur la t\u00eate de ton ennemi par ta bont\u00e9 \u00e0 son \u00e9gard. Qui rend le bien pour le mal ressemble \u00e0 Dieu : cherche donc \u00e0 ressembler \u00e0 ce Dieu d&rsquo;amour, et en toutes choses efforce-toi de te conduire de telle mani\u00e8re que tes ennemis eux-m\u00eames soient contraints de dire : \u00ab Cet homme a \u00e9t\u00e9 avec J\u00e9sus. \u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>II.<\/strong><\/p>\n<p>Mais il ne suffit pas de savoir ce que le chr\u00e9tien doit \u00eatre; il faut encore savoir QUAND IL DOIT \u00caTRE TEL. Dans le monde, on pense g\u00e9n\u00e9ralement qu&rsquo;il est tr\u00e8s convenable d&rsquo;\u00eatre pieux le dimanche, mais qu&rsquo;il importe peu ce qu&rsquo;on est le lundi. Que de soi-disant ministres de l\u2019\u00c9vangile qui sont de tr\u00e8s fervents pr\u00e9dicateurs le jour du sabbat, et des pr\u00e9dicateurs d&rsquo;impi\u00e9t\u00e9 pendant le reste de la semaine ! Que de personnes qui se rendent \u00e0 la maison de Dieu, l&rsquo;air solennel, le maintien grave, qui se joignent au chant et font semblant de prier, mais qui en r\u00e9alit\u00e9 n&rsquo;ont point de part ni rien \u00e0 pr\u00e9tendre en cette affaire, \u00e9tant encore dans un fiel tr\u00e8s-amer et dans les liens de l&rsquo;iniquit\u00e9! Posons-nous donc s\u00e9rieusement cette question, mes chers auditeurs : quand est-ce que le chr\u00e9tien doit ressembler \u00e0 son Ma\u00eetre? Y a-t-il un temps o\u00f9 le soldat de Christ puisse se d\u00e9pouiller de son uniforme, d\u00e9boucler son armure et devenir semblable aux autres hommes? Oh! non, mille fois non! En tout temps et en tous lieux, il faut que le chr\u00e9tien soit en r\u00e9alit\u00e9 ce qu&rsquo;il fait profession d&rsquo;\u00eatre. Je me souviens d&rsquo;une conversation que j&rsquo;eus il y a quelque temps avec une personne du monde. \u00ab Je n&rsquo;aime pas, \u00bb me disait-elle, \u00ab que mes visiteurs abordent des sujets religieux ; sans doute, la religion est bonne le dimanche et lorsqu&rsquo;on est dans la maison de Dieu; mais dans un salon, je la trouve fort d\u00e9plac\u00e9e. \u00bb \u00c0 cela je r\u00e9pondis que si la religion devait \u00eatre bannie de partout except\u00e9 des lieux de culte, nos temples et nos chapelles se trouveraient bient\u00f4t transform\u00e9s en vastes dortoirs&#8230; \u00ab Pourquoi cela? \u00bb demanda mon interlocuteur avec surprise. \u00ab Eh! c&rsquo;est bien simple \u00bb r\u00e9pliquai-je. \u00ab Tous, nous aurons besoin de la religion pour mourir; or, comme la mort peut nous surprendre d&rsquo;un instant \u00e0 l&rsquo;autre, qui voudrait s&rsquo;\u00e9loigner du seul lieu o\u00f9 la religion serait admise?&#8230;. \u00bb Oui, \u00e0 l&rsquo;heure supr\u00eame, chacun de nous aura besoin des consolations de l\u2019\u00c9vangile; mais comment pourrions-nous esp\u00e9rer en jouir si, pendant notre vie, nous n&rsquo;ob\u00e9issons point aux pr\u00e9ceptes&nbsp; de ce m\u00eame \u00c9vangile? Imitez donc Christ en tout temps, mes bien-aim\u00e9s. Imitez-le dans votre vie publique. Plusieurs d&rsquo;entre nous sont peut-\u00eatre appel\u00e9s \u00e0 vivre dans une sorte de monde officiel; le rang que nous occupons, les fonctions dont nous sommes investis, nous donnent peut-\u00eatre quelque relief sur nos semblables. Oh! s&rsquo;il en est ainsi, prenons garde. Nous sommes \u00e9pi\u00e9s, n&rsquo;en doutons pas. Nos paroles sont relev\u00e9es, nos actes comment\u00e9s; notre conduite tout enti\u00e8re est examin\u00e9e, analys\u00e9e, mise en pi\u00e8ces. Le monde, au regard d&rsquo;aigle, aux yeux d&rsquo;Argus, le monde ne nous perd pas de vue; il nous surveille, nous observe et de s\u00e9v\u00e8res critiques sont toujours pr\u00eates \u00e0 fondre sur nous. Voulons-nous, mes chers amis, r\u00e9duire au silence nos adversaires? Effor\u00e7ons-nous de vivre de la vie de Christ dans nos relations avec les hommes. Appliquons-nous \u00e0 copier si fid\u00e8lement notre Ma\u00eetre, dans notre conduite publique, que nous puissions toujours dire : \u00ab Ce n&rsquo;est plus moi qui vis, c&rsquo;est Christ qui vit en moi. \u00bb<\/p>\n<p>Et vous, en particulier, membres de nos \u00c9glises, qui \u00eates appel\u00e9s \u00e0 les diriger, \u00e0 veiller \u00e0 leurs int\u00e9r\u00eats, \u00e0 d\u00e9lib\u00e9rer sur leurs affaires, soyez anim\u00e9s de ce m\u00eame esprit, je vous en supplie. Combien parmi vous qui, semblables \u00e0 Diotr\u00e8phe, aiment \u00e0 \u00eatre les premiers!<a name=\"_ftnref12\"><\/a> (3 Jean 9) Combien qui aspirent \u00e0 primer et \u00e0 dominer sur ceux qui les entourent, oubliant que d&rsquo;apr\u00e8s l\u2019\u00c9vangile, tous les chr\u00e9tiens sont \u00e9gaux devant Dieu, qu&rsquo;ils sont tous fr\u00e8res, et que, par cons\u00e9quent, ils ont tous droit aux m\u00eames privil\u00e8ges! Je vous le dis donc : cherchez \u00e0 vous p\u00e9n\u00e9trer de l&rsquo;esprit de votre Ma\u00eetre dans vos rapports avec vos \u00c9glises respectives, en sorte que les membres de ces \u00c9glises puissent vous rendre d&rsquo;un commun accord ce beau t\u00e9moignage : \u00ab Ils ont \u00e9t\u00e9 avec J\u00e9sus. \u00bb<\/p>\n<p>Mais par-dessus tout, ressemblez \u00e0 Christ <em>dans vos maisons<\/em>. Une maison o\u00f9 l&rsquo;on respire une atmosph\u00e8re chr\u00e9tienne est la meilleure preuve d&rsquo;une pi\u00e9t\u00e9 vivante. Pour savoir ce que je suis, ce n&rsquo;est point dans mon lieu de culte qu&rsquo;il faut aller, mais dans mon int\u00e9rieur; ce n&rsquo;est point mon pasteur qu&rsquo;il faut consulter, c&rsquo;est la personne qui me voit de plus pr\u00e8s. C&rsquo;est la servante, l&rsquo;enfant, l&rsquo;\u00e9pouse, l&rsquo;ami qui peuvent le mieux juger de ce que vaut mon christianisme. Un homme pieux doit n\u00e9cessairement exercer une bonne influence sur ses alentours. \u00ab Jamais je ne croirai qu&rsquo;un homme soit un vrai chr\u00e9tien, \u00bb disait un pr\u00e9dicateur c\u00e9l\u00e8bre<a name=\"_ftnref13\"><\/a><a href=\"#_ftn13\">[6]<\/a>, \u00ab&nbsp;si sa femme, ses enfants, ses domestiques, voire m\u00eame le chien qui vit sous son toit, ne ressentent les heureux effets de sa pi\u00e9t\u00e9.\u00bb Telle est la religion de la Bible. Ce n&rsquo;est point au langage, ce n&rsquo;est point aux dehors, c&rsquo;est \u00e0 la vie qu&rsquo;on reconna\u00eet l&rsquo;enfant de Dieu. Si votre entourage ne gagne rien \u00e0 votre christianisme, si en vous voyant au milieu de votre famille, les mondains ne sont pas contraints de dire : \u00ab Voil\u00e0 une maison mieux dirig\u00e9e, mieux gouvern\u00e9e que les n\u00f4tres \u00bb, ne vous y trompez point : vous \u00eates encore \u00e9trangers \u00e0 la pi\u00e9t\u00e9 seule digne de ce nom. Que vos serviteurs, en vous quittant, ne puissent pas dire : \u00ab Singuliers chr\u00e9tiens que ceux-l\u00e0, vraiment ! Point de culte le matin, point de culte le soir. Le dimanche, il est vrai, ils allaient \u00e0 la maison de Dieu; ils y entendaient annoncer le saint \u00c9vangile; mais quant \u00e0 moi, on me laissait travailler tout le jour; ou si, par extraordinaire, on me permettait de sortir, ce n&rsquo;\u00e9tait que le soir, \u00e0 la h\u00e2te, lorsque j&rsquo;\u00e9tais ext\u00e9nu\u00e9 de fatigue. \u00bb Non, mes fr\u00e8res, qu&rsquo;on ne puisse pas dire ces choses de vous. Que votre pi\u00e9t\u00e9 influe au contraire jusque sur les moindres d\u00e9tails de votre vie domestique. Montrez \u00e0 tous ceux qui vous entourent que votre religion est avant tout une religion pratique. Qu&rsquo;elle soit lue et connue dans votre cercle intime aussi bien et mieux encore que dans le monde. Je dis : mieux encore, car ce que vous \u00eates chez vous, vous l&rsquo;\u00eates en r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>Trop souvent, notre vie ext\u00e9rieure n&rsquo;est qu&rsquo;un r\u00f4le d&#8217;emprunt, et tous nous sommes plus ou moins des acteurs; mais dans la vie priv\u00e9e, le masque tombe, et nous nous montrons tels que nous sommes. Prenons donc garde de ne pas n\u00e9gliger la pi\u00e9t\u00e9 du chez-soi, les devoirs de tous les jours. Imitons Christ dans nos maisons. Enfin, mes bien-aim\u00e9s, avant de quitter cette partie de mon sujet, je vous dirai encore : Imitez J\u00e9sus en secret. Oui, quand aucun \u0153il ne vous voit, si ce n&rsquo;est l&rsquo;oeil de Dieu; quand les t\u00e9n\u00e8bres vous enveloppent, quand vous n&rsquo;\u00eates pas expos\u00e9s \u00e0 l&rsquo;observation de vos semblables, m\u00eame alors, soyez tels que J\u00e9sus-Christ. Rappelez-vous son ardente pi\u00e9t\u00e9, sa d\u00e9votion int\u00e9rieure; rappelez-vous comment, apr\u00e8s avoir laborieusement instruit la multitude pendant le jour, il se retirait au milieu des ombres de la nuit pour implorer le secours de son P\u00e8re. Rappelez-vous comment la vie de son \u00e2me fut sans cesse aliment\u00e9e par de nouvelles communications du Saint-Esprit qu&rsquo;il puisait dans la pri\u00e8re. Chr\u00e9tiens, \u00e0 cet \u00e9gard comme \u00e0 tous les autres, suivez l&rsquo;exemple de votre Sauveur. Ayez toujours l\u2019\u0153il ouvert sur votre vie secr\u00e8te: que cette vie soit telle que vous n&rsquo;ayez pas honte de la lire devant tous au grand jour du jugement. Ah! si les secrets des c\u0153urs \u00e9taient d\u00e9voil\u00e9s en ce moment, comme ils le seront au dernier jour, on verrait, h\u00e9las! que la vie int\u00e9rieure du plus grand nombre n&rsquo;est pas une vie, mais une mort. Il est m\u00eame de vrais chr\u00e9tiens dont on peut dire que leur vie est \u00e0 peine une vie. C&rsquo;est une sorte de demi-existence. Ils se tra\u00eenent p\u00e9niblement dans le chemin du ciel. Une ou deux fois par jour, ils \u00e9l\u00e8vent en h\u00e2te vers Dieu une pri\u00e8re, une aspiration, un soupir \u2014 tout juste ce qu&rsquo;il faut pour conserver dans leur \u00e2me une \u00e9tincelle de vie, mais rien de plus. Oh! mes fr\u00e8res en Christ, je vous en supplie, ne vous contentez point d&rsquo;un aussi d\u00e9plorable \u00e9tat. Faites tous vos efforts pour ressembler davantage \u00e0 J\u00e9sus dans votre vie intime. Surtout, vaquez avec soin \u00e0 vos d\u00e9votions particuli\u00e8res. Vous le dirai-je? Je crains que m\u00eame parmi ceux d&rsquo;entre vous qui sont le plus avanc\u00e9s dans la pi\u00e9t\u00e9, la pri\u00e8re individuelle ne soit trop n\u00e9glig\u00e9e<a name=\"_ftnref14\"><\/a><a href=\"#_ftn14\">[7]<\/a>. Et pourtant, le Seigneur ne vous a-t-il pas encourag\u00e9s de toutes mani\u00e8res \u00e0 lui exposer vos besoins? N&rsquo;a-t-il pas r\u00e9pondu mille et mille fois \u00e0 vos supplications? Voudriez-vous donc vous ralentir dans vos pri\u00e8res? Voudriez-vous cesser de crier au Seigneur?<\/p>\n<p>Oh! non, mes bien-aim\u00e9s, qu&rsquo;il n&rsquo;en soit point ainsi. Allez dans vos maisons, tombez \u00e0 genoux, interc\u00e9dez avec une nouvelle ardeur aupr\u00e8s de votre P\u00e8re c\u00e9leste, lui demandant ses b\u00e9n\u00e9dictions et pour vous-m\u00eames, et pour vos amis, et pour le monde entier. Souvenez-vous sp\u00e9cialement de vos pasteurs, afin qu&rsquo;ils soient soutenus dans l\u2019\u0153uvre si difficile de leur minist\u00e8re. Suppliez Dieu de vous rendre capables de tenir vos mains \u00e9lev\u00e9es en haut, comme autrefois Mo\u00efse sur la montagne, afin que les Josu\u00e9s qui sont dans la plaine puissent combattre et vaincre les Hamal\u00e9cites<a name=\"_ftnref15\"><\/a> (Exode 17.11-13). C&rsquo;est maintenant le moment d\u00e9cisif: perdrons-nous la bataille par notre faute? C&rsquo;est ici l&rsquo;heure de la mar\u00e9e montante&nbsp;: n&rsquo;en profiterons-nous pas pour entrer dans le port ? H\u00e2tons-nous donc! Faisons force de rames, d\u00e9ployons les voiles de la pri\u00e8re et supplions le Seigneur de les enfler lui-m\u00eame par le souffle puissant de son Esprit. Oui, vous tous qui aimez l\u2019\u00c9ternel, de tout pays et de toute d\u00e9nomination, unissez-vous tous ensemble pour demander \u00e0 Dieu de r\u00e9pandre cet Esprit par toute la terre, de nous accorder un temps de nouvelle Pentec\u00f4te, de ranimer, pour l&rsquo;amour de son Fils, sa faible et languissante \u00c9glise. Oh! mes chers amis, si nous faisions ainsi; si, comme un seul homme, nous tombions aux pieds de notre P\u00e8re c\u00e9leste, c&rsquo;est alors que le monde reconna\u00eetrait que v\u00e9ritablement nous avons \u00e9t\u00e9 avec J\u00e9sus!<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>III.<\/strong><\/p>\n<p>Mais une autre question se pr\u00e9sente : POURQUOI LES CHR\u00c9TIENS DOIVENT-ILS IMITER CHRIST ? La r\u00e9ponse est facile. En premier lieu, ils doivent le faire dans leur propre int\u00e9r\u00eat. S&rsquo;ils tiennent \u00e0 leur honneur et \u00e0 l&rsquo;estime de leurs semblables, qu&rsquo;ils se conduisent de mani\u00e8re \u00e0 ne pas \u00eatre trouv\u00e9s menteurs devant Dieu et devant les hommes. S&rsquo;ils tiennent \u00e0 la sant\u00e9 de leurs \u00e2mes, s&rsquo;ils d\u00e9sirent \u00eatre pr\u00e9serv\u00e9s de chutes et se maintenir dans le droit chemin, qu&rsquo;ils s&rsquo;appliquent \u00e0 ressembler toujours plus \u00e0 J\u00e9sus. S&rsquo;ils tiennent \u00e0 leur bonheur personnel; s&rsquo;ils veulent que leurs \u00e2mes soient nourries de choses grasses et de vins bien purifi\u00e9s<a name=\"_ftnref16\"><\/a>(\u00c9sa\u00efe 25.6); s&rsquo;ils souhaitent de jouir d&rsquo;une sainte et douce communion avec J\u00e9sus, et de pouvoir planer au-dessus des peines et des soucis de la vie, qu&rsquo;ils marchent sur les traces de leur Ma\u00eetre. Oui, croyez-le, mes chers auditeurs, rien n&rsquo;est plus \u00e0 votre avantage; rien ne vous procurera tant de prosp\u00e9rit\u00e9, tant de paix, tant de force; rien ne vous aidera si efficacement \u00e0 avancer vers le ciel, \u00e0 traverser la vie, le front serein et les yeux brillants de gloire; en un mot, rien ne contribuera davantage \u00e0 vos jouissances spirituelles que de vivre dans une constante imitation de J\u00e9sus. C&rsquo;est lorsque vous serez rendus capables, par la puissance du Saint-Esprit, de placer, pour ainsi dire, vos pas dans l&#8217;empreinte de ses pas, que vous serez le plus heureux. C&rsquo;est alors aussi qu&rsquo;on reconna\u00eetra en vous de v\u00e9ritables, de sinc\u00e8res enfants de Dieu. \u00d4 chr\u00e9tiens, je vous le dis encore: dans votre propre int\u00e9r\u00eat, imitez Christ.<\/p>\n<p>Imitez-le aussi dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la religion. Ah! pauvre religion, tu as \u00e9t\u00e9 assaillie par de cruels adversaires; mais que sont les blessures qu&rsquo;ils t&rsquo;ont faites, compar\u00e9es \u00e0 celles que tu as re\u00e7ues de la main de tes pr\u00e9tendus amis ? Personne, \u00f4 \u00c9vangile de Christ, ne t&rsquo;a caus\u00e9 tant de dommage que ceux qui font profession d&rsquo;\u00eatre tes disciples! Personne, \u00f4 sainte et aimable pi\u00e9t\u00e9, ne t&rsquo;a port\u00e9 de plus rudes coups que le soi-disant chr\u00e9tien qui vit d&rsquo;une mani\u00e8re indigne de sa vocation, que l&rsquo;homme \u00e0 double face, qui s&rsquo;introduit dans la bergerie de l\u2019\u00c9glise, comme un loup en habits de brebis! Plus que le moqueur, plus que l&rsquo;incr\u00e9dule, plus que le sceptique, ils font tort \u00e0 la cause de Christ, tous ceux qui pr\u00e9tendent la servir, mais dont les actes d\u00e9mentent les paroles. Chr\u00e9tien, aimes-tu celte cause? Voudrais-tu voir l\u2019\u00c9vangile appr\u00e9ci\u00e9, honor\u00e9, glorifi\u00e9? Le nom du cher R\u00e9dempteur est-il pr\u00e9cieux \u00e0 ton \u00e2me? soupires-tu apr\u00e8s le temps o\u00f9 les royaumes de la terre seront soumis au Seigneur et \u00e0 son Christ ? D\u00e9sires-tu voir les forteresses renvers\u00e9es, et toute hauteur qui s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve contre la connaissance de Dieu d\u00e9truite? La vue des p\u00e9cheurs qui p\u00e9rissent autour de toi te p\u00e9n\u00e8tre-t-elle de douleur, et br\u00fbles-tu de les gagner \u00e0 J\u00e9sus, de sauver leurs \u00e2mes du feu \u00e9ternel? Voudrais-tu les emp\u00eacher \u00e0 tout prix de tomber dans les demeures des r\u00e9prouv\u00e9s ? Ton c\u0153ur est-il \u00e9mu de compassion \u00e0 cause de tes compagnons d&rsquo;immortalit\u00e9? Souhaites-tu ardemment que Christ jouisse enfin du travail de son \u00e2me et qu&rsquo;il en soit rassasi\u00e9? S&rsquo;il en est ainsi, \u00f4 mon fr\u00e8re, que ta vie soit en accord avec tes principes. Marche devant Dieu dans la terre des vivants. Conduis-toi en toute rencontre comme il convient \u00e0 un \u00e9lu. Souviens-toi quels nous devons \u00eatre par une sainte conduite et par des \u0153uvres de pi\u00e9t\u00e9. Voil\u00e0 le meilleur moyen de travailler \u00e0 la conversion du monde. Oui, j&rsquo;en suis convaincu, une telle conduite ferait plus pour l&rsquo;\u00e9vang\u00e9lisation de la soci\u00e9t\u00e9 que tous les efforts des \u0153uvres de missions, quelque excellentes que soient ces \u0153uvres. Montrons aux incr\u00e9dules que notre vie est sup\u00e9rieure \u00e0 la leur : alors, ils ne pourront se refuser \u00e0 croire que la religion est une r\u00e9alit\u00e9. Mais s&rsquo;ils nous voient agir dans un sens et parler dans un autre, savez-vous ce qu&rsquo;ils diront? Ils diront : \u00ab Ces gens soi-disant pieux ne valent pas mieux que le commun des hommes! Pourquoi donc deviendrions-nous des leurs ! Pourquoi renoncerions-nous \u00e0 nos habitudes?&nbsp;\u00bb Et en parlant ainsi, le monde serait dans son droit; son langage serait celui du plus simple bon sens. C&rsquo;est pourquoi, mes chers amis, je vous en conjure, si vous aimez la religion, par \u00e9gard pour elle, au nom de ses int\u00e9r\u00eats les plus sacr\u00e9s, soyez cons\u00e9quents avec vous-m\u00eames. Vivez dans la saintet\u00e9; ayez en horreur le mal et attachez-vous fortement au bien. En un mot, imitez le Seigneur J\u00e9sus.<\/p>\n<p>Mais l&rsquo;argument le plus fort, le plus puissant qu&rsquo;il me soit possible de vous pr\u00e9senter est celui-ci : pour l&rsquo;amour de Christ, efforcez-vous de lui ressembler. Oh! que ne puis-je, mes bien-aim\u00e9s, dresser en cet instant devant vous la croix de mon Sauveur, vous placer en pr\u00e9sence de J\u00e9sus mourant pour vos p\u00e9ch\u00e9s, et lui laisser le soin de plaider sa propre cause! Je sens que ma langue est comme attach\u00e9e \u00e0 mon palais; les paroles me manquent; je suis incapable de toucher vos c\u0153urs; mais ses plaies, ses blessures, son c\u00f4t\u00e9 perc\u00e9 trouveraient des accents capables de vous \u00e9mouvoir. Pauvres l\u00e8vres muettes et sanglantes, avec quelle \u00e9loquence ne nous parleriez-vous pas! \u00ab Mes amis ! \u00bb nous dirait J\u00e9sus de sa douce voix, en nous montrant ses mains meurtries; \u00ab mes amis, voyez mes mains : elles ont \u00e9t\u00e9 perc\u00e9es \u00e0 cause de vous. Voyez mon c\u00f4t\u00e9 : il a \u00e9t\u00e9 ouvert pour \u00eatre la source de votre salut. Voyez mes pieds : l\u00e0 est la marque des clous. Chacun de ces membres a \u00e9t\u00e9 rompu pour vous. De ces yeux se sont \u00e9chapp\u00e9s des torrents de larmes. Ce front fut couronn\u00e9 d&rsquo;\u00e9pines. Ce visage a re\u00e7u des soufflets, ces cheveux ont \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9s ; mon corps tout entier est devenu un foyer d&rsquo;inexprimables souffrances. Pendant de longues heures, je suis rest\u00e9 suspendu au bois, expos\u00e9 aux ardeurs d&rsquo;un soleil br\u00fblant \u2014 et tout cela, \u00f4 mes disciples, je l&rsquo;ai endur\u00e9 pour l&rsquo;amour de vous! Ne voulez-vous donc pas m&rsquo;aimer \u00e0 votre tour? Ce que je vous commande, c&rsquo;est de suivre mes traces. Y a-t-il aucun crime, aucun d\u00e9faut en moi? Oh non! vous le savez, je suis plus beau que les plus beaux d&rsquo;entre les fils des hommes, plus aimable que les plus aimables. Dites, mes amis : vous ai-je fait quelque tort? N&rsquo;ai-je pas au contraire tout fait pour votre salut? Et \u00e0 pr\u00e9sent encore, ne suis-je pas assis \u00e0 la droite de mon P\u00e8re, afin d&rsquo;interc\u00e9der pour vous? Maintenant donc, \u00f4 mes disciples, si vous m&rsquo;aimez&#8230; (Chr\u00e9tien! sois attentif. Que ces douces paroles de ton Sauveur retentissent toujours \u00e0 tes oreilles comme la lointaine harmonie de clochettes d&rsquo;argent) si vous m&rsquo;aimez, dit J\u00e9sus, gardez mes commandements. \u00bb Oh ! chr\u00e9tien, puissent ces mots p\u00e9n\u00e9trer jusqu&rsquo;au fond de ton c\u0153ur! \u00ab Si vous m&rsquo;aimez, si vous m&rsquo;aimez&#8230; \u00bb Mais ai-je bien entendu? Glorieux R\u00e9dempteur! pourquoi dis-tu : Si? Cher Agneau de Dieu, immol\u00e9 pour nos offenses, se pourrait-il donc qu&rsquo;il y e\u00fbt un si \u00e0 notre amour pour toi ? Quoi? Lorsque je suis t\u00e9moin de tes souffrances, lorsque je vois ton sang couler goutte \u00e0 goutte pour le salut de mon \u00e2me, serait-il possible que je ne t&rsquo;aimasse point? Et cependant, h\u00e9las ! je l&rsquo;avoue en g\u00e9missant, trop souvent tu as sujet de douter de mon amour. Trop souvent mes pens\u00e9es, ou mes paroles, ou ma conduite te donnent le droit de me dire : \u00ab Si vous m&rsquo;aimez! \u00bb Toutefois, malgr\u00e9 mes chutes et ma ti\u00e9deur, il me semble, \u00f4 mon Sauveur, que mon amour pour toi est une r\u00e9alit\u00e9. Il me semble que tu es plus pr\u00e9cieux \u00e0 mon \u00e2me que la lumi\u00e8re du jour ne l&rsquo;est \u00e0 mes yeux. Oui, je t&rsquo;aime \u2014 je sens que je t&rsquo;aime! Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t&rsquo;aime! \u2014 Voil\u00e0 le langage que peut tenir du fond du c\u0153ur tout v\u00e9ritable croyant; et \u00e0 celui qui lui parle de la sorte, J\u00e9sus r\u00e9pond, en abaissant vers lui un regard de tendre approbation : \u00ab Puisque tu m&rsquo;aimes, \u00f4 mon disciple, puisque tu m&rsquo;aimes, garde mes commandements. \u00bb Oh ! mes bien-aim\u00e9s, je vous le demande, quel motif plus puissant que celui-l\u00e0 pourrais-je invoquer pour vous porter \u00e0 imiter J\u00e9sus? O\u00f9 trouver un argument plus irr\u00e9sistible que celui de l&rsquo;affection et de l&rsquo;amour? La gratitude produit l&rsquo;ob\u00e9issance : soyez donc tels que votre Ma\u00eetre; et ainsi le monde conna\u00eetra que vous avez \u00e9t\u00e9 avec J\u00e9sus.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>IV.<\/strong><\/p>\n<p>Mais vous \u00eates \u00e9mus, vous pleurez peut-\u00eatre, et vous demandez avec anxi\u00e9t\u00e9 : \u00ab Comment pouvons-nous imiter Celui qui est mort pour nous?&nbsp;\u00bb Je vais, en finissant, m&rsquo;efforcer de r\u00e9pondre \u00e0 cette question; en d&rsquo;autres termes, je vais vous dire comment l&rsquo;homme peut devenir semblable \u00e0 Christ et \u00eatre transform\u00e9 \u00e0 son image.<\/p>\n<p>Et d&rsquo;abord, mes chers amis, je vous dirai ceci : il faut que vous connaissiez Christ comme votre R\u00e9dempteur, avant que vous puissiez le suivre comme votre mod\u00e8le. On parle beaucoup aujourd&rsquo;hui de l&rsquo;exemple de J\u00e9sus, et c&rsquo;est \u00e0 peine si l&rsquo;on trouverait une personne dans le monde qui ne f\u00fbt dispos\u00e9e \u00e0 reconna\u00eetre la beaut\u00e9 morale et l&rsquo;excellence incomparable de son caract\u00e8re. Toutefois, je vous le dis, quelque excellent que soit l&rsquo;exemple de Christ, il e\u00fbt \u00e9t\u00e9 absolument impossible \u00e0 aucun enfant d&rsquo;Adam de suivre cet exemple si, en m\u00eame temps qu&rsquo;il \u00e9tait notre Mod\u00e8le, J\u00e9sus n&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 aussi notre sacrifice. Croyez-vous donc, mes chers auditeurs, que son sang a \u00e9t\u00e9 r\u00e9pandu pour vous? Pouvez-vous vous associer \u00e0 ces paroles d&rsquo;un cantique :<\/p>\n<blockquote><p>Tu m&rsquo;as aim\u00e9, moi, vile cr\u00e9ature,<\/p>\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 t&rsquo;offrir en victime pour moi;<\/p>\n<p>Ton propre sang a lav\u00e9 ma souillure,<\/p>\n<p>Et par ta mort, je suis vivant pour toi?<\/p><\/blockquote>\n<p><sup>&nbsp;<\/sup>S&rsquo;il en est ainsi, vous \u00eates en bonne voie de devenir conformes \u00e0 l&rsquo;image de Christ. Mais aussi longtemps que vous n&rsquo;avez pas \u00e9t\u00e9 baign\u00e9s dans cette \u00ab&nbsp;source abondante qu&rsquo;Emmanuel remplit de son sang pr\u00e9cieux&nbsp;\u00bb, il est inutile que vous cherchiez \u00e0 lui ressembler. Vous perdriez votre temps, croyez-le. Vos passions sont trop fortes, vos \u00e2mes trop corrompues et vous construiriez un \u00e9difice qui, d\u00e9pourvu de fondement, aurait \u00e0 peu pr\u00e8s la solidit\u00e9 d&rsquo;un r\u00eave. Je le r\u00e9p\u00e8te : vous ne pouvez mouler votre vie sur celle de Christ, tant que vous n&rsquo;aurez pas re\u00e7u son pardon et rev\u00eatu sa justice.<\/p>\n<p>\u00ab Gr\u00e2ces \u00e0 Dieu, \u00bb diront quelques-uns, \u00ab nous en sommes arriv\u00e9s l\u00e0; nous savons que nous avons part au salut, mais, h\u00e9las! Nous savons aussi qu&rsquo;il existe en nous des imperfections en grand nombre. Nous voudrions ressembler \u00e0 Christ, mais nous ne pouvons y parvenir. Que nous faut-ii donc faire? \u00bb \u00c0 ceux-l\u00e0, je r\u00e9ponds : Mes chers amis, \u00e9tudiez attentivement le caract\u00e8re de J\u00e9sus. C&rsquo;est une chose triste \u00e0 dire, mais c&rsquo;est un fait : aujourd&rsquo;hui, la Bible est trait\u00e9e, en quelque sorte, comme un livre surann\u00e9, m\u00eame par beaucoup de chr\u00e9tiens. Il y a tant de feuilles religieuses, de publications p\u00e9riodiques et autres productions \u00e9ph\u00e9m\u00e8res, qu&rsquo;en v\u00e9rit\u00e9, le devoir de sonder les \u00c9critures est en danger d&rsquo;\u00eatre n\u00e9glig\u00e9. Chr\u00e9tien, veux-tu ressembler \u00e0 ton Ma\u00eetre? Contemple-le. Il y a dans la personne de Christ une merveilleuse puissance qui fait que plus on le contemple, plus on lui devient conforme. Je me regarde dans un miroir, puis je m&rsquo;en vais, et j&rsquo;oublie aussit\u00f4t ce que je suis. Mais quand je contemple Christ, je deviens tel que Christ. Regarde donc \u00e0 lui, \u00f4 croyant. \u00c9tudie son image dans les \u00c9vangiles; p\u00e9n\u00e8tre-toi bien de ses traits augustes.<\/p>\n<p>\u00ab Mais, \u00bb dites- vous peut-\u00eatre encore, \u00ab nous avons souvent contempl\u00e9 notre divin Mod\u00e8le, et pourtant nous ne voyons pas que nous avons fait de grands progr\u00e8s. \u00bb Eh bien, mes amis, savez-vous ce qu&rsquo;il vous faut faire encore? Il faut corriger chaque jour votre p\u00e2le et faible copie. Le soir, repassez dans votre souvenir les actions des vingt-quatre heures qui viennent de s&rsquo;\u00e9couler, et les examinez scrupuleusement devant Dieu. Lorsqu&rsquo;on me soumet les \u00e9preuves de quelques-uns de mes ouvrages, je dois marquer \u00e0 la marge les corrections \u00e0 faire. J&rsquo;aurai beau lire et relire une \u00e9preuve, que si je n&rsquo;indiquais pas les fautes qui s&rsquo;y trouvent, l&rsquo;imprimeur les laisserait toutes subsister. Ainsi devez-vous faire, mes bien-aim\u00e9s. Marquez le soir, \u00e0 la marge de votre journ\u00e9e, les fautes que vous avez commises, afin de vous les rappeler et de n&rsquo;y point retomber le lendemain. Faites cela jour apr\u00e8s jour, avec simplicit\u00e9, avec pers\u00e9v\u00e9rance, notant vos manquements un \u00e0 un, afin que vous puissiez les \u00e9viter \u00e0 l&rsquo;avenir. Certains philosophes de l&rsquo;antiquit\u00e9 ont dit qu&rsquo;il est du devoir de l&rsquo;homme de rentrer en lui-m\u00eame trois fois le jour et d&rsquo;examiner ses actes. Cette maxime est excellente : suivons-la. Ne soyons point l\u00e9gers et oublieux, mais plut\u00f4t \u00e9prouvons-nous soigneusement nous-m\u00eames; constatons nos chutes et nos mis\u00e8res, et travaillons ainsi \u00e0 sanctifier notre vie.<\/p>\n<p>Enfin (et c&rsquo;est le meilleur conseil que je puisse vous donner), si vous voulez ressembler \u00e0 Christ, recherchez une mesure toujours plus abondante de l&rsquo;Esprit de Dieu. Vains sont tous vos efforts pour imiter J\u00e9sus, si vous ne recherchez pas son Esprit. Prenez un morceau de fer, essayez de le courber, vous n&rsquo;y r\u00e9ussirez jamais. Placez-le sur l&rsquo;enclume, saisissez le marteau du forgeron, frappez \u00e0 coups redoubl\u00e9s, et vous n&rsquo;aurez rien fait. Tordez-le, tournez-le en tous sens, ayez recours \u00e0 toute sorte d&rsquo;engins, vous ne le fa\u00e7onnerez jamais \u00e0 votre guise. Mais placez-le dans le feu, qu&rsquo;il se ramollisse et devienne mall\u00e9able; puis, mettez-le sur l&rsquo;enclume et chacun de vos coups aura un si puissant effet que vous pourrez lui donner la forme qui vous convient. Il en est de m\u00eame du c\u0153ur de l&rsquo;homme. Ne cherchez pas \u00e0 fa\u00e7onner votre c\u0153ur, froid et dur comme il l&rsquo;est par nature, mais plongez-le tout d&rsquo;abord dans la fournaise de la gr\u00e2ce divine; l\u00e0, laissez-le s&rsquo;\u00e9chauffer et se fondre; apr\u00e8s quoi il sera comme de la cire molle et pourra reproduire fid\u00e8lement l&#8217;empreinte du Seigneur J\u00e9sus.<\/p>\n<p>Oh! mes fr\u00e8res, qu&rsquo;ajouterai-je pour vous porter \u00e0 donner \u00e0 ce sujet toute votre attention?.\u2026 Pensez, oh! pensez, je vous en supplie, que si vous ressemblez \u00e0 Christ sur la terre, vous lui ressemblerez dans le ciel; que si, par la puissance de l&rsquo;Esprit, vous devenez des disciples de J\u00e9sus ici-bas, vous deviendrez ci-apr\u00e8s participants de sa gloire! \u00c0 la porte du paradis se tient un ange, qui n&rsquo;admet dans le s\u00e9jour de d\u00e9lices que ceux-l\u00e0 seuls dont les traits pr\u00e9sentent une frappante analogie avec ceux de notre adorable R\u00e9dempteur. Voici un homme qui s&rsquo;avance, le front ceint d&rsquo;une couronne royale. \u00ab Tu as une couronne, il est vrai, \u00bb dit l&rsquo;ange, \u00ab mais ici, les couronnes ne servent de rien. \u00bb Un autre approche rev\u00eatu des insignes du pouvoir ou des robes de la science. \u00ab Tout cela \u00e9tait bon en son temps, \u00bb dit l&rsquo;ange; \u00ab mais ni les honneurs ni la science ne donnent acc\u00e8s au ciel. \u00bb Un troisi\u00e8me para\u00eet, rayonnant de jeunesse, de charmes et de gr\u00e2ce. \u00ab Tu pouvais plaire sur la terre, \u00bb dit l&rsquo;ange;&nbsp;&nbsp; \u00ab mais dans la nouvelle J\u00e9rusalem, la beaut\u00e9 ext\u00e9rieure n&rsquo;a aucun prix. \u00bb Un autre encore avance, ayant pour h\u00e9raut la renomm\u00e9e, et pour avant-coureur les applaudissements du genre humain, mais l&rsquo;ange le repousse lui aussi, en disant : \u00ab Toutes les gloires humaines sont ici de nulle valeur. \u00bb Enfin, un autre se pr\u00e9sente : peut-\u00eatre a-t-il \u00e9t\u00e9 pauvre, ignorant, m\u00e9pris\u00e9 des hommes; n&rsquo;importe! En le regardant, l&rsquo;ange sourit : \u00ab Voici une image du Seigneur J\u00e9sus ! \u00bb s&rsquo;\u00e9crie-t-il avec joie; \u00ab un reflet de sa saintet\u00e9, une empreinte de sa personne! C&rsquo;est le Seigneur lui-m\u00eame qui vient sous la forme d&rsquo;un de ses disciples. Sois le bienvenu, \u00f4 rachet\u00e9! Tu as \u00e9t\u00e9 avec J\u00e9sus, tu as \u00e9t\u00e9 fait semblable \u00e0 lui, la gloire \u00e9ternelle t&rsquo;appartient; entre dans la joie de ton Seigneur. \u00bb<\/p>\n<p>Mes fr\u00e8res, mes chers fr\u00e8res, pour l&rsquo;amour de vos \u00e2mes, r\u00e9fl\u00e9chissez \u00e0 ces choses. Qui est tel que Christ entrera dans le ciel, mais qui n&rsquo;est pas tel que Christ sera pr\u00e9cipit\u00e9 en enfer! Le jour vient o\u00f9 les choses de m\u00eame esp\u00e8ce seront rassembl\u00e9es et li\u00e9es ensemble : l&rsquo;ivraie avec l&rsquo;ivraie; le froment avec le froment. Si vous \u00eates tomb\u00e9s avec Adam et que vous quittiez la vie \u00e9tant morts dans vos fautes et dans vos p\u00e9ch\u00e9s, votre portion pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 sera avec ceux qui sont morts spirituellement; mais si d\u00e8s ici-bas vous ressuscitez avec Christ en nouveaut\u00e9 de vie, alors vous r\u00e9gnerez avec lui aux si\u00e8cles des si\u00e8cles. Le froment avec le froment, l&rsquo;ivraie avec l&rsquo;ivraie. Ne vous abusez point : on ne se joue point de Dieu; ce que l&rsquo;homme aura sem\u00e9, c&rsquo;est ce qu&rsquo;il moissonnera aussi. Emportez donc cette pens\u00e9e dans vos c\u0153urs, mes bien-aim\u00e9s, que vous pouvez juger de votre \u00e9tat spirituel en vous comparant \u00e0 Christ. Si vous \u00eates tels que votre Ma\u00eetre, si, malgr\u00e9 vos mis\u00e8res et vos infid\u00e9lit\u00e9s, vous lui ressemblez en quelque mesure par votre courage, votre douceur, votre humilit\u00e9, votre amour, alors vous \u00eates \u00e0 Christ et vous serez pour toujours avec lui. Si au contraire vous n&rsquo;\u00eates pas conformes \u00e0 la glorieuse image de Christ, vous n&rsquo;avez <em>aucune part ni rien \u00e0 pr\u00e9tendre<\/em> au salut qui est en lui.<\/p>\n<p>Puissent mes faibles paroles contribuer \u00e0 nettoyer l&rsquo;aire de l\u2019\u00c9glise de la balle qui l&rsquo;encombre! Puissent-elles surtout conduire plusieurs \u00e2mes \u00e0 chercher \u00e0 devenir participantes de l&rsquo;h\u00e9ritage des saints dans la lumi\u00e8re, par la foi en J\u00e9sus-Christ, \u00e0 la louange de sa gr\u00e2ce! Qu&rsquo;\u00e0 lui soit rendu tout honneur, d\u00e8s maintenant et \u00e0 jamais! Amen.<\/p>\n<p><strong>FIN<\/strong><\/p>\n<p><a name=\"_ftn3\"><\/a><a href=\"#_ftnref3\">[1]<\/a> Peintre grec.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn4\"><\/a><a href=\"#_ftnref4\">[2]<\/a> C\u00e9l\u00e8bre sculpteur grec de l\u2019Antiquit\u00e9.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn5\"><\/a><a href=\"#_ftnref5\">[3]<\/a> C&rsquo;est-\u00e0-dire : \u00ab Plus haut. \u00bb<\/p>\n<p><a name=\"_ftn8\"><\/a><a href=\"#_ftnref8\">[4]<\/a> C\u00e9l\u00e8bre r\u00e9formateur \u00e9cossais, ami de Calvin, remarquable surtout par la fermet\u00e9 de ses principes, par l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 de son caract\u00e8re et par son courage \u00e0 toute \u00e9preuve. (Note du Traducteur.)<\/p>\n<p><a name=\"_ftn10\"><\/a><a href=\"#_ftnref10\">[5]<\/a> Philanthrope anglais du si\u00e8cle dernier, bien connu par son d\u00e9vouement \u00e0 visiter les prisons, non seulement dans sa patrie, mais dans toute l&rsquo;Europe. (Note du traducteur.)<\/p>\n<p><a name=\"_ftn13\"><\/a><a href=\"#_ftnref13\">[6]<\/a> Rowland Hill<\/p>\n<p><a name=\"_ftn14\"><\/a><a href=\"#_ftnref14\">[7]<\/a> (1) Nous avons cru devoir supprimer ici quelques d\u00e9tails se rapportant exclusivement \u00e0 M. Spurgeon et \u00e0 son troupeau, et donner \u00e0 ce passage une application plus \u00e9tendue, tout en ne nous \u00e9cartant pas de la pens\u00e9e de l&rsquo;auteur. (Note du traducteur.)<\/p>\n<p>Traduit en 1862 pour La Soci\u00e9t\u00e9 des Livres Religieux, Toulouse, r\u00e9\u00e9dit\u00e9 par Danny Therrien et Hugo Lacasse (2018)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Eux, voyant la hardiesse de Pierre et de Jean, et sachant que c&rsquo;\u00e9taient des hommes sans lettres et du commun peuple, ils \u00e9taient dans l&rsquo;\u00e9tonnement, et ils reconnaissaient qu&rsquo;ils avaient \u00e9t\u00e9 avec J\u00e9sus (Actes 4.13). Admirez, mes fr\u00e8res, la puissance de la gr\u00e2ce divine. Quelle merveilleuse et rapide transformation n&rsquo;accomplit-elle pas dans l&rsquo;homme ! Ce [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":133,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,2],"tags":[22,21],"class_list":["post-132","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-charles-h-spurgeon","category-sermons","tag-sermon","tag-spurgeon"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/132","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=132"}],"version-history":[{"count":14,"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/132\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":458,"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/132\/revisions\/458"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/media\/133"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=132"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=132"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=132"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}