{"id":139,"date":"2018-08-24T11:45:22","date_gmt":"2018-08-24T11:45:22","guid":{"rendered":"http:\/\/sauvepargrace.com\/?p=139"},"modified":"2020-04-11T13:40:33","modified_gmt":"2020-04-11T13:40:33","slug":"la-nouvelle-naissance-charles-h-spurgeon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/sermons\/la-nouvelle-naissance-charles-h-spurgeon\/","title":{"rendered":"La nouvelle naissance (Charles H. Spurgeon)"},"content":{"rendered":"<p><em>Si un homme ne na\u00eet de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu (Jean 3.3).<\/em><\/p>\n<p>Dans la vie ordinaire, l&rsquo;homme se pr\u00e9occupe naturellement le plus des choses qui sont les plus n\u00e9cessaires \u00e0 son existence. C&rsquo;est ainsi que dans un temps de grande disette, personne ne trouve mauvais que le prix du pain fasse le sujet de toutes les conversations; chacun sent que c&rsquo;est l\u00e0 une question d&rsquo;un int\u00e9r\u00eat vital pour les masses; aussi ne songe-t-on pas \u00e0 se plaindre, bien qu&rsquo;on doive \u00e9couter de continuelles d\u00e9clamations et lire dans les journaux d&rsquo;interminables articles sur la mati\u00e8re. J&rsquo;ai une excuse de la m\u00eame nature \u00e0 vous pr\u00e9senter, mes chers auditeurs, pour venir vous entretenir aujourd&rsquo;hui du sujet si souvent trait\u00e9 de la nouvelle naissance. C&rsquo;est l\u00e0, en effet, un sujet d&rsquo;une importance sans \u00e9gale; c&rsquo;est la clef de vo\u00fbte de l\u2019\u00c9vangile; c&rsquo;est un point sur lequel s&rsquo;accordent tous les chr\u00e9tiens vrais et sinc\u00e8res sans exception. Dans un sens, on peut dire que la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration ou la nouvelle naissance (ce qui d\u00e9signe une seule et m\u00eame chose) est le fondement m\u00eame du salut; sur elle reposent nos esp\u00e9rances pour le ciel; et de m\u00eame qu&rsquo;un architecte ne saurait veiller avec trop de soin \u00e0 ce que l&rsquo;\u00e9difice qu&rsquo;il construit soit solidement assis sur sa base, de m\u00eame nous devons tous examiner diligemment si nous sommes r\u00e9ellement n\u00e9s de nouveau et si, par cons\u00e9quent, nous sommes en s\u00fbret\u00e9 pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Beaucoup d&rsquo;\u00e2mes se flattent d&rsquo;\u00eatre r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9es, qui, en r\u00e9alit\u00e9, ne le sont point. Il convient donc \u00e0 chacun de s&rsquo;examiner fr\u00e9quemment sous ce rapport, et il est du devoir de tout ministre de l\u2019\u00c9vangile de revenir souvent sur un sujet si propre \u00e0 porter les enfants des hommes \u00e0 s&rsquo;\u00e9prouver s\u00e9rieusement eux-m\u00eames, si propre \u00e0 leur faire sonder leurs c\u0153urs et leurs voies.<\/p>\n<p>J&rsquo;entre de suite en mati\u00e8re. Si un homme ne na\u00eet de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. Avant tout, je donnerai quelques explications sur la nouvelle naissance; en second lieu, je dirai ce qu&rsquo;il faut entendre par le royaume de Dieu ; j&rsquo;examinerai ensuite avec vous pourquoi un HOMME QUI N&rsquo;EST POINT N\u00c9 DE NOUVEAU NE SAURAIT ENTRER DANS LE ROYAUME DE DlEU; enfin, avant de terminer, et en ma qualit\u00e9 d&rsquo;ambassadeur de Christ, JE PLAIDERAI CONTRE VOUS-M\u00caMES LA CAUSE DE VOS \u00c2MES IMMORTELLES.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>I.<\/strong><\/p>\n<p>En premier lieu, je voudrais vous faire bien comprendre, mes chers amis, ce qu&rsquo;est la nouvelle naissance. Observez la figure qui est employ\u00e9e dans mon texte; il est dit qu&rsquo;un homme doit na\u00eetre de nouveau. \u00c9videmment, il est ici question de toute autre chose que de ces r\u00e9formes ext\u00e9rieures et incompl\u00e8tes dont la vie de presque tous les hommes nous offre des exemples. Pour mieux faire ressortir la diff\u00e9rence essentielle qui existe entre un changement de cette esp\u00e8ce et le changement radical de la nouvelle naissance, permettez-moi d&rsquo;avoir recours \u00e0 une sorte de parabole : si vous la suivez avec soin, je crois que vous saisirez parfaitement ce que j&rsquo;ai \u00e0 c\u0153ur de vous d\u00e9montrer. Supposons que dans une contr\u00e9e de l&rsquo;Europe, en Angleterre, par exemple, il existe une loi portant que nul ne pourra \u00eatre admis \u00e0 la cour, occuper les emplois publics ou jouir des privil\u00e8ges appartenant \u00e0 la nation, s&rsquo;il n&rsquo;a re\u00e7u le jour sur le sol anglais. Supposons que ce soit l\u00e0 une condition <em>sine qua non<\/em>, une condition que rien ne saurait remplacer, en sorte que si un homme n&rsquo;est point n\u00e9 sur le territoire britannique, poss\u00e9d\u00e2t-il d&rsquo;ailleurs tous les avantages et toutes les qualit\u00e9s imaginables, il est par cela seul priv\u00e9 \u00e0 tout jamais du titre et des droits de citoyen anglais. Supposons maintenant qu&rsquo;un \u00e9tranger, un Indien rouge, si vous voulez, arrive en Angleterre et qu&rsquo;il veuille \u00e0 tout prix se faire naturaliser. Il conna\u00eet pourtant la loi du royaume; il sait qu&rsquo;elle est formelle, absolue, immuable; n&rsquo;importe, il cherche \u00e0 l&rsquo;\u00e9luder. Il dit : \u00ab Je suis pr\u00eat \u00e0 faire toutes sortes de concessions. Et d&rsquo;abord, je changerai de nom. Dans ma tribu, je portais un nom sonore; on m&rsquo;appelait Fils du vent d&rsquo;orient, ou quelque chose de semblable; mais d\u00e9sormais je me ferai appeler comme l&rsquo;un de vous, je porterai un nom chr\u00e9tien, je veux \u00eatre sujet anglais. \u00bb Cet homme r\u00e9ussira-t-il ainsi \u00e0 \u00e9chapper aux exigences de la loi? Voyez-le s&rsquo;approchant de la porte du palais et demandant d&rsquo;\u00eatre admis \u00e0 la cour. \u2014 \u00ab Es-tu n\u00e9 sur le sol anglais?\u00bb Telle est la premi\u00e8re question qu&rsquo;on lui adresse. \u2014 \u00ab Non, r\u00e9pond-il, mais j&rsquo;ai pris un nom anglais.&nbsp;\u00bb \u2014 \u00ab Que nous importe, lui r\u00e9plique-t-on; la loi est positive; puisque tu n&rsquo;es point n\u00e9 dans ce pays, quand m\u00eame tu porterais le nom des princes du sang, tu ne seras jamais admis ici. \u00bb<\/p>\n<p>Mes chers auditeurs, ceci s&rsquo;applique \u00e0 chacun de vous. Tous, ou presque tous du moins, vous faites profession de christianisme. Vivant dans une contr\u00e9e soi-disant chr\u00e9tienne, vous consid\u00e9reriez comme un d\u00e9shonneur de ne pas vous dire chr\u00e9tiens. Vous n&rsquo;\u00eates ni pa\u00efens ni infid\u00e8les; vous n&rsquo;\u00eates ni juifs ni mahom\u00e9tans. Vous estimez que le nom de chr\u00e9tien est un nom recommandable; en cons\u00e9quence, vous le portez. Toutefois, ne vous y trompez point: on n&rsquo;est pas chr\u00e9tien par cela seul qu&rsquo;on s&rsquo;intitule tel; et le fait que vous vous rattachez ext\u00e9rieurement \u00e0 la religion de l\u2019\u00c9vangile parce qu&rsquo;elle est la religion dominante de votre pays, ne vous servira absolument de rien, si vous ne remplissez la condition sans laquelle nul ne verra le royaume de Dieu; en d&rsquo;autres termes, si par la nouvelle naissance vous n&rsquo;avez \u00e9t\u00e9 faits les sujets de J\u00e9sus-Christ.<\/p>\n<p>\u00ab Mais, continue notre Indien rouge, je suis pr\u00eat \u00e0 renoncer aussi au costume de ma race; j&rsquo;adopterai les v\u00eatements europ\u00e9ens; je me soumettrai, s&rsquo;il le faut, aux exigences les plus capricieuses de la mode, l\u2019\u0153il le plus exerc\u00e9 ne d\u00e9couvrira rien en moi qui trahisse mon origine. Voyez : ces plumes, je les jette au vent; cette hache d&rsquo;armes, je ne la brandirai plus; ce mocassin, je l&rsquo;abandonne pour toujours. D\u00e9sormais, je suis anglais par mon costume aussi bien que par mon nom. Ainsi par\u00e9 d&rsquo;habits de cour et v\u00eatu selon toutes les r\u00e8gles de l&rsquo;\u00e9tiquette, ne puis-je point me pr\u00e9senter devant Sa Majest\u00e9? \u00bb En parlant ainsi, notre Indien frappe de nouveau \u00e0 la porte du palais; mais, vain espoir! l&rsquo;acc\u00e8s lui en est encore interdit; car la loi exige que ceux qui y entrent soient anglais de naissance, et toute la recherche, toute l&rsquo;\u00e9l\u00e9gance de son costume ne saurait racheter l&rsquo;absence de cette condition.<\/p>\n<p>Ainsi en est-il d&rsquo;un grand nombre de ceux qui m&rsquo;\u00e9coutent. Vous ne portez pas simplement le nom de chr\u00e9tiens : vous vous conformez aussi aux coutumes chr\u00e9tiennes. Vous fr\u00e9quentez assid\u00fbment la maison de Dieu; vous allez le dimanche \u00e0 vos \u00e9glises ou \u00e0 vos chapelles; vous veillez \u00e0 ce que certaines formes de la religion soient observ\u00e9es dans votre famille; peut-\u00eatre m\u00eame vos enfants vous entendent-ils quelquefois prononcer le saint nom de J\u00e9sus. Jusque-l\u00e0, c&rsquo;est bien, c&rsquo;est tr\u00e8s-bien, et \u00e0 Dieu ne plaise que je vous bl\u00e2me \u00e0 ce sujet; toutefois, souvenez-vous que ces choses, bonnes en elles-m\u00eames, deviennent mauvaises si vous n&rsquo;allez pas plus loin. Souvenez-vous que malgr\u00e9 tous ces dehors de pi\u00e9t\u00e9, vous serez exclus du royaume de Dieu, \u00e0 moins que vous n&rsquo;y ajoutiez la chose essentielle, la chose qui donne du prix \u00e0 tout le reste, c&rsquo;est-\u00e0-dire la nouvelle naissance. Oui, mon cher auditeur, drapez-vous tant qu&rsquo;il vous plaira dans les robes magnifiques d&rsquo;une d\u00e9votion ext\u00e9rieure; ornez votre front des brillantes fleurs de la b\u00e9n\u00e9ficence et faites de l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 la ceinture de vos reins; mettez \u00e0 vos pieds la chaussure de la pers\u00e9v\u00e9rance et traversez la vie en homme loyal et droit; mais sachez-le, sans la nouvelle naissance, tout cela aux yeux de Dieu est comme rien : ce qui est n\u00e9 de la chair est chair, et si vous \u00eates demeur\u00e9 \u00e9tranger \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ration r\u00e9g\u00e9n\u00e9ratrice du Saint-Esprit, en v\u00e9rit\u00e9, je vous le dis, les portes du ciel resteront \u00e0 jamais ferm\u00e9es pour vous.<\/p>\n<p>\u00ab Mais, reprend notre Indien, je ferai plus que changer de nom et d&rsquo;habits, j&rsquo;apprendrai votre langage. Je renonce au dialecte de mes p\u00e8res. Les sons \u00e9tranges dont je faisais nagu\u00e8re retentir la for\u00eat vierge ou la sauvage prairie ne passeront plus mes l\u00e8vres. J&rsquo;oublierai le Shushuhgah et tous ces noms bizarres par lesquels je d\u00e9signais mes oiseaux ou mon cerf. Je parlerai comme vous parlez, j&rsquo;agirai comme vous agissez. Non seulement j&#8217;emprunterai votre costume, mais je m&rsquo;appliquerai soigneusement \u00e0 reproduire vos mani\u00e8res, votre ton, votre accent, votre voix. Je parlerai votre langue avec une correction, une puret\u00e9 sans \u00e9gale; en un mot, je ressemblerai \u00e0 s&rsquo;y m\u00e9prendre \u00e0 un Anglais de naissance; ne pourrai-je point alors me pr\u00e9senter \u00e0 la cour? \u00bb \u2014 \u00ab Jamais! r\u00e9pond le garde du palais; quoi que tu fasses, ton admission ici est impossible; car si un homme n&rsquo;est n\u00e9 dans ce pays, il ne peut franchir le seuil de cette porte. \u00bb<\/p>\n<p>Tel est le cas de plus d&rsquo;un d&rsquo;entre vous, mes chers auditeurs. Vous parlez absolument comme les chr\u00e9tiens. Vous avez \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 un peu trop de faconde religieuse; vous vous \u00eates \u00e9tudi\u00e9s \u00e0 copier si minutieusement les gens pieux, que vous avez fini par exag\u00e9rer votre mod\u00e8le; et vos moindres paroles sont tellement confites en d\u00e9votion qu&rsquo;un \u0153il clairvoyant ne tardera pas \u00e0 y d\u00e9couvrir une contrefa\u00e7on. Toutefois, en g\u00e9n\u00e9ral, on vous consid\u00e8re comme un chr\u00e9tien de bon aloi. Vous avez lu des biographies de croyants distingu\u00e9s, et parfois vous empruntez \u00e0 ces ouvrages de longues tirades sur les exp\u00e9riences de l&rsquo;enfant de Dieu, que l&rsquo;on pense \u00eatre de vous. Vous avez v\u00e9cu avec des chr\u00e9tiens, et vous avez appris \u00e0 parler comme eux; il se peut m\u00eame que vous ayez adopt\u00e9 certaines formules consacr\u00e9es, certaines phras\u00e9ologies puritaines auxquelles les \u00e2mes simples se laissent prendre. Par le fait, il semble que vous ne diff\u00e9riez en rien de la masse des croyants. Vous \u00eates membres de l\u2019\u00c9glise; vous avez \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9s; vous participez \u00e0 la c\u00e8ne du Seigneur; peut-\u00eatre \u00eates-vous anciens ou diacres. En somme, vous avez tout du vrai chr\u00e9tien, tout sauf le c\u0153ur. Ah! s\u00e9pulcres blanchis, bien orn\u00e9s au-dehors, mais pleins au-dedans de toute sorte de pourriture, prenez garde! Prenez garde! Il est surprenant de voir \u00e0 quel point un peintre habile peut donner l&rsquo;expression de la vie \u00e0 une toile insensible et inanim\u00e9e; mais il est une chose plus surprenante encore : c&rsquo;est qu&rsquo;une \u00e2me non r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9e puisse reproduire aussi fid\u00e8lement l&rsquo;image du chr\u00e9tien. Quoi qu&rsquo;il en soit, la r\u00e8gle contenue dans mon texte demeure inflexible : si un homme ne na\u00eet de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu; et malgr\u00e9 ses grands airs de d\u00e9votion, malgr\u00e9 les vains oripeaux de sa pr\u00e9tendue pi\u00e9t\u00e9, malgr\u00e9 le pompeux \u00e9talage de ses soi-disant exp\u00e9riences personnelles, tout homme qui ne remplira point cette condition sera repouss\u00e9 sans mis\u00e9ricorde des portes du ciel.<\/p>\n<p>Mais j&rsquo;entends des voix qui me crient : \u00ab Pr\u00e9dicateur de l\u2019\u00c9vangile, tu manques de charit\u00e9 ! \u00bb Peu m&rsquo;importe, mes amis, ce que vous pensez \u00e0 ce sujet; je n&rsquo;ai aucun d\u00e9sir d&rsquo;\u00eatre plus charitable que Christ. Je n&rsquo;ai rien dit de mon chef; Christ a parl\u00e9 et je r\u00e9p\u00e8te ses paroles. Si vous les trouvez dures, allez en demander raison \u00e0 mon Ma\u00eetre; quant \u00e0 moi, je ne suis pas l&rsquo;auteur de cette v\u00e9rit\u00e9; j&rsquo;en suis simplement l&rsquo;interpr\u00e8te. Il est \u00e9crit en toutes lettres : Si un homme ne na\u00eet de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. Supposez que votre domestique ayant transmis mot pour mot un message dont vous l&rsquo;aviez charg\u00e9, s&rsquo;entende apostropher et accabler d&rsquo;injures par la personne \u00e0 qui ce message \u00e9tait adress\u00e9. Son premier mouvement ne serait-il pas de se r\u00e9crier : \u00ab Mais, monsieur, ne m&rsquo;insultez pas, je suis innocent; je ne puis que vous rapporter ce que mon ma\u00eetre m&rsquo;a dit; s&rsquo;il y a faute, elle est \u00e0 lui et non \u00e0 moi. \u00bb Il en est exactement de m\u00eame du serviteur de Dieu qui vous parle. Si vous trouvez qu&rsquo;il manque de charit\u00e9, ce n&rsquo;est pas lui que vous accusez : c&rsquo;est Christ. Ce n&rsquo;est pas au messager que vous devez vous en prendre : c&rsquo;est au message. Encore une fois, il est \u00e9crit : Si un homme ne na\u00eet de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. Je n&rsquo;ai ni le temps ni le d\u00e9sir de discuter avec vous; je me bornerai \u00e0 vous redire que cette d\u00e9claration vient de Dieu. Rejetez-la ou acceptez-la, \u00e0 votre choix! Mais souvenez-vous que si vous la rejetez, c&rsquo;est \u00e0 vos risques et p\u00e9rils, car ce n&rsquo;est point impun\u00e9ment qu&rsquo;on refuse de croire \u00e0 une parole sortie de la bouche du Tr\u00e8s-Haut.<\/p>\n<p>Mais de quelle mani\u00e8re la nouvelle naissance peut-elle s&rsquo;obtenir? C&rsquo;est l\u00e0 une question qu&rsquo;il importe de r\u00e9soudre. Je me flatte qu&rsquo;il n&rsquo;est dans cette assembl\u00e9e personne d&rsquo;assez ignorant ou d&rsquo;assez aveugle pour croire \u00e0 la vertu r\u00e9g\u00e9n\u00e9ratrice du bapt\u00eame. Je penserais en v\u00e9rit\u00e9 faire injure \u00e0 mes auditeurs en supposant qu&rsquo;il p\u00fbt y avoir parmi eux un seul homme assez peu \u00e9clair\u00e9 pour ajouter foi \u00e0 une semblable doctrine. Cependant, comme cette doctrine, aussi contraire au plus simple bon sens qu&rsquo;aux enseignements de l\u2019\u00c9criture, n&rsquo;est que trop r\u00e9pandue dans le monde, je ne puis me dispenser d&rsquo;en dire quelques mots.<\/p>\n<p>Il y a des gens qui soutiennent fort gravement que les quelques gouttes d&rsquo;eau r\u00e9pandues sur le front d&rsquo;un enfant par un ministre du culte font de cet enfant un \u00eatre nouveau, un \u00eatre r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9. Eh bien, je vous l&rsquo;accorde. Mettons qu&rsquo;il en soit ainsi; mettons que par je ne sais quelle influence magique, la c\u00e9r\u00e9monie du bapt\u00eame produise n\u00e9cessairement la nouvelle naissance. Mais, en retour de cette concession, permettez-moi de vous montrer vos soi-disant r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s quelque vingt ans plus tard. Voyez-vous ce jeune homme qui dissipe les meilleures ann\u00e9es de sa vie dans les plus coupables d\u00e9bordements? C&rsquo;est un de vos r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s, car il a re\u00e7u les eaux du bapt\u00eame; or, si le bapt\u00eame r\u00e9g\u00e9n\u00e8re, ce jeune homme est r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 tout comme un autre. Tendez-lui donc une main sympathique et recevez-le comme un fr\u00e8re dans le Seigneur. Entendez-vous cet impie qui jure et blasph\u00e8me contre Dieu? Son langage profane vous indigne et cependant, qui le croirait? il est r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9; le ministre de la religion a vers\u00e9 sur son front les eaux sacramentelles : reconnaissez donc en lui un homme nouveau et un h\u00e9ritier du royaume de Dieu. Regardez cet ivrogne qui chancelle dans nos rues; il est une plaie pour ses alentours; il se querelle avec tous ses voisins; il maltraite sa malheureuse compagne; il est pire que la brute. Toutefois, \u00f4 prodige! cet homme, ce mis\u00e9rable auquel vous rougiriez d&rsquo;adresser la parole, il est r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9! Oui, vous dis-je, il l&rsquo;est tout autant que vous pouvez l&rsquo;\u00eatre, car il a \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9 en bonnes formes.<\/p>\n<p>Un dernier exemple. Voyez-vous cette foule qui se presse dans les rues? La potence est dress\u00e9e. Un grand coupable, un assassin, un empoisonneur, dont le nom restera dans les fastes du crime comme un type de la perversit\u00e9 la plus noire, va subir sa sentence<a name=\"_ftnref1\"><\/a> <a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>. Eh bien, voil\u00e0 encore un de vos r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s ! \u00c0 moins d&rsquo;\u00eatre en d\u00e9saccord avec vous-m\u00eames, vous ne pouvez lui refuser ce titre, car lui aussi a \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9 dans son enfance. Il \u00e9tait r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 quand il pr\u00e9parait la coupe empoisonn\u00e9e; r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9, quand il l&rsquo;administrait jour apr\u00e8s jour \u00e0 sa victime; r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9, quand il la voyait se d\u00e9battre dans l&rsquo;agonie et mourir dans les tortures!&#8230;. R\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9, vraiment! Mais, \u00e0 ce compte, qui voudrait, je vous prie, de votre r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration? Si telle \u00e9tait la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration de l\u2019\u00c9vangile, en v\u00e9rit\u00e9 je serais le premier \u00e0 dire que l\u2019\u00c9vangile encourage le vice et la licence! Si l\u2019\u00c9criture enseignait que des hommes qui vivent dans le p\u00e9ch\u00e9 sont r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s, et par cons\u00e9quent en \u00e9tat de gr\u00e2ce, j&rsquo;affirme qu&rsquo;il serait du devoir de tous les honn\u00eates gens de r\u00e9unir leurs efforts pour faire dispara\u00eetre au plus t\u00f4t de ce monde un livre aussi pernicieux; car il renverserait les principes les plus \u00e9l\u00e9mentaires de la morale publique, et prouverait par l\u00e0 qu&rsquo;il vient, non de Dieu, mais du diable.<\/p>\n<p>Et ce que je dis du bapt\u00eame des enfants, je le dis \u00e9galement du bapt\u00eame des adultes. Pas plus que le premier, le second ne peut nous faire na\u00eetre de nouveau. S&rsquo;il est ici des personnes qui pensent autrement, je n&rsquo;y puis rien : si elles veulent garder leur opinion, qu&rsquo;elles la gardent. En tous cas il me semble que l&rsquo;histoire de Simon le magicien doit d\u00e9ranger singuli\u00e8rement leur syst\u00e8me. En effet, Simon fut baptis\u00e9 dans les circonstances les plus favorables; il fut baptis\u00e9 en pleine connaissance de cause, apr\u00e8s avoir fait une profession publique de sa foi; et pourtant, bien loin d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par son bapt\u00eame, il s&rsquo;attire presque aussit\u00f4t, de la part de l&rsquo;ap\u00f4tre Pierre, cette s\u00e9v\u00e8re censure : Je vois que tu es dans un fiel tr\u00e8s-amer et dans les liens de l&rsquo;iniquit\u00e9 (Actes 8.23). Mais \u00e0 quoi bon prendre la peine de r\u00e9futer une erreur aussi manifeste? Il devrait suffire, semble-t-il, d&rsquo;\u00e9noncer une pareille doctrine pour que tout homme intelligent la rejet\u00e2t avec m\u00e9pris; toutefois, l&rsquo;on comprend sans peine que les amateurs d&rsquo;une religiosit\u00e9 \u00e9l\u00e9gante et frivole, qui veulent une pi\u00e9t\u00e9 toute de formes et d&rsquo;apparat, et qui n&rsquo;appr\u00e9cient un culte qu&rsquo;au point de vue de l&rsquo;art et de la po\u00e9sie, se fassent les d\u00e9fenseurs de cette doctrine, car ils ont cultiv\u00e9 leur go\u00fbt aux d\u00e9pens de leur cerveau, et ils ont oubli\u00e9 que ce qui n&rsquo;est pas en accord avec la saine raison d&rsquo;un homme impartial et droit, ne peut \u00eatre d&rsquo;accord non plus avec la Parole de Dieu.<\/p>\n<p>L&rsquo;homme ne saurait obtenir la nouvelle naissance par le bapt\u00eame : voil\u00e0 donc un premier point \u00e9tabli. Examinons maintenant s&rsquo;il pourra l&rsquo;obtenir par ses propres efforts; j&rsquo;affirme que non. Sans doute, un homme peut r\u00e9former sa vie, et il est tr\u00e8s bon qu&rsquo;il le fasse : pl\u00fbt \u00e0 Dieu que tous travaillassent dans ce sens! C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;on peut se corriger de certains vices, renoncer \u00e0 certaines convoitises et triompher de certaines habitudes mauvaises qui vous ma\u00eetrisaient autrefois; mais quant \u00e0 se r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer, c&rsquo;est absolument impossible. On aurait beau lutter, combattre, s&rsquo;efforcer : jamais on n&rsquo;y parviendra, par la raison toute simple que c&rsquo;est l\u00e0 une chose au-dessus du pouvoir de l&rsquo;homme<a name=\"_ftnref3\"><\/a><a href=\"#_ftn3\">[2]<\/a>.<\/p>\n<p>Et en supposant m\u00eame (ce qui est une absurdit\u00e9) que quelqu&rsquo;un p\u00fbt r\u00e9ussir, d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre, \u00e0 se faire na\u00eetre de nouveau, observez qu&rsquo;il ne serait pas encore propre \u00e0 entrer dans le ciel, car il y aurait toujours une condition qu&rsquo;il ne saurait remplir. Si un homme ne na\u00eet de l&rsquo;Esprit, est-il dit express\u00e9ment dans un des versets qui suivent mon texte, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Or, je le demande, tous les efforts de la chair ne sont-ils pas frapp\u00e9s d&rsquo;impuissance en face de ce grand but \u00e0 atteindre : la nouvelle naissance par le Saint-Esprit ?<\/p>\n<p>Comment donc un homme peut-il na\u00eetre de nouveau? Le voici, mes bien-aim\u00e9s. Il faut que Dieu le Saint-Esprit, par une action surnaturelle, c&rsquo;est-\u00e0-dire plus que naturelle (car remarquez que je prends ce mot dans son acception \u00e0 la fois la plus simple et la plus absolue) il faut, dis-je, que le Saint-Esprit op\u00e8re sur le c\u0153ur des hommes, et par ce travail divin, les hommes sont r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s. Mais si Dieu le Saint-Esprit, qui produit en nous le vouloir et le faire selon son bon plaisir, n&rsquo;agit point; s&rsquo;il n&rsquo;op\u00e8re point sur notre volont\u00e9 et sur notre conscience, la nouvelle naissance, je le dis hardiment, est une impossibilit\u00e9, et par cons\u00e9quent le salut l&rsquo;est aussi. \u2014 \u00ab Comment? \u00bb s&rsquo;\u00e9crie quelqu&rsquo;un, \u00ab voudriez-vous r\u00e9ellement nous faire croire qu&rsquo;une intervention directe de la Providence soit n\u00e9cessaire pour qu&rsquo;un homme naisse de nouveau?&nbsp;\u00bb Oui, mon cher auditeur, je l&rsquo;ai dit et je le maintiens. Pour qu&rsquo;une \u00e2me soit sauv\u00e9e, il ne faut rien de moins qu&rsquo;une manifestation de la puissance divine, qui vivifie le p\u00e9cheur, dompte la volont\u00e9 rebelle, attendrit la conscience endurcie, de telle sorte que celui qui nagu\u00e8re m\u00e9prisait Dieu et repoussait Christ, est conduit \u00e0 se jeter, contrit et humili\u00e9, aux pieds de J\u00e9sus. On dira peut-\u00eatre que cette doctrine est du fanatisme, du mysticisme, de l&rsquo;illuminisme; peu m&rsquo;importe: c&rsquo;est une doctrine scripturaire, et cela me suffit. <em>Si un homme ne na\u00eet de l&rsquo;Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu; ce qui est n\u00e9 de la chair est chair, et ce qui est n\u00e9 de l&rsquo;Esprit est esprit.<\/em> Si ces d\u00e9clarations ne sont pas de votre go\u00fbt, je vous l&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 dit, prenez-vous-en \u00e0 mon Ma\u00eetre et non \u00e0 moi. En affirmant que pour entrer dans le royaume de Dieu, il vous faut quelque chose que vous n&rsquo;obtiendrez jamais par vous-m\u00eames, j&rsquo;expose simplement une v\u00e9rit\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par le Seigneur. Je le r\u00e9p\u00e8te, une op\u00e9ration divine est indispensable pour produire la nouvelle naissance : appelez cette op\u00e9ration miraculeuse, si vous voulez; elle l&rsquo;est en effet, dans un certain sens. Il faut que Dieu intervienne en votre faveur; il faut qu&rsquo;un travail divin s&rsquo;accomplisse dans votre \u00e2me, que vous soyez plac\u00e9 sous une divine influence, sans quoi, mon cher auditeur (faites d&rsquo;ailleurs ce qu\u2019il vous plaira), vous p\u00e9rirez infailliblement. <em>Si un homme ne na\u00eet de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu<\/em> : c&rsquo;est l\u00e0 une r\u00e8gle qui ne souffre point d&rsquo;exception. Et notez bien que cette nouvelle naissance est une transformation radicale; elle nous donne une nouvelle nature, nous fait aimer ce que nous ha\u00efssions et ha\u00efr ce que nous aimions; elle ouvre devant nous un chemin nouveau, de nouvelles perspectives; elle rend nos habitudes diff\u00e9rentes, nos pens\u00e9es diff\u00e9rentes, nos paroles diff\u00e9rentes; elle nous rend diff\u00e9rents en particulier, diff\u00e9rents en public , en sorte que cette parole de l&rsquo;Ap\u00f4tre est accomplie en nous : si quelqu&rsquo;un est en Christ, il est une nouvelle cr\u00e9ature; les choses vieilles sont pass\u00e9es; voici, toutes choses sont devenues nouvelles<a name=\"_ftnref4\"><\/a> (2 Cor 5.17).<\/p>\n<p><sup>&nbsp;<\/sup><\/p>\n<p><strong>II.<\/strong><\/p>\n<p>Passons au second point de notre sujet. J&rsquo;esp\u00e8re avoir expliqu\u00e9 ce que l&rsquo;on doit entendre par r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration ou nouvelle naissance, de mani\u00e8re \u00e0 \u00eatre compris par tout le monde. Demandons-nous maintenant ce que signifie cette expression : <em>voir le royaume de Dieu<\/em>.<\/p>\n<p>Elle signifie deux choses, mes bien-aim\u00e9s. Voir le royaume de Dieu sur la terre, c&rsquo;est \u00eatre membre de l\u2019\u00c9glise mystique de J\u00e9sus-Christ; c&rsquo;est jouir des privil\u00e8ges et de la libert\u00e9 des enfants de Dieu; c&rsquo;est pouvoir r\u00e9pandre avec confiance son \u00e2me dans la pri\u00e8re, vivre en communion avec Christ, recevoir les communications du Saint-Esprit et porter, \u00e0 la gloire de Dieu, ces fruits excellents et b\u00e9nis qui sont les effets de la nouvelle naissance. Voir le royaume de Dieu dans la vie \u00e0 venir, c&rsquo;est \u00eatre admis dans le ciel; c&rsquo;est contempler le Seigneur face \u00e0 face, c&rsquo;est \u00eatre fait participant de ces rassasiements de joie qui sont \u00e0 la droite de Dieu pour jamais. Ainsi lorsque J\u00e9sus-Christ d\u00e9clare, dans les paroles.de mon texte, que si un homme ne na\u00eet de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu, il veut dire que cet homme ne peut ni go\u00fbter les dons c\u00e9lestes ici-bas, ni jouir des biens c\u00e9lestes dans l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>III.<\/strong><\/p>\n<p>Je crois qu&rsquo;il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire que je m&rsquo;\u00e9tende davantage sur ce point. Je vais donc passer outre et rechercher avec vous pourquoi UN HOMME QUI N&rsquo;EST POINT N\u00c9 DE NOUVEAU NE SAURAIT VOIR LE ROYAUME DE DIEU. Pour \u00eatre plus bref, je restreindrai mes remarques au royaume de Dieu dans le monde \u00e0 venir.<\/p>\n<p>Et d&rsquo;abord, un homme non r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 ne saurait voir le royaume de Dieu, par la raison bien simple qu&rsquo;il serait hors de sa place dans le ciel. Il y a dans sa nature une incompatibilit\u00e9 compl\u00e8te avec les joies du paradis. Vous pensez peut-\u00eatre, mes chers amis, que le ciel consiste simplement en ces murailles de pierres pr\u00e9cieuses, en ces portes de perles et en ces rues pav\u00e9es d&rsquo;or fin dont nous parle l&rsquo;Apocalypse. D\u00e9trompez-vous. Toutes ces magnificences ne sont, pour ainsi dire, que l&rsquo;enveloppe ext\u00e9rieure du ciel. Le ciel proprement dit est toute autre chose. C&rsquo;est un \u00e9tat d&rsquo;\u00e2me qui doit commencer ici-bas, que l&rsquo;Esprit de Dieu peut seul produire en nous, et \u00e0 moins que cet Esprit n&rsquo;ait enti\u00e8rement renouvel\u00e9 notre \u00eatre moral en nous faisant na\u00eetre de nouveau, il est impossible que nous jouissions des choses du ciel. Qui de nous voudrait jamais croire qu&rsquo;un pourceau p\u00fbt faire un cours d&rsquo;astronomie, ou qu&rsquo;un lima\u00e7on p\u00fbt b\u00e2tir une ville? \u00c9videmment, il y a dans ces deux cas impossibilit\u00e9 physique, impossibilit\u00e9 absolue: or, j&rsquo;affirme qu&rsquo;il y a impossibilit\u00e9 tout aussi grande \u00e0 ce qu&rsquo;un p\u00e9cheur non r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 jouisse jamais du ciel. Et il ne faut pas un grand effort d&rsquo;esprit pour le comprendre. Aucun des go\u00fbts de l&rsquo;homme naturel ne serait satisfait dans le ciel; il n&rsquo;y trouverait rien de ce qu&rsquo;il aime. Si on le transportait au milieu des d\u00e9lices de la sainte J\u00e9rusalem, il y serait profond\u00e9ment malheureux. Il s&rsquo;\u00e9crierait : \u00ab De gr\u00e2ce, de gr\u00e2ce, laissez-moi sortir! Je ne puis supporter l&rsquo;ennui de ce lieu. \u00bb J&rsquo;en appelle \u00e0 vous-m\u00eames, mes auditeurs inconvertis : n&rsquo;est-il pas vrai que bien souvent le sermon vous semble trop long, le chant des louanges de Dieu fatigant et insipide, et l&rsquo;obligation de venir chaque dimanche \u00e0 la maison de Dieu un fardeau insupportable? Que feriez-vous donc, je vous le demande, si vous \u00e9tiez tout d&rsquo;un coup transport\u00e9s dans un lieu o\u00f9 le Seigneur est lou\u00e9 nuit et jour? Puisqu&rsquo;une courte pr\u00e9dication suffit aujourd&rsquo;hui pour vous ennuyer, qu&rsquo;\u00e9prouveriez-vous, en entendant les \u00e9ternels entretiens des rachet\u00e9s, discourant de si\u00e8cle en si\u00e8cle des insondables merveilles de l&rsquo;amour r\u00e9dempteur? Puisque la compagnie des justes vous est antipathique ici-bas, comment pourriez-vous passer l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 avec eux?&#8230; Ah! mes amis, il y en a beaucoup parmi vous, je le crains, qui pr\u00e9f\u00e8rent chanter toute autre chose que des psaumes, qui trouvent la Bible mortellement ennuyeuse et qui ne prennent aucun int\u00e9r\u00eat aux choses d&rsquo;en haut. Qu&rsquo;on donne aux uns la coupe enivrante, aux autres les volupt\u00e9s de la vie, \u00e0 ceux-ci les folies et les joies du si\u00e8cle : voil\u00e0 leur ciel. Mais un tel ciel n&rsquo;existe pas encore que je sache. Le seul qui existe, c&rsquo;est le ciel des \u00eatres spirituels, le ciel de la louange, le ciel de l&rsquo;adoration, le ciel de l&rsquo;adoption par le Bien-Aim\u00e9, le ciel de la communion avec Christ. Or, vous ne comprenez rien \u00e0 ces choses; vous traitez de visionnaires ceux qui vous en parlent; il y a plus : si vous les poss\u00e9diez, vous n&rsquo;y prendriez aucun plaisir, car la facult\u00e9 de les appr\u00e9cier vous manque. Ainsi, par le seul fait que vous n&rsquo;\u00eates point n\u00e9s de nouveau, vous \u00eates vous-m\u00eames le premier obstacle \u00e0 votre admission dans le ciel; et en supposant que Dieu vous ouvr\u00eet la porte toute grande et qu&rsquo;il vous cri\u00e2t : \u00ab Entrez! \u00bb, je le r\u00e9p\u00e8te, vous ne pourriez pas, vous ne voudriez pas y habiter, car si un homme ne na\u00eet de nouveau, il est impossible, moralement impossible qu&rsquo;il puisse voir le royaume de Dieu. \u2014 S&rsquo;il y avait ici des personnes compl\u00e8tement sourdes et que je dise qu&rsquo;elles ne peuvent jouir de nos chants sacr\u00e9s, avancerais-je une chose \u00e9trange, ou malveillante, ou cruelle? Eh! non, sans doute : je constaterais leur inaptitude \u00e0 entendre, voil\u00e0 tout. De m\u00eame, quand Dieu vous dit que vous ne pourrez voir son royaume, il constate votre enti\u00e8re inaptitude \u00e0 jouir du ciel, et par cons\u00e9quent \u00e0 y entrer.<\/p>\n<p>Mais ce n&rsquo;est pas tout; il y a d&rsquo;autres raisons qui ferment les saintes portes du paradis \u00e0 l&rsquo;homme non r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9. Interrogeons les intelligences c\u00e9lestes qui sont devant le tr\u00f4ne de Dieu. \u2014 \u00ab O vous esprits bienheureux et purs, anges, principaut\u00e9s et puissances, dites-nous, je vous prie, si des \u00e2mes qui n&rsquo;aiment point Dieu, qui ne croient point en Christ, qui ne sont point n\u00e9es de nouveau, seraient les bienvenues parmi vous?&#8230; \u00bb Il me semble voir des milliers de lances s&rsquo;\u00e9lever par-dessus les murailles du paradis et des milliers de ch\u00e9rubins, au visage flamboyant, nous regarder avec surprise du haut du ciel. \u00ab Non, jamais!&nbsp;\u00bb s&rsquo;\u00e9crient-ils tous d&rsquo;une voix; \u00ab jadis nous avons combattu le dragon et nous l&rsquo;avons pr\u00e9cipit\u00e9 dans l&rsquo;ab\u00eeme parce qu&rsquo;il nous incitait \u00e0 la r\u00e9volte; et maintenant comment admettrions-nous le m\u00e9chant au milieu de nous? Non, non! Ces murs d&rsquo;alb\u00e2tre ne doivent pas \u00eatre ternis par le contact de doigts impurs et pleins de convoitise; ces rues pav\u00e9es d&rsquo;or ne doivent pas \u00eatre foul\u00e9es par les pieds des profanes et des ouvriers d&rsquo;iniquit\u00e9; et aussi longtemps que ces bras auront de la force et ces ailes de la puissance, le p\u00e9ch\u00e9 n&rsquo;entrera point ici! \u00bb \u2014 Repouss\u00e9 par les anges, je m&rsquo;adresse aux \u00e9lus glorifi\u00e9s, aux esprits des justes rachet\u00e9s par la gr\u00e2ce souveraine. \u00ab Enfants de Dieu, consentiriez-vous \u00e0 ce que les p\u00e9cheurs entrent dans le ciel tels qu&rsquo;ils sont, sans \u00eatre n\u00e9s de nouveau? Vous aimez les hommes; vous \u00eates amour comme votre Dieu : dites, dites, dites, voudriez-vous que les enfants du monde fussent confondus avec vous?&#8230;. \u00bb Je vois le saint homme Lot qui se l\u00e8ve et qui s&rsquo;\u00e9crie d&rsquo;une voix fr\u00e9missante : \u00ab Quoi? n&rsquo;ai-je point \u00e9t\u00e9 assez longtemps afflig\u00e9 de la conduite des abominables?&#8230;. \u00bb Je vois Abraham qui s&rsquo;avance \u00e0 son tour et qui dit : \u00ab Non, nous ne voulons point que les m\u00e9chants habitent parmi nous. Pendant mon s\u00e9jour sur la terre, je n&rsquo;ai que trop v\u00e9cu dans leur compagnie; leurs mauvaises paroles et leurs railleries, leurs discours profan\u00e9s et leur vaine mani\u00e8re de vivre ont cruellement attrist\u00e9 mon \u00e2me. Jamais nous ne souffrirons qu&rsquo;ils entrent ici. \u00bb Et tout c\u00e9lestes qu&rsquo;ils sont, tout remplis d&rsquo;amour que sont leurs esprits, il n&rsquo;est pas un seul des saints glorifi\u00e9s qui ne repouss\u00e2t avec une juste indignation le p\u00e9cheur assez t\u00e9m\u00e9raire pour oser se pr\u00e9senter \u00e0 la porte du ciel sans que son \u00e2me ait \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement renouvel\u00e9e au moyen de la nouvelle naissance.<\/p>\n<p>Mais tout cela ne serait encore rien. Si les remparts du ciel n&rsquo;\u00e9taient d\u00e9fendus que par des anges, nous pourrions peut-\u00eatre les prendre d&rsquo;assaut, et si les portes du paradis n&rsquo;\u00e9taient gard\u00e9es que par des saints, nous pourrions peut-\u00eatre les ouvrir de vive force. Mais le Tout-Puissant a dit : <em>Si un homme ne na\u00eet de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu<\/em>. Quoi, p\u00e9cheur? oserais-tu tenter d&rsquo;escalader les cr\u00e9neaux du ciel quand J\u00e9hovah lui-m\u00eame est pr\u00eat \u00e0 te pr\u00e9cipiter en enfer? Aurais-tu l&rsquo;inconcevable insolence de vouloir lui r\u00e9sister? Dieu l&rsquo;a dit, Dieu l&rsquo;a dit, de cette voix qui fait trembler la terre: \u00ab Vous ne verrez point mon royaume! \u00bb Peux-tu lutter avec le Souverain? Peux-tu combattre la toute-puissance? Donneras-tu le d\u00e9menti au Tr\u00e8s-Haut? Ver de la poudre! t&rsquo;\u00e9l\u00e8veras-tu contre ton Cr\u00e9ateur? Insecte d&rsquo;un jour, qui tremble lorsque l&rsquo;\u00e9clair sillonne la nue, feras-tu la guerre au Dieu fort? Essaieras-tu de lui tenir t\u00eate? Ah! pauvre insens\u00e9, comme l\u2019\u00c9ternel se rirait de toi! De m\u00eame que la neige se fond au soleil et que la cire se fond au feu, ainsi te fondrais-tu en sa pr\u00e9sence, si seulement sa fureur s&rsquo;enflammait tant soit peu! Ne te berce donc point d&rsquo;une vaine esp\u00e9rance. Dieu a scell\u00e9 contre toi les portes du paradis, et jamais tu n&rsquo;y entreras tel que tu es. \u00ab Je ne r\u00e9compenserai point le m\u00e9chant avec le juste, \u00bb a dit le Dieu de la justice; \u00ab je ne souffrirai point que rien de souill\u00e9 ternisse la puret\u00e9 sans tache de mon saint paradis. Si le p\u00e9cheur se convertit, j&rsquo;aurai compassion de lui, mais s&rsquo;il ne se convertit pas, je suis vivant, dit l\u2019\u00c9ternel, que je le mettrai en pi\u00e8ces comme le vase d&rsquo;un potier, et il n&rsquo;y aura personne qui le d\u00e9livre! \u00bb Eh bien! p\u00e9cheur, que comptes-tu faire? Veux-tu t&rsquo;\u00e9lancer contre le bouclier du Roi des rois? Veux-tu \u00e0 toute force p\u00e9n\u00e9trer dans son ciel, alors que son arc est tendu contre toi et que sa fl\u00e8che va percer ton c\u0153ur? Quoi! lorsque son \u00e9p\u00e9e est d\u00e9j\u00e0 lev\u00e9e sur ta t\u00eate, oseras-tu bien le braver en face?.\u2026 Va, infime pot de terre, va, si bon te semble, contester avec tes pareils! Ch\u00e9tive sauterelle, va guerroyer contre des sauterelles comme toi; mais de gr\u00e2ce, ne songe pas \u00e0 te mesurer avec le Tout-Puissant! Il l&rsquo;a dit, et jamais \u2014 non jamais \u2014 aucune \u00e2me vivante n&rsquo;entrera dans son royaume, \u00e0 moins d&rsquo;\u00eatre n\u00e9e de nouveau. Si cette doctrine vous d\u00e9pla\u00eet, mes chers auditeurs, je vous le dis encore, accusez mon Ma\u00eetre et non pas moi, car je ne fais que r\u00e9p\u00e9ter ses enseignements; et si je vous parle aujourd&rsquo;hui en son nom, oh! croyez-le, c&rsquo;est par amour pour vos \u00e2mes immortelles; c&rsquo;est de peur que, faute d&rsquo;avoir connu la v\u00e9rit\u00e9, vous ne p\u00e9rissiez dans les t\u00e9n\u00e8bres et que vous ne couriez, les yeux band\u00e9s, \u00e0 votre perdition \u00e9ternelle.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>IV.<\/strong><\/p>\n<p>Et maintenant, je d\u00e9sire en finissant plaider CONTRE VOUS LA CAUSE DE VOS \u00c2MES. J&rsquo;entends une personne qui se dit : \u00ab Oui, c&rsquo;est vrai; la nouvelle naissance est n\u00e9cessaire pour entrer au ciel; aussi j&rsquo;esp\u00e8re qu&rsquo;apr\u00e8s ma mort, je na\u00eetrai de nouveau. \u00bb Oh! p\u00e9cheur qui te tranquillises de la sorte, laisse-moi te dire que tu es le plus insens\u00e9 des hommes! Une fois morts, ne sais-tu pas que le sort des humains est irr\u00e9vocablement fix\u00e9? Au-del\u00e0 de la tombe, la conversion n&rsquo;est plus possible : il est trop tard. Notre vie est comme de la cire qui s&rsquo;amollit \u00e0 la chaleur du feu; la mort y pose son fun\u00e8bre cachet; puis la cire se refroidit et l&#8217;empreinte ne peut \u00eatre chang\u00e9e. Chacune de nos \u00e2mes est semblable \u00e0 du m\u00e9tal en \u00e9bullition qui se pr\u00e9cipite de la chaudi\u00e8re dans des moules : la mort refroidira ce m\u00e9tal bouillant et nous serons moul\u00e9s pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. J&rsquo;entends la voix inflexible du destin qui crie sur les morts : Que celui qui est saint se sanctifie encore davantage, que celui qui est injuste soit encore injuste; que celui qui est souill\u00e9 se souille encore<a name=\"_ftnref5\"><\/a> (Apoc. 12.11)! Les damn\u00e9s sont perdus sans retour; ils ne sauraient na\u00eetre de nouveau. Toujours maudits et toujours maudissant; toujours luttant contre Dieu et toujours \u00e9cras\u00e9s sous ses pieds; toujours blasph\u00e9mant son nom et toujours couverts d&rsquo;un opprobre \u00e9ternel; toujours se r\u00e9voltant contre sa puissance et toujours tortur\u00e9s par les pointes aigu\u00ebs du remords, ils n&rsquo;ont d&rsquo;autre perspective que de voir se renouveler d&rsquo;\u00e2ge en \u00e2ge leurs p\u00e9ch\u00e9s et leurs tourments. Non, de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du tombeau, il n&rsquo;est plus de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration possible.<\/p>\n<p>\u00ab Quant \u00e0 moi, dira un autre, je ferai en sorte d&rsquo;\u00eatre r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 lorsque je serai \u00e0 l&rsquo;article de la mort. \u00bb Et toi aussi, \u00f4 homme, tu n&rsquo;es qu&rsquo;un mis\u00e9rable insens\u00e9! Comment sais-tu, je te prie, que tu vivras un jour de plus? As-tu donc pris un bail pour ta vie comme tu l&rsquo;as fait pour ta maison? Peux-tu assurer le souffle de tes narines, comme tu assures tes meubles ou tes r\u00e9coltes? Peux-tu dire avec certitude qu&rsquo;un autre rayon de lumi\u00e8re n\u2019atteindra jamais ton \u0153il ? Et sais-tu bien si ton c\u0153ur dont les battements sont comme la marche fun\u00e8bre qui t&rsquo;accompagne vers le s\u00e9pulcre, n&rsquo;en battra pas bient\u00f4t la derni\u00e8re note?&#8230; Si tes os \u00e9taient de fer, tes muscles d&rsquo;airain et tes poumons d&rsquo;acier, alors je concevrais, \u00f4 homme! que tu comptasses sur l&rsquo;avenir. Mais tu es form\u00e9 de la poudre de la terre; tu es pareil \u00e0 la fleur d&rsquo;un champ; ta vie est vacillante comme une lampe qui s&rsquo;\u00e9teint; tu peux mourir d&rsquo;un instant \u00e0 l&rsquo;autre&#8230; \u00d4 mort! je te vois au milieu de cette grande assembl\u00e9e, aiguisant ta faux sur la pierre du temps. Aujourd&rsquo;hui, aujourd&rsquo;hui, tu vas la lever sur quelques-uns de nous; et demain, demain, le jour suivant, tu continueras ton \u0153uvre de destruction; tu faucheras l&rsquo;herbe de la terre et nous tomberons les uns apr\u00e8s les autres!&#8230; Il faut, il faut mourir: telle est la loi fatale qui p\u00e8se sur les enfants d&rsquo;Adam. Comme un torrent imp\u00e9tueux, comme un navire entra\u00een\u00e9 par un tourbillon, comme une pi\u00e8ce de bois descendant le courant et se pr\u00e9cipitant vers une cataracte, ainsi nos jours se pr\u00e9cipitent vers l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Il n&rsquo;est pas de puissance capable d&rsquo;arr\u00eater aucun de nous dans sa course rapide. En cet instant m\u00eame, nous mourons, nous sommes en voie de mourir! Et cependant, \u00f4 inconcevable folie! tu oses dire, mon cher auditeur, que tu prendras soin de na\u00eetre de nouveau au moment de compara\u00eetre devant Dieu! Ah! ce n&rsquo;est point du temps \u00e0 venir qu&rsquo;il s&rsquo;agit : es-tu r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 maintenant? Voil\u00e0 la question. Si tu ne l&rsquo;es pas aujourd&rsquo;hui, demain il peut \u00eatre trop tard; demain tu peux \u00eatre en enfer, demain tu peux \u00eatre perdu sans retour!&#8230;<\/p>\n<p>Mais j&rsquo;entends une autre voix qui s&rsquo;\u00e9crie d\u00e9daigneusement : \u00ab Pour ma part, il m&rsquo;importe fort peu de na\u00eetre de nouveau, car je ne crois pas que je perde beaucoup en \u00e9tant exclu du paradis. \u00bb Ah p\u00e9cheur, tu parles de la sorte parce que tu ne comprends rien \u00e0 ces choses. Maintenant les v\u00e9rit\u00e9s les plus solennelles te font sourire, mais un jour viendra, sache-le, o\u00f9 ta conscience sera tendre, ta m\u00e9moire fid\u00e8le, ton jugement \u00e9clair\u00e9 et tes id\u00e9es bien diff\u00e9rentes de ce qu&rsquo;elles sont aujourd&rsquo;hui. En enfer, les p\u00e9cheurs ont beaucoup plus de sens commun qu&rsquo;ils n&rsquo;en ont sur la terre; en enfer, ils ne rient plus des flammes \u00e9ternelles; ils ne m\u00e9prisent plus la fournaise ardente de feu et de soufre. D\u00e8s que le ver qui ne meurt point commence \u00e0 leur ronger le c\u0153ur, ils perdent \u00e0 l&rsquo;instant m\u00eame leur verve et leur audace. Aujourd&rsquo;hui, vous pouvez \u00e0 votre aise vous moquer du serviteur de Dieu qui vous parle en son nom, mais, soyez-en s\u00fbrs, la mort mettra fin \u00e0 vos moqueries. Oh! mes chers auditeurs, s&rsquo;il ne fallait qu&rsquo;encourir votre m\u00e9pris, Dieu sait que je m&rsquo;y soumettrais de bon c\u0153ur ! M\u00e9prisez-moi, oui, m\u00e9prisez-moi tant qu&rsquo;il vous plaira; mais, je vous en conjure, au nom de vos int\u00e9r\u00eats \u00e9ternels, ne vous m\u00e9prisez pas vous-m\u00eames! Oh! ne soyez point assez stupides, assez d\u00e9pourvus d&rsquo;intelligence pour courir en sifflant au feu \u00e9ternel et en riant \u00e0 la perdition! Lorsque vous serez en enfer vous reconna\u00eetrez, mais trop tard, que c&rsquo;est un lieu dont on ne doit point se jouer. Lorsque vous verrez les portes du ciel se fermer devant vous, il ne vous sera plus aussi indiff\u00e9rent d&rsquo;\u00eatre exclu du paradis. Vous \u00eates venus pour la plupart m&rsquo;entendre pr\u00eacher aujourd&rsquo;hui, comme vous seriez all\u00e9s \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ra ou au concert : vous esp\u00e9riez, sinon que je vous amuserais, du moins que je vous procurerais quelques distractions. Ah! Dieu m&rsquo;est t\u00e9moin que tel n&rsquo;a point \u00e9t\u00e9 mon but. Je suis venu ici ce matin r\u00e9solu, s&rsquo;il le fallait, \u00e0 faire usage de paroles dures, \u00e0 ne point m\u00e9nager le p\u00e9cheur, et cela dans son propre int\u00e9r\u00eat, afin qu&rsquo;il ne p\u00e9risse pas, mais qu&rsquo;il vive. Je suis venu aussi p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 du sentiment de ma responsabilit\u00e9, et press\u00e9 de vous avertir solennellement, afin qu&rsquo;au dernier jour je sois trouv\u00e9 net du sang de vous tous. Et maintenant, s&rsquo;il est une seule \u00e2me parmi vous qui se perde, ce ne sera point faute d&rsquo;avoir connu la v\u00e9rit\u00e9. Hommes et femmes qui m&rsquo;\u00e9coutez, souvenez-vous que si vous p\u00e9rissez, mes mains sont lav\u00e9es dans l&rsquo;innocence, car je ne vous ai point cach\u00e9 le sort qui vous attend. Encore une fois, je vous crie : Repentez-vous, repentez-vous, repentez-vous, car si vous ne vous repentez, vous p\u00e9rirez tous sans exception! <em>Si un homme ne na\u00eet de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu<\/em>.<\/p>\n<p>Mais ici, je pr\u00e9vois une nouvelle interruption. \u00ab Na\u00eetre de nouveau? Na\u00eetre de nouveau? dira quelqu&rsquo;un; quel myst\u00e8re! Je ne puis le comprendre. Ministre de l\u2019\u00c9vangile, explique-le-moi, je te prie. \u00bb Mon fr\u00e8re, mon fr\u00e8re, tu es fou, compl\u00e8tement fou! Vois-tu ce feu? Il est minuit, nous sommes r\u00e9veill\u00e9s en sursaut; nous nous \u00e9lan\u00e7ons hors de nos lits; une lueur sinistre illumine nos fen\u00eatres; nous nous pr\u00e9cipitons dans la rue. Elle est d\u00e9j\u00e0 envahie par la foule. On va, on vient, on se heurte, on se presse; c&rsquo;est \u00e0 qui atteindra le plus t\u00f4t le foyer de l&rsquo;incendie. Les pompiers sont \u00e0 l\u2019\u0153uvre; des torrents d&rsquo;eau sont lanc\u00e9s sur la maison enflamm\u00e9e. Mais \u00e9coutez, \u00e9coutez! Dans cette maison, il y a un homme; il est \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage sup\u00e9rieur, il n&rsquo;a que tout juste le temps de s&rsquo;\u00e9chapper. On lui crie de toutes parts : \u00ab Au feu! au feu! vite, descendez! \u00bb mais il ne donne pas signe de vie. Voyez : une \u00e9chelle est plac\u00e9e contre le mur, elle atteint le rebord de la fen\u00eatre, une main vigoureuse enfonce le ch\u00e2ssis&#8230; Et le malheureux, que fait-il pendant tout ce temps? Est-il attach\u00e9 \u00e0 son lit? Est-il infirme, ou bien quelque mauvais esprit l&rsquo;\u00e9treint-il de sa main de fer et l&rsquo;a-t-il clou\u00e9 au plancher? Non, non, non, rien de tout cela. Il sent les planches s&rsquo;\u00e9chauffer sous ses pieds; la fum\u00e9e le suffoque, les flammes -envahissent sa chambre; il sait qu&rsquo;il n&rsquo;y a pour lui d&rsquo;autre moyen de salut que cette \u00e9chelle qui est l\u00e0 sous sa fen\u00eatre. Et il ne bouge pas, et il ne s&rsquo;\u00e9meut pas! Mais au nom du ciel, que fait donc cet homme? \u2014 Ce qu&rsquo;il fait? j&rsquo;ose \u00e0 peine vous le dire, car vous ne pourrez croire \u00e0 tant de folie&#8230; il est tranquillement assis au milieu de la chambre et se parle ainsi \u00e0 lui-m\u00eame : \u00ab L&rsquo;origine de ce feu est bien myst\u00e9rieuse; je ne puis me l&rsquo;expliquer; comment faire pour la d\u00e9couvrir?\u00bb Tu ris de ce malheureux, mon cher auditeur, et tu as raison, mais en riant de lui, sache que tu ris de toi-m\u00eame. Oui, ta folie est non moins grande que celle de cet homme. Tu cherches une r\u00e9ponse \u00e0 telle question et encore \u00e0 telle autre, et cela tandis que ton \u00e2me est menac\u00e9e de la mort \u00e9ternelle! Oh! quand tu seras sauv\u00e9, tu pourras \u00e0 ton aise poser toutes les questions qu&rsquo;il te plaira; mais tant que tu es dans la maison embras\u00e9e, en danger de p\u00e9rir d&rsquo;un moment \u00e0 l&rsquo;autre, est-ce bien le temps, je te le demande, de chercher \u00e0 sonder les myst\u00e8res, de t&#8217;embarrasser du libre arbitre, de l&rsquo;\u00e9lection de gr\u00e2ce, de la pr\u00e9destination absolue ou d&rsquo;autres sujets du m\u00eame genre? Toutes ces questions sont fort bonnes \u00e0 leur place, et ceux qui sont d\u00e9j\u00e0 sauv\u00e9s font tr\u00e8s bien de s&rsquo;en occuper. Qu&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;incendie et lorsqu&rsquo;on est en lieu s\u00fbr, l&rsquo;on se mette \u00e0 discuter sur la cause probable du sinistre, rien de mieux; mais quant \u00e0 pr\u00e9sent, \u00f4 p\u00e9cheur non r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9, l&rsquo;unique question qui doit te pr\u00e9occuper est celle-ci : \u00ab Que faut-il que je fasse pour \u00eatre sauv\u00e9? Gomment \u00e9chapperai-je \u00e0 la grande condamnation qui p\u00e8se sur moi? \u00bb<\/p>\n<p>Mais, h\u00e9las! mes amis, je ne puis vous parler comme je le voudrais! Il me semble que j&rsquo;\u00e9prouve en ce moment quelque chose de pareil \u00e0 ce que dut \u00e9prouver le Dante en \u00e9crivant son Enfer. Les contemporains du grand po\u00e8te disaient de lui que s\u00fbrement il avait visit\u00e9 les r\u00e9gions infernales, tant il les d\u00e9crivait avec solennit\u00e9 et puissance. Ah! pl\u00fbt \u00e0 Dieu que je pusse vous parler ainsi! Encore quelques jours, quelques ann\u00e9es tout au plus, et nous nous rencontrerons face \u00e0 face devant le tribunal de Dieu. \u00abSentinelle, sentinelle, dira une voix, as-tu averti ces \u00e2mes de fuir la col\u00e8re \u00e0 venir?\u00bb Que r\u00e9pondrez-vous? Pourrez-vous dire que je ne l&rsquo;ai point fait? Non, je sais que vous ne le pourrez pas. Je sais que tous, m\u00eame le plus impie d&rsquo;entre vous, serez contraints dans ce grand jour de r\u00e9pondre au souverain Juge : \u00ab Oh! Seigneur, nous nous sommes ri de ton ministre, nous nous sommes \u00e9gay\u00e9s \u00e0 ses d\u00e9pens, nous n&rsquo;avons point pris garde \u00e0 ses paroles; mais nous ne pouvons le nier, il nous a parl\u00e9 avec s\u00e9rieux, il nous a avertis de notre danger, il nous a expos\u00e9 clairement toute la v\u00e9rit\u00e9; il a fait son devoir \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de nos \u00e2mes! \u00bb<\/p>\n<p>Une derni\u00e8re remarque, et je vous quitte. Plusieurs de vous ont des parents au ciel, n&rsquo;est-il pas vrai? Peut-\u00eatre des \u00eatres aim\u00e9s vous ont-ils dit, en pressant votre main dans leur main d\u00e9faillante: \u00ab Adieu! au revoir l\u00e0-haut! \u00bb Mais, ne vous y trompez point : si vous ne naissez de nouveau, vous ne les reverrez jamais, car vous n&rsquo;entrerez pas dans le royaume de Dieu. \u00ab Quoi! s&rsquo;\u00e9criera l&rsquo;un; ma m\u00e8re dort l\u00e0-bas dans le cimeti\u00e8re; je visite souvent sa tombe et je me plais \u00e0 l&rsquo;orner de fleurs, en souvenir de celle qui me porta. Oh! c&rsquo;\u00e9tait une sainte femme que ma m\u00e8re; elle mourut en priant pour moi. Et dois-je donc renoncer \u00e0 toute esp\u00e9rance de la revoir? \u00bb Oui, mon fr\u00e8re, oui, te dis-je, \u00e0 moins que tu ne naisses de nouveau. \u2014 Pauvres m\u00e8res afflig\u00e9es, vos petits enfants sont maintenant dans le ciel; vous ch\u00e9rissez la pens\u00e9e de les retrouver un jour devant le tr\u00f4ne de Dieu; toutefois, je vous le d\u00e9clare, jamais, non, jamais vous ne les reverrez si vous ne naissez de nouveau. \u2014 Oh! mes bien-aim\u00e9s, voulez-vous donc \u00e0 cette heure dire un \u00e9ternel adieu aux esprits des justes parvenus \u00e0 la perfection? Vous r\u00e9signerez-vous \u00e0 \u00eatre s\u00e9par\u00e9s pour toujours de ceux de vos amis qui sont maintenant dans la gloire? Il le faut, \u00e0 moins que vous ne vous convertissiez. Il n&rsquo;y a point d&rsquo;autre alternative. Ou bien il faut que vous couriez \u00e0 Christ, que vous vous confiiez en lui, que vous le suppliiez de vous renouveler par la vertu de son Saint-Esprit, ou bien il faut qu&rsquo;\u00e9levant les yeux vers le ciel, vous disiez : \u00ab Ch\u0153ur des bienheureux, je n&rsquo;entendrai jamais vos c\u00e9lestes accents! Parents v\u00e9n\u00e9r\u00e9s, tendres soutiens de mon enfance, vous qui m&rsquo;entour\u00e2tes de tant de soins et de tant d&rsquo;amour, je ch\u00e9ris votre m\u00e9moire; mais entre vous et moi, il y a un ab\u00eeme! Vous \u00eates sauv\u00e9s et je suis perdu&#8230; \u00bb<\/p>\n<p>Oh! je vous en supplie, mes chers amis, r\u00e9fl\u00e9chissez \u00e0 ces choses, et ne soyez point de ces auditeurs oublieux qui \u00e9coutent toujours et ne retiennent jamais. Si ce que je viens de vous dire a produit sur vos \u00e2mes la moindre impression, gardez-vous d&rsquo;\u00e9touffer cette impression : c&rsquo;est peut-\u00eatre le dernier appel que Dieu vous adressera. Oh! que votre responsabilit\u00e9 sera grande si vous p\u00e9rissez apr\u00e8s avoir entendu annoncer la v\u00e9rit\u00e9! Que votre sort sera terrible si vous \u00eates perdus avec les sons de l\u2019\u00c9vangile retentissant encore \u00e0 vos oreilles!&#8230;.<\/p>\n<p><strong>FIN.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/strong><\/p>\n<p><a name=\"_ftn1\"><\/a><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Allusion au Dr Palmer, m\u00e9decin anglais, qui fut ex\u00e9cut\u00e9 \u00e0 Londres en 1856 pour avoir empoisonn\u00e9 sa femme, en lui administrant pendant plusieurs mois de la strychnine en petites doses. (Note du Traducteur.)<\/p>\n<p><a name=\"_ftn3\"><\/a><a href=\"#_ftnref3\">[2]<\/a> Ce paragraphe et le pr\u00e9c\u00e9dent s&rsquo;appliquent surtout, dans la pens\u00e9e de l&rsquo;auteur, aux puseyistes d&rsquo;Angleterre; n\u00e9anmoins nous avons cru utile de les reproduire, car sans parler d&rsquo;une communion \u00e9trang\u00e8re \u00e0 la n\u00f4tre, o\u00f9 la doctrine de la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration par le bapt\u00eame est pour ainsi dire un article de foi, n&rsquo;y a-t-il point, au sein m\u00eame de nos \u00c9glises \u00e9vang\u00e9liques, beaucoup de personnes qui, \u00e0 leur insu peut-\u00eatre, partagent \u00e0 quelque degr\u00e9 les vues et les tendances combattues ici par l&rsquo;auteur? (Note du Traducteur.)<\/p>\n<p>Traduit pour <em>La Soci\u00e9t\u00e9 des Livres Religieux<\/em>, Toulouse, 1861, r\u00e9\u00e9dit\u00e9 par Danny Therrien et Hugo Lacasse<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si un homme ne na\u00eet de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu (Jean 3.3). Dans la vie ordinaire, l&rsquo;homme se pr\u00e9occupe naturellement le plus des choses qui sont les plus n\u00e9cessaires \u00e0 son existence. 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