{"id":60,"date":"2018-01-16T14:48:37","date_gmt":"2018-01-16T14:48:37","guid":{"rendered":"http:\/\/sauvepargrace.com\/?p=60"},"modified":"2020-04-11T13:35:04","modified_gmt":"2020-04-11T13:35:04","slug":"le-ciel-et-lenfer-par-charles-h-spurgeon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/sermons\/le-ciel-et-lenfer-par-charles-h-spurgeon\/","title":{"rendered":"Le ciel et l&rsquo;enfer (Charles H. Spurgeon)"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Je vous dis que plusieurs viendront d&rsquo;Orient et d&rsquo;Occident et seront assis \u00e0 table, au royaume des cieux, avec Abraham, Isaac et Jacob ; et les enfants du royaume seront jet\u00e9s dans les t\u00e9n\u00e8bres de dehors : il y aura l\u00e0 des pleurs et des grincements de dents.\u00a0\u00bb (Matthieu 8.11-12)<\/p>\n<p>Ce soir, mes chers auditeurs, j&rsquo;esp\u00e8re vous encourager \u00e0 chercher le chemin du ciel. Ce soir aussi j&rsquo;aurai \u00e0 exprimer devant vous de tr\u00e8s rudes v\u00e9rit\u00e9s concernant le sort de ceux qui seront jet\u00e9s dans l&rsquo;ab\u00eeme de la perdition. &nbsp;Ces deux sujets, je vais t\u00e2cher de les traiter avec l&rsquo;assistance de Dieu. Mais auparavant, laissez-moi vous supplier, pour l&rsquo;amour de vos \u00e2mes, de peser avec soin ce que vous allez entendre. Voyez si mes paroles sont, oui ou non, selon la v\u00e9rit\u00e9 de Dieu : si elles ne le sont pas, rejetez-les enti\u00e8rement ; mais si elles le sont, prenez garde de quelle mani\u00e8re vous les \u00e9coutez; car aussi vrai que vous compara\u00eetrez un jour devant Dieu, le grand Juge du ciel et del\u00e0 terre, aussi vrai vous ne saurez m\u00e9priser impun\u00e9ment la voix de son serviteur, la voix de son \u00c9vangile!<\/p>\n<p>Les versets que je vous ai lus renferment deux id\u00e9es. La premi\u00e8re est d&rsquo;une douceur infinie, et je me plais \u00e0 y arr\u00eater mon esprit ; la seconde est terrible au plus haut degr\u00e9 ; mais l&rsquo;une et l&rsquo;autre \u00e9tant \u00e9galement vraies, l&rsquo;une et l&rsquo;autre doivent \u00eatre pr\u00each\u00e9es. La premi\u00e8re id\u00e9e de mon texte est contenue dans ces mots : Je vous dis que plusieurs viendront d&rsquo;Orient et d&rsquo;Occident et seront assis \u00e0 table, au royaume des cieux, avec Abraham, Isaac et Jacob. L&rsquo;autre, sombre, mena\u00e7ante, effroyable, est ainsi formul\u00e9e : Les enfants du royaume seront jet\u00e9s dans les t\u00e9n\u00e8bres de dehors : il y aura l\u00e0 des pleurs et des grincements de dents.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>I.<\/strong><\/p>\n<p>Reprenons la premi\u00e8re de ces id\u00e9es. Voici une glorieuse promesse : Plusieurs viendront d&rsquo;Orient et d&rsquo;Occident et seront assis \u00e0 table, au royaume des cieux, avec Abraham, Isaac et Jacob. J&rsquo;aime ces paroles, parce qu&rsquo;elles me disent ce qu&rsquo;est le ciel, parce qu&rsquo;elles m&rsquo;en laissent entrevoir les charmes. Elles m\u2019apprennent, tout d\u2019abord, que c&rsquo;est un lieu o\u00f9 je serai assis, c&rsquo;est-\u00e0-dire o\u00f9 je me reposerai. Quelle douce pens\u00e9e! Qu&rsquo;elle est douce surtout pour le travailleur, pour celui qui mange son pain \u00e0 la sueur de son visage! Souvent, en essuyant son front humide, il se demande avec tristesse s&rsquo;il n&rsquo;aura jamais ni tr\u00eave ni rel\u00e2che. Ou bien, le soir, en se jetant bris\u00e9 sur sa couche, son c\u0153ur laisse \u00e9chapper ce cri d&rsquo;angoisse :<\/p>\n<p><em>&nbsp;\u00ab N&rsquo;y a-t-il donc point un lieu o\u00f9 je pourrai me reposer, o\u00f9 mes membres fatigu\u00e9s ne seront plus contraints d&rsquo;agir, o\u00f9 je trouverai enfin la paix apr\u00e8s laquelle je soupire? \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Oui, enfant du travail et de la peine, oui, il est un heureux s\u00e9jour o\u00f9 peine et travail sont inconnus. Au-del\u00e0 de la vo\u00fbte azur\u00e9e, il est une cit\u00e9 belle et radieuse: ses murs sont de jaspe, sa lumi\u00e8re est plus \u00e9clatante que le soleil. L\u00e0, les m\u00e9chants ne tourmentent plus personne, et ceux qui ont perdu leur force se reposent. L\u00e0 habitent des esprits immortels qui sont pour jamais \u00e0 l&rsquo;abri de la fatigue. Ils ne s\u00e8ment ni ne moissonnent ; ils n&rsquo;ont plus ni rude labeur, ni t\u00e2che excessive \u00e0 accomplir. Que l&rsquo;homme de loisir se plaise \u00e0 envisager le ciel comme un lieu o\u00f9 son activit\u00e9 trouvera un constant aliment, je le con\u00e7ois, et je suis persuad\u00e9 qu&rsquo;il ne sera pas d\u00e9\u00e7u dans son attente. Mais pour le travailleur, et par ce mot j&rsquo;entends tout homme qui travaille, soit de son intelligence, soit de ses mains, quelle d\u00e9licieuse, quelle consolante perspective que celle d&rsquo;un \u00e9ternel repos! Oh bonheur! bient\u00f4t cette voix, si souvent \u00e9puis\u00e9e par de longs efforts, pourra se taire; bient\u00f4t ces poumons fatigu\u00e9s ne s&rsquo;exerceront plus au-del\u00e0 de leur pouvoir ; bient\u00f4t ce cerveau excit\u00e9 ne sera plus harcel\u00e9 par des pens\u00e9es sans nombre ; bient\u00f4t, paisiblement assis au banquet de Dieu, je me reposerai de mes travaux!&#8230; Oh! fils et filles d&rsquo;Adam qui fl\u00e9chissez sous le poids de la vie, prenez courage! Au ciel, vous n&rsquo;aurez plus \u00e0 tracer de p\u00e9nibles sillons dans un sol infertile; vous n&rsquo;aurez plus \u00e0 vous lever le matin, \u00e0 vous coucher tard et \u00e0 manger le pain de douleur; vous n&rsquo;aurez plus ni fardeau, ni souci, ni agitation; tous vous serez paisibles, riches, heureux. Les mots de labeur, de fatigue, de souffrance n&rsquo;existent m\u00eame pas dans la langue du ciel.<\/p>\n<p>Et remarquez dans quelle illustre soci\u00e9t\u00e9 les \u00e9lus se trouveront. Ils seront assis, nous est-il dit, avec Abraham, Isaac et Jacob. Ces paroles me semblent r\u00e9futer de la mani\u00e8re la plus positive l&rsquo;opinion de certains chr\u00e9tiens qui pensent que dans l&rsquo;autre vie on n&rsquo;aura pas la facult\u00e9 de se conna\u00eetre. En effet, puisqu&rsquo;il nous est d\u00e9clar\u00e9 ici en toutes lettres que nous serons assis avec Abraham, Isaac et Jacob, ne devons-nous pas n\u00e9cessairement en conclure que nous conna\u00eetrons ces patriarches et par cons\u00e9quent aussi les autres habitants du ciel? On raconte qu&rsquo;une digne chr\u00e9tienne, avanc\u00e9e en \u00e2ge, demanda \u00e0 son mari, au moment de mourir : \u00ab Mon ami, penses-tu que tu me reconnaisses quand tu viendras dans la gloire? Si je te reconna\u00eetrai? r\u00e9pondit celui-ci ; ne t&rsquo;ai-je pas toujours connue ici-bas? et crois-tu donc qu&rsquo;au ciel je serai moins clairvoyant ? \u00bb Ce raisonnement me para\u00eet sans r\u00e9plique. De m\u00eame que nous avons connu ici-bas, de m\u00eame nous conna\u00eetrons l\u00e0-haut.<\/p>\n<p>Pour ma part, j&rsquo;ai la douce assurance que lorsque, par la gr\u00e2ce de Dieu, je poserai mon pied sur le seuil du ciel, les bienheureux amis qui m&rsquo;y ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 viendront me prendre par la main et me diront : \u00ab Salut, bien-aim\u00e9! te voici enfin. \u00bb Les proches retrouveront leurs proches ; les amis leurs amis. Tu retrouveras ta pieuse m\u00e8re, toi, mon cher auditeur, qui pleures encore sur elle, si toutefois tu marches sur les traces de J\u00e9sus: il me semble la voir venant \u00e0 ta rencontre \u00e0 la porte du paradis, et quoique sans doute les liens de la nature auront perdu beaucoup de leur force, je ne puis me d\u00e9fendre de la pens\u00e9e que son visage brillera d&rsquo;une joie nouvelle lorsque, s&rsquo;avan\u00e7ant vers le Seigneur, elle lui dira: Me voici, moi et les enfants que tu m&rsquo;as donn\u00e9s. Mari, tu reconna\u00eetras ta femme. M\u00e8re, tu reconna\u00eetras ces chers petits \u00eatres dont tu suivis avec angoisse la longue agonie et sur lesquels tu entendis tomber, avec les froides mottes de terre, ces terribles paroles : \u00ab L&rsquo;argile \u00e0 l&rsquo;argile, la cendre \u00e0 la cendre, la poudre \u00e0 la poudre. \u00bb Oui, tu les retrouveras; tu entendras encore leurs voix ch\u00e9ries; tu sauras que ceux que tu as tant aim\u00e9s, Dieu les a aim\u00e9s mieux encore que toi. Ah! qu&rsquo;il me semblerait triste et gla\u00e7ant le monde \u00e0 venir, si je ne devais ni conna\u00eetre ni \u00eatre connu! En v\u00e9rit\u00e9, il n&rsquo;aurait pour moi que bien peu d&rsquo;attraits! Mais quelle douceur, au contraire, dans la pens\u00e9e que le ciel est la r\u00e9alisation parfaite de la communion des saints, et qu&rsquo;entre les croyants de tous les temps et de tous les pays, il s&rsquo;\u00e9tablira pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 des relations \u00e9troites et personnelles! Souvent, je me plais \u00e0 anticiper sur le bonheur que j&rsquo;\u00e9prouverai \u00e0 conna\u00eetre Esa\u00efe ; il me semble qu&rsquo;\u00e0 peine arriv\u00e9 \u00e0 la cit\u00e9 c\u00e9leste, je demanderai \u00e0 le voir, parce qu&rsquo;il a parl\u00e9 de J\u00e9sus plus qu&rsquo;aucun autre proph\u00e8te. Il me semble aussi que je m&#8217;empresserai de chercher au milieu de la foule George Whitefield, ce grand serviteur de Dieu, qui avec un z\u00e8le digne d&rsquo;un esprit ang\u00e9lique, d\u00e9pensa toute sa vie en pr\u00eachant le salut.<\/p>\n<p>Oh! oui, nous aurons une soci\u00e9t\u00e9 choisie dans le ciel. Et cependant toute distinction humaine sera abolie: riches et pauvres, savants et ignorants, ministres et la\u00efques, nous fraterniserons tous ensemble. J&rsquo;ai ou\u00ef raconter qu&rsquo;une dame, visit\u00e9e sur son lit de mort par un ministre de l\u2019\u00c9vangile, lui posa cette \u00e9trange question : \u00ab Ne pensez-vous pas qu&rsquo;il existe dans le ciel deux lieux bien distincts pour les diff\u00e9rentes classes de la soci\u00e9t\u00e9? J&rsquo;avoue que je ne puis endurer l&rsquo;id\u00e9e de vivre \u00e9ternellement en&nbsp;compagnie de ma servante. \u00bb A cela, le ministre r\u00e9pondit : \u00ab Ne vous mettez pas en peine \u00e0 ce sujet, madame ; car aussi longtemps que ce diabolique orgueil existera dans votre c\u0153ur, vous n&rsquo;avez point \u00e0 craindre d&rsquo;aller au ciel. \u00bb Il disait vrai. Non, l&rsquo;orgueil n&rsquo;entrera pas dans le ciel. Il faut que nous nous abaissions nous m\u00eames, que nous voyions dans tout homme un fr\u00e8re, que nous sentions qu&rsquo;aux yeux de Dieu nous sommes tous \u00e9gaux, avant de pouvoir esp\u00e9rer d&rsquo;\u00eatre admis dans la gloire.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 moi, je b\u00e9nis mon Dieu de ce qu&rsquo;au banquet c\u00e9leste il n&rsquo;y aura qu&rsquo;une seule table. Le Juif et le Gentil s&rsquo;assoiront c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te; le grand et le petit pa\u00eetront dans le m\u00eame p\u00e2turage: tous, nous serons assis avec Abraham, Isaac et Jacob. Mais les paroles que nous m\u00e9ditons ont une signification plus douce et plus profonde encore. A en croire certains esprits \u00e9troits, le ciel serait un lieu de dimensions fort restreintes, auquel ne trouveraient acc\u00e8s que les seuls chr\u00e9tiens qui fr\u00e9quentent leur lieu de culte. J&rsquo;avoue qu&rsquo;un ciel aussi mesquin m&rsquo;est antipathique, et j&rsquo;aime au contraire \u00e0 lire dans les \u00c9critures qu&rsquo;il y a plusieurs demeures dans la maison de mon P\u00e8re.<\/p>\n<p>De ce qu&rsquo;il est \u00e9crit dans l&rsquo;\u00c9vangile: La porte est \u00e9troite et le chemin est \u00e9troit qui m\u00e8ne \u00e0 la vie, et il y en a peu qui le trouvent, on a souvent conclu que le ciel sera moins peupl\u00e9 que l&rsquo;enfer. Cette opinion me semble inadmissible. Comment! la part de Christ serait moins grande que celle du diable? Satan l&#8217;emporterait sur Christ? Non, cela ne peut pas \u00eatre! D&rsquo;ailleurs, Dieu nous d\u00e9clare express\u00e9ment qu&rsquo;une grande multitude, que personne ne pourra compter, sera sauv\u00e9e. Combien cette pens\u00e9e est r\u00e9jouissante, mes chers amis! Quelle bonne nouvelle pour vous et pour moi! Si le salut n&rsquo;\u00e9tait le privil\u00e8ge que de quelques-uns, nous pourrions craindre, et non sans raison, de ne pas y avoir part; mais puisque le Seigneur affirme qu&rsquo;une multitude innombrable sera sauv\u00e9e, pourquoi vous et moi, pourquoi tous, tant que nous sommes ici, ne le serions-nous pas?<\/p>\n<p>Courage donc, pauvre p\u00e9cheur, qui que tu sois; courage, \u00e2me craintive et timor\u00e9e, ouvre ton c\u0153ur \u00e0 l&rsquo;esp\u00e9rance ! Il n&rsquo;y a point sur la terre d&rsquo;\u00e2me vivante dont on puisse dire qu&rsquo;elle soit en dehors de la gr\u00e2ce de Dieu. Il est vrai, quelques infortun\u00e9s qui, ayant commis le p\u00e9ch\u00e9 irr\u00e9missible, sont abandonn\u00e9s de Dieu ; mais \u00e0 part cette exception, je me plais \u00e0 le proclamer, la souveraine mis\u00e9ricorde embrasse l&rsquo;humanit\u00e9 tout enti\u00e8re. Plusieurs viendront et seront assis \u00e0 table, au royaume des deux, avec Abraham, Isaac et Jacob. Et d&rsquo;o\u00f9 viendront-ils, ces heureux convives qui prendront place \u00e0 la table du P\u00e8re de famille? Mon texte nous l&rsquo;apprend : ils viendront d&rsquo;Orient et d&rsquo;Occident.<\/p>\n<p>Les Juifs pr\u00e9tendaient que tous viendraient de la Palestine, en d&rsquo;autres termes, qu&rsquo;il n&rsquo;y aurait au ciel personne qui ne f\u00fbt Juif. Rench\u00e9rissant encore sur cette \u00e9troitesse de vues, les Pharisiens soutenaient que, hors de leur secte, le salut \u00e9tait impossible. Mais voici J\u00e9sus-Christ qui tient un tout autre langage : il affirme que de l&rsquo;Orient et de l&rsquo;Occident, il viendra des \u00e2mes au royaume de Dieu. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il en viendra, n&rsquo;en doutons pas, de ces lointaines contr\u00e9es de la Chine, o\u00f9 le Seigneur semble actuellement ouvrir une si large porte \u00e0 l&rsquo;\u00c9vangile. Il en viendra de notre vieille Europe comme de la jeune Am\u00e9rique; des r\u00e9gions tropicales de l&rsquo;Australie comme des froides zones du Canada, de la Sib\u00e9rie, de la Russie. De toutes les extr\u00e9mit\u00e9s de la terre, il en viendra qui seront assis au banquet de Dieu. Mais outre ce sens naturel et que j&rsquo;appellerai g\u00e9ographique, les paroles qui nous occupent me semblent avoir un sens figur\u00e9 et spirituel. Selon moi, cette expression, l&rsquo;Orient et l&rsquo;Occident, d\u00e9signe moins les points les plus recul\u00e9s du globe, que cette classe d&rsquo;\u00e2mes qui, en apparence, est, pour ainsi dire, aux antipodes du royaume de Dieu. Il y a tels p\u00e9cheurs dans le monde, du salut desquels chacun d\u00e9sesp\u00e8re. On se dit : \u00ab A quoi bon raisonner avec eux? Quel bien pourrait-on leur faire ? Tout est inutile ; ils sont trop d\u00e9prav\u00e9s, trop avilis, trop endurcis pour qu&rsquo;ils puissent jamais \u00eatre ramen\u00e9s \u00e0 Dieu. \u00bb Oh vous qui passez ainsi condamnation sur quelques-uns de vos semblables, sans vous douter qu&rsquo;aux yeux de Celui qui juge justement, vous \u00eates peut-\u00eatre plus coupables que le plus coupable d&rsquo;entre eux, \u00e9coutez ce que dit J\u00e9sus-Christ dans les paroles de mon texte : Plusieurs viendront d&rsquo;Orient et d&rsquo;Occident et seront assis \u00e0 table dans le royaume des cieux. Oui, sachez-le: des derni\u00e8res limites du royaume de Satan, des derniers degr\u00e9s de l&rsquo;\u00e9chelle du vice, plusieurs viendront qui feront partie de la multitude des rachet\u00e9s, acquise au prix du sang de l&rsquo;Agneau. Il y aura dans le ciel plus d&rsquo;un p\u00e9cheur, qui, \u00e0 une \u00e9poque de sa vie, s&rsquo;est plong\u00e9 dans la fange des passions; il y aura des intemp\u00e9rants; il y aura des femmes de mauvaise vie, qui, par la puissance de la gr\u00e2ce divine, renonc\u00e8rent, ceux-ci \u00e0 leur intemp\u00e9rance, celles-l\u00e0 \u00e0 leurs d\u00e9bordements, et v\u00e9curent pendant le reste de leurs jours sobrement, justement et religieusement.<\/p>\n<p>Vous souvenez-vous d&rsquo;un remarquable incident du minist\u00e8re du grand Whitefield ? Un jour, pr\u00eachant devant un nombreux auditoire, il dit que \u00ab J\u00e9sus-Christ \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 sauver m\u00eame les rebuts du diable, c&rsquo;est-\u00e0-dire les \u00e2mes que Satan lui-m\u00eame trouvait \u00e0 peine assez bonnes pour lui. \u00bb Le service fini, son amie, lady Huntingdon, fit comprendre \u00e0 l&rsquo;\u00e9minent pr\u00e9dicateur que cette hardiesse de langage ne lui avait point sembl\u00e9 tout-\u00e0-fait convenable. A peine venait-elle de hasarder cette remarque, lorsqu&rsquo;on vint dire \u00e0 Whitefield que quelqu&rsquo;un d\u00e9sirait lui parler. Il y va, et remonte un instant apr\u00e8s. \u2014 \u00ab Madame, dit-il \u00e0 lady Huntingdon, devinez qui m&rsquo;attendait en bas ? C&rsquo;\u00e9tait une, pauvre femme, tomb\u00e9e au dernier degr\u00e9 de l&rsquo;abjection. Oh! M, Whitefield, m&rsquo;a-t-elle dit, vous nous avez assur\u00e9 que J\u00e9sus recevrait les \u00e2mes m\u00eame qui sont comme les rebuts du diable, et moi je suis une de ces \u00e2mes ! &#8230; \u00bb Cette parole fut le moyen de sa conversion. Que personne ne trouve donc mauvais si les serviteurs de Christ s&rsquo;adressent aux p\u00e9agers et aux gens de mauvaise vie. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 accus\u00e9, je le sais, d&rsquo;attirer autour de moi \u00ab la vile multitude. \u00bb A cela, je r\u00e9ponds: Que Dieu la b\u00e9nisse, cette \u00ab vile multitude! \u00bb Que Dieu la sauve par mon moyen, et je serai trop honor\u00e9! D&rsquo;ailleurs, si elle est \u00ab vile, \u00bb comme on le dit, qui a plus besoin de l&rsquo;\u00c9vangile qu&rsquo;elle? Qui a plus besoin que Christ lui soit annonc\u00e9 ?<\/p>\n<p>Certes, ce qui manque dans notre si\u00e8cle d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9, ce ne sont pas des pr\u00e9dicateurs du grand monde, ce sont des hommes qui portent la bonne nouvelle du salut \u00e0 ceux que l&rsquo;on appelle la lie du peuple. Pour ma part, je trouve dans cette d\u00e9claration de mon texte : Plusieurs viendront d&rsquo;Orient et d\u2019Occident, un puissant encouragement \u00e0 annoncer l&rsquo;\u00c9vangile aux plus grands des p\u00e9cheurs. Je crois, ainsi que je l&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 dit, qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;exception de ceux qui ont commis le p\u00e9ch\u00e9 contre le Saint-Esprit, il n&rsquo;est pas d&rsquo;homme sur la terre assez \u00e9loign\u00e9 de Dieu pour que la gr\u00e2ce ne puisse l&rsquo;atteindre. Je crois qu&rsquo;il n&rsquo;est pas jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;un de ces malheureux, opprobre de l&rsquo;esp\u00e8ce humaine, fl\u00e9tris, d\u00e9grad\u00e9s, abrutis presque par le vice, qui, par un effet de la souveraine mis\u00e9ricorde, ne puisse briller un jour dans la gloire, comme la splendeur de l&rsquo;\u00e9tendue. Trouvez-moi donc le dernier, le plus vil des p\u00e9cheurs, je ne d\u00e9daignerai point de lui pr\u00eacher l&rsquo;\u00c9vangile, car je sais que son \u00e2me immortelle est susceptible de salut, et de plus, je me souviens de cet ordre de mon Ma\u00eetre : Va dans les chemins et le long des haies, et presse d&rsquo;entrer ceux que tu trouveras, afin que ma maison soit remplie. Plusieurs viendront d&rsquo;Orient et d&rsquo;Occident, et seront assis \u00e0 table au royaume des cieux, avec Abraham, Isaac et Jacob.<\/p>\n<p>Il y a un mot encore dans ce beau passage sur lequel je d\u00e9sire attirer votre attention, avant de passer outre. Observez qu&rsquo;il n&rsquo;est pas dit : Ils pourront venir, on : Ils viendront peut-\u00eatre, mais : ils viendront. Oh! que j&rsquo;aime ces affirmations si pleines, si positives de mon Dieu! De la part d&rsquo;un homme, affirmer, c&rsquo;est presque une d\u00e9rision. Il promet, et le plus souvent il ne peut tenir sa promesse ; il jure, et le plus souvent il viole son serment. Mais avec Dieu, quelle diff\u00e9rence! S&rsquo;il dit : \u00ab Je ferai, \u00bb il fera; s&rsquo;il affirme une &lsquo;chose, elle a lieu. Or, il d\u00e9clare ici que plusieurs viendront dans son royaume; et quand m\u00eame Satan s&rsquo;\u00e9crierait avec rage : \u00ab Ils n&rsquo;iront pas! \u00bb quand m\u00eame leurs propres p\u00e9ch\u00e9s leur diraient : \u00ab Vous ne pouvez y aller! \u00bb bien plus, quand ils diraient r\u00e9solument en leur c\u0153ur : \u00ab Nous ne voulons pas y aller!&nbsp;\u00bb ils iront, car Dieu l&rsquo;a dit. Oui; parmi ceux-l\u00e0 m\u00eame qui aujourd&rsquo;hui se moquent du salut et insultent \u00e0 l\u2019\u00c9vangile, il en est, je ne crains pas de le dire, qui, t\u00f4t ou tard, seront amen\u00e9s captifs \u00e0 l&rsquo;ob\u00e9issance de J\u00e9sus-Christ. \u00ab Mais quoi? s&rsquo;\u00e9crient peut-\u00eatre quelques-uns de mes auditeurs, Dieu peut-il faire de nous des chr\u00e9tiens? \u00bb Oui, vous dis-je, et c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 qu&rsquo;\u00e9clate l&rsquo;admirable puissance de l&rsquo;\u00c9vangile. La gr\u00e2ce divine ne sollicite pas le consentement de l\u2019homme, mais elle l&rsquo;obtient; elle ne lui demande pas s&rsquo;il la veut, mais elle lui donne de la vouloir; elle ne s&rsquo;impose pas \u00e0 lui, mais elle transforme tellement sa volont\u00e9 que, reconnaissant sa valeur, il se prend \u00e0 soupirer apr\u00e8s elle, et la poursuit jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il l&rsquo;ait atteinte. Et comment expliquer autrement la conversion de tant d&rsquo;incr\u00e9dules, qui avaient dit \u00e0 une \u00e9poque de leur vie : \u00ab Jamais nous n&rsquo;aurons rien \u00e0 faire avec la religion? \u00bb<\/p>\n<p>On raconte qu&rsquo;un jour un impie d\u00e9clar\u00e9 entra dans un lieu de culte pour entendre les chants sacr\u00e9s, et qu&rsquo;aussit\u00f4t que le ministre prit la parole, il mit les doigts dans ses oreilles, d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 ne pas \u00e9couter. Mais au bout de quelques instants, voici qu&rsquo;un petit insecte vient se poser sur son visage, ce qui l&rsquo;oblige, pour le chasser, \u00e0 d\u00e9placer une de ses mains. A ce m\u00eame moment, le ministre pronon\u00e7ait ces paroles : Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. Surpris, remu\u00e9 dans sa conscience, l&rsquo;incr\u00e9dule \u00e9coute, et Dieu touche son c\u0153ur \u00e0 salut. En sortant, il \u00e9tait un nouvel homme. L&rsquo;impie se retira pour prier; le railleur alla verser des larmes de contrition. Celui qui \u00e9tait entr\u00e9 dans la maison de Dieu par mani\u00e8re de passe-temps, retourna chez lui, press\u00e9 de rechercher la communion de son Cr\u00e9ateur. Le sceptique devint croyant; le p\u00e9cheur devint un saint. Et la transformation qui s&rsquo;est produite chez cet homme, peut se produire \u00e9galement chez tous. La gr\u00e2ce divine, je le r\u00e9p\u00e8te, n&rsquo;a pas besoin de votre consentement pr\u00e9alable: elle saura vous donner la volont\u00e9 et l&rsquo;ex\u00e9cution selon son bon plaisir. Du c\u0153ur le plus rebelle qui s&rsquo;\u00e9crie d\u00e9daigneusement : \u00ab Je n&rsquo;ai que faire de l&rsquo;\u00c9vangile, \u00bb elle peut, quand elle le veut, faire surgir cette humble supplication : \u00ab Seigneur, sauve-moi, ou je p\u00e9ris ! \u00bb Mais peut-\u00eatre pensez-vous que vous pouvez vous convertir sans que votre \u00e2me subisse l&rsquo;action pr\u00e9venante de la gr\u00e2ce de Dieu. Erreur, erreur funeste, mes amis.<\/p>\n<p>Supposons qu&rsquo;en cet instant m\u00eame J\u00e9sus-Christ se pr\u00e9sent\u00e2t au milieu de nous, quel accueil pensez-vous que lui ferait le plus grand nombre? \u00ab Nous le couronnerions roi \u00bb me r\u00e9pondez-vous. H\u00e9las! je n&rsquo;en crois rien; je suis persuad\u00e9, au contraire, que la plupart d&rsquo;entre vous le crucifieraient de nouveau, s&rsquo;ils en avaient l&rsquo;occasion. Oui, se t\u00eent-il l\u00e0, devant vous, et vous dit-il : \u00ab Me voici, je vous aime \u00bb pas un de vous, abandonn\u00e9 \u00e0 sa propre volont\u00e9, ne r\u00e9pondrait \u00e0 ses avances. Fix\u00e2t-il sur vous un de ces puissants regards capables de dompter les lions m\u00eames; vous parl\u00e2t-il avec cette voix d&rsquo;o\u00f9 se sont \u00e9chapp\u00e9s des Ilots d&rsquo;une incomparable \u00e9loquence, pas un de vous, laiss\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame, ne deviendrait son disciple. Ce qu&rsquo;il faut, pour fl\u00e9chir les r\u00e9sistances de notre c\u0153ur, c&rsquo;est la puissance de la gr\u00e2ce, c&rsquo;est l&rsquo;influence du Saint-Esprit. Nul ne peut venir \u00e0 moi, a dit J\u00e9sus-Christ, si le P\u00e8re qui m&rsquo;a envoy\u00e9 ne l&rsquo;attire. Mais d&rsquo;une fois que de pauvres p\u00e9cheurs ont \u00e9prouv\u00e9 ces attraits divins, oh! alors, ils viennent, ils accourent de l&rsquo;Orient et de l&rsquo;Occident. Que le monde s&rsquo;agite, que le monde se moque, il n&#8217;emp\u00eachera pas le Fils de Dieu de recueillir le fruit de ses souffrances et de sa mort. Si, parmi vous, il est des \u00e2mes qui le rejettent, d&rsquo;autres l&rsquo;accepteront; s&rsquo;il en est qui seront perdues, d&rsquo;autres seront sauv\u00e9es. Quoi qu&rsquo;on dise et quoi qu&rsquo;on fasse, J\u00e9sus-Christ se verra de la post\u00e9rit\u00e9, il prolongera ses jours et le bon plaisir de l&rsquo;\u00c9ternel prosp\u00e9rera dans sa main. Quand le ciel, la terre et l&rsquo;enfer se ligueraient ensemble, ils ne sauraient retenir loin de J\u00e9sus une seule des \u00e2mes que le P\u00e8re lui a donn\u00e9es! Et maintenant, toi, mon fr\u00e8re, qui te reconnais le premier des p\u00e9cheurs, \u00e9coute-moi : je suis charg\u00e9 d&rsquo;un message pour toi de la part de J\u00e9sus. Il y a une \u00e2me dans cette assembl\u00e9e qui se juge la plus indigne qui ait jamais exist\u00e9. Il y a une \u00e2me qui se dit \u00e0 elle-m\u00eame : \u00ab Je ne suis pas digne que Christ m&rsquo;appelle \u00e0 lui\u2026 \u00bb \u00c2me! c&rsquo;est toi que j&rsquo;appelle! Toi, vile, souill\u00e9e, mis\u00e9rable, aujourd&rsquo;hui, en vertu de l&rsquo;autorit\u00e9 que j&rsquo;ai re\u00e7ue de Dieu, je te presse d&rsquo;aller \u00e0 mon Sauveur! Il t&rsquo;invite par ma voix, il te cherche, il veut te sauver. H\u00e2te-toi donc. Jette toi \u00e0 ses pieds. Touche le sceptre de sa mis\u00e9ricorde, afin que tu vives. Va, essaie de mon Sauveur, essaie de mon Sauveur, te dis-je! Que s&rsquo;il te rejette apr\u00e8s que tu l&rsquo;as cherch\u00e9, publie en enfer qu&rsquo;il a failli \u00e0 ses promesses! Mais non, cela ne sera pas, cela ne peut pas \u00eatre! Jamais Dieu ne mettra dehors celui qui vient \u00e0 lui, car ce serait d\u00e9shonorer son alliance de gr\u00e2ce. Il ne repoussera pas un seul p\u00e9cheur repentant, aussi longtemps qu&rsquo;il sera \u00e9crit dans sa Parole : Plusieurs viendront d&rsquo;Orient et d&rsquo;Occident et seront assis \u00e0 table, au royaume des cieux, avec Abraham, Isaac et Jacob.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>II.<\/strong><\/p>\n<p>La seconde partie de mon texte est navrante. Autant il m&rsquo;a \u00e9t\u00e9 doux de parler sur la premi\u00e8re, autant mon c\u0153ur se serre devant la p\u00e9nible t\u00e2che qui se pr\u00e9sente maintenant \u00e0 moi. Mais, comme je vous l&rsquo;ai dit en commen\u00e7ant, les v\u00e9rit\u00e9s de la Bible doivent \u00eatre annonc\u00e9es, qu&rsquo;elles soient sombres ou lumineuses. Dieu me garde d&rsquo;imiter jamais ce l\u00e2che ministre de la Parole, qui disait un jour \u00e0 son auditoire : \u00ab Ceux qui n&rsquo;aiment pas le Seigneur J\u00e9sus-Christ, iront dans ce lieu que la politesse me d\u00e9fend de nommer. \u00bb Que penseriez-vous de moi, mes amis, si, voyant une maison en flammes, je disais avec affectation : \u00ab J&rsquo;estime que l&rsquo;op\u00e9ration de la combustion s&rsquo;accomplit ici pr\u00e8s? \u00bb Ne devrais-je pas bien plut\u00f4t crier de toutes mes forces : \u00ab Au feu, au feu! \u00bb de mani\u00e8re \u00e0 \u00eatre compris par tout le monde? De m\u00eame, lorsque la Bible parle des t\u00e9n\u00e8bres du dehors, de la perdition \u00e9ternelle, moi, pr\u00e9dicateur de l&rsquo;\u00c9vangile, dois-je jeter un voile sur cette effrayante v\u00e9rit\u00e9, dois-je chercher \u00e0 l&rsquo;adoucir par des formes de langage?<\/p>\n<p>A Dieu ne plaise! Serviteur de Christ, je dois vous exposer clairement tout le conseil de mon Ma\u00eetre. Encore une fois, je le reconnais, la d\u00e9claration qui va nous occuper est terrible au plus haut point. Les enfants du royaume seront jet\u00e9s dans les t\u00e9n\u00e8bres du dehors; il y aura l\u00e0 des pleurs et des grincements de dents. Et d&rsquo;abord, qui sont ces enfants du royaume? Je vais vous le dire. Autrefois, c&rsquo;\u00e9taient les Juifs; aujourd&rsquo;hui, ce sont ces gens qui poss\u00e8dent toutes les apparences de la pi\u00e9t\u00e9, mais qui n&rsquo;ont rien de ce qui constitue sa force; ces gens, que vous pouvez voir tous les dimanches, leurs Bibles et leurs Psaumes \u00e0 la main, se rendant \u00e0 leur lieu de culte, pos\u00e9ment, gravement, d\u00e9votement; ces gens enfin qui se persuadent que leur salut est une chose hors de doute, ne consid\u00e9rant pas que leur pi\u00e9t\u00e9 n&rsquo;est qu&rsquo;un pur formalisme, o\u00f9 le c\u0153ur n&rsquo;entre pour rien. Voil\u00e0 quels sont les enfants du royaume. Ils ne poss\u00e8dent ni gr\u00e2ce ni vie; Christ n&rsquo;habite point en eux; aussi seront-ils jet\u00e9s dans les t\u00e9n\u00e8bres du dehors.<\/p>\n<p>En second lieu, ces mots : Enfants du royaume, peuvent s&rsquo;appliquer \u00e0 ceux qui ont joui de grands privil\u00e8ges spirituels, et plus particuli\u00e8rement aux enfants de parents chr\u00e9tiens. Vous \u00eates des enfants du royaume, vous, mes chers auditeurs, \u00e0 qui Dieu accorda l&rsquo;inestimable bienfait d&rsquo;avoir une pieuse m\u00e8re. Ne vous souvient-il pas du temps o\u00f9, vous prenant sur ses genoux, elle vous enseignait \u00e0 b\u00e9gayer le saint nom de Dieu, o\u00f9 elle vous conjurait de marcher dans les voies de la pi\u00e9t\u00e9? Et cependant, vous \u00eates encore, pour la plupart, sans gr\u00e2ce dans le c\u0153ur, sans esp\u00e9rance pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9! Vous descendez, t\u00eate baiss\u00e9e, vers l&rsquo;enfer! Peut-\u00eatre m\u00eame tel d&rsquo;entre vous a-t-il bris\u00e9 le c\u0153ur de celle qui lui donna le jour. Oh! qui pourrait dire ce qu&rsquo;elle a souffert, cette tendre m\u00e8re, pendant les nuits de d\u00e9bauche du fils de ses pri\u00e8re! &#8230;. Comprenez-vous, enfants du royaume, combien votre culpabilit\u00e9 sera aggrav\u00e9e, si vous p\u00e9rissez malgr\u00e9 les larmes et les supplications d&rsquo;une m\u00e8re chr\u00e9tienne?<\/p>\n<p>Pour ma part, je crois que s&rsquo;il y a un damn\u00e9 parmi les damn\u00e9s, ce sera le fils rebelle qui descendra dans l&rsquo;ab\u00eeme, poursuivi par le souvenir des pri\u00e8res de son p\u00e8re et le front encore humide des larmes de sa m\u00e8re. Jeunes gens et jeunes filles qui m&rsquo;\u00e9coutez, il en est tr\u00e8s probablement parmi vous (\u00f4 d\u00e9solante pens\u00e9e!) dont le sort sera tel; il en est qui, des t\u00e9n\u00e8bres du dehors o\u00f9 ils seront pr\u00e9cipit\u00e9s, apercevront leurs parents dans la gloire et rencontreront leur regard de reproche qui semblera leur dire : \u00ab Apr\u00e8s tout ce que nous avons fait pour vous, comment \u00eates- vous tomb\u00e9s si bas? \u00bb<\/p>\n<p>Enfants du royaume! vous que Dieu a v\u00e9ritablement trait\u00e9s comme des fils privil\u00e9gi\u00e9s, puis qu&rsquo;il vous a entour\u00e9s d\u00e8s votre berceau de moyens de gr\u00e2ce et de salut, ne vous flattez pas d&rsquo;\u00eatre sauv\u00e9s par cela seul que vous avez re\u00e7u une \u00e9ducation chr\u00e9tienne, contract\u00e9 certaines habitudes religieuses, respir\u00e9 dans votre famille une atmosph\u00e8re de pi\u00e9t\u00e9. Ne vous flattez pas que la ferveur d&rsquo;une m\u00e8re, que la saintet\u00e9 d&rsquo;un p\u00e8re vous soient imput\u00e9es. Ne vous flattez pas m\u00eame que les requ\u00eates qu&rsquo;ils ont adress\u00e9es \u00e0 Dieu en votre faveur, vous servent de laisser passer \u00e0 la porte du paradis. Non, le salut ne s&rsquo;obtient que par des efforts personnels. Il ne vous sera pas demand\u00e9 au dernier jour : \u00ab A-t-on pri\u00e9 pour toi? \u00bb mais bien : As-tu pri\u00e9 pour toi-m\u00eame? Les supplications amoncel\u00e9es de vos parents, jusqu\u2019au troisi\u00e8me et quatri\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration, atteignissent-elles les nues, qu&rsquo;il ne vous serait pas possible d&rsquo;en faire usage comme d&rsquo;un marchepied pour escalader le ciel. Si vous ne poss\u00e9dez une pi\u00e9t\u00e9 vivante et exp\u00e9rimentale, vous serez perdus, tous vos amis fussent-ils mille fois sauv\u00e9s.<\/p>\n<p>Bien solennel est le songe qu&rsquo;eut une fois une pieuse m\u00e8re et qu&rsquo;elle raconta \u00e0 ses enfants. Elle r\u00eava que le jour du jugement \u00e9tait venu. Les grands livres sont ouverts. Toute l&rsquo;humanit\u00e9 est devant Dieu. Elle-m\u00eame, entour\u00e9e de ses enfants, se tient debout au milieu de la grande assembl\u00e9e. Tout-\u00e0-coup, la voix du Seigneur J\u00e9sus se fait entendre : \u00ab S\u00e9parez la balle du froment, s&rsquo;\u00e9crie-t-il. Placez les brebis \u00e0 ma droite et les boucs \u00e0 ma gauche! Aussi t\u00f4t un ange s&rsquo;avance en disant : \u00ab La m\u00e8re est une brebis : elle doit aller \u00e0 la droite ; les enfants sont des boucs : leur place est \u00e0 la gauche. \u00bb \u2014 Alors il semble \u00e0 cette m\u00e8re que ses enfants cherchent \u00e0 la retenir. \u00ab M\u00e8re, m\u00e8re! ne nous quitte pas! \u00bb s&rsquo;\u00e9crient-ils avec angoisse. Et elle, les enla\u00e7ant de ses bras, leur r\u00e9pond avec larmes : \u00ab Mes enfants, que ne puis-je vous prendre avec moi? &#8230;. Mais \u00e0 cet instant, l&rsquo;ange la touche; et soudain ses larmes se s\u00e8chent. Une force surnaturelle lui est donn\u00e9e; les liens du sang perdent leur empire, et n&rsquo;ayant plus d&rsquo;autre volont\u00e9 que celle de Dieu:<\/p>\n<p>\u00ab Mes enfants, dit-elle, je vous ai \u00e9lev\u00e9s chr\u00e9tiennement; je vous ai press\u00e9s de marcher dans les sentiers du Seigneur; vous ne l&rsquo;avez pas voulu : maintenant que puis-je faire, si ce n&rsquo;est de dire Amen \u00e0 votre condamnation? &#8230; \u00bb Jeune homme, jeune fille, qui vivez loin de Dieu, qu&rsquo;\u00e9prouverez-vous, je vous le demande, si ce songe devenait pour vous une affreuse r\u00e9alit\u00e9? Qu&rsquo;\u00e9prouverez-vous si au dernier jour vous entendez des voix bien connues, la voix de votre p\u00e8re, la voix de votre m\u00e8re, prononcer un solennel \u00ab Amen ! \u00bb \u00e0 cette terrible sentence port\u00e9e contre vous : Allez, maudits, au feu \u00e9ternel, pr\u00e9par\u00e9 au diable et \u00e0 ses anges ?&#8230; En v\u00e9rit\u00e9, en v\u00e9rit\u00e9, je vous le dis, enfants du royaume, les mangeurs et les buveurs, les p\u00e9agers et les gens de mauvaise vie vous devancent au royaume de Dieu! De grands criminels, qui auront pleur\u00e9 sur leurs p\u00e9ch\u00e9s au pied de la croix de J\u00e9sus, seront sauv\u00e9s; des impies, des blasph\u00e9mateurs, des p\u00e9cheurs scandaleux, convertis par la gr\u00e2ce de Dieu, seront sauv\u00e9s; tandis que plusieurs d&rsquo;entre vous seront jet\u00e9s dehors, simplement parce qu&rsquo;ils n&rsquo;auront pas voulu donner leur c\u0153ur au Seigneur J\u00e9sus-Christ, ni accepter franchement son \u00c9vangile. Et ne sera-ce pas pour vous la douleur des douleurs, le supplice des supplices, l&rsquo;enfer de l&rsquo;enfer, que de voir le premier des p\u00e9cheurs couch\u00e9 dans le sein d&rsquo;Abraham, tandis que vous, enfants du royaume, a\u00een\u00e9s de la maison, que Dieu avait fait na\u00eetre, pour ainsi dire, au seuil m\u00eame du ciel, serez au nombre des r\u00e9prouv\u00e9s? &#8230;. Mais pr\u00eatez-moi quelques instants encore votre attention, car je dois entreprendre la lamentable t\u00e2che de vous d\u00e9crire le sort affreux r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 ceux qui vivent et meurent loin de Dieu. J\u00e9sus-Christ nous dit qu&rsquo;ils seront jet\u00e9s dans les t\u00e9n\u00e8bres du dehors; l\u00e0, il y aura des pleurs et des grincements de dents.<\/p>\n<p>Remarquez, en premier lieu, qu&rsquo;il n&rsquo;est pas dit: Ils iront, mais: Ils seront jet\u00e9s. Je me repr\u00e9sente un enfant du royaume, un hypocrite, un formaliste, arrivant \u00e0 la porte du ciel. La souveraine justice, le reconnaissant \u00e0 l&rsquo;instant, ordonne \u00e0 un ange de le saisir et de l&rsquo;envoyer en son lieu. Aussit\u00f4t l&rsquo;ange ob\u00e9it, il le lie pieds et mains, et le tient suspendu au-dessus de l&rsquo;ab\u00eeme. Le malheureux fr\u00e9mit, son c\u0153ur d\u00e9faille, ses os se fondent comme de la cire. Il cherche \u00e0 mesurer du regard le gouffre b\u00e9ant, le gouffre sans fond qui va l&rsquo;engloutir. Il entend des soupirs, des g\u00e9missements, des cris de d\u00e9sespoir qui s&rsquo;\u00e9chappent de ce gouffre&#8230;<\/p>\n<p>O\u00f9 est maintenant ta force tant vant\u00e9e, \u00f4 p\u00e9cheur? O\u00f9 est ton audace, ton orgueilleuse assurance? Tu trembles, tu pleures, tu demandes gr\u00e2ce, mais il est trop tard! L&rsquo;ange ouvre sa main, et tu tombes, tu tombes, tu tomberas \u00e9ternellement, de profondeur en profondeur, d&rsquo;ab\u00eeme en ab\u00eeme, sans jamais trouver un lieu o\u00f9 tu puisses asseoir la plante de ton pied! Tu seras jet\u00e9 dans les t\u00e9n\u00e8bres du dehors&#8230;. Et que signifie cette expression : les t\u00e9n\u00e8bres du dehors? Dans le langage scripturaire, le mot lumi\u00e8re doit se prendre, en g\u00e9n\u00e9ral, dans le sens d&rsquo;esp\u00e9rance; d&rsquo;o\u00f9 il s&rsquo;ensuit naturellement que par t\u00e9n\u00e8bres du dehors, nous devons entendre un lieu d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;espoir est \u00e0 jamais banni.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Y a-t-il un homme vivant qui ait cess\u00e9 d&rsquo;esp\u00e9rer? Je ne le pense pas. Peut-\u00eatre l&rsquo;un de vous a-t-il contract\u00e9 des dettes; ses cr\u00e9anciers le menacent de saisir tous ses biens; mais n&rsquo;importe! il dit : \u00ab Je suis dans un mauvais pas, c&rsquo;est vrai ; cependant je puis en sortir, tout n&rsquo;est pas perdu; j&rsquo;esp\u00e8re. \u00bb \u2014 Un autre est \u00e0 la veille de voir son commerce ruin\u00e9. \u00ab J&rsquo;en suis profond\u00e9ment afflig\u00e9, dit-il; mais apr\u00e8s tout, j&rsquo;ai de bons bras, je travaillerai, la fortune peut encore me sourire; j&rsquo;esp\u00e8re! \u00bb \u2014 Un troisi\u00e8me dit \u00e0 son tour : \u00ab De p\u00e9nibles soucis m&rsquo;assi\u00e8gent en ce moment, mais j&rsquo;esp\u00e8re que Dieu me viendra en aide. \u00bb Quant \u00e0 moi, reprend un quatri\u00e8me, j&rsquo;ai un ami gravement malade; \u00e0 vues humaines, son \u00e9tat est d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 ; toutefois, j&rsquo;esp\u00e8re qu&rsquo;une crise favorable se d\u00e9clarera enfin. \u00bb C&rsquo;est ainsi que dans ce monde, chacun esp\u00e8re. Mais en enfer, on n&rsquo;esp\u00e8re plus. Les damn\u00e9s n&rsquo;ont pas m\u00eame l&rsquo;esp\u00e9rance de mourir, l&rsquo;esp\u00e9rance d&rsquo;\u00eatre an\u00e9antis. Ils sont irr\u00e9vocablement, \u00e9ternellement perdus. Sur chaque cha\u00eene de l&rsquo;enfer sont grav\u00e9s ces mots : Pour toujours! Le feu de l&rsquo;enfer inscrit de toutes parts en caract\u00e8res flamboyants, ces m\u00eames mots: Pour toujours! Les yeux des damn\u00e9s sont comme br\u00fbl\u00e9s par la vue de ce fatal arr\u00eat qui renouvelle incessamment leur d\u00e9sespoir : Pour toujours!<\/p>\n<p>Oh! si je pouvais vous annoncer aujourd&rsquo;hui que l&rsquo;enfer serait un jour d\u00e9truit, que ceux qui y sont d\u00e9tenus seraient finalement sauv\u00e9s, il me semble que les r\u00e9gions infernales tout enti\u00e8res tressailleraient d&rsquo;all\u00e9gresse! Mais non! je ne le puis pas. Je dois vous dire, au contraire, que les enfants du royaume seront jet\u00e9s pour toujours dans les t\u00e9n\u00e8bres du dehors. Mais j&rsquo;ai h\u00e2te d&rsquo;en finir, car quel est l&rsquo;homme qui aurait le courage d&rsquo;entretenir longtemps ses semblables sur de tels sujets?&#8230;<\/p>\n<p>Cependant, il faut que je poursuive ma t\u00e2che jusqu&rsquo;au bout. Que fait-on en enfer? Mon texte nous l&rsquo;apprend. Il y a des pleurs et des grincements de dents. On ne grince les dents, vous le savez, que lorsqu&rsquo;on est en proie \u00e0 une vive souffrance, ou sous l&rsquo;impression d&rsquo;une grande col\u00e8re. Eh bien! en enfer, il y a des grincements de dents perp\u00e9tuels. Savez-vous pourquoi ? Un damn\u00e9 grince des dents contre un autre damn\u00e9, et murmure : \u00ab C&rsquo;est toi, mis\u00e9rable, qui, m&rsquo;as conduit ici! C&rsquo;est toi qui m&rsquo;entra\u00eenas dans la voie du vice! \u00bb Et l&rsquo;autre lui r\u00e9pond, en grin\u00e7ant des dents \u00e0 son tour: \u00ab Qu&rsquo;as-tu \u00e0 me reprocher? N&rsquo;est-ce pas ton exemple qui par la suite m&rsquo;incita \u00e0 m&rsquo;enfoncer toujours plus dans l&rsquo;iniquit\u00e9? \u00bb Une fille grince des dents contre sa m\u00e8re, en lui disant: \u00ab Tu m&rsquo;as perdue corps et \u00e2me! \u00bb et la m\u00e8re, grin\u00e7ant des dents contre sa fille, r\u00e9pond: \u00ab Je n&rsquo;ai point de piti\u00e9 pour toi, car tu m&rsquo;as surpass\u00e9e en d\u00e9bauche. \u00bb Des p\u00e8res grincent des dents contre leurs fils, et des fils contre leurs p\u00e8res. Et s&rsquo;il y a des damn\u00e9s qui grincent des dents avec plus d&rsquo;amertume que tous les autres, il me semble que ce doit \u00eatre les l\u00e2ches s\u00e9ducteurs qui entendent la voix de celles qu&rsquo;ils d\u00e9tourn\u00e8rent jadis du sentier de la vertu, leur criant sans cesse avec une horrible ironie: \u00ab Ah! combien nous sommes heureuses de vous voir souffrir autant que nous! &#8230; \u00bb Mais en voil\u00e0 assez. D\u00e9tournons nos yeux de cet \u00e9pouvantable spectacle. Qui voudrait le contempler plus longtemps?<\/p>\n<p>Je vous ai avertis solennellement, mes chers auditeurs. Je vous ai parl\u00e9 de la col\u00e8re \u00e0 venir. Les ombres du soir s&rsquo;avancent, la nuit approche, le matin de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 va para\u00eetre. Il va para\u00eetre pour vous, vieillards, que j&rsquo;aper\u00e7ois au milieu de cette assembl\u00e9e: dans quel \u00e9tat vous trouverait-il? Vos cheveux blancs sont-ils pour vous une couronne d\u2019honneur, ou bien avez-vous attir\u00e9 sur eux le m\u00e9pris et la ris\u00e9e de tous? \u00cates-vous au seuil du ciel, ou bien votre pied chancelant tremble-t-il d\u00e9j\u00e0 au bord de l&rsquo;ab\u00eeme? Pauvres vieillards, au front rid\u00e9, \u00e0 la d\u00e9marche vacillante, voulez-vous donc franchir le dernier pas qui vous s\u00e9pare de la perdition?<\/p>\n<p>Celui qui vous parle n&rsquo;est, il est vrai, pour les ann\u00e9es que comme un enfant aupr\u00e8s de vous; toutefois, souffrez qu&rsquo;en cet instant il vous arr\u00eate et vous supplie de r\u00e9fl\u00e9chir. D\u00e9j\u00e0 le b\u00e2ton qui vous soutient ne rencontre plus de point d&rsquo;appui; la terre c\u00e8de sous vos pieds. Oh! avant qu&rsquo;il soit trop tard, rentrez-en vous-m\u00eames et consid\u00e9rez vos voies ! Que soixante-dix ann\u00e9es pass\u00e9es dans le p\u00e9ch\u00e9 se dressent devant vous. Que les fant\u00f4mes de vos transgressions sans nombre se rangent en bataille sous vos yeux. Que comptez-vous faire, je vous le demande, lorsque ces soixante-dix ann\u00e9es perdues sans retour, ces soixante-dix ann\u00e9es de r\u00e9bellion contre Dieu, compara\u00eetront avec vous devant le tribunal supr\u00eame? Oh! vieillards, vieillards, que Dieu vous donne de vous repentir aujourd&rsquo;hui m\u00eame et de placer votre confiance en J\u00e9sus!<\/p>\n<p>Et vous, hommes de l&rsquo;\u00e2ge m\u00fbr, vous n&rsquo;\u00eates pas en s\u00fbret\u00e9 non plus. Pour vous aussi, les ombres du soir approchent \u00e0 grands pas. D&rsquo;un instant \u00e0 l&rsquo;autre, la mort peut vous frapper. Il y a quelques jours \u00e0 peine, je fus mand\u00e9 de grand matin aupr\u00e8s du lit d&rsquo;un mourant : c&rsquo;\u00e9tait un homme dans la force de l&rsquo;\u00e2ge, nagu\u00e8re encore plein de vigueur et de sant\u00e9. Je me rendis en toute h\u00e2te \u00e0 sa demeure ; mais lorsque j&rsquo;entrai, je ne trouvai plus qu&rsquo;un cadavre. Ce qui est arriv\u00e9 \u00e0 cet homme peut arriver \u00e0 chacun de vous, mes amis. Vous n&rsquo;avez aucune garantie, aucune donn\u00e9e certaine touchant la dur\u00e9e de votre existence. Demain, vous pouvez mourir.<\/p>\n<p>Permettez-moi donc de vous parler au nom des compassions de Dieu. Permettez-moi de m&rsquo;adresser \u00e0 vous, comme un fr\u00e8re s&rsquo;adresserait \u00e0 ses fr\u00e8res. Je vous aime, vous le savez; c&rsquo;est pourquoi je voudrais que mes paroles p\u00e9n\u00e8trent dans votre c\u0153ur. Oh! quelle b\u00e9n\u00e9diction, quelle joie ineffable que d&rsquo;\u00eatre du nombre de ces plusieurs qui, pour l&rsquo;amour de Christ, seront admis au royaume des cieux! Eh bien! cette joie, cette b\u00e9n\u00e9diction, vous pouvez les obtenir; car Dieu a d\u00e9clar\u00e9 que quiconque l&rsquo;invoquera sera sauv\u00e9. Il ne mettra dehors aucune \u00e2me qui s&rsquo;approchera de lui par Christ. Un mot \u00e0 vous aussi, jeunes gens et jeunes filles. Vous pensez, peut-\u00eatre, que la pi\u00e9t\u00e9 ne vous concerne point. \u00ab Jouissons de la vie, dites-vous; soyons gais, soyons joyeux. \u00bb Et jusqu\u2019\u00e0 quand, jeune homme, jusqu\u2019\u00e0 quand comptes-tu marcher comme ton c\u0153ur te m\u00e8ne? \u00ab Jusqu&rsquo;\u00e0 vingt et un ans, \u00bb dira l&rsquo;un; \u00ab jusqu&rsquo;\u00e0 trente, \u00bb dira l&rsquo;autre. Mais que sais-tu, mon fr\u00e8re, si tu n\u2019atteindras jamais cet \u00e2ge? D&rsquo;ailleurs, en admettant que tu y arrives, souviens-toi que si aujourd&rsquo;hui tu ne veux pas ouvrir ton c\u0153ur \u00e0 la gr\u00e2ce de Dieu, tu le voudras bien moins alors. Le c\u0153ur humain, laiss\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame, ne se bonifie pas; tout au contraire, il est semblable \u00e0 un jardin; si vous souffrez qu&rsquo;il reste inculte et que vous permettiez aux mauvaises herbes de s&rsquo;y multiplier, son \u00e9tat ira tous les jours en empirant. \u00c0 entendre les hommes, on dirait, en v\u00e9rit\u00e9, qu&rsquo;ils peuvent se repentir quand il leur pla\u00eet. Ah! La v\u00e9ritable repentance n&rsquo;est pas une \u0153uvre si facile; c&rsquo;est Dieu qui doit la produire en nous, et malheur \u00e0 celui qui laisse passer le jour de sa Visitation ! Au lieu donc de r\u00e9p\u00e9ter avec une pr\u00e9somptueuse confiance: \u00ab Je me convertirai \u00e0 telle ou telle \u00e9poque. \u00bb que le langage de votre c\u0153ur soit celui-ci: \u00ab Je veux aller \u00e0 Dieu aujourd&rsquo;hui m\u00eame et lui demander, de faire son \u0153uvre en moi, de peur que je ne meure dans mon imp\u00e9nitence. \u00bb<\/p>\n<p>Que vous dirai-je encore, mes chers auditeurs ? Je vous ai parl\u00e9 du ciel et de l&rsquo;enfer: d\u00e9sirez-vous s\u00e9rieusement \u00e9chapper \u00e0 l&rsquo;un et parvenir \u00e0 l&rsquo;autre? Dans ce cas, \u00e9coutez cette simple parole qui vous indique ce que vous avez \u00e0 faire pour atteindre ce double but: Celui qui croira et qui sera baptis\u00e9 sera sauv\u00e9.<\/p>\n<p>Mais il me semble entendre quelques-uns de vous m&rsquo;interpeller en ces termes : \u00ab Pr\u00e9dicateur de l&rsquo;\u00c9vangile, tu en reviens toujours aux m\u00eames doctrines. N&rsquo;as-tu donc rien de nouveau \u00e0 nous annoncer? La foi, toujours la foi, c&rsquo;est le refrain de tous tes discours.&nbsp;\u00bb&nbsp; Non, mes amis, non, je n&rsquo;ai absolument rien \u00e0 vous annoncer que le vieil \u00c9vangile, l&rsquo;\u00c9vangile toujours le m\u00eame, parce qu&rsquo;il est toujours vrai, l&rsquo;\u00c9vangile qui se r\u00e9sume tout entier dans cette seule d\u00e9claration : Celui qui croira sera sauv\u00e9.<\/p>\n<p>Or, qu&rsquo;est-ce que croire? C&rsquo;est se confier enti\u00e8rement en J\u00e9sus. Pierre croyait, Pierre se confiait en son divin Ma\u00eetre lorsqu&rsquo;il lui fut donn\u00e9 d&rsquo;aller \u00e0 sa rencontre en marchant sur les flots; et si un moment il commen\u00e7a \u00e0 enfoncer, c&rsquo;est parce qu&rsquo;\u00e0 ce m\u00eame moment sa foi commen\u00e7a \u00e0 d\u00e9faillir. Et de m\u00eame que J\u00e9sus avait dit \u00e0 Pierre : \u00ab Viens, marche sur la mer, n&rsquo;aie point de peur! \u00bb de m\u00eame, il te dit, pauvre p\u00e9cheur: \u00ab Viens \u00e0 moi, marche sur tes p\u00e9ch\u00e9s, ne crains rien. \u00bb Aie donc foi \u00e0 la parole de Christ et tu seras rendu capable de fouler tes p\u00e9ch\u00e9s aux pieds ; tu les subjugueras, tu triompheras sur eux.<\/p>\n<p>Il me souvient du temps o\u00f9, moi qui vous parle, je me rencontrai, pour la premi\u00e8re fois, face \u00e0 face avec mes iniquit\u00e9s. Je me crus le plus grand des p\u00e9cheurs, le plus maudit des hommes. Je n&rsquo;avais pas commis, il est vrai, ce que le monde appelle des fautes criantes; mais je me souvenais qu&rsquo;ayant plus re\u00e7u que les autres, il me serait aussi plus redemand\u00e9. Mon salut me semblait presque une impossibilit\u00e9; toutefois, je priais, je demandais gr\u00e2ce; mais mois apr\u00e8s mois s&rsquo;\u00e9coulait sans que je re\u00e7usse de r\u00e9ponse \u00e0 mes pri\u00e8res. Parfois, j&rsquo;\u00e9tais si las de ce monde que je souhaitais la mort; mais ensuite, je songeais au monde \u00e0 venir et je fr\u00e9missais d&rsquo;effroi. Tant\u00f4t mon m\u00e9chant c\u0153ur me sugg\u00e9rait la pens\u00e9e que Dieu devait \u00eatre un tyran sans entrailles, puisqu&rsquo;il ne r\u00e9pondait pas \u00e0 mes cris; et tant\u00f4t, humili\u00e9 dans le sentiment de mes d\u00e9m\u00e9rites, je reconnaissais que s&rsquo;il m&rsquo;envoyait en enfer, il ne serait que juste.<\/p>\n<p>J&rsquo;\u00e9tais dans cet \u00e9tat, lorsqu&rsquo;un jour j&rsquo;entrai dans un lieu de culte. Le pr\u00e9dicateur (que je n&rsquo;ai jamais revu depuis lors et que je ne reverrai probablement que dans le ciel) ouvrit la Bible et lut ces paroles d&rsquo;Esa\u00efe: \u00ab&nbsp;Vous tous les bouts de la terre, regardez vers moi et soyez sauv\u00e9s. Puis, se tournant de mon c\u00f4t\u00e9, comme s&rsquo;il m&rsquo;e\u00fbt distingu\u00e9 au milieu de la foule, il r\u00e9p\u00e9ta par trois fois, d&rsquo;une voix impressive, ce mot : Regardez, regardez, regardez! Et moi, qui jusqu&rsquo;alors m&rsquo;\u00e9tais persuad\u00e9 que pour me sauver j&rsquo;avais tant \u00e0 faire, je d\u00e9couvris enfin qu&rsquo;il ne s&rsquo;agissait que de regarder!<\/p>\n<p>Moi, qui avais cru que je devais me tisser laborieusement un v\u00eatement pour cacher les souillures de mon \u00e2me, je compris que Christ, en \u00e9change d&rsquo;un seul regard, me couvrirait d&rsquo;un manteau royal! Oui, regarder \u00e0 J\u00e9sus, voil\u00e0, p\u00e9cheur, ce qu&rsquo;est le salut. Tu n&rsquo;as, pour \u00eatre sauv\u00e9, qu&rsquo;\u00e0 regarder \u00e0 la croix, tout comme les Isra\u00e9lites dans le d\u00e9sert n&rsquo;avaient qu&rsquo;\u00e0 \u00e9lever leurs yeux vers le serpent d&rsquo;airain pour \u00eatre gu\u00e9ris de leurs blessures. &nbsp;Regarde donc \u00e0 J\u00e9sus, mon fr\u00e8re. J\u00e9sus seul peut faire du bien aux p\u00e9cheurs. Regarde \u00e0 lui avec la simplicit\u00e9 d&rsquo;un petit enfant. Ne crains point; il ne trompera pas ton attente. Tu ne saurais jamais te confier avec trop d&rsquo;abandon en mon charitable Ma\u00eetre.<\/p>\n<p>Et maintenant, mes chers auditeurs, laissez-moi vous supplier en finissant, comme je l&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 fait en commen\u00e7ant, de peser attentivement mes paroles. Demandez-vous quel est votre \u00e9tat spirituel, et puisse le Saint-Esprit vous r\u00e9v\u00e9ler que vous \u00eates par nature morts, perdus, condamn\u00e9s! Puisse-t-il vous faire sentir combien c&rsquo;est une chose terrible que de tomber en enfer, et vous donner la sainte ambition de parvenir \u00e0 la gloire du ciel! Et comme autrefois l&rsquo;ange qui pressait Lot de s&rsquo;enfuir de Sodome, puisse ce m\u00eame Esprit vous presser, vous prendre par la main et vous dire de sa voix puissante : H\u00e2te-toi! Sauve ta vie! Ne regarde pas en arri\u00e8re, de peur que tu ne p\u00e9risses! Oui, h\u00e2tez-vous, h\u00e2tons-nous. Et Dieu veuille qu&rsquo;au grand jour de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 nous nous retrouvions tous dans la f\u00e9licit\u00e9 des cieux !<\/p>\n<p><strong>FIN.<\/strong><\/p>\n<p>Choix de Sermons du R\u00e9v. C.-H. Spurgeon, Tome premier, Soci\u00e9t\u00e9 des Livres Religieux, 1860,&nbsp;traduit de l&rsquo;anglais par R. Saillens, r\u00e9\u00e9dit\u00e9 et mis en page par Hugo Lacase<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Je vous dis que plusieurs viendront d&rsquo;Orient et d&rsquo;Occident et seront assis \u00e0 table, au royaume des cieux, avec Abraham, Isaac et Jacob ; et les enfants du royaume seront jet\u00e9s dans les t\u00e9n\u00e8bres de dehors : il y aura l\u00e0 des pleurs et des grincements de dents.\u00a0\u00bb (Matthieu 8.11-12) Ce soir, mes chers auditeurs, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":68,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"image","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,2],"tags":[22,21],"class_list":["post-60","post","type-post","status-publish","format-image","has-post-thumbnail","hentry","category-charles-h-spurgeon","category-sermons","tag-sermon","tag-spurgeon","post_format-post-format-image"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/60","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=60"}],"version-history":[{"count":16,"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/60\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":464,"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/60\/revisions\/464"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/media\/68"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=60"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=60"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sauvepargrace.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=60"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}